‹ Histoire des albigeoisChapitre 387 sur 442 · d«TacleUe · texte numérisé non relu

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Cernaj, qui prétend le contraire, vent évicleinment donner le change sar l'échec de son héros. Simon attendait nn ost considérable de croisés venant de

Cahors. Pépios, liimant encore de la mêlée nocturne de Moissac, elle jeune infant de Foix, en vedette à Montauban, rattaquèrent en tête et en queue, vers le confluent de rAvejron et du Tarn. Le capitaine, sabré et culbuté, se fortifia néanmoins avec ses débris dans un château voisin. Mais Baudoin de Toulouse, envoyé à sa rencontre, le dégagea et le ramena le soir même au camp avec huit chevaliers pris sur l'ennemi. C'est pour garder ces cantons et pour tenir en respect Moissac et Moutauban que fut construite plus tard, dans un site magnitiqno, ia forteresse de la Française. Quand nous rêvions, écoliers insoucieux, sur ces romantiques rivages du confluent, nous ne nous doutions pas que ces molles prairies de Gos, de Saula, de Villamada, avaient été foulées par des charges chevaleresques et ensanglantées par des batailles épiques. Nous retrouvona tardivement sous leurs berbaj^es des tronçons de lances, et les vieux clairons rouilles du xii® siècle. Hélas 1 nous respirions à notre insu Tàme de nos pères dans le sang des roses.

Montfort, avec ces nouveaux venus, put complé* ter l'investissement de Moissac. Il fit jouer tons ses engins, et sous leurs chocs incessants un énorme pan des murailles s'éboula dans le fossé, qu'il combla comme pour disposer l'assaut. Les chefs se tenaient prêts, le prince de Sidon , le cuuite Baudouin, Lambert de Croissi, à la tête de leurs batailious.

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Gui et Pierre de Vaux-Gernay harangaaîent les rangs armés. L'archevdqae de Reims, les évdques de Tonl, de Toulouse et d'Albi, l'archidiacre de Paris et l'abbé de Moissac» sur le penchant de la colline, les pieds nus, en surplis blancs^ précédés de la croix et des reliques des saints, entonnaient le Venif creator Spiritus. Dès qu'ils recomnicncèient, pour la troisième fois, le verset : hostem repellas longius^ les assiégés abandonnèrent les barbacane^ et 8*enfe^m^^ent dans Tenceinte des murailles ^ Les croisés 8*élancèrentsur la vaste brèche. Bloqués et refoulés, les défenseurs n'avaient plus qu'ft se rendre ou qu'à combattre jusqu'à la mort. Ils avaient vu venir au camp les députés de Castel-Sarrasin, de Verdun-sur-Garonne et de tous les châteaux des alentours, implorant la paix. 11 est une contagion de la lâcheté; les faibles entraînèrent les forts, ils négocièrent secrètement la reddition de leur cité. Mont fort voulait Tassa ut, le pillage et le massacre. L'abbé, qui ne pouvai| consentir à la totale subversion de sa ville abbatiale, intercéda. Les évèques et surtout les princes intervinrent aussi, non par humanité, mais pour épargner le sang des croisés et la chance des com- Lats. Monlfort entin consentit, et n'exigea que le sang des routiers et un rachat de cent marcs d'or. Moissac livra ses défenseurs qui furent égorgés très avidement; ils étaient trois cents. Ce fut un dernier combat. Montfort rendit à Tabbé son monastère, .garda pour lui la forteresse, fit hommage

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