tifs, Paulin fut occupé depuis le matin jusqu'au
soir à baptiser l'ardente multitude.
Moins de cent ans après , les Ânglo-Sazons avaient une foi sincère et ferme au christianisme , et dans l'état où se trouvait alors la société , rétablissement de la vraie religion lui procura les plus grands avantages temporels. Une forte partie de la population se composait d'esclaves et de paysans ou vilains , forcés de cultiver la terre au profit de leurs maîtres. Ces classes y gagnèrent aussitôt le bienfait d'un jour'de repos sur sept , et des hommes qui jusque-là , n'avaient connu de relâche dans leiu* travail, que quand la nature épuisée succombait sous l'excès de la
* Cest mMntenaiit Goodmanhani , dans le wapenUke de Harthill , et le riding Est d'York*.
* Le» mots waptntake tln'ding àtngnfttî àt% divitiofti de territoire. (If. dm 7*.>
89 INFLUENCE DU CHEISTIANISM E.
fatigue, purent compter sur le jour du seigneur comme sur un jour de délassement et de sanaification. Les lois temporelles protégèrent si strictement r observance du septième jour , droit et privilège du pauvre , que le maître qui obligeait son esclave à travailler le dimanche , e'tait privé des moyens d'abuser. de son pouvoir: Tesclave obtenait sa liberté.
Le dixième du produit des terres était mis de côté pour l'entretien du clergé et le soulagement des malheureux. La charité n'est qu'éphémère quand elle n'a que dçs motifs humains. Nous ne la pratiquons alors que pour nous délivrer de l'aspect pénible de la misère , et cette vertu ne rend plus heureux ni celui qui donne, ni c^ui qui reçoit ; mais , procédant d'un senti* ment religieux, elle est constante et uniforme dans son action , ne connaît plus les dédains ni les préférences , n'est plus mêlée de tiédeur ou de caprice , et ne borne pas ses effets aux seuls besoins corporels de ceux qui souffrent.
II y avait alors peu de pauvres comme ceux que nous voyons à présent. Le système de l'es* davage , tout mauvais qu'il était , avait donné une patrie et un abri à la grande masse des ordres inférieurs, et les lois qui plaçaient les
go INFLOEIfCE ]>U CHRISTIAN IBME.
clauses miloyeniies sous la protection et la survfiilkouee des dasses puiasaittes , empêchaient aussi ^'anciiD individu n'ëpicmyât des priva^ tioiM trop duiges « à moins que .«{nelque malheur porlieidier ne pesât sur la nation. Mais y en re* vandie , dans ce tem8*là , le genre humain ëtait siget à bien des calamités ({ue 1 on ne connut plus autant dans le nôtre. Quand les récoltes venaient à manquer^ on ne voyait pas arriver des pays âoignës, ^ts vaisseaux charge de blé. Les hommes succombaient am angoisses de 4a &im. Les maladies et la pesie survenaient jet ëdaircissaient oioore les rangs. Les fiuniUes se dispersaient , et les aupvivans étaient obliges de s*exiler, parce que la population de chaque contrée -ne recueillait de grains qne ce qui était néœssaûre à sa consommation , et ne pouvait en fournir à ses voisins. La guerre produisait des malheurs encore plus grands. I>ahs tous oes désastres, l'esprit du christianisme excita con* stamment ceux qui étaient mâs par ce ressort puissant , k s^efforcer de procurer des secours, fis convivent celui qui était nu , nourrirent celui qui avait feim, visitèrent les medades et ensevelirent les morts.
Les «lasses supérieures trouvèrent dans le
IlirX.UBNCE BU CHRISTlâBliSMK. 9I
lejde Utlénd 4k U BiUe las ««myenfi d'anaëUorer Jes lois .groMims .etiMOTages de lems attoèlre» .et Ja reUgiaa rëpaia Tédifice emier ^ la «octété Ledergé, chflMrgë dunaainif tèrç«ttcré, de YÎoi aussi dépoaitsure de :toule ht sdenee de oelte.^Qi|ue toutes les coaaaissauices tfû diëûnffoaieai, la 'Civilisation de la vie sauvage lui furent confiées. Admis dans les conseils suprêmes du royaume, les prêtres formèrent un ordre y dont les droits reconnus ne pouvaient être légalement attaques. Quoiqu^on ait pu les voir, en quelques circonstances', tenter d'étendre leurs privilèges au-delà dc^s limites convenables , il n'est pas moins vrai que dans unemonitfdîe, Texistence d'un ordre investi de firanchises que le roi lui-même ne peut abolir , est une protection directe et puissante pour les autres classes de la nation. U est douteux que les nobles, de quelque pouvoir qu'ils aient joui ,. eussent pu se maintenir dans leur situation , s'ils avaient été privés du soutien des évêques et des abbés, placés au premier rang des pairs de la monarchie. Plus d'un coup qui aurait fendu le casque s'est détourné de la mitre , et la crosse a tenu en respect plus d'un ennemi qui se fut précipité sans crainte au-devant de la lance.
