J. de Cabcstaiig : rucsio
UiSïOlUE DES ALBIGEOIS
de Sermonda et de Gailhçm. Les parents de la dame et du troubadour, et tous les amants de ces pays
lirent une LTuorre inot lelleà riainori. Le roi Alphonse vint en Ronssill<ni. lit prisonnier le féroce baron, et le laissa mourir au fond d'une tour. 11 ruina I«i château (le Itou^^sillon et donna ses hiensaux parents de Guilheiû et de CSermonda. Il réunit les i estes des . deux amants dans un tombeau qu'il lit élever devant l'église de Saint-.Tnan A F^Tpignan. De i-Iuk, il institua un anniversaire de leur mort. Ce jour-là, de Rouasillon, de Cerdagne, de Gonfolens, de Riopol» de Peyralade, du Narbonnais, les jeunes gens Tenaient en pèlerinage à leur tombeau. Les tendres amants et les amantes fidèles priaient pour les âmes du troubadour et de la dniia qui rnwurut pour lui. Le nom de Sermonda siLrnili.» soir pjf.r, et rien n'indique, en eir«*l. dans son lra<;"ique amour, qu'aucune souillure des sens ait terni la limpidité de son orageux et mélancolique crépuscule ^
Nous avons rapidement ébauché VEnqûre (TA^ monr. Il est le vestibule qui nous conduit à l'Église du consolateur. L*un et l'autre sont l'expression du
même phénomène social, les deux laees du règne de l'e.sprit, appelédansle monde A)/i<h(}\ etdans Téglise Paraclet, Ici, Paladin, ailleurs. Séraphin, c'est le môme dieu. Nous avions, au reste, à peindre celle Jeune civilisation qui va périr, celte tioraison merveilleuse et déjà condamnée du xu*' siècle. Que nus
1. Hibliuth nat., manuacrits. G de Cabestan.— Alf. II, m d^Aragoa.
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contemporains ne sourient pas trop de ces mœurs romanesquiss mais héroïques. Elles tâchaient de transformer, par leurs élégances, des goûts barbares et d'assoupir, dans leurs délicatesses, des instincts féroces. L'historien s'est attardé dans ces jardins du platonisme sentimental, retenu moins par le charme de ces tîctioiis cliov,'i!(M'e.sques que par l'horreur de s'enl'oncer dans les tragiques réalités. Le fanatisme théocratique et la barbarie féodale dorment encore sous ces bocafres enchantés, comme une couple de tigres sous les ombrages odorants d'une forêt de rinde.