‹ Histoire des albigeoisChapitre 39 sur 442 · Pierre de Vaucernai · texte numérisé non relu

Pierre de Vaucernai

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£^ d'une tour, comice ipojij^rque anglais. Sa va- -était à r.étroit dans ces querelles féodales; mais sajennesse avait vu les merveillonses guerres musolç^anes, et sa vieillesse attendait les tragiques guerres <^thares. Ses grands jours furent contre la Mecke et contre Rome. Bien qu'il pût lui-même chanter sur sa harpe ses propres exploits, il avait toujours à ses cdt^ son troubadour dans les batailles. C'est ce poète fameux dont l'impétueux génie, le rade dialecte, et Taccent barbare, décèlent un chantre pyrénéen; mais qui par prudence a cru devoir dérober ses sympathies religieuses et patriotiques sous le pseudonyme de Guilhem, clerc géoraancien de Tudelle en Navarre. Ainsi le plus grand des chevaliers eut le rare bpnheur de tronver le plus grand des poètes de son siècle, et F Achille aquitain eut son Homère. Nous dressons, dès le début de cette histoire, cette haute figure guerrière qui, de son . palefroi superbe, en domine Pimmense champ de bataille.

Roger-B^^mard 1^, dit le Gros, . comte de Foix, eut encore, outre ce glorieux fils, trois filles nées, comme lui, vers le milieu du xii^siècle(il50-H60). C'était un prince positif, rnatéi iel, spéculateur. Il mariait ses enfants dès le berceau, dès le sein maternel. 11 les mariait pour arrondir ses États, et fortifier sa maison par de solides alliances féodales. II échaa- .geait ses âlles comme les chevrettes de ses bercails, et les colombes de ses tourelles. De ces trois infantes de Foix, la première, noyée probablement dans To- Bésité paternelle, est restée obscure, et son nom mèmQ est inoonnn; nous savons seulement qu'elle Guilhem Amauld, seigneur de Marca&ba,

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doDt les ▼astes domaines s'étendaient . au conflaent de la Qaroniie et de la Lèze, et Tan des patrons de l'antiqae ahbaye carloTingieB&e de Lésât. La noonde^ nommée Sô^lia oa Gédle comme sa mére, fat promis» à ion coosin Roger, vicomte de Gonse*rans, petit*fi]s de Bernard II, comte de Gommenges, et de Dîaz de Muret. Elle devait régner snr les ravissantes vallées arrosées par le Salât et le Volp, et son manoir vicomtal s'élevait pittoresquement sur le rocher pyramidal de Saint-Lizier, ainsi nommé de Gljcérios, apôtre f?rec des Gonsorani. La troisième entih reçut en naissant le nom d'Esclarmonde, syraix)le de beauté, de pur génie et de destinée orageuse. Ce nom, qui n'apparaît guère qu'avec le catharisme en Occident, nous induit à penser «jue la jeune infante, selon nn usage assez fréquent à cette époque, fut vouée, dès le berceau, à la religion du Paraclet. Esclarmonde naquit, en effets au moment de la plus grande efiùsion du catharisme pyrénéen. Elle avait environ douze ans, quand Nicétas vint organiser, au synode de Caraman, l'église johannito d'Aquitaine. 11 est vraisemblabie ^ ■ que cet évêque bul*raro visita les princes méridionaux, les cours de Toulouse, de Garcassonne et de Foix; toujours est-il que sa doctrine envahit les manoirs pyrénéens. On dogmatisait vivement dans le donjon comtal; les divers systèmes religieux se partagèrent les infants de Foix. Cécilia, d'un esprit sobre et ferme, adopta la doctrine biblique des léonistes» l'enseignemeiit de Vigilance et de Pieire de Brneys. Esclarmonde, d'un génie plus ardent et plus mystique, se déclara pour la gnose catbare.

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ce mélange de platonisme et de johannisme alexandrin, organisé par Nicétas. L'infant Ramon-Roger, le plus beau et le plus éloquent prince de son temps, profond politique et guerrier valeureux, était secrètément sympathique à la religion du Paraclet. L'Orient thôologiqne était pour lui le pendant de TOrient chevalereBq[ae; c'était une double aventure dans le désert» dans rinfini. Le catharisme Tattirait ; il devait y trouver la gloire et la mort.

D'ailleurs Téglise d'amour reneontrait l'empire d'amour, avec ses tribunaux d*amour, ses juges et ses chantres d'amour, sympathiques au Paraclet." Le règne de Ramon V, comte de Toulouse, était l'âge d'or de la poésie romane. Tous les châteaux du Midi résonnaient de troubadours ; ils étaient les rossignols de ce printemps social. Les infants de Foix, par mysticité platonique, par amour de l'idéal, prolongèrent leur brillante adolescence, parmi les harpes, les joutes poétiques, les tournois chevaleresques. Ce n'est qu'au dernier instant, et probablement sous la pres> sîon du commandement paternel, que'Ia pieuse £sdarmonde consentit à donner sa main à Jordan, seigneur de l'IUe et vicomte de Gimoes en Gascogne, et que Kamon-Roger alla chercher à Saragosse sa fiancée Philippa de Moutcade, nièce des rois d'Aragon (1188).

Ramon V, outre les barons des châteaux, eut encore pour auxiliaires les consuls des cités.

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