‹ Histoire des albigeoisChapitre 68 sur 442 · Sainte Palaye, etc · texte numérisé non relu

Sainte Palaye, etc

iV amour, celte ivresse continue, ce doux délire perpétuel qui 86 produisait par le clunt, la galanterie et les promesses chaTaleresques. Mais il j avait une gradation dans cette science du Domnei. « 11 7 a^ dit un poète, quatre degrés en amour. Le premier est celui de feignairé^ timide; .le second celui de prégaîré, supjiliant ; le troisième celui à'entendétre, écouté; et le quatrième celui de dmitz, amoureux. Ce dernier semble dérivé de druide^ comme s'il y avait dans cet amour quelque chose de sacré, de sacerdotal et de prophétique ^ »

C'était pour le chevalier un moment très solennel. Le cérémonial était calqué sur celui du vassal et du suzerain. A genoux devant sa dame, il lui jurait fidélité jusqu'à la mort. La dame de son côté après l'hommage, et en signe de l'engagement de son cœur, lui présentait un anneau d'or et puis le relevait en lui donnant un baiser, toujours le premier et souvent le seul qu'il d(?vait recevoir d'elle. Dès lors, elle était sa dame, il était son chevalier. Cet hommage était souvent consacré par un prêtre, devant l'autel et sous l'invocatioa de la Sainte • Vierge.

C'était l'union des ftmes, l'hymen des cœurs. De là son incompatibilité avec le mariage, amalgame des sens semblable à la promiscuité des bétes« Le

mariage était la mort de l'amour. Nous avons vu le jugement de la comtesse de Champagne; il était

i. FaurieU poé«ie provençale.

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fondé sur un arrêt antérieur d'Éléonore de Poitiers. Voici cet arrr^t singulier : un clievalier aimait une dame éprise d'un autre amour, mais trouvant en lui tant de perfection, elle commit Timprudence de Tagréer, pour le cas éventael où elle viendrait à perdre son chevalier. Bientôt après elle époosa ce baron et l'antre alors de réclamer auprès d'elle son serment. Elle affirma ne rien devoir, paisqn'aa lien d'avoir perdu son amant, elle Pavait potrr mari. Le chevalier fit appel au tribunal d'amour, et la reine Éléonore, sa présidente, condamna la dame à tenir son serment, car elle avait réellement perdu son servant en le prenant pour mari. L'époux était vivant, mais lamant était mort. Deux choses se perdaient irrévocablement par le mariage : Tamonr et la poésie

Les poètes 6t les romanciers ont tiré de ce droit anticoDjugal des effets d'nne délicatesse pathétiqae. Gérard de Ronssillon voit son amante devenir impératrice en épousant Charles Martel. Le paladin se résigne à prendre pour femme la sœur de la reine qu'il aime toujours et qu'il est heureux de voir élevée au rang suprême. Le héros et son amante couronnée, après leurs mariages respectifs et simultanés, vont se séparer indéfiniment, elle pour se rendre auprès du roi Charles^ lui, dans son comté du Ronssillon. Mais les deux fidèles d'amour, ne se quitteront pas sans confirmer leur hymen mystique. Téter* nelle union des cœurs par un rite solennel.

« Le lendemain, au lever du jour, dit le poète,

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