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partie du comté de Grodwin , étaient transférés à

Odda, et le reste du territoire de ce comté se trouvait encore à la disposition du roi.

Ce calme ne dura pas long-tems. Crodvrin , comme on s'en souvient , était allé en Flandre avec un vaisseau chargé de richesses. Il y équipa une flotte , vint attaquer les cdtes méridionales 1052. et mit le pays à contribution. Edouard prévoyant que cette expédition pouvait être méditée , avait tenu conseil avec ses viritans sur les moyens d'éviter le danger. Us s'étaient décidés à faire bloquer les ports flamands par de nombreux vaisseaux pour empêcher Grodwin d'en sortir. Cette force navale était placée sous le comman-

45o GQOwm s'ayavce vers uondres.

dément des ennemis personnels de Godwin, du comte français Ralph et de Tearl Odda, qui possédaient la plus belle partie des domaines de Godi?in. Mais celui-ci était alerte ; le tems Tayaut Ëiyorisé , il trompa la surveillance de ses adver* saires , et les affairies du roi furent si mal caitduites, que la flotte revint disp«sëe, aprè$ avoir entièrement manqué son buL

De son côté Harold ne resta pas inactif ; il 6t voile de l'Irlande, et, joign^mt ses forces à celles de son père , ils mireni; tout en otavre pour ré-** veiller leurs partisans. Les marins ' d'Hastii^ paraissent avoir été les premiers qui embrassé» rent leur cause. Le Kent., le Susseii, Je Surrejel TEssex , suivirent cet exemple , ainsi que beau* coup d'autres districts. Tous les habitant de ces contrées se mirent du patti de Godwia , et déclarèrent qu'ils voulaient vivre et mourir pour lui. Godwin et Harold y qui avaient leur station principale au-delà de Tîle deWight, sedëteiminèrent alors à cingler vers Londres* A mesure qu'ils remontaient la rivière , leurs forces de terre aussi bien que -leurs forces navales cûotinuaient de s'accroître; les. paysans * leur fournis* saient de toutes parts des provisions 4 et uniI le pays semblait leur être soumis.

OOWIN SOUS LES MDRS DE LONDRES. 4^1

Lorsque les earls furent arriyés au port de Londres, ils transmirent au roi leurs demandes y qui étaient assez justes et assez raisonnables , puisqu'ils se bornaient à demander d'être rétablis dans leurs domaines et dans leurs dignités. Si Ton n^eut pas eu autant de sujets de se méfier de Godwin et de sa famille , une telle conduite aurait prouvé beaucoup de lïiodération. Edouard n'y vit que du danger, car il résolut formellement de ne rien accorder, et Son refus excita tant de courroux parmi les soldats de Godwin, que le vieux earl eut beaucoup de peine à les

contenir. Mais en donnant un firein à cette ardeur intempestive, il n'en poursuivit pas moins l'exécution de ses desseins , et réussit à faire passer de son côté les bourgeois de Londres et de Soutbwark. Lorsqu'il eut rassemblé tout son monde , H se remit en mouvement , et pendant que ses vaisseaux remontaient la rivière , son armée de terre se formait sur le Stnmd , qui , ainsi que nous Tavons dit , était alors un rivage ouvert , situé en dehors des murs de Londres , et qui s'étendait sur le côté nord de la Tamise. Les forces du roi étaient considérables ; mais, de même qu'auparavant , elles montraient beaucoup de répugance pour une guerre civile. H

452 RÉOSSITE DE GODWIN.

n^y avait que des Anglais des deux cdtës , et il leur eu contait de combattre des compatriotes. Si Edouard perdait une bataille , une révolution ëtait à craindre , et la couronne pouvait être transférée dans la maison de Godwin. Edouard se vit donc forcé de céder au vœu de ses sujets , et de consentir à un traité. Le roi (it des oflGres qui devaient suffire pour apaiser le ressentiment de Godwin et de Harold , et pour satisfaire leur ambition. Edouard reconnaissait leur prépondérance par ce traité, qui, comme toutes les transactions importantes , fut conclu par Tintervention du Matenagemot Godwin comparut devant les earls et les notabilités du pays , et déclara que lui et ses fils étaient innocens des crimes qui leur avaient été imputés.

