INTERRÈGNE EN FRANCE
riches présens : Vépée de Constantin-le-Graud et la lance de Charlemagne , qui , dans les mains du fabuleux empereur de la chevalerie, avait , dis^Uon , toujours e'té le gage assure de la victoire. Le principal objet de Hugues était d'obtenir en mariage une des sœurs d'Athelstane. Il pensait problablement que ce prince pouvait être porte' à soutenir les prétentions du jeune Louis , mais que , si le roi des Français avait à ses côtés la sœur du roi anglo-saxon , celui-ci se déciderait ensuite à passer sur les droits du fils d'Edgive. Athelstane consentit à remplir ses vœujT.
A la mort de Raoul , le gouvernement monarchique cessa pendant quelque tems chez les Français. Chaque comte , chaque duc et chaque baron gouverna lui-même son territoire du mieux qu'il put , et les anciennes villes qui avaient été colonies romaines , semblent avoir administré leurs affaires par leurs propres magistrats. H se présentait de nombreux compétiteurs pour la couronne , mais aucun ne put prévaloir , quoiqu'il y eût un fort parti pour. la dynastie carlovingienne , c'est-à-dire en faveur du jeune Louis. Athelstane s'efforça de seconder cette disposition , et la nation française consentit enfin k.
a^S RAPPEL DE LOCTIS-d'oUTEE-MER.
93& rappder le prince de soa exil. Le» états de Fianee envoyèrent des députés avec le poavoir d'agir ostensiblement Ils arrivèrent en Angleterre. TJi f en présence d'Athelstane , ils firent serment de fidélité à Louis , qui , accompagné d*un grand nombre de prélats et de seigneurs anglo-saxons , quitta ce pays et alla prendre possession de son royaume. Louis , à cause de son long séjour en Angleterre ^ prit le nom de Louis-d'Outre-Mer , et l'assistance d'Athdstane contribua beaucoup à le soutenir contre ses propres sujets, qui ne Taimèrent jamais cordialement. Athelstane agit-il ou non avec justice en appuyant ainsi son neveu ; c'est une qijestion sur laquelle il peut y avoir diversité d'opinion* Je présente seulement le fait comme une preuve de l'influence considérable qu'exerçait l'Angleterre anglo-saxonne..
Si Ton doit en juger par le résultat ^ il n'y eut dans cette intervention ni discernement, ni prudence , car les Carioringiens ne se rétablirent pas réellement en Franœ. L'arbre avait été si souvent arraché, qu'il ne pouvait plus reprendre racine ; les Français avaient cessé d'être soumis à cette &mille , et , à la mort de Louîs-le-*Fainéant , petit-fils de Louis-3.'Outre^
POPULARITE d'aTHELSTANE. ing
Mer , Hugufts Capel , fils de Hugties-le-Graad , monta «ur le trône. 9S7.
De notre tems , ces scènes se sont renonrelëes , un Louis et un Charles , descendans de Hugues Gapet, ont demeure parmi nous, comme ceux qui avaient éié chasses il y a neuf cents ans par led ancêtres de Hugues Capet ; quelque opinion que Ton puisse avoir sur les causes de leur expulsion , U iaut espérer que T Angleterre présentera toujours un refuge à l'exilé ^ on sanctuaire au malheur.
Athelstane fit un grand nombre de bonnes lois ; les souvenirs traditionnels de son gouvernement semblent indiquer qu^il désirait vivement que son peuple fiît heureux et libre. On a cru généralement qu^l avait accordé des privilèges et des franchises considérables k la ville de Beverley y en disant :
libre je veux dàormais te UUser ,
Autant que Tceil de Toir ou Ifcâpiit de penser.
Lorsque les bonnes gens des bourgs com-* mencèrent à s^imaginer que leur importance et leur bonheur étaient intéressés à ce quMls eussent la fiiculté d'envoyer des membres à la chambre des communes , la charte d'Alhelstane fut alléguée plus d'une fois , comme le fondement de
280 POFIILAAITÉ o'aTHEUTANE.
leurs droits parlementaires , et dans tout T ouest de TÂngleterre , il est peu de villes qui n^ûl ërigë des statues en l'honneur d*Athelstane.
