‹ Histoire des albigeoisChapitre 407 sur 442 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Bernard de Gourdon t;t doua llOlis de Turenno. — Siège ou destrucUoii des cliftteaux de Ddme, do Casenac, de Montfort, de Castelaaa, de Bainae et de Sérérac. — Retour d^Espagne

■ de Pierre de Béaé?ent.

Rovignan se retira avec ses faidits dans les

grottes et les forêts do la Dordogne, où combattaient encore Boru ird dt3 Gourdon et sa femme, Na Ilélis de Turenne. La maison de Gourdon régnait sur ce massif de montagaes qae domine son puissant donjon féodal, dont on voit encore les vastes ruines entre le Lot et la Dordogne. Cette race énergiquô et féconde formait deux branches, celle du Périgord et celle du Lauraguais. Celle du Lauraguais avait reçu Tévôque Nicotas ; celle du Périgord avait produit Bertram , seiijneur du puissant luunoir, Bernard, surnommé de Gasenac, et Guilhem, le charmant troubadour, sans compter ce fatal archer qui tua le roi Richard. Bernard de Cjscnac avait épousé dona Hélis. Uélis et Bernard étaient la terreur des pôle*

384 HISTOIRE DIS ALBIOBOIS

rins de la Croix, Cette terreur transpire dans le portrait farouche qae nous en a tracé le moine de Vaux-Cernaj : « Beruard de Casenac, homme très cniel et plus méchant que tons les autres; et si nombreuses étaient les cruautés, les rapines, les énor* mitée de ce scélérat, et si grandes, qu on pourrait à peine y croire. Outre qu'étant fait de cette sorte, le diable lui avait baillé une aide semblable à lui, savoir sa femme, sœur du vicomte de Turenne, secon« e Jésabel^ ou plutôt plus barbare cent fois que ceiitcî, la pire entre toutes les femmes et l'égale de son mari en malice et férocité. Tous les deux donc, ans^i per?er8 Ton que l'antre, dépouillaient, voire détruisaient les églises, attaquaient les pèlerins et dépéçaient les membres à leurs malheureuses victimes. Si bien que'dans un seul couvent de moines noirs, nommé Sirlat, les nôtres trouvèrent cent cinquante hommes et femmes que le tyran et sa digne moitié avaient mutilés, soit en leur coupant les mains et les pieds, soit en leur crevant les yeux ou leur taillant les au* très membres. En effet, la femme du bourreau, re* nonçant à toute pitié, faisait trancher aux pauvres femmes ou les mamelles ou les pouces pour les empêcher de travailler. 0 cruauté inouïe! Mais laissons cela, d'autant que nous ne pourrions exprimer que la millièrr.e partie des crimes de ce Bernard et de son épouse ^ »

Ou voit bien qne l'apologiste des pieuses perfidies a barbouillé de noir les faces guerrières de Bernard et de Na Hélis. Bernard, dit un troubadour, avait

Page 1