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CHAPITRE VI

Civilisation romano. — Comtnnnos m<^rîdionalos. — Toulouse, Narbonne, Béziers, Marseille, Aviguoiif Nice. — Consulat. — Commerce. — Sciences.

Pendant «jae l'Aquitaine accomplissait la r6volati<m de l'indépendance politique, elle portait dans son sein la rérolation de la liberté civile. Après l'émancipation de la race» vient l'émancipation de l'individu .•L'avalanche de la barbarie du Nord diminuait d*inteiisité, à mesure qu'elle s'étendait vers le sud. La féodalité qui ne fut que l'organisation de la barbarie germanique fut moins vigoureuse sur le sol roman. Le soleil fondait la barbarie, énervait la féodalité et ravivait la liberté. La liberté, au moyen âge, semblait, ainsi que la civilisation, on fruit du soleil. Elle s'épanouit magnifiquement au sud des Alpes et des Pyrénées. Barcelone « Saragosae, Génea, Florence, Piae, Venise, Milan, forment de petites et vivaces répabliqnes. Dans la Gaule méridionale, Toulouse, Narbonne, Béôers, Montpellier, Nîmes, Avignon, Arles, Marseille, Nice, sont encore de no-

as ' HISTOIRE DES ALBIGEOIS

bleff conummes qooifM mdns brillantes que leara fiœnra d'Espagne et dltalie. Ces commnnes romanes diminuent de vigueur et d'éclat, & mesnre qu'elles s'éloignent yers la Loire. An nord de ce fleuve, régnait la conquête tudesque et la féodalité franque. Au sud le régime social était un ntélango de la féodalité gothe, du consulat roman et du patriarcat ibère. Les comtes étaient les descendants des compagnons d'Alaric et de Goaiiïer, des chefs des tribus cantabresy héros des guerres de TindépendaDce contre les dynasties méroTingienne et carlovingienne^ Les chftielains des montagnes étaient en même temps et de concert âtoc les riches bourgeois, par élection' populaire, consuls des cités. Ces capitouls des villes, . seigneurs des campagnes, possédaient la teriis en franca-allen, forme ordinaire et primitive du domaine méridional. Leur souche antique formait plusieurs branches masculines et féminines sur l'alleu paternel, dont le fonds était indivis et immobile, mais dont le revenu était perpétuellement mobile et divisible à l'infini. Cette forme domaniale existe encore en Afrique, et porte chez les Arabes le nom de Melc» én.Russie, le nom de Mir. La fbmme héritait comme l'homme, et souvent la tribu ineconnaissait pour son patriarche une antique matrone gothe ou oantabre. Gettë division de l'héritage* neutralisait l'autorité elle-même partagée, et' dont l'efTet devenait en s*atténuant toujours presque nul sur le colon

1* nom de Qothi antrefois synonyme de cliieii, était alon en grand hounear; les barons portaient presque tous des noms germaniques ; les femmes recevaient plus soavent des noms ibères. ' .

d'aiHéttte de iAêtne race, ét j^ttiiiit lé tàimé fiôtb que lëré&ef de dan. Aind la racé, là tradStion, fiiitôirét', tîniâsaïetit là càbane et le château,. le donjori et la cité; ei lise ^es* à la métropole coilsalitire M

comtalè.

La noblesse g'>lhi(|iie se superposant la mnnicipalilé pralfo-romainft, tenait le rang de Tantique patriciat latin. Puissance ex^''"ntive de la cit^, elle exerçait comitae lai les fonctions de guerre et de judîcaturé, ihhé'rentes à la soavôraineté. Elle dominait ààns doute dé toùte la hauteur de sa lancé danâ le ëonôéil deârcitôyèàs. Maie, pendant que lë noble i^préseÂtânfde 1 élëinet^ coiïsemtenr demenraîf stationiiéire, hbiifobité coitimid son donjon sar soh rocber. Te bdin'geéls, l'épréseÂfant dé Félément piro^ gtessif, grandirait et de faisait insensiblement une place de jour en jour plus large dans la cité. Entre une noblesse et un peuple de môme sang, il n'j avait point d'émancipation violente, comme au nord de la Loire, et si la lutte eut lieu, elle fut si pacifique qu'elle n'a point laissé de vestiges dans l'histoire. Quand les ombres se dissipent, nous trouvons partout le consulat victorieux, et la cité solidement cotistituée sâ'ne àppadt^nèe dé combat. Ce triomphé était obtenu d'anlb 14 prët&ldré' moitié d^ iii» siècle. En ifôO.Totf-^ Ibuse, Barèeïôné, Saràgosse, Nai^bbAne; Bé^iéril, CaVéàsson1kLl;i;c»itÂél^ Ntcûcs, Avï^hôÙ, Arlià^, iKfafMàe, I^e, sdnr d'éflh'itiTemetot com^tfé^ éti républiques . Toutes ont îeur capiliilu^n on' cotfôëll commun, librement élu par le peuple, et délibérant librement dans leurs antiques capitoles sous la pré-

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sidence fictive da comte héréditaire/ mais plutôt flovs

la direction effective de leurs consuls annuels. Le comte n*eut guère que le cérémonial honorifique du pouvoir dont la réalité appartient aux magistrats qui, plus ou moins nombreux, sont chargés de l'administration de la cité, disposent seuls des gardes urbaines, et commandent les forces de terre et de mer de la république. A Bayonne, À Bordeaux, à la Rochelle^ les vaillants maires montaient sar leurs vaisseaux et balayaient l'Océan. Dans les provinces basques, ces pfttres, qui se disaient tons nobles, délib^aient en plein air, comme an temps des patriarches, sons les rameanx dn chêne antique de Guemica. On connaît l'héroïque indépendance des Catalans, et la formule du serment célèbre que les -Aragonais exigeaient de leur roi le jour de son sacre : « Nous qui sommes autant que vous, et qui pouvons plus que vous, nous vous faisons roi pour la défense de nos libertés : sinon, non ^ 1 • Andorre, bezapole de p&tres et de chasseurs d'oars, est comme un échantillon conservé dans les neiges'des Pyrénées^ un spécimen encore vivant de tontes ces républiques féodales mortes, et montre avec orgueil, à la stérile turbulence des nouvelles générations, le simple et indcetmctible organisme de ces libertés qui datent de Gharlemague. Andorre n'a qu'un conseil perpétuel, avec un grand et un petit conseil directement élus par les citoyens sous la double suzeraineté du comte de FoLx et de l'évôque d'UrgeL L'archevêque, le vicomte et le peuple gou-

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