Non seulement rassemblée admit que Godwin et ses fils n'étaient pas coupables, mais elle décréta la restauration de leurs comtés ; et telle fut l'influence de Tearl de Wessex , que les witans adoptèrent toutes les mesures favorables à son paru. Les Français furent pri>scrits pour avoir » disait-on , donné de mauvais conseils au roi , et avoir fait rendre des jugemens injustes. Un trèspetit nombre seulement , dont les désignations ignobles se sont conservées , comme Robert

MOAT DE GODWin. 4^3

Deacon ( Diacre ) , Richard , fik àe- Scrub ( Balayeur) \ Humphrey Cock's foot (Patte-de- Coq ) et le Valet de rëtrier , ne furent pas compris dans la proscription ; c^étaiént des hommes ohscurs dont Godwin n'avait rien à craindre. Robert .» moine de Jumiéges , qui avait ëté promu à Tarchevéchë de Cantorbery , n'eut que le tems de dérober sa vie à la (ureùr du peuplé. Lui et Ulf , ëvéique de Dorchester, s'enfuirent par la porte orientale de Cantorbery, et, tuant ou blessant ceux qui cherchaient à les arrêter, ils gagnèrent la côte et s^cmbarquèrent. D'autres Français se retirèrent dans* les châteaux de leurs compatriotes , et le triomphe de la famille Godvirin fut complété par le rétablissement de la reine dans le rang qu'elle avait occupé.

Fort peu de tems après ces événemens , Godwin mourut. On dit qu'étant dans un festin 1053. avec Edouard , à Windsor , une dispute s'éleva entre eux. Edouard était toujours persuadé que Grodwin avait causé le meurtre d'Alfred, a Si j'ai » commis ce crime , dit Godwin , que ce mor-

' Ce nom signifie lutlayeur, mais, dans un sens général, .1 vea( dire tout homme employé à des travaux vils. (N,duT.)

454 BABOLD SUCCÈDE A GODITIN.

» ceau soit le dernier que je mange. » Aussiiflt il fut étouffe par la bouchée de pain qu^l vou* lait avaler. Je ne garantis pas ces particularités , car la tradition s^est fort exercée sur son compte. Les bas-fonds connus sous le nom de Godê^in- Sands ( les sables de Godwin ), considérés parmi le peuple comme ses anciens états submergés par la mer , sont devenus la terreur des navigateurs. Les drconsUmces exactes de la mort de

Godwin sont douteuses ; les chroniqueurs les phis authentiques, omettant les autres détails, se bomeiit à dire quHl perdit subitement la parole , et qu'il expira dans Tespace de trcHS jours. Harold, en sa qualité de fils 9$né de Godwio, 1053. pi^^ possession des domaines et de TaolOTitë de 1055. son père. U abandonna le comté de TEstanglie en faveur d'Âlgar, fils de Leofiîc, qui en avait joui pendant sa proscription. Ce fiit apparemment une ruse ; il tranquillisait ainsi »es adversaires jusqu'à ce^'il eut,acquis un plus grand pouvoir, aussi vit^il son influence prendre un accroissement rapide. A la mort du vaillant Stward , earl de Northumbrie, lé roi nomma pour lui succéder Tostig, frère de Harold; mais cet acte, contraire aux vœux du peuple ainsi qu'aux droits de Théritier de Siward , fut une injustice. Harold

ALGAE BXILÉ SB REVOLTE. 4^5

cmîlHt encove un grand avantage de l'expulsion d'Algar , qni , accusé de trahison, mais sans motif réel , fut proscrit par le wîtenagemot. Algar ,* se fiant sur la puissance de Leofric , son père y capable de contrebalancer celle de Hal*old , ne perdit pas courage. Le fier exile suivit l'exemple qu'avaient donne Godwin et Harold dans des conjonctures pareilles , il en appela au aort des ànnes. Il se relira dans les domaines de Grilfith, roi du pays de Gkilles, qui avait épousé Algithe, sa sœur, et «se trouvait prëdsëment en guerre avec Harold. Après avoir réuni des*fMrceS'Oonsidérables, ils -marchèrent sur Hereford, brûlèrent cette ville et pénétrèrent

dansée Gloueestershire.

