LA COURONNE LÉGUÉC A GUILLAUME
ia6ui*iDontable à ce qu'il régnât. Jamais un honune qui n'était pas issu d'une ancienne maison royale , n'avait pu se maintenir sur un trâne anglo«saxon.
. Guillaume aflBrmait qu'Edouard avait agi suivant l'avis et le consentement des grands earls Siward , Leofiric , et de Godwin lui-même ; en conséquence , le legs était dgà fait Oi^cmi l^atrivée d'£douard-le-Proscrit* II assurait aussi que le fikls et le neveu de Grodwin , qui étaient alors en Normandie, lui avaient été envoyés en otages, comme garantie de l'exécution du testament^ ou, ce qui est pbis probable , pour lui donner la certitude que le puissant earl n'y mettrait pas opposition. Les trois earls, sur le témoignage desquels Guillaume appuyait ainsi ses préteotions, n-'existaieat plus ; mais, si l'on doit compter sur son honneur et sa véracité , il est à croire qu^Ëdouard le désigna le premier pour lui succéder. Plus tard , l'affection du roi pour un memlnre de sa famille se réveilla , et il rappela l'atheling , révoquant le testament quHI avait fait en faveur d'un étranger « auquel cependant il paraît être revenu après la mort de * son parent. .
Ce fiil Harold'lui-méoàe qui alla donner con-
46o VOTAGE DK HAAOLD BIf IfORHANfilE.
naissance à Guillaume du legs que lui ayait fût Edouard. 11 existe beaucoup de contradictions quant à la cause immédiate du voyage de Harold, et les détails accessoires n'en sont pas moins douteux. Il est incertain si ce fat le hasard ou un projet qui le conduisît à la coor du duc de Normandie , et le récit précédent des deux testamens est une hypothèse tirée de Tensemble des narrations. Guillaume, se défiant de Finfluence de Harold , fit tous s^s efforts pour pouvoir compter sur lui à l'avenir , et afin de s'assurer son aide , il convint de lui donner la main dé sa fille , la belle Adèle. L'earl anglais promit de livrer au duc normand le château de Douvres , forteresse qui lui était échue dans sa part de Phéritage de Godw^in , et que Ton regardait comme la dé de TAngleterre. Il confirma cet engagement par serment , et devint le vassal de Guillaume , qu'il reconnut pour son futur souverain.
Harold continuait de se signaler de plus en
1063. plu^* n envahit le pays de Galles et le ravagea.
106/;. Griffiith combattit avec bravoure , mais il (ut tué par la trahison de ses compatriotes. Sa tête sanglante fut envoyée au Confesseur comme un trophée glorieux , et Ton donna ses états à ses
DEHNIER8 MOMEIfS D' EDOUARD. 4^1
frères Blethyn et Rhîwallon , qui avaient trempé dans le meurtre. Ces princes devinrent non seulement les vassaux d^Edouard , mais encore ceux de Harold , à qui ils rendirent foi et hommage. La qualité d*earl de Wessex ne mettait pas Harold en droit de réclamer une pareille soumission y et l'on ne peut voir dans cet acte d'autorité qu'un acheminement à s'emparer du pouvoir souverain.
La santé d'Eldouard déclinait rapidement. Il avait reconstruit l'ancienne abbaye de Westminster , fondée , comme on s'en souvient, par Sebert , mais qui avait été ruinée pendant les guerres des Danois. Tenant sa cour, selon l'antique usage , le jour de Noël , il y fit l'inauguration du nouveau monument en présence des nobles, assemblés pour célébrer cette fête solennelle.
Edouard sentit que le bras de la mort s'appe- 5 janv. santissait sur lui. Peu d'instans avant qu'il expi- 1066. rât , Harold et ses parens forcèrent l'entrée de la chambre du monarque et l'exhortèrent à nommer un successeur par qui le royaume pût être gouverné en paix et sécurité. « Vous savez bien, » seigneurs, dit Edouard, que j^'ai légué mon » royaume au duc de Normandie; ne vois -je
46a MORT ]>'ÉDO0ARD«
» pas ici ceux méme^ qui lui ont asavurë cette i> succession par leurs sennens. » Hu*old s^ap* procha davantage ^ et , interrompant le roi , il lui demanda qui serait possesseur de la couronne. « Hsurold, rëpondit Edouard^ prends-la, » si c'est ton dessein , mais ce funeste don » causera ta perte. N'espère pas maintenir ta » puissance contre le duc et ses barons. » Harold répliqua qu'il ne craignait ni le Nor* mand , ni , aucun autre ennemi. Le roi mourant , fatigue de son importunitë , se retourna sur sa couche ; il fit entendre , d*une yoix éteinte , que la nation anglaise pouvait prendre pour roi Harold ou tout autre qui lui conviens drait davantage, et presque aussitôt après il rendit le dernier soupir.
Harold fonda depuis ses droits sur la det" nïère volonté d'Edouard ; l'opinion d'un gnoid nombre de nos historiens lui est favorable , et l'on condlieraijt fort difficilement les diverses prétentions que ce sujet a âdt-naifere ; cependant, les circonstances , prises sous un point de vée général , sont exactement pareilles à celles que nous rencontrons dans la vie privée. Le possesseur d'un grsin.ddoikiain€v n'ayant pas dVofans, veut d'abord laiss^^ sa.propriété à un cousin do