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Sainte ?aUje, I

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la transformation delà cavalerie barbare. En France, en Angleterre encore plus, plus surtout en Allemagne et dans les pays germani([iies, la chevalerie est noble, guerrière et conquérante. Le roi seul faisait des chevaliers.

Dans les pays ibéro-romans^ en Aquitaine^ en Espagne et en Italie, on observe un phénomène social, la chevalerie descendue chez an plébéien coarageux et jii9qu*aai sepf artiste et poète, en un mol la che« Valérie accessible à la démocratie. Dans le Nord, la chevalerie s'enracinait avec le donjon dans le rocher féodal. Dans le Midi, elle n'avait de riel" parfois que la richesse, le courage, le génie. Le verrier fut annobli, le troubadour fut fait chevalier. Dans le Nord, le bourgeois ne portait pas Tépée, ou ne la portait que pendue à l'arçon de sa selle. Dans le Sud, il la portait bouclée à son flanc; il joutait dans les tournois et chargeait dans les batailles ^

Le troubadour Arnanld de Marveil, dans une pièce didactique, caractérise ainsi, le noble et le plébéien • du zii* siècle : « les chevaliers ont divers mérites, les

unasont guerriers, les autres hospitaliers. Ils brillent par l'armure, ou l'-élégauce, ou la galanterie. Toutes ces qualités se rencontrent rarement ensemble. Mais plus on en posijède plus on a de valeur. Qui n'en possède aucune n'est point chevalier. » Après les chevaliers, le poète peiut ainsi les bourgeois. « Les bourgeois ont également des mérites divers*

i. Gftpeâgtto, chevalerie.

Im uns tout de parag^e» 1m tutres sont aoblae par natwè; les ont et ks aotra se distiagvest fut des aotwDi d*liD]i]ie«r. D'antras» a'ib a'ottt pM da û>rtana» plaiaanl par dita graeianx^ fréqBaQjtaiil Isa Qoiire, aarrant ka damaa^ al figureat an noblea harnais aux joutes et aux jaax guerriers. Des autres je n'ai rien à dire cai . qui ne sait ni bieo faire ni bien dire ne mérite aucune estime, et je ne le mets point dans mes vers*. * Ainsi pour le poète démocrate, le noble et le plébéien sont également chevaliers, et nul ne l'est, s'il manqua de valeur' et d'éloquence. Le sot et le lâche sont mis sor la même rang, ils aont indignes de ojbevaiarie; le oooniar da leur honte^ e'eat l'àne^

Écoutons maintenant le vénérable Amanieu des Escas, rSestor et {j('dagugue chevaleresque, instruire les jeunes damoiseaux. « vous exhorte d'abord à éviter la société des sots. Évitez les discours moqueurs et médisants. Four vous taire estimer dans le monde, sojez généreux, franc, hardi, toujours prêt à dire des choses gracieuses... Si tous n*étes pas asses ri<^e pour avoir une beUe robe, que tout le reate aoit pn^e et galant, vos bottines, votre ceintura, votre dagne. Rien ne plaît tant, et on a plus Pair de eourtaiaie que d'être paré simplement, et c'est ce qu'on apprend dans les cours. » « Celui qui veut réussir en amour doit ôtnî habile à tout, aiin que celle qui l'aimera ne le trouve jamais en

1, Fam-!«1.

KautoQ Lulle.

défaut. Tâchez de plaire à ses amis afin qu'ils disent du bien de vous. Les cœurs se prennent à ces louanges. Lorsque vous la verrez ne soyez pas honteux de lui dire qu'elle a fait votre conquête. Si elle vous accorde ce que vous lui demandez, que personne n'en sache rien ; plaignes-vons an contraire de n'en pouvoir rien obtenir. Les femmes ne peuvent souffrir les étourdis 'et les indiscrets. Célébrez ses louanges en public de manière à lui concilier Testime de tons les honnêtes gens. Voilà comme on se fait estimer dans le monde et aimer des dames.

« S'il y a guerre, ayez un cheval rapide, vigoureux, docile au mors, des éperons bien attachés, des gambards solides; que votre armure soit épaisse et juste à votre taille. Que votre camail iie soit jamais trop serré ni trop âottant. Recommandez à votre écuyer de ne point laisser rouiller la cuirasse, le casque et la lance. Regardez à votre harnais s'il n'y manquQ ni courroie ni ardillons. Soyez le premier en seile» et si vous allez à un tournoi tâchez de gagner le prix pour qu'on vous exalte au-dessus des meilleurs chevaliers. »

On ne peut s'empêcher de sourire en entendant la pédagogie galante et guerrière de ce Mentor des Pyrénées; Amanieu des Escas, quoique baron, met au même rang le cœur et l'esprit, et lait marcher de front le bien faire et le bien dire, la prouesse et l'éloquence. Les troubadours mettent dans le même honneur la gloire des armes et la puissance de là parole. Us signalent les chevaliers savants^ le gentil

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