‹ Histoire des albigeoisChapitre 382 sur 442 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Huî marche au secours de Simon. — Monfort reprend et r^^dcn- Lie le siège. — Capitulatiou de. Feaue. — Soumission deMar* mande, — Prise de Biron.

Le prince deSidon cheranchait à grandes joar-

nées à travers le Lauragais, l'Albigeois, le Quercy. Il vint faire halte à Saint-Antonin de l'Aveyroii. A son passage, il fut attaqué par les chevaliers de Penne d'Albigeois. Un croisé périt dans ce combat; Gai le vengea sur les vignes elles moissons; 11 ât rendre à son compagnon les honneurs funèbres. Aprds son départ, les faidits déterrèrent le cadavre, le traînèrent par les carrefours^ et tetcposèrent aux hêtes et aux oiseaux de proie

Simon reçut avec une grande joie son vaillant frère Gui, son cousin Lambert de Groissi, Guillaume, archidiacre de Paris, et les deux évêques de Rouen et de Laon.Le8 deux Montfort serrèrent la place;

i. P. de Vaiiz*G«nia7,

HISTOIRE DBS ALBIGEOIS 105

Gni campait à l'Orient; Simon, A l'Occident. Ils la battirent de neuf calabres; ces engins n'ébranlant pas le mur, Simon en fit construire un plus puissant. Pendant ce travail, les deux Robert, ayant achevé leur quarantaine» youlurent se retirer. Le comte les supplia de ne pas abandonner la cause de Jésus-Christ L'évêque de Laon partit, se disant malade,- et entraîna une multitude de croisés. L'archevêque de Rouen consentit à rester jusqu'à Tarrivée des pèlerins français qu'on disait être à Carcassonne. (tiu, ovêque de cette ville et son neveir riiistorien s'y rendirent, pour hâter leur marche et les diriger sur Penne. Cependant Guillaume, archidiacre de Paris, avait achevé et dressé sur ses pieds la grande calabra. Elle se joignit à ses neuf sœurs et son jet impétueux ébranla quelque peu la muraille. Quelques jours après arrivèrent les abbés de Saint^Remi de ReimB et de Saint-Âjoul deSoissons, le doyend'Aoxerre, et son archidiacre de Chàlons avec les pèlerins de France ; alors l.archevèque de Rouen se retira, et les Champenois prirent la place des Normnnds.

Un jour Hugo d'Alfar lit mettre toutes les bouches inutiles hors du château. Montfort les rembarra dans Tenceinte. Quant à Guillaume, archidiacre de Paris, ce pasteur des engins, il activait nuit et jour son monstrueux troupeau; la grande calabre et ses neuf compagnes battaient, tourmentaient, torturaient incessamment la place. L'enceinte commençait à tléchir, les toits étaient elïbndrés, les vivres s'épuisaient, les citernes tarissaient, les pèlerins arrivaient en foule ; et le comte de Toulouse ne

SM HISTOIRB DBS ALBIGEOIS

paraissait paf? à Thorizon. Hu£?o d'Alfar désespéré otfrit à Montfort de rendre Penne» à condition que ses défensean sortiraient avec lenrs armes. Montfort réunit son conseil; les lég^ats farent d'avis d'accepter la capitulation, alléguant les difficultés du siège et de la croisade, les ténacités de la résistance, les feux dévorants de la canicnle, les pluies de l'automne, les neiges de Thiver. Le 25 juillet, après cinquante-trois jours de siège, Peime ouvrit ses portes à Montfort *.

Pendant le sièire, les barons de l'Agénais vinrent au camp faire hommage à Montfort. Les bourgeois de Marmande lui offrirent leur ville. Simon y envoya le fameux Robert de Mauvoisin, auquel était attaché le sort du comte et de tout le saint négoce de JésuS'Ckrist, Robert, quoique malade, s'y rendit et fut très honorablement reçu par les bourgeois. Les servants du comte de Toulouse voulurent résister dans la citadelle ; Robert la battit d'un mangonneau, et ses défenseurs, après quelques jets, ayant assez fait pour l'honneur officiel, mais non pour le devoir patriotique, rendirent leurs tours. Simon, en récompense, fît à son ami l'octroi des biens de Guilhem de Durfortde Fanjaus, et Robert les rétrocéda au monastère de Prouille. Âgen, Marmande, les châteaux dont nous verrons .les relèvements glorieux, ne fléchirent un moment qu'aux suggestions pertides de l'évêque, et à la terreur panique et monstrueuse de Simon de Montfort ^.

Page 1