Sainte PlUaye
orateur y la bouche suave. Tel est légiste, tel antre thMogieiu Lear langage brille dans les cours d'amoar, dans les capitoles des cités, sur les champs de bataîUe. Dans le capitole de Toulouse sur vingt- ^tre consola, doase an moins appartenaient aoz races cheraleresqnes. Ces grands barons étaient fiers des honneurs capitulaires, de la gloire de leur république, et volontiers donnaient à leurs enfants, le prénom de Tolosan*. Gomme l'aristocratie romaine sa mère, la chevalerie romane était politique, municipale, populaire. A côté de la lance elle mettait la parole, et an-dessus de la parole et de la lance, la poésie, ce yerbe et cette ûôche ailée.
La chevalerie romane était surtout poétique. La poésie était la voix, l'âme harmonieuse d'un siècle héroïque. Sur environ cinq cents troubadours méridionaux dont les noms sont venus jusqu'à nous, la moitié an moins appartient aux classes féodales. Souvent môme les princes étaient poètes aussi, comme les héros dHomère. Richard C!œar do Lion, sonpira sur sa harpe> assis sur les rivages de cette même Asie, ou deux mille ans auparavant Achille ayait chanté snr la lyre an brait de la mer retentissante. Richard Cœnr de Lion, roi d'Angleterre, Alphonse le chaste roi d'Aragon, les comtes de i*oitiers, de Toulouse, de Foix, le dauphin d'Auvergne, les vicomtes d'Orange, de Saint-Antonin, de Mauléon, d'Hautefort, de Cavaillon, excellaient à divers de-
1. Don VaiMOtte : Tolosaa do Siol (12:^), ToIomq de TailUfer (1221).
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gré9 d^ns b manque et la poésie. Le vÛMHnte de V^çQtacknir en tenait éeole dans son manoir. U y avait
des chevaliers troubadours et des troubadours chevaliers. Partis des cabanes et des châteaux, ils se rencûnlraieut dans la poésie, la noblesse du génie. La chevalerie féodale ge subdivisait en chevalerie errante et en chevalerie sauvage. La première était earopôenne; la eeconde, diminutif de l'autre, parait n'avoir été que romane ; elle faisait k polios dea iorr , râla, Toutes lea denz «soltiTaient d'autant pins le poésie qu'elles TÎYaient dana lee déaorte. Ijour harpe cbarmeit leurs haltes dane la aolitude et leur on* vrait les portes daa châteaux, où ^ea arrivaient le soir.
Un des plus gracieux spécimens de chevalerie errante et sauvage, c'est Rambaud, Hls de Peyrol, seigneur de Vaquieras en Provence. La jeune Bamhaud, fatigué des molles galanteries des cours de Die, d'OrangOy de Montélimart, résolut de se jeter dans les ayentnres cheyaleresques. « Galoper, trotter, sauter, courir, les veUles, les privations et les fatigues vont être désormais mon passe-temps. Armé de bois, de fer et d'acier, j'endurerai les chaleurs et la froidure; les forêts et les sentiers écartés seront ■ ma demeure ; les descords et les sirventes me tiendront lieu de chansons d'amour, et je maintiendrai les faibles contre les forts ^ *
Il part de son castel aur la Durance, s'adjoint en chemin quelques jeunes compagnons, Guiet, Bertau-