92 INFLUENCE DU CHRISTUNISME.
C'est aux successeurs des prélats auglosaxons que nous devons la conservation des formes et de Tesprit d'un gouvernement iibre, défendu par la loi, et non par la force; et Tautel doit être considéré comme la pierre angulaire de Tancienne constitution du royaume.
€iiapitv( IV.
DlgaUéde roi.^Elle n'existait point chez les Saxons, ni chez les Jutes, avant lear arrivée dans la Bretagne. — ^Rois. —Comment l'autorité royale, parmi les barhares, naquit de Tautorité romaine. — Glovis. — Bretwaldas , ou empereurs de la Bretagne. — EUà. — Ceawlin. ^- Ethelbert. •— Redirald. — Edwin . — Oswald. — Oswio. ^- Soumission des états inférieurs. — Naissance du royaume de Mercie. ^Ethelbald. — Offa. — Ses conquêtes sur les Bretons. — Déclin de la Mercie et naissance du Wessex. — Egbert. — Ses premières aventnres. ^ Il obtient la dignité de Bretwalda.
Si par dignité royale , on doit entendre nne autorite' permanente, qui donne au souverain le droit de dicter des lois à ses sujets pendant la paix, de leur prescrira de le suivre pendant la guerre, et d^imposer en tout tems à la nation des taxes ou tnbuts, cette autorité était entièrement inconnue aux Jutes, aux Angles et aux Saxons, avant qu'ils eussent fondé des établissemens dans la Bretagne. Leurs chefs s'appelaient ealdormen, ou
94 EALDORMEN OU ALDEftMBN.
aldermen ' , litre employé originairement pour désigner les prindpainL chefs, tels que Cerdic et Cynric , ou Hengist et Horsa ; mais que l'on accorda ensuite, par respect, à presque toutes les personnes investies d'un commandement Les peuples teutoniques 6rent usage de ce titre , mais ceux d'entre eux qui adoptèrent la langue latine, le traduisirent par celui de senior, origine dnsenor des Espagnols, du sonore des Italiens, et du seigneur des Français.
Pour rerenir à nos aldermen jutes et anglosaxons , ils formaient une sorte de caste ou tribu dirigeante. Se disant tous descendus de Woden , ils remplissaient peut-être anciennement des fonctions sacerdotales , et c'étaient les prêtres de la nation, aussi bien que ses che& et ses législa* teurs. Soit comme caste , soit individueUement , lei» influence et IcfcirdomHâation sût leufti adb^rens- était ^o<i^déipabte ; cependant, aucun d^eux ne j^^eeéfè^lt une aut^ité politique d'uvie granidè étendcie f exeépté pendant la guêtre. Oa élisait alors un chef pow c(M3dtHi« la nation , mais ^n pouroÎY' expirait arec la ifétesstté <Jùi l'avait £iit
* G'etuk-^dire, ks àfmés , les anciens. (N.duT)
OBIGIITE BU TITRE DE ROf. ^5
naître , et les Bjotres aldermett» redevenaient ses égaux. Tel fol le gotïverKieiiient des^ vieux SaœonB; mais chez q^elquesanartres natioti^ teuto-* nîcjpaes, la puissance des cfatfi» prit beaucoupd^accroissemenL Les Romains accordaient assets sotnrent le tilre de rtm am ekef» qn'fk avaient soumis , et ceux--ci ne se refusaient point à compromettre leur exigence politique, potirvu qu'ils acquissent une augmentation d^autorhe sur leurà sQjels. Nous en ayons de^ exemples qui ne remontent pas plus haut que le tems de Jule^ César, et qui nous procurent def curieux tëmoi^ gnages sur la mëtiiode s^hie par les Romains dans les tems de leur prospérité. Lorsqne Fem^ pire dëdina , tes Concessions de titres sembla- Ues lie rësnhèrent plus que de la faiblesse du pouvoir impérial. Nous citerons Ciovis, conquérant des Gauks. Il y était entré par le droit (fe Tépée ; cependant il reçtrt avec joie d'Anastase , empereter d^CMcnt , le diplôme consulaire et la robe de pourpre ; et , revêttr des rnsignes impériaux , il se promena en triomphé sur son coursier , répandant l'or et Targenl sttr la mul- Iftode qui le saluait du nom d'Auguste. La politique se montre ici des detix côtés. Anastase , en accordant de telles dii^inctions k Clovis, se
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