‹ Histoire des albigeoisChapitre 389 sur 442 · P. d6 Vaux-Geraa · texte numérisé non relu

P. d6 Vaux-Geraa

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HISTOIRE D£S ALBiG£OlS 37d

nard de Montcac. Pépios y représentait le comte de Tonloase on de Foix. C'est alors probablement qm

les côtes septentrionales de Moissac reçurent des croisés la tlétrissure indélébile du nom de Malaase, car le patriotisme fut toujours un crime aux yeux de la théocratie romaine. L'Infant de Foix recueillit dana-Montaaban les débris traqués du camp de Malanse, les compagnons de Pépios. '

Montfort, yainqaenr de Moissac, s'élança dans cette vaste presqu'île du Tarn et de la Garonne.

Tous les châteaux tombaient devant le j^alop de son cheval. Dans cette plaine immense, Montauban seul resta debout et fier. Simon distribua ces places à ses capitaines : Moutech au comte Baudouin, Cas* tel-Sarrasin à Guil. d'Ëacontres, Verdan-sur-Ga« lonne à Pierre de Saissi ; puis il marcha snr Mon» tanban. L'Infant de Foiz s'y était enfermé avec Pépios, Rattier, Montcnc et cent chevaliers. Montanban, la clé des vallées du Tarn, du Tescoa, de rAveyron et des plaines de la Garonne, était protégé par ce lâcis de lleuves, son monticule forlitié, et l'héroïsme imberbe de l'Infant de Foix , qui avait alors vingt-trois ans, comme son descendant, le vainqueur de Ravennes. Montfort recula malgré ses vingt mille croisés, et, comme pour se venger du jeune héros, il s'élança sur le pays de Foix qui ve* nait de se soustraire à son joug, et où il ne lai res» tait plus que Pamiers, cerné même par les comtes de ' Foiz, de Toulouse et de Gommenges.

Les trois princes, apprenant la marche de Mont-

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fort, abandonnent Panoierset s'enferment dansFoix. Eoguerrand de Boves rentre sans coup férir à Saverdnn. 11 se porte à la rencontre d'un corps d'Allemands venant de Garcassonne et le conduit à Pamiers.* Simon^ après la jonction de toutes ses troupes, marcha contre le capduel ou la capitale da comté. Foix était inexpugnable sur son roc fatidique. 11 se brisa contre Foix, comme naguère contre Montauban. Mais le pays se sonlevatt derrière les sabots de son cheval. Il redescendit TAriège, reprit Hauterive abandonnée, et d'un bond s'élança sur Muret. Les habitants brûlent le pont de bois de la Garonne; le fleuve, gonllé par les pluies de l'équinoxe, l'arrête. Montfort lance son cheval dans le courant rapide et tournoyant. II passe à la nage» suivi de quelques chevaliers, et rentre dans Muret désert. 11 court au pont, éteint l'incendie qui le dévore, et voit l'armée de pied sur l'autre bora. « Je veux retourner à Tost des pèlerins, dit-îl à Gui de Lévis. — Eh! quoi^ s'écrie le maréchal, toute la chevalerie est dans la place; il ne reste plus de l'autre côté que la pédaille ! Nul ne peut impunément passer le âeuve débordé. Vous y serez enveloppé et tué par les Toulousains. » Mais le comte : « A Dieu ne plaisé que je suive vos conseils. Les pauvres du Christ sont exposés an glaive de ses ennemis, et moi je resterais dans le fort ! Advienne de moi selon la volonté du Seigneur! J'irai , certainement , et resterai avec les pèlerins. » 11 retraversa le fleuve , et resta dans le camp jusqu'à ce que le pont fut rétabli. « 0 grande prouesse de ce prince! » s'écrie avec raison son

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biographe*. Dieu, certainement, avait fait de Montfort un héros; Rome en fit un Attila.

Les évôques de Gommenges et de Gonserans Tentralaent dans leurs cantons- Il reprend Saint>Gaa- . dens, reçoit la soumission de la noblesse du Nébausan, et va ravager le Gonserans, domaine de Roger deGommenges, fils de Gécile de Foix. 11 redescendit à Muret, que fortifiait l'évêque de Garcassonne, et fit lo dégât, du côté du sud, jusqu'aux portes de Toulouse, tandis que le comte Baudouin, Gui do Montfort et ie châtelain de Verdun ravageaient du côté du nord. Pierre de Vaux-Gernay lançait ses objurgations prophétiques contre la Babylone du midi, défendue par tous les proscrits, de Béziers, de Garcas-. sonne et de Toulouse. Toulouse était tellement remplie de toute cette chevalerie des forêts qu'elle avait changé en étables et en écuries les cloîtres, oû les barons campaient dans les cellules des cénobites. « O Toidousd ! vrai nid d'hérétiques! 0 tabernacle de voleurs! » s'écrie le moine furibond ^.

Il poursuit le comte de ses clameurs frénétiques : «Ramon, déshérité en juste châtiment de ses péchés, a perdu toutes ses possessions, hors Toulouse et Montauban ; il s'est enfui près du roi d'Âragon pour lui demander conseil et secours, afin de les recouvrer par son aide. 0 juste jugement du très juste Seigneur! 0 véridique sentence du très miséricordieux frère Pierre de Gastelnau !... Ce misérable comte toulousain, après avoir fait tuer ce très saint

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