‹ Histoire des Anglo-SaxonsChapitre 50 sur 124 · Berthe , sœur de Charibert , roi de Paris. Elle · texte numérisé non relu

Berthe , sœur de Charibert , roi de Paris. Elle

* Voycï pages U% et 99.

MISSION - D AUGUSTIN . f] rj

^tait chrétienne ^ et avait obtenu d'Ethelbert l'autorisation de faire rëparer et adapter au service divin un ancien temple abandonne , bâti ^ar les Romains près de Cantorbery. Ethelbert avait donc dëjà quelques notions sur le caractère et les fonctions d'Augustin et de ses quarante compagnons, qui, après avoir abordé dans Tîle de Thanet , lui envoyèrent un messager pour solliciter une entrevue. Cependant, ce prince eut la singulière idëe que c'étaient peut-être des magiciens , et , par une idée plus singulière enccnre, il s^imagina que pour être moins exposé à ce qu'ils lui fissent du mal par leurs enchantemens , il devait les recevoir en plein air.

Augustin et ses compagnons vinrent au lieu indiqué, et s'avancèrent vers le roi , chantant les litanies et priant avec ferveur la providence de leur accorder sa protection '. Ethelbert, dans

> Louons à îamais ce beau jour. Qa'il soit béni le rirage infidèle où s^impriment vos pas. Bénissons aussi l'a croix d^argent qui remplace en vos mains IVtendard de la guerre , et précède Pimage flottante du Sauveur. Les voici , conduits par Augustin ; ils s^avancent lans crainte , et font entendre à des oreilles barbares une prière mélodieuse , adressée au ciel pour eux et pour ceux quHls désirent affrancbir. Quelle ricbe conquête les attend ! L*orageux océan de Tignorance , dont les flots roulaient si menaçans , ne pouvait être conjuré par la voix retentissante des glaives , et ces hommes au coeur simple parviennent à le calmer , par quelques paroles qui inspirent la crainte d^nn Dieu. ( JVordsworth, )

^8 HI88I01C D*A<rGUSTIN.

leftpreimerstenis,nefitpas beaucoup d'attention aux missionnaires. Il s'excusa d'écouter leurs exhortations ; mais il les reçut avec des égards , et leur donna pleine liberté de prêcher devant le peuple. Bientôt, il prêta lui-même l'oreille à leurs discours et se convertit , et, dans une courte période , tous les habitans du Kent furent con* vaincus qu'il était absurde d'adorer Thor et Woden , idoles de leurs ancêtres.

Ces hommes suivirent les leçons d'Augustin avec tant de zèle, qu'il en fut baptisé plus de dix mille un jour de Noël. On possède encore une lettre amicale et confidentielle, adressée par le pape Grégoire à Euloge, patriarche d'Alexandrie, dans laquelle il lui rend compte de l'heureux succès qui a couronné les travaux des missionnaires chez les Anglais , « dans les parties du monde les plus lointaines. » Il en parle à peu près sur le ton que nous pourrions prendre, si nous racontions les résultats d'une mission dans la Polynésie'.

Edielbert se montra très-empressé de procurer à Augustin et à ses compagnons les moyens

' L^ane des trois divîsîoni de POcëAnîe. {N.duT,)

MISSION J>'aUGUSTIN. <^g

de célébrer l'office divin avec solennité ; il leur livra son propre palais pour y demeurer ^ leur laissa bâtir une église qui s'y joignait, et accorda de grandes propriétés pour Tentretien des prêtres qui en devaient être les ministres. Cette église est maintenant la cathédrale de Cantorbery. LVdifice actuel, quoique ancien , est d'une époque bien postérieure au tems d'Augustin. Après un grand incendie qai le consuma dans le onzième siècle, il fut reconstruit par Lanfranc, et plusieurs de ses parties sont même d'une époque plus récente. Cependant cette cathédrale a conservé sa consécration primitive, et le mo* nnment, avecson aspect vénérable, acquiert des droits encore plus grands au respect, si Ton se rappelle depuis quel long espace de tems ce lieu fut sanctifié par le culte du seigneur. .

