‹ Histoire des albigeoisChapitre 77 sur 442 · Troub. Rambaud de Vaquières · texte numérisé non relu

Troub. Rambaud de Vaquières

CIIAPITHK IV

Les troubadours — Pemar<l ^ • ntadour, — Arfiauld de Marveil, — Kambaud de Vaqui^ji-as,

La poésie, ou» comme on disait alors, le gai sa» «otTy la noble science *■ était le langage consacré de ce monde de rameur et les troubadours en étaient

les législateurs, et quelquefois les héros. Désireuses de renommée, les châtelaines inféodaient à leur beauté ces poètes dont les cîiants devaient les ravir au temps et à la mort. Les troubadours devenaient souvent l'objet idéal de leur cœur blessé. L*amour et la poésie nivelaient les rangs^ ils élevaient jusqu'à ces princesses des chantres plébéiens qui passaient du serrage de la glèbe à l'empire harmonieux des cœurs.

Le plus tendre et le plus gracieux des troubadours du xn* siècle, Bernard de Ventadour, était fils du foornier du château de ce nom en Limousin, vers les sources de la Luzéja, un alEuent de la Dordogne.

1. Gai dérive dé gaisuni. javdot gaulois. C'ost un < i i do guerre: Gai, gai, serrons nos rangs ! Bcranger reproduisait à son insu le chant dcK.IiardeH.

BI8T0IRK DIS ALBIGSOIS «

Nons savons que les yicomtes de Ventadour avaient fondé danft leur manoir» on gymnase de poésie d'où sortirent les plus glorieux élôYeSy Arnauld d'Aniol, Ginud de Bonieil, 6t l'héroïque Bertran de Bom. Ee pRum serf sentit son talent e'éveiller aux sons et aox yers de ces nobles obstiteQrs. Le ticomte ftat fief de son mélodieiix nourrisson ; et le Tibnlle de la Vé* ière, beau, doué d'une voix charmante, habile â cadenser ses vers sur la harpe, osa élever ses chants et son cœur jusqu'à sa noble chAtelaine dona Agnôs de Montluron, vicomtesse de Ventadour. Un joUr qu'il était assis à ses pieds sous l'ombrage d'un pin, la Tieomtesse récompensa d'un baiser, les mélodies du sensible barpéor. « AlorS> dit-il» Je ne tis plus, jè n'entendis plus« Je ne sœ pitts cé que Jé Mais ni oe que je disais; on était an fort de 1 hlTOf et Je ttie eras att mois de mai. Les prés gelés me psrtirent tertsi et là neige se diaprâ de fledrs^ » -

La ^célébration de son triomphe idéal perdit le troubadour. Le vicomte Ebles II s'en courrouça; ce scolarqoe du r/rtt savoir, â force de chanter des ve)*s d'allégresse^ était derentt en Tieillissant, mélancoli-^ qtè «I £ii«ddOhe. Il e^tpulsa son élève ^Tori , enitonk Ml feMflké dans une toni*, et finit par s^enSevelif laWiiiêine dans an conTsnt qu'il atait fondé prds de son liuitlbîr. Le triste hsfpéor Se mdit à lH cotif de Poitiers. Êléonore prit ft son SefViee tin ëxilé ^tté iWJotntnandait si vivement jeune renommée, et son douloureux amour. Bernard, reconnaissant, cé-

Page 1