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exclusif des bétes fauves. Cette frontière ' ne paraît pas, à proprement parler, avoir appartenu k aucun de ces deux royaumes ; mais , dans les tems suivans, les limites entre le Deïra et la Bemide furent ordinairement fixëes à la Tyne. A une ëpoque reculëe, les contrées au-delà de THumber furent exposées aux agressions des Jutes et des Saxons. Plusieurs chroniqueurs disent qu^Octa et Ebusa, les fils d'Hengist, conquirent une certaine Rendue de ce pays. Les premières entreprises des envahisseurs ne leur procurèrent que de faibles avantages. Les Bretons de Reged et de Strath-Clyde, pays voisins gouvernés par des princes courageux descendans du romain Maxime , paraissent avoir agi avec plus d'ensemble que leurs frères du sud , et leurs efforts réunis fournirent aux populations du Deïra et de la Bemide le moyen de résister aux ennemis. La balance ne pencha d'aucun côté jusqu'à l'arrivée de l'anglais Ida , qui débarqua au promontoire ^^*"* nommé Flamborough-head , avec quarante vaisseaux remplis de guerriers d'élite. Urien , le héros des Bardes , opposa la plus valeureuse
' C*e<t Auintenank Véwéeké de Darham.
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résistance ; mais les Angles s'étaient fortifiés sur la côte , de nouveaux renforts y descendirent , et Ida, le porie-flamme f comme l'appelaient les Bretons , devint enfin maître et souverain du pays. Ida fit élever une tour ou forteresse , qui était à la fois son château-fort et son palais , et les Bretons furent si profondément humiliés par ce témoignage de son pouvoir, qu'ils appelèrent ce monument Vopprobre de la BenUcie, Ida donna ensuite ce château à sa femme la reine Bebba , qui lui fit prendre le nom de Bebban- Burgh, c'est-à-dire le Burgh ou la forteresse de Bebba, et Ton abrège maintenant ce nom en celui de Bamborough. Cette construction massive existe encore, et le voyageur, en faisant le même trajet que l'abbesse de Sainte-Hilda , peut voir :
Ce loord château carre qai domine à la ronde , Et , du haut de son roc sur Pocëan qui gronde , Semble jeter des regards menaçans '.
Les états d'Ida furent pendant quelque tems entrecoupés par des territoires appartenant encore à des peuplades bretonnes , qui finirent par se soumettre au joug du conquérant. Dans le
■ Voyea le poëme de sir W^alter Scott , intitulé Marmion , chant 11^ auquel il est fait allusion, page x de Tinlroduction. (N.duT.)
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l)eîra , les Angles oa Anglais ne firent qae des progrès lents. A la vente , Yoric avait été pïlë 506par les Saxons , et l'archevêque Sampson s'était vu force de cherchier lin refuge dans l'Armo- 559. rique ' ou Petite-Bretagne ; maisjus<]u'à l'accession d'Ella , on ne voit pas que le Deïra ait ëtë 560. assujéti à aucun prince anglais. Ella n'était pas d€ la même famille qu'Ida. Tous deux étaient fils de Woden ; mais Ida descendait du cin^ qutème fils de ce monarque fabuleux, tandis qu'Ella tirait sa généalogie de Baldeg, le sixième fils , duquel sont descendus aussi tous les rois de Wessex. Ida eut douze fils , dont six , diton, régnèrent successivement après lui. Ceci est très-imptx>bable ; il est plus naturel de pens9 qu'ils prirent des principautés distinctes , foiv mées de diverses parties du royaume. Ella , roi de Deïra , paraît avoir forcé les fils d'Ida de 559. devenir ses tributaires , et les deux maisons royales de Bernide et de Devra , continuèrent 560. pendant plusieurs années à se montrer rivales et hostiles. Le Deïra sous Edwin, prit à' la fin la supériorité. Les deux états furent alors connus sous le nom collectif de Noribumbrie : Quoiqu'ils 61 7.
6o LA MERCI E.
ne fussent pas unis en communauté , ils étaient gouvernés par un seul souverain ^ et ce royaume devint, pendant un certain tems, le plus puissant de toute la Bretagne anglo-saxonne.
Les contrées qui environnaient les étabtissemens anglais de TEstanglie et du Deïra, et qui bordaient aussi les terres des tribus bretonnes, reçurent le nom de march , limites; Les
585. chefs anglais qui s'y établirent, semblent, dans Torigine , s'être considérés comme exempts de
593. toute dépendance ; mais Creoda , leur premier roi , qui , selon l'apparence , fut le législateur des Angles mitoyens , ne doit avoir gouvelmé que comme vassal de la Northumbrie. Penda, guerrier vaillant et farouche, s'affranchit du ser-
6Î6. ment d'allégeance : la Marche ou Mercie devint alors un état libre , et ses souverains , quoique
655. plus d'une fois subjugués par la Northumbrie ou par le Wessex, continuèrent d'étendre leur pouvoir aux dépens des Bretons, jusqu'à ce qu'enfin, s'étant emparés de toutes les terres de l'intérieur de la Loegrie ' leurs hostilités devin-
* Les Bretons dmttient t*tle en trots grands territoires : It Cam^ brie , bornëe par la Severne et la Wye ; la Loegrie , au sud de PHumber ; et PAlbanie^ au nord de cette rivière. L'Albanie fut subséquemment réduite aux pays situes au nord des détroits.