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sant pour faciliter Tassant; il rétablit snr le bord da large fossÔ rempli par le Tarn. Les assiégés creusèrent un second fossé intérieur, bordé d'une seconde enceinte; postés entre les deux murs et les deux fossés, ils sortaient et incommodaient fréquemment les croisés. Les machines convergeaient leurs jets contre le grand engin. Le terrible chat ôventra la muraille. On Tonlut se débarrasser de ce mons* tre ; un soir, après le coucher du soleil et le combat dn jour, les assiégés firent une sortie, portant du feu, de l'étoupe, du chaume, du bois sec, pour incendier ce tigre des balistes. Pendant qu'ils allumaient le foyer, les arbalétriers, à coups de flèche, écartaient les défenseurs. Revêtue de peaux de bœufs fraîches, la machine s'embrasait difficilement. £nfin la flamme s'élance dans les airs, Le camp s'alarme et se lève en tumulte. Montfort, le prince de Sidon, le comte Baudouin, assis à leur banquet du soir, remontent à cheval et volent h la machine incendiée. Les deux osts se disputent l'engin d'où dépend le sort de Moissac. Les faidits alimentent le feu en y lançant do T huile, de la graisse, du porc salé; les croisés s'efforcent de l'éteindre en y versant de l'eau, même du vin^ et en retirant avec des crochets des quartiers de lard fumant. Cependant les croisés, dit le chroniqueur, après d*mcroyahles souffrances^ qtC(È^ nepouvait guère voir sans verser des larmes^ arrachèrent lamachine aux flammes
La bataille fut grande et merveilleuse ! s'écrie le poète. Il parait qu'elle fut double, que Pôpios^ du
i. P. dey«u*Ceni«j.
dehorsi attaqua le camp, et qu'an second combat nocturne eut lieu sur le graTier du Tarn. Le reveit septentrional de la haute colline de Moissac forme un sol tourmenté, coupé de profonds ravins, couvert
de vastes forêts, labyrinthe sauvage qui était le repaire d'une race de pâtres féroces, dont le banditisme héréditaire pouvait, sous un noble et vaiHant baron, tourner en héroïsme patriotique. Malause devait être le camp de Pépies; c'est de ces bois qu'il sortait le soir, qu'il fondait sur Tost des croisés comme un milan, et livrait ces combats prodigieux de 500 hommes contre 15,000. « Le comte de Montfort s'en vient, dit Guillaume de Tudelle, éperonnant sur le sable, portant son écu et sa bannière au lion. Mais voilà qu*à Tissue d'un hallier on lui tue son cheval. Il tombe, et restait prisonnier sans G. d'Encontres, Foucaud de Marli et le comte Gui. En rang de bataille^ ils viennent d'un tel élan qu'ils délivrent le comte ^. » Le combat s'engage autour du géant abat-* in, tirant avec des crochets le colosse de fer. Simon fut blessé au talon. Sa mort eut terminé la guerre. La gloire en fut restée à l'ardent et implacable Pépies. Le chroniqueur monastique se tait sur cette aventure quasi tragique du chef de la croisade.
Mais quelque grande et merveilleuse que fût la bataille^ les Moissagais manquèrent la machine et le comte, le chat et le lion. Le lendemain» le chef blessé et l'engin endommagé ne purent pas évidemment recommencer le combat. jPierre de Vaux-