‹ Histoire des albigeoisChapitre 67 sur 442 · Sainte Palaje, Millot · texte numérisé non relu

Sainte Palaje, Millot

HISTOmE DES ALBIGEOIS

La formule de l'hommage d'amour était, on Je voit, calquée sur la formule de l'hommage féodal. Â genoux devant sa dame, les mains dans ses mains, après le serment, il recevait TaDiieaa de son vasselage moral,. et le baiser unique et sacré qoi scellait lenr amonr. Amanien recommande à son élôre de se tenir en garde contre cenx qni Tondraient la porter à violer son serment : « Ils vous diront qae de par Dieu, de par votre mérite et de votre noblesse, ils vous demandent un conseil. Depuis un an, vous diront-ils, je porte une plaie mortelle, dont je n'ai fait confidence à qui que ce soit, ni homme, ni femme, ni parent, ni ami. Mais je ne sanrais pins durer contre la violence du mal ; et comme il est naturel dé chercher sa gnérison, et que je ne pnis la trouver qn'auprôs de vous, il faut que je vous déclare que cette plaie vient d'nn dard lancé par vos yenz dans mon cœur; qu'il en est tout embrasé et que le remède est en vos mains, si vous voulez m'agréer pour serviteur^ autrement ma mort estcertaipe. >

Une dame courtoiso devrait répondre ainsi : « Ami, je vous trouve de si bonne foi, si aimable, si sage, si retenu, si discret, qu'il n'y a point de demoiselle, voulant aimer un chevalier on écnyer, qui ne tienne à honneur d'être aim.ée de vous et de vous aimer. N'était la parole que j'ai donnée à celui dont mon cœur ne se détachera jamais, non plus que le sien de moi, je vous tiendrais, sans balancer à mon service. Mais ni moi, ni aucune autre femme oe sera jamais digne d estime qui aimera des deux

côtés, et toute personne qui aime en deux endroits, n'aime pas sincèrement. Pnisqne tous voulez aimer, cherchez tant çà et là> qne vous obteniez les bonnes grâces d'une dame sans partage^. »

Amanieu propose à son élève, comme des modèles de grâces, de pudeur, de vertu, de perfection chevaleresque, les infantes de l'Ile Jourdain, d'Armagnac, de Commenges et de Béarn. Ce sont les petites filles d'Esclarmonde et les législatrices des cours d'amour restaurées en Gasgogne.

C'est pour la restauration de l'empire d'amour par Beltrama de Signe, après la croisade et les premières fureurs de l'Inquisition, que Amanieu et Ar-

mengaud, écrivaient leurs Bréviaires d'après les anciens troubadours. Armoigaud s intiiidemaîtrcez-loiSy serf d'amour et de tout fidèle amoureux. Il commença, dit-il, le premier jour de [irimevere et à V axxrore y son bréviarid'ajiior, (Tétait vers la lin du xni® siècle. Amanieu et Armengaud reproduisent les maestrias d'amor de D*Aniel, de Rambaud d'Orange et des anciens scolarques d'amour.

Le culte chevaleresque de la femme» le dévouement du guerrier à la grAce et à la beauté, était appelé par les troubadours le domnet (de domina dame).. Le service et l'adoration des dames, s'exprimait par le verbe domnejar, et le servant et l'adorateur recevait le nom appellatif de domne^ jaïre. Le domnei produisait dans le servant, le joy

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