‹ Histoire des Anglo-SaxonsChapitre 28 sur 124 · CULTE DRUIDIQUE · texte numérisé non relu

CULTE DRUIDIQUE

enfans des hommes se sont répandus sur la sutface de la terre ; et plus nous remontons dans rhistoire, plus nous apercevons distinctement les traces de cette unité quî^exialait, quand nous parlions tous la même langue dans la plaine de Sennaar.

De même que les autres Gentils , les Bretons avaient abandonné le culte du Tout-Puissant et adoraient de faux dieux auxquels ils offraient des sacrifices humains. Ils portaient Taveuglement jusqu'à s^imaginèr qu'ils pouvaient obtenir la protection de leurs idoles en mettant à mort des hommes et des femmes , ce qu'ils faisaient d'une «lanière cruelle. Les malheureuses victimes étaient enfermées dans de jononstrueuses figures en osier et brûlées vives. Les druides étaient les prêtres des Bretons, et, selon l'apparence, les législateurs du peuple. Parmi d'autres rites , on dit qu'au sixième jour de la lune ils avaient coutume d'aller en grande cérémonie coupef le gui , et qu'ils se servaient pour cette opération d'une faucille d'or pur. On dit encore qu'ils avaient de la vénération pour le chêne , mais , à Texception de quelques particularités recueillies par les écrivains grecs et romains , nous ne savons presque rien de leurs dogmes. La doctrine

TEMPLES llRinDIQOE.4. S

Je& dnâdes notait point écrite ; elle se transmettait par la tradition orale, et elle se perdit à l'extinction du clergé druidique. U n'en reste que quelques vestiges dans les compositions des bardes bretons, et dans les /riod!?^ populaires des Cymri '.

Les temples dans lesquels les Bretons adoraient leurs divinités , se composaient de grandes pierres brutes disposées en cercles ; ils n'avaient point assez d'habileté pour exécuter des édifices réguliers. Plusieurs de ces enceintes circulaires existent : tel est le Stonehenge, près deSalisbury ; on y voit encore les blocs énormes de rochers noircis par les siècles , et le monunient est assez conservé pour que Ton puisse prendreuneidéede son étal primitif. Le Stonehenge présente une sévère et sauvage magnificence. Les masses dont il est formé sont d'une si grande dimension , qu'elles semblentn'avoir pu être remuées que par un pouvoir plus qu'humain. Aussi des récits fiibuleux firent-ils croire que le Choir-Gaur * s'était élevé

> Quelles mu de ces monumenf littéraires sont relatifs aux lois , é'aotrcs à Phistoire. Chaque triade , ainsi que son nom ^indique ,. contient trois faits , trois préceptes ou trois définitions.

' Danse des géans. Nom breton du Stonehenge*

(> CUEBRIEHS BRETONS.

par magie, ou que des géants l^av aient construit. Tout autour de soi dans la plaine , on aperçoit des monticules (tumali), sous lesquels les Bretons inhumaient leurs morts. Les antiquaires y ont quelquefois fouille. Ils y ont découvert des sarcophages contenant les cendres et les os des premiers Bretons , avec leurs épëes , leurs haches, des pointes de flèches en pierre ou en bronze , et des grains de verre et d^ambre. Les Bretons s^imaginaient probablement que les morts aimaient encore ces objets qui leur avaient plu pendant la vie , et que Tesprit séparé du corps conservait les inclinations et les affections qu'il éprouvait sur la terre.

Les Bretons cymriques, quoiqu'ils habitassent une île, n'avaient ni navires, ni bateaux, mais seulement des coracles, espèces de barques formées de légères pièces de bois recouvertes de cuir. Les pécheurs gallois se servent encore de ces frêles esquifs, sur la Wye , et il faut remarquer ici que les tribus celtiques en général ne se sont jamais aventurées sur la mer, tandis que les Teutons paraissent avoir toujours pris plaisir aux dangers de cet élément. La valeur des Bretons se déployait sur terre : c'étaient des guerriers braves et entreprenans , et quand ils allaient au combat , ils

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montaient sur des chars aux essieux desquels étaient fixées des lames de faux. La bataille engagée , ils faisaient prendre à leurs chevaux la plus grande vitesse possible , et les tranchans affilés des faux moissonnaient les ennemis. Mais les Bretons profitèrent bien peu de leurs exploits. 11 s'élevait sans cesse des querelles entr^eux, et ce fut par suite de ces dissentions ifitestines qu'ils furent à la fin subjugués par les Romains. Si les Bretons avaient fait c^use commune , les Romains n^ auraient pu les vaincre : mais ces^ nations ou tribus insulaires étaient désunies ; elles se portaient mutuellement envie ; quand une tribu était conquise , les autres se réjouissaient du malheur de leurs compatriotes , et bientôt le même sort les atteignait à leur tour. La morale tirée du faisceau de roseaux peut s'appliquer aux nations avec autant de vérité qu'aux familles. Jules César fut le premier étranger civilisé qui ▼int attaquer Tîle ' , mais ses incursions se bornèrent aux cdtes méridionales , et la domination romaine ne parvint à toute son étendue dans la Bretagne qu'au tems où Cnœus Agricola ' prit le commandement.

• Avant J.C., 52, 51,

• Après J. C, "8.

8 MUR» BT POSTES HOMAIKS.

On ne voit pas que les Romains aient jamais porté leurs conquêtes dans le pays au-delà des golfes du Forth et de la Clyde : la muraille élevée par LoUius Urbicus, sous le règne d^Anto^ nin-ie-Pieux , et qui se prolongeait depuis Caer- Riden jusqu'à la ville d^Alcluid ou Dunbarton , fut construite afin de protéger les provinces romaines contre les irruptions des tribus insoumises, qui , sous les noms de Calédoniens ou de Pietés ', occupaient des retranchemens pluséloi^gnés. D'autres fortifications du même genre*, entre la baie de Solway et la Tyne , construites par Adrien et Sévère , formaient une seconde ligne de défense qui s^étendait d'une mer à l'autre.

Des. châteaux et des tours , appelés Burgi par les Romains , étaient échelonnés le long des murailles , et ces forteresses étaient constamment pourvues d'hommes armés. Les postes étaient si voisins L'un de l'autre , qu'en quelque partie de la ligne qu'un signal fût donné , les guerriers qui gardaient le poste voisin pouvaient

* Le nom de Pieté n'a paru, que quand celui de Calédonien » commence' à n'être plus usité ; m^u il est probable que ces deuv. désignations se rapportaient au même peuple.

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