Sebert , roi des Saxons orientaux, était ûi& de Ricola , sœur d'Ethelbert , et les missionnaires chrétiens trouvèrent en conséquence un accès faudle dans ses domaines. Londres était toujours remarquable par son opulence ; la renommée de cette ville s'était répandue au loin , et elle était firéquentée par des marchands de toutes les parties dumonde. Je dis toujours, parce que du tems des Romains, elle était d^ supérieure aux autres

8o LONDRES DU TR1I8 DE SEBERT»

villes. Le désordre occasionné par les conquêtes des Saxons avait à peine porte atteinte à la prospëritë de Londres, prospérité qui continua de s'accroître depuis les Romains jusqu'à nos jours.

Londres ne ressemblait en rien à la grande métropole que nous habitons aujourd'hui. Son étendue se bornait à ce que l'on appelle maintenant la cité, environnée alors par un mur que l'on croit avoir été bâti dans le siècle de Constantin, et dont il existe quelques fragmens. Le reste, tout autour, était pleine campagne. Vers le nord-est, un marais profond s'étendait jusqu'au pied des remparts romains , et le nom s'en est conservé dans celui de Moorfields '. Du côté occidental de la ville , et à la distance d'environ deux milles , une petite rivière qui tombait dans la Tamise, formait, en se divisant, une île , si encombrée de buissons et de broussailles, que les Saxons l'appelèrent Thomejr, c'est-à-dire iledes épines. La rivière qui entourait Thomey, rampait tristement à travers un sol fangeux , et le pays était si sauvage, si désolé, que Ton en,

' Champs iQArëcageux. (N.duT,)

WESTMINSTER ET SAIMT-PAOL. 8l

parle comme d^un lieu terrible, dontpersonne ne pooYait appro<iier de nuit sans danger. Les Romains avaient autrefois élève dans cette île un temple à Thonneor d!Apollon. Sebert fit choix de Thomey , peut-être à cause de son isolement, pour y bâtir une église , et il dédia ce monument à Tapâtre Saint-Pierre. Cette église est maintenant l'abbaye de Westminster; la ville active de Westminster est l'ancienne île déserte de Thorney, et les ossemens de Sebert reposent encore dans l'édifice qu'il fonda. Une autre grande église fut construite par Sebert dans la cité de Londres , sur les ruines d'un temple païen consacré à Diane. C'est aujourd'hui la cathédrale ^^* de Saint-Paul; et le premier des évéques qui s'y sont succédé jusqu'à présent, fut Mellitus, nommé par Ethelbert et Sebert.

Duraqt la vie d'Augustin, les Saxons au nord de l'Humber continuèrent de rester étrangers au christianisme. Leur conversion arriva sous le règne d'Edwin, qui , après de nombreuses vicissitudes, obtint la dignité, suprême et s'éleva au-dessus des rois de la Oratide-Bretagne , en devenant Bretwalda ou empereur.

Edwin avait épousé Ethelburge , fille d'Ethelbert, et à la demande d'Eadbert, firère de cette

82 MIMiON BE FAVLIir.

princ^âM , devenu poosessevr êm Irâne de Kent ^fès la mort d'fidielbert , il aTaît permis l'esbrée de sea éun» à Pafolîn , misnoanaife, envoyé ptr JiistiiSy arcbeTéqne de CantOiliery. Paulin fot reçtt avec afiîd>tKt<{ , et il s^ttâra ensuite par sa conduite la* considération qui d'abord ne lui aicait été accordée qu'à cause de son ndnistère. Au lieu de presser sans ménagement Tc^jet de sa mismon , il attendit avec prudence ^'il se fut aplani le clieniin. Environ dans le même tems ^ Gwichelmr, roi de Wessex, ne pouvant sappor-ter l'autorité d'Edwin , entreprit de se délivrer 685^ de lui par un assassinat Eomer^ l'agent qui devait exécuter ce projet criminel , i^approcba eas. du trône d'Edwin en qualité d'ambassadeur, et an momeût où le roi tendait la main vers cet étranger , pour lui marquer qofil était le bien venu f celuî^ tira son épée dont il tepta de le percor ; mais Lilla , fidèle llmne d'Edwin , dont les re^rds perfans ayaient^éilétré l'intention du meurtrier^ se jel^ entre son maftre et la pointe de l'arme. Edtrin conserva la vie , mais le coup avait été' si terrible, que l'épée apr^s avoir traversé le corps du tfaane, avait (bit au roi une blessure dangereuse. Etkelburge fut saisie des douleurs de renfantement au mttieu

de ces alaroKs, et eUe se irotm, ainsi que son enfant, dttui le pli» graisd p«ri}. FmAn ofl&îi au ciel sed prière» fom h fsuÊàlle i^oyale dont la s9BMé se rëtaUit , et le rm consentit que son enfent et dotue personnes de sa maison refus^enf le baptême.

