Add. Ofaron. Ricard pietav
BISTOIRB DBS ALBIOBOIS
pit des lances aux lices du Prat-Gomtal^ il s'y me- ' sura avec le jeune comte de Foix; il y vint comme baron, comme poète et comme patriote conjuré. 11 ourdit une vaste conjuration entre les barons du Périgord) du Limousin, de l'Auvergne et des Pyré-i nées. Le chef naturel était le comte de Toulouse. Le suzerain politique fut le roi de France. Louis, chose • singulière» semblait s'armer pour la défense de sa femme répudiée; on eût dit une guerre chevaleres* que pour venger Thonneur d'une dame, d'une reine, d'une mère. La mère et la reine que les Aquitains voulaient délivrer, ce n'était pas Èléonore, mais la patrie romane. Ils voulaient venger les anciennes invasions, les martyres antiques de Toulouse; et pour ne laisser aucun doute à cet égard, Bertran fit prêter serment aux conjurés de Limoges^ dans le monastère de Saint-Martial, sur la Uonne de la tombe même de Goaiffer, l'héroïque Jaouna, martyr immortel de l'Aquitaine. Et cela fait, Bertran chanta ce printemps des batailles patriotiques.
« Bien me plaît le doux printemps qui fait venir feuilles et fleurs. Il me platt d'écouter la joie des oiseaux qui font retentir leurs chants parle bocage. Il me plait de voir sur la prairie tentes et pavillons plantés, et il me plaît jusqu'au fond du cœur de voir ranger, dans la campagne, cavaliers et chevaux armés. »
« Nous verrons les lances et les épées trouer et dégarnir les casques de couleur et les écus dès l'entrée du combat, et les vassaux frapper ensemble, et fuir à l'aventure les chevaux des morts et des blessés; et quand le comUt sera bien mêlé, que nul
homme de haatparage n'ait d'autre pensée qne de coaper têtes et bras, car mieux vaut un mort qu'un Tivant yaincu.
« Barons, mettes en gage chftteauz, villages et citée, car nous allons en guerre. Et toi, Papiol, coars vite vers oui et non. Dis-lai qu'ils sont trop longtemps 6Q paix^ »
Le poôte, dans un autre chant, fait le dénombrement des princes conjarés de FOuest et du Midi : le comte de Toulouse, le comte de Béaro, le comte de
Barcelone, le comte d'AngoulÔme, le comte de Périgord, le comte de Limoges; les vicomtes de Gomborn, Ventadour, Tarenne, Gourdoti, Ségur, Astarac, Peguilhem, Graiihol et Glarens , et tous les • barons et les consuls des cités, depuis rembouchure delà Loire jusqu'à celle de l'Adour. Bertran est à leur tôte, à cheval, vêtu de fer, armé de sa lance et de sa harpe. Dans la Tignette de son manuscrit, le belliqueux Bertran est représenté en casque, bon- 'dier, caparaçon cramoisi, haubert bleu, sdle verte, palefroi noir, et se heurtant déjà contre un chevaier ennemi.
Le nom de Papiol, son fou et son page de musique et de guerre, diminutif mélangé de pape et de pépi (idiot), et raillerie sceptique et guerrière, donne Taccent frondeur du chantre aquitain. Le prince auquel Bertran dépêche son héraut et dont il flétrit le caractère versatile du surnom de oui. et non^ c'est