‹ Histoire des albigeoisChapitre 408 sur 442 · P. de Yaux-Cerni^, chap. LXXX · texte numérisé non relu

P. de Yaux-Cerni^, chap. LXXX

fllSTOIRB DBS ALBIGEOIS

on cœar impérial^ et Na Hélis fignre dans l'idylle chevaleresque du charmant vicomte de Saint-Anto* nin» qai se trouvait alors même dans le camp de la Dordogne.

Cassanhol pris et démantelé, Montfort marcha contre Bernard et Na Héli?. Il prit Domme, qu'il trouva désert, noble et forte place très agréablement assise sur la Dordogne. 11 en ruina la tour, très belle, très haute, et fortifiée presque jusqu'au faite* Après Domme il voulut abattre encore le chAteau presque inexpugnable de Montfort. L'évèque de Carcassonne s'en chargea ; il partait le matin avec sa troupe et revenait le soir au camp ; il lui fallut plusieurs jours, car le ciment avait la dureté du granit. 11 prit encore Gastelnau qu'il trouva abandonné; il le conserva à cause de sa position centrale qui dominait ces cantons, et il y mit une garnison de croisés. £nân il se rendit maître de Bainac ou Bainas, manoir d'un très dangereux et très méchant oppres» seur de VÊglise, Montfort lui laissa le choix de restituer ses déprédations ou d'abattre ses remparts. Il ne restitua pas ses rapines monastiques, et le délai passé, Simon ût démolir ses murailles. Le seigneur regrettait et pleurait sa forteresse paternelle; il disait qu'elle défendait le pa js contre les Anglais, et qu'elle était la seule qui défendit le roi de France; il eut même recours ft Philippe-Auguste. Mais Philippe s'en référa naturellement au chef de la Croisade. « De cette sorte furent subjugués ces quatre châteaux, savoir : Domme, Montfort^ Gastelnau et Bainac^ où, depuis cent ans et plus, Satan avait établi sa résidence, et desquels était sortie l'iniquité qui

UiST01K£ DES ALBIGEOIS

couvrit ces contrées^. > C'est Téglise de Pons, le prophète du Périgord, dont Sarlat était la métropole ; Sarlat, d*où devait sortir, cinq siècles plus tard, un antre grand mystique, un merveilleux génie joliannite et platonicien, François de FéDelon.

De Sarlat, Moatfort descendit & Gourdon et de Oourdon à Figeac. Il s'y présenta comme lieutenant du roi de France ; il j rendit bonne et stricte justice, et aurait redressé beaucoup autres abus s'il evt voulu excéder les homes du mandat royal. Nous savons que Simon était dans la Croisade le man'chal du roi de France, qui contenait son ardeur. * De Figeac, il se rendit à Cap-de l*iac, 1 antique Uxellodunum de Césai*, qui domine un immense cirque de forêts; forteresse de faidits^. De id, il yint k Rhodez, dont le comte prétendait releyer du roi d'Angleterre, et qui fit hommage, qiioi(jue à regret, au chef de la Croisade. Son seigneur réel, c'était le comte de Toulouse.

Il y avait, ver> les sources de FAvovron, un donjon très fort qui dominait le Piouerguo oriental, la Lozère, Florac, Mendo et Le Puy. Mont fort somma le seigneur de Séverac de venir lui rendre hommage à Rhodez. Le chef montagnard refusa fièrement, confiant dans son donjon, son escarpement et Thi- "vor. Simon y lança son frère Gui; il marcha toute la nuit, envahit à l'aube du jour le bourg jeté sur le penchant de la montagne, le prit d'un seul coup

Page 1