Quanta Edwin lui-même , il hé^uit encore : il ëfait sur le poktc de s'engager dans nne gnerre contre Cwichelm ^ afin de le punir de sa perfidie. Il demanda qae Paulm lui donnât quelque témoignage de lovétilë, et déclara qu'il adopterait la loi clirëtien»e s'ii rëMsissait dans son entre* pnsc.

AuflfSitdt qu'Edwin Ait guëri de sa blessure , if nstoMlkla son armëe , itiarcha contre le^ habitans du Wessex, éi mffîgea tm châtiment sévère à toM ceux qui avAi^ni Êonspiré eemtre lui. A son retcwr, il ifentpHt mie partie de son vœu : il algara Pidolâirie, cessa de sacrifier aux faux dieux qu'il avait adorés , et tray ailla aérieusement àse mettre dans la bonne voie. Il avait avec Paulgi de longs entretiens à cé sujet , ainsi qu'avec ses conseillers et seç nobles^ ; mais il communiquait encore plus avec son propre cttur dans la soK* tude , la réflexion et k prière.

Edwin était un jour seul dans sa chambre, et

84 CONVEMION d'eDWIN.

se trouvait dans cet étatdeconyiction imparfaite, 627. où les sentimens de la religion , combattus par les doutes humains , donnent à Tame plus de malaise que de consolation. Tout-à-coup , Paulin se présente, pose sa main sur la tête d'Edwin, et lui prédit qu'il triomphera de tous se& ennemis. Lia subite apparition de Paulin , son attitude , le présage qu'il annonçait, correspondaient avec un secret avertissement déjà dqnné à Edvin par un songe , peut-être , pendant son exil à la cour de Redwald, roi des Estangles. Paulin, profitant de l'impression qu'il avait produite, exporta Edwin avec chaleur à reconnaître ce pouvoir qui le protégeait contre les dangers temporels. Edwin commença de ce moment à céder à l'ascendant auquel il avait si long-tems résisté; et il fit connaître à*Paulin qu'il recevrait le sacrement du baptême , pourvu que sa conversion fiit approuvée par les législateurs de son royaume, et qu'ils adoptassent aussi le christianisme.

On voit qu'Edwin n'avait encore qu'une foi vadUante, mais les circonstances au milieu desquelles il était placé servent d^ excuse à sa conduite. Les rois des Anglo-Saxons ne possédaient pas une autorité despotique. Ils étaient forcés de

COMVBRSION d'eDWIN. 85

prendre l'avis de leurs nobles , dont un grand nombre , quoique vassaux du roi , étaient euxmêmes des souverains sur leur territoire ; et si les dkefs de la Nortbumbrie avaient persévéré à se montrer obstinément opposés au christianisâie , non seulement Edwin n'aurait pu protéger les missionnaires, mais il eût de plus couru le danger de perdre sa couronne et peut-être la vie. Le prompt consentement donné par Paulin à la proposition qu^Edwin lui faisait, prouve que c^était en effet un parti prudent.

Edwin convoqua donc ses nobles et ses con-

seillers , et demanda leur opinion sur Timportante question qu'il leur soumettait : ils devaient donner leur avis séparément , et le roi engagea chacun d'eux à émettre sa pensée au sujet du christianisme.

Le premier qui parla fut le grand-prétre des dieux païens , qui se nommait Goifi , et qui convînt de l'inutilité des idoles qu'il* avait servies. Il avait reconnu que ces dieux imaginaires ne pouvaient récompenser la vertu, et nous devons supposer qu'il reconnaissait également l'inefficacité de leur pouvoir pour punir le vice. U conclut en déclarant que si une meilleure doctrine lui était enseignée, il l'adopterait sans hésitation et sans délai.

8& GOM^VEMiON »*«BWI2I.

