‹ Histoire des Anglo-SaxonsChapitre 9 sur 124 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

application qu'on en a faite. Avaùt de quitter ce sujet, je ferai remarquer que si Ton accorde peu de foi à la science des ëtymologies, à cause de conjectures qui, aux yeux des examinateurs superficiels , peuvent paraître forcées , ce discrédit cessera par une observation plus attentive '.

' Qoî pourrait, par exemple, à la première vue, s'imaginer qQe bet (pari) et (v^^r(gagenre) sont des tiges qui sVlèvent de la même racine et qui ne Tarient qu*à cause du sol difiRi^rent où eUes ont été plantées?

Dans le mot Uûnvad^iare , et dans le mot anglo-saxon nad-tan , nous trouvons des verbes qui ne différent que parla terminaison de rînfinitîf ; ou plutAt c'est le m^e* verbe dans lequel un nom , syllabe radicale , est converti en un mot d'action. Dans les langues romanes dérivées du latin , il est aisé de voir que les transformations de vadiare en guadiare, guatgiare , giUMgiare, gaggier et gageure 9 ne sont que des nuances intermédiaires de la prononciation et de l'inflexion. De gageure nous avons fait notre wager , qui répond au mot plei^, introduit par nos conquérans normands ; mais bet nous appartient, et ce mot est de famille tudesque ou anglosaxonne. FFœd ou çi^ed , racine du verbe , est , dans notre ancien langage , une chose pleigée , et bad, dont nous avons fait bet , c'està-dire un pleige ou gage donné pour garantie du paiement de la somme que l'on expose , n'est qu'une simple inflexion dialectique de cette racine qui était autrefois d'un usage ordinaire dans te discours en Damnooie , et que l'on trouve dans le traité fait entre les Angbis et les Bretons de l'ouest. « Gif, badgenumen sy on monnes » <ùrfe. — Si on pleige est pris sur les biens d'un individu. » Dans la langue danoise et la langue belge , les roots ved et ivette se rapprochent beaucoup du nôtre , et l'on peut apercevoir ses nombreux dérivés, tels que fvad!s«l (hypothèque), (V^tfidrn/^( noces), etc., qui tons sont fondés sur l'idée première de pleige ou d'engagement.

X INTROJHJCTION.

Afin d'aider encore à la mémoire , j'ai tâché de lier les faits de nos annales avec la topographie de l'Angleterre , et pour atteindre ce but , je me suis Quelquefois un peu écarté du sentier direct. Une des causes qui ont le plus contribué à empêcher l'histoire des Anglo-Saxons de devenir populaire , est l'extrême difficulté de se for< mer une idée précise des obscurs personnages que SCS pages nous présentent et qui n^y figurent que dans l'ombre ; mais, en associant leurs noms à des localités familières , on parvient à obtenir sur eux des notions plus claires. Je suis certain que les vers dans lesquels sir Walter Scott décrit ce le lourd château carré du roi Ida » ont plus fait connaître ce roi à la génération actuelle , que Nennius et Malmesbury , et tout ce qu^il y a de chroniqueurs ; c'est par ce motif que j'ai ramené, autant que je l'ai pu , le nom de la ville de Tamworth , afin que le souvenir de la tour de Tamworth pût rappeler à mes lecteurs celui d'Ofia , roi de Mercie.

Le but principal de ce petit ouvrage m'interdit

IMTAODUGTiOK. XI

d^eatrer dans aucune discussion régulière sur les IcMS anglo-saxonnes. Je ne pouvais non plus m' engager dans une investigation approfondie sur la oatare du corps législatif de ce tems; mais, comme TOUS penserez peut-être qu^il serait utile de fournir quelques détails à ce sujet , supposez que nous sommes placés dans la salle d'Edouardle-Goafesseur , qm, de même que ses prédécesseurs, portait les titres de roi des Anglais, Basileus de la Bretagne, empereur et régulateur de tous les souverains et de toutes les nations de Pile , seigneur suprême des Cumbriens , des Scots ' et des Bretons. Supposez aussi que vous vous nommez Haco , que vous êtes uii étranger norwégien introduit par un ami anglo-saxon , et que vous écoutez les explications qu'il vous donne sur l'assemblée qui est devant vous :

' La plupart des tradacteurs ont appelé ce peuple Ecossais , du Bom qa*il a en eflet reçu par la suite , mais qu'il ne portait pas dans ce tcms-là. J*ai cru devoir lui donner la dénomination de Scois , à cause de IVpoque dont il s'agit , de même que dans la première partie de Thistotre de France il est question des Francs , et non pas des Français. (N.duT.)

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