Troub. Bem. de Ventaduui
UlSXOiftË DES ALBIGEOIS
lébrà la reine, soqs le nom mystérieux de Concri,
consolation, parce qu'elle le consola de ta perte de la vicomtesse de Ventadoiir, Ils s'aimèrent long~ temps y dit le biographe contemporain, dont la naïveté ne met aucune distance entre la reine et le pauvre ménestrel. L'amour de Bernard, ne fut probablement qu'une broderie poétique pour cette violente princesse dont le cœur licencieux s'était déjà partagé entre Louis VU, roi de France, Henri 11, roid'Angleterre, le prince Ramon d'Antiocbe et je ne sais quel émir sarrasin Quoi qu'il en soit, Bernard suivit la reine en Anjou, en Normandie* en Angleterre, et partout on admira le troubadour aquitain. Mais dans cette cour anglo-normande, sous la brume et la barbarie du Nord, le doux poète resta fidèle à dona Agnès, et son cœur plaintif revolait sans cesse vers Vantadour. L'absence lui inspirait les plus ten~ dres accents. « Que ne pnisje fendre les airs comme l'hirondelle, et porter mon cœur chaque nuit, aux pieds de celle à qui j'oâre de loin mes chansons. > « Éloigné de ce que j'aime, dit-il ailleurs, je ne m'occupe que de son image gravée au fond de mon cœur. Tous les matins le rossignol me réveille en chantant, et son amour me remet en souvenir ma ^ licité perdue I » — « 0 tendre amie, quand la brise souffle des lieux où vous êtes, je crois respirer un parfum de paradis. Oh ! que ne puis-je vous voir seulement 1 Je ne veux rien de plus ! Je croirai posséder Dieu lui-môme^. » Ces vers certainement ne peuvent
1. Une dM pltM foUet femmea de ce monde. G. de Tyr, 3. Rajnoiuûrd : Bernard de Ventadonr.
HISTOIRE DBS ALBIGEOIS 91
s'adresser à Timpure et vieillissante Éléonore. On sent que la brise d'Éden qui parfume le cœur blessé du poêle exilé dans le Nord, vient du Midi, et a passé sur les forêts du Limousin, et les amoureux créneaux de Veutadour. La reine, d'ailleurs, mobile et fan* taaqaey avait fait un antre choix, et le tronbadonr in^^é revint sur le continent* La discorde et la débauche troublaient la conr des Plantagenets. Éléonore empoisonna Rosamonde, maîtresse de son mari* Henri II renferma Éléonore dans un donjon anglais. Leurs enfants se révoltèrent et prirent parti pour leur mère contre le roi. Les poètes déplorèrent la captivité de la fille des Guilhem. Ils se tirent un cri de guerre du nom d'Aliénor. Bertran de Born et son condisciple Qemard, se déclarèrent pour la reine captive, pour les infants révoltés, c'est-à-dire pour la patrie, l'Aquitaine frémissante. C'est alors qu'après une absence de vingt ans Bernard revint à Ventadour. Retrouva-t-il la vicomtesse tant pleurée, ou n*eut-ilqu'à sHncliner sur son tombéAuY L'histoire se tait. Le vicomte Ebles II n'y était pins; il s'était retiré en Italie; il était mort religieux du monastère (lu Mont Cassin. Bernard suivit Ebles III son fils, dans Tinsurreclion nationale*. Après cette guerre infortunée, proscrit sans doute, il s'attacha au comte Ramon V, et vint à Toolouse, sa patriô poétique.
De Toulouse, il rayonnait dans les cours d'Aqui« taine^ d'Espagne et d'Italie, où il a laissé des traces de sa renommée. Après la mort de Ramon V, son patron, le troubadour vieilli quitta le monde; il se