Uo AoUe paii^ €»MJIe^ et, s-adressanl ii JËdwm^ îl comparift la vie de Tlioinme )ii ^ità de rhîroQdette : N0113 î^imtciii», 4it-â^ é*où Tteott cet oi^ew ^et dua» ^uel JlieMi il ira. L*exislence hutoaine est comoie 'une Imiar "«agae aa milieu dVfi ép^is bireuiUard. Maiifi lue «axcms Tien de «otre crrigUie, rien de notre fia; et ai la ixmirclle doçtviqe peql W)^m. ^vppreiàêbt <^elque <lHiae àe i^ertaia sur nou^ deatÎDée, noos ^devons ^en auiyre les lias * .

TcKiales isnUre^ohoUefeteonaèillers espos^Msiit de Adésae leur opînn^ .; awciiae rw diasidente neae fit entendre et le grandfMrélx^Coîfi proposa de démoitir lea t^poplea d» culte païen, «a de ka

* Je ne puis me refuser au plaisir de mettre sous les yeux âe mes lecteurs \t$ vers par lesquels Wocds^ortb a reaJu le 4eite àm Bede:

lUi y fiisant , la m île tlMteiiDe est «enAbblc è nin oi^eMi ^î , ehercbsuAt un abri«coBtre la tempête, se glisse 4ans la chimhre oûb TOUS êtes assis avec de joyeux amis près de votre foyeri Bientôt nprès j êm >aaiM« il s*ei4tiit «or sçs'iâies .rapides /et atMlauitee dans la froide atmosphère d*oùi il ^tait sorti. De guel lieu est-îl venu ? ^ous o^eu savons rien , et nous ignorons où il ra. Je puis en dire ao- Mot iàt IWme iiamaîne si iugûlve. £Ue ne jaaus .est |his entiè«eaMal inconnue tandis qu^elle est unie au corps ^ sa brûlante demeure ; inaisUe tpùA monde vîenfr^èUe ? '^u^ peine «uiguel^dnliear' l\it- Xend.fprès«on dëpart? Osât ce que personne n*a pu noufil^pprendre |usqu*à ce moiAent. Si ^étranger est en état de nous rév^er ce nysliffc , il mérite. t|u*«n hd^ajsele |ilus fiivotidilejacoMtL

AaoLWioM j>s l'idolatric. 87

réduire en cendres. MfÂSy deinaiMla4-on , qui viMidra âccharger de oeMe lAchc ?le grand-prftlre repondit cpi'il montrerait kd-^néme l'eMmpleen detruisttat le» cdbjets de-Fidolâtiie.

Diaprés lamapiîére dontcelte4pieslicMiliitiaile, el celle dont on jrépondit , il «st assez ^^cdbable que Ton crojrait airoir k craindre la colère da peuple ; e^peadam Ooifi se mit à Touvre de manière à montrer le pki^ compiel abandon de la loipsaenne. Selon le^vtuelde Dèira, uii prèlre devait s'^abstcnir de porter des arme&et de monter à dieval.Coifi se ceignit d'une ^pée, saisit une lance, et, sautaÉit sur un des coursiers dn roi , se mit à galoper vers le temple de Godmun^» diogham.

n parak que ce li^ du culte était entoure de plnneurscldlures circulaires, comme lesmersas ' de la Polynésie. Aussitôt que Coifi fut arrivé auprès de l'édifice , il douna de sa lance avec forée contre les mur^^iBea. Lorsque d*abord on le vit courir aiusi , Von crut que quelque délire subit s'était emparé de lui ; mais combien l'é^ tonnement n'augmenta-t-il pa5 lorsqu'on fut

' MonumeDS religieux et funéraires ches les insulaires de TOcéaa Pacifique. ( N. <*#T. )

88 PROGRES DU CHRlSTlAMIfiME

tëmoia de son acdon ! cependant il n*y eut point d'opposition ; le monument ne tarda pas à être rasé jusqu'à terre , pt après tant de siècles écoules, son nom, qui n'est que légèrement altéré ', atteste encore la yénté de l'iûsfoire.

Le baptême se faisait alors par immersion , et

le zèle des Notthumbriens fut si général et si

fervent, que , pendant trente-six jours consécu-

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