CHUTE DES CARLOVINGIENS
le moindre mërite d^un roi , qu'il fut solennellement dépose dans la diète de Pempire germanique y et Ton ëlut à sa place Arnolph , son neveu. Les nobles français imitèrent cet exemple; Eudes , comte de Paris , soutenu par un parti formidable , s'empara de la dignité royale. La 337. France ressemblait , sous un rapport , à FAngleterre anglo-saxonne ; ce n'était pas un royaume compact, mais un faisceau de principautés,. de communautés et d'états , gouvernés , dans les tcnns paisibles , par un seul souverain, et, dans les tems de troubles , partons ceux qui pouvaient prétendre au pouvoir. Eudes ne fut pas reconnu au sud de la Loire ; Raoul ou Hodolpbe obtint le royaume de Bourgogne, au-delà du Jura, c'està-dire la Suisse actuelle et ses dépendances. Charles-le-Sîmple , fils de Louis-le-Bègue , que l'on appelait aussi Louis-Ie-Fainéant (le peuple, dans ce temsJà , donnait à ses rois des épitbètes fort inciviles), Charles-le-Simple, disons-nous, devenu le représentant direct et l'héritier de Charlemagne , après Texpulsion de Charles-le-Gros, s'était réfugié en Angleterre , oii il avait cherché un abri confre les tempêtes de la révolution qui r avait fait tomber du trône. Il y fut reçu avec amitié , épousa 1^ belle Edgive , fille d'Edouard
374 CHUTE DBS GARLOVINGIENS.
«t sax» d'AtheUtane ^ et ooatinua eilsuile de profiter de la bienveillance de la oation angles saxonne. Eudes n*avait pas rëgnë très-longtems lorsqu'il se manifesta du mëcontentemeDl contre lui. Mes jeunes lecteurs ' se souviennent sans doute de la fable des grenouilles-^ or, les nations humaines , dans des circonstances sem* blables , trouvent qu'après tout il est plus con»mode et plus doux de vivre sous un roi soli^ veau que sous un roi cigogne. Une dëputation fut envoyée en Angleterre, afin de rappeler
S93. Charles -le -Simple, qui peut-être alors n'avait pas encore tout-à-fait mérité son surnom. Charles quitta donc le pays^ emmenant avec lui
s%. en France l'Anglaise Edgive , sa femme. Appi^^ par un grand nombre dé nobles , il fût couronné
998. roi à Rheims ; un arrangement eut lieu entre lui et Eudes , par suite duquel ses domaines se composèrent du territoire compris entre la Seine et le Rhône , et à la mort de Eudes , il devint souverain du royaume entier.
Charles-le-Simple n^était pas sans vaillance ; il avait même ce que Ton appelle un caractère
' Sîr FffMicM Falgrfeve t^adroMc «ouvrât à 4b parce que «on livre f^ît partie de la Bibiioihèçtie de FamilU, racncA kn Aftgleinte 4 IH^iktiitioii et la j«ttn«sse. ( Jf. dhi T.;
CHDTE DSS CARU>VIN01BN8. a<jS
dëddë, qai «souvent ne prouve qu'un défaut de jugement. C'était )e eourage de l'açeagle Boyard, qui , dit le vieux proverbe , ne réfléchie jamais €9çani de sauter '. Ceux, effectivement, qui sont le moins en ëtat de faire face au péril , se montrent quelquefois les plus ardens à s'y précipiter. Charles-le^imple avait un ministre favori, nommé Haganon, qui était devenu odieux à la nation française et lui avait fait détester son maître. Des trouUes survinrent ; Gharles-le-Simplefut privé du gouvernement pendant sept mois ; 920. mais les nobles , après aVoir délibéré , dans un grand conseil tenu à Soissons , s'ils le renverraient tout-à-£aiit comme ils avaient renvoyé Charles Je-Gros , lui permirent de continuer son règne , se contentant d'exiger qu'il diangeât. de manière de gouverner, et qu'il chassât le mépri* sable Haganon. Charles se soumit à ces conditions pendant quelque tems , mais avec beaucoup de répugnance, et aussitôt - qu'il crut pouvoir impunément effectuer son dessiâu, il rétablit son favori dans ses honneurs et son emploi. Le ressentiment àt& nobles français ne connut plus
QQ cbcTfil aTCUglci <)oi ne se montre insensible an daneer que parce ^u*ît ne l*ap«c^t pas , el non par un courage r^el. (N.duT.
2'^6 ÉLÉVATIOn DES CAFBTS.
de bornes. Ils se réunirent de rechef en conseil ^ et se donnèrent pour roi Robert ^ duc de France. ^93L et frère de Eudes. Charles leva sur4e-diamp des troupes et les conduisit contre Robert qu^il tua de sa propre main dans une bataille. Huguesle-Grand , fils de Robert , rallia ses partisans. Charles fut à son tour défait, et prit la fiiite ; mais arrêté dans les états d'Humber , comte de Yermandois , qui agissait de concert avec Raoul de Bourgogne, il fut emprisonné d*abord à Château- Thierry , et ensuite à Péronne , où il mourut dans la captivité.
Raoul fut élu roi et couronné à Soissons , principalement par Tinfluence de Hugues-\e- Grand , son beau-frère. Edgive, qui avait quitté TAngleterre avec tant de joie, lorsque Charles s'était décidé à monter sur le trône de France , retourna tristement avec son fils Louis, encore enfant, dans le pays où son époux avait été exilé. Hugues-le-Grand , qui avait fait élever Raoul à la dignité royale , possédait tant de pouvoir, qu^il était souvent qualifié de roi des Français ^ quoiqu'il n*eût aucun droit réel à ce titre ; et, afin de conserver son autorité , il fit tous sts^ efforts pour se procurer Palliance et Tamitié de notre Âthelstane. Il vint à Londres, et offrit de