XII INTRODUCTION
c< Ces personnages , dont les uns sont assis » et les autres debout et qui entourent le roi , » sont ses principaux officiers dVtat. Ce grand » maigre qui a Tair si dur est AJgar, le staUere ' , r» dignité que les Francs nomment connétable » de Tannëe ; il a tant d^autoritë que sans son »> ordre spécial on ne pourrait seulement en- » voyer à Therbie un des chevaux du roi. Cet y> homme de belle taille y qui porte un énorme » couteau et un tranchoir en bois ^ est ilEthel* » mar , le thane ^ du plat ; il découpe les mets y> à la table royale. Hugolin , ce clerc aux regards » sournois , est le thane de la chambre ou cham- 1) bellan ; c^est lui qui tient la clé du trésor du » roi. Vous seriez étonné • Haco , si tous pou- » yiez voir les monceaux d^or qui sont entassés » dans la chambre basse voûtée. Après que » nous eûmes chassé vos compatriotes et Tusur-
* StaUere f chef des écuries. {N.duT,)
* Titre que Ton fait correspondre en français li celui de baron.
(N.duT,)
INTRODUCTION. XIU
» pateur Hardicanut, et que nous eûmes rétabli » sur le trâne notre bien-ainié roi Edouard , » véritable et légitime héritier de la ligne royale » directe de Gerdic , les huscatls \ du palais 9 continuèrent de lever Timpôt du dan^ld » avec autant de rigueur qu'auparavant ; et plus » d*un bon laboureur se vit exproprié de sa » maison et de sa terre , trois jours après que la » taxe était due , afin de la payer avec les frais » qu'il avait encourus pour le retard ; non 1» que notre excellent roi fut d'un penny plus » riche par le danegeld. Le digne homme , il ne » prend ^ aucun sopri de Fargent , et laisse en- » tièrement ce soin à Hugolin. Vous videriez » la bourse du roi Edouard devant ses yeux , » qu'il ne vous ferait pas finir ; il vous dirait » seulement : Prends garde , ami , qu'Hugolin » ne te surprenne. Les taxes ne procuraient » donc an roi que de faibles avantages , mais
* Corps militaire affecte au service particulier des rois anglo»
XIV nfrRODlICTION.
» je présume que d^autres sayaient en profiter, » el le danegeld (ut impitoyablement exigé , » jusqu'à ce qu^un jour le roi , en sortant de » son lit , .demanda la de du trésor à Hugolin , » et s^y en alla seul. A son retour , ses yeux » exprimaient Thorreur , et il nous dit qu^il avait
» vu le diable dansant sur Tor arraché à son
» pauvre peuple et grimaçant de plaisir. Je ne » sais si le roi avait réellement vu quelque chose, M ou si nous primes inconsidérément comme un » fait ce qui n^était qu'un langage figuré pour » manifester son opinion sur Tiniqùite de Tim-
• pdt; mais ce quHl y a de ^irtain, c^est que de- » puis ce jour on cessa de percevoir le danegeld.
» Ces hommes graves , dont les traits sont » empreints de finesse et de ruse et qui por- » tent des couronnes de tonsure , sont Osbon,
• Piètre , Hob^tt ^ Gyso , et les autres clercs de n la chapelle royale. Celui qui est assis au coni- » mencement du banc est Reinbald , le chance- » lier. Ces vénérables personnages ont graduel- » lement gagné une influence de plus en plus