Algar et ses alliés y rencontrèrent Harold ; et, I après beaucoup de sang* répandu , l'on fit la paix. Laaentence de proscription rendue contre Algar fioit réformée , et son territoire lui fut rendu ainsi que sa dignité. Quelque tems après, Leofinc ayant cessé de vivre ,- Algar se trouva investi 'du comté de la Mercie cestrienne ; mais alors il retomba dana la disgtâce d?£dooard , ou plutôt dans cette de Harold, il fiit proscrit et banni de nouveau. Algar montra autant: d'audace cpi'auparavant. Il retourna vera ses anciens ami&

456 AL6AR REOeOYAK 8U l»08ES88l01fS

les Gallois, et, seconde en oatre par une flotte des Danois, il recouvra ses domaines par la force, bravant Edouard et sa puissance. Un affront plus sensible ëtait encore réservé au roi par les Nortbumbriens ; ils se soulevèrent contre Tostig , massacrèrent ses partisans , s»sirent son trésor, et le chassèrent du comté. Us élurent à sa place Moriiar, fils d'Algar, et demandèrent ensuite à Edouard son assentiment , que celui-ci ne pouvait plus refuser.

Un royaume dans lequel se passaient de sem- UaUes événemens était évidemment sur k penchant de sa ruine. 11 n'y avait plus ni confiance, ni unanimité. Les factions s'opposaient à d'autres factions, et, comme du tems des anciens Bretons^ tout observateur se serait aperçu que le pays était à la merci du premier qui voudrail s'en rendre maître. La vieillesse d'Edouard était avancée. J'ai déjà dit qu'il n'avait pas d*en&ns. Il voyait grandir le pouvoir de Harold, et il avait à craindre que le royaume qu'il avait âé appelé à gouverner ne fut bientôt exposé aux plus grands désprdres. Après lui , le représentant de la ligne de Gerdic ne pouvait- plus se trouver que parmi les descendans d'Edmond- Cdte^de-^er. Edouard avait jusque-là regarde sa

MORT D*élK>UARD-LB-PA08CAIT . ^^

faonlle ayec froideur, sinon avec aversion; mais le dësir d^assnrer la tkanquillitë dans son royaume prëvalul, et il rappela £dpuard-le-Proscrit de sa io57. retraite de Hongrie , avec Tintention de le proclamer héritier de la couronne.

Edmond- Côte -de -Fer s^était fait aimer du peuple , et la joie fut grande en Angleterre lorsqu'Edouard-le^^Proscrit , qui désormais devait quitter ce surnom pour celui d'atheHng, y vint avec sa femme Agathe, parente de l'empereur, et ses trois beaux-^nfans Edgar, Christine et Marguerite. Mais cette joie ne tarda pas à se changer en douleur. Fort peu de tems après que Tatheling fut arrive à Londres , il tomba malade et mourut. Il fut inhume dans la ca-thëdrale de Saint -Paul ; et les Anglais , en »le voyant porter à sa tombe , conçurent de bien tristes présages. Harold gagna beaucoup à cet événen^ent. La mort de Tatheling fut-elle naturelle ? Les chroniqueurs semblent par leurs lamentations vouloir en faire entendre plus qu'ils n'en disent.

Le projet d'Edouard ayant ainsi avorté , il résolut de désigner Guillaume de Normandie 1058. comme son successeur au Irône d'Angleterre, et 1065. il fit, ou peut-être refit dans ce but, un testament

4^8 TESTAMENT D^ÉBOUABD.

fi9tr lequel* il léguait la couronne à son bon ain. Ce choix ,. tout dëaaatreiix qu'il parut par la aaite, à cause de ses consëquences , n^ëtaitdépoum ni de sagesse, ni de prévoyance. (Edoaard considérait sans doute la nomination du Normand comme le plus sur moyen d'éloignor de ses sujets les maux de la servitude étrangère on de la guerre civile. Les rois danois , les pirates du nord , conservaient un désir ardent de ressaisir le royaume que leur grand Canal avait gouverné. Dès le commencement du règne d'Edouard y Magnus , successeur de Hardicaaut j avait réclamé la couronne anglaise; un compétiteur qu'il avait rencontré dans son propre pays l'avait empêché de donner suite a celte entreprise , mais elle pouvait tovjoivs être renouvelée ; et ie sage et courageux GmiUbmne était certainement bien phis^n état qu'Edgar, encore enfent, de résister- aux invasii^s danoises. Quoique Harold fâtbrave et expérimente dans la guerre , son élévation au trône pouvait produire les plus grands malheurs. Les petits -fils de Leôfiric , qui gouvernaient la moitié de T Angleterre,, ne se seraient soumis quetrès-difïirilement à la domination d'un égal, et la généalogie de Harold était un obstacle

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