La charité d'Athelstane contribua sans doute à le faire aimer du peuple. Il ordonna que chacun de ses domaines royaux supporterait une charge annuelle en faveur des infortunés. L'intendant ou bailli devait chaque année racheter un captif. Chez les Anglo-Saxons y lorsque des délinquans ne pouvaient payer les amendes auxquelles on les avait condamnés, ils étaient, dans certains cas ^ réduits à l'esdavage , et c'étaient ces malheureux qu'Athelstane avait eu l'intention de secourir. Il voulut , en outre , que les intendans de ses châteaux s'associassent deux par deux , pour subvenir à la nourriture et à l'habillement d'un Anglais pauvre, si onpoufioii le trouçer; ce doute est une preuve convaincante de la prospérité générale dont la nation jouissait à cette époque.
Ci)a]ittrt XI.
Edmond. — Révolution en Nortfciimbiîe qui fait monter Olave sur le trône. — Traite par lequel la Breta^e est partagée entfe Edmond et son compétiteur . — Mort d'Olavc .
— Edmond soumet la Northumbrie. — La Gumbrie ou Strath-Glyde. — Goup^l'œil en arrière sur l'histoire des Bretons de la Gumbrie. — Donald, roi de Gumbrie , est chassé par Edmond , et son royaume est donné à Malcolm. — ^Extînction des Bretons de la Gumbrie. — ^IVIort d'Edmond.
— Edred . — Constitution de l'empire anglo-saxon . — La Northumbrie se soulève. — Eric monte sur le trône. — - Edred réduit la Northumbrie , et convertit ce royaume en
comté.
Edmond , Yatheling ' , fils d'Édouard-l'Âncien , n'avait que dix-huit ans lorsqu'il remplaça son 9&t* frère Athelstane sur le trône.
Les Northumbriens ne sVtaient soumis que maigre eux à la domination directe d'Âthelstane. Us rompirent leur serment, et envoyèrent des députes à Olave , un des rois des hommes de
* Qualification qui désignait rhëritier présomptif de la couronne. (iV.dbT.)
28a OLAVE.
l'est ou Danois qui s'étaient fixes en Irlande « afin quMl vint régner sur eux. Olave, cependanl, semble avoir été appelé par les vœux des Anglais, autant que par ceux doi Danois, car il fut puissamment secondé par Wulstan , archevêque d'Yorck , qui , jusqu'à la fin, continua d'appuyer le parti de Tindépêndance.
Olave commença sur-le-champ les hostilités. Il s^avança jusqu'à Tamworth , soutenu par les
9ù% habitans du pays, voisin des bourgs danois i quoique les bourgs mêmes fussent occupés par Edmond. Il saccagea la ville , perdit beaucoup d'hommes , mais fit un butin considérable. Quelque tems après , CMave et son fidèle conseiller, l'archevêque Wulstan , se trouvèrent assiégés par Edmond dans la ville de Leicester. Olave fit une sortie pendant la nuit , et joignant ce qu'il avait de soldats avec d autres corps de ses
963. troupes , il livra une grande bataille. Edmond ^ de son côté , était accompag^ d'Odon f archevêque de^ Gantorbery; les deux prélats ajaot conféré oisemble , un traité fut conclu d'i^rès les bases suivantes : Olave devait gouverner toute la Bretagne au nord de Watling-Street » tandis qu'Edmond régnerait sur la partie méridionale ; et, à la mort de l'un d'eux, le survivant
TRAITi BnmB OLAVB ET EDMOHD. 283
aorail à^lui seul tout Vempire. On voit que par ce traite, Edmond consentait à dëshëriter ses frères, et que le hasard de la survivance pouvait placer toutes les populations anglaises sous Tautoritë des Danois.Tristearrangiement que celui-ci, pour un descendant d'Alfred , et qui doit nous faire supposer qu'Edmond ëtait tombi^ dans le plus grand embanras , ou qu^il fut trompa par ses conseillers. Odon jetait d^extraction danoise ; il était fids d'un des che£i^ qui avaient envahi TAngleterre sous ffiogwar. Il avait une érudition peu commune , mais un caractère dur et ambitieux. Selon les probabilités du calcul ^ les dbances de survivance étaient , à la vérité , en fiiTeur d'Edmond. S élaitle plus jeune des deux; . d'ailleurs, les rois danois étaient exposés à bien des aocidens, outre les hasards ordinaires de la vie. Olaye pouvait être tué par un frère , comme Niel , qui tomba sous les coups de Sihtrie 9 ou les Northumhriens pouvaient le déposer ainsi 'qu'ils en avaient agi envers un grand noo^Mne de leurs souverains. Ces considérations ont peut-être contribué à la détermination d'Edmond ,. lorsqu'il se soumit k des conditions si hMBdliantes en apparence.
Heureusement pour ks Anglais, Olave mourut