‹ Histoire des Anglo-SaxonsChapitre 84 sur 124 · BRETONS DE LA CUMBRIE · texte numérisé non relu

BRETONS DE LA CUMBRIE

Clyde, est un des plus fameux hëros qui figurent dans les contes traditionnels conserves par les Cymri. Ces personnages fantastiques sont impor* tans sous un point de vue , parce qu'ils prouvent un fait qui , sans cela, passerait inaperçu : c'est que, depuis la rivière de Ribble , dans le Lancashire , ou aux 'environs , jusqu'à celle de Clyde , il existait une population compacte de Bretons, qui avaient conservé leur idiome et leurs coutumes nationales , conformes en tous points à celles que nous trouvons encore aujourd'hui chez les habitans du pays de Galles. De sorte que , même dans le x'. siècle , les anciens Bretons occupaient la plus grande partie des côtes occidentales de l'île, quelque contraints qu'ils eussent été de cëder à la suprématie des envahisseurs saxons.

Le rqyaume de Cumbrie comprenait plusieurs districts y gouvernés probablement par de petits princes , {reguli), subordonnés à un monarque suprême ou pendmgon^ Reged parait avoir été dans le voisinage d'Ânnandale. Par conséquent, Siraih-Clyde ' est le district ouHa vallée de

* Lt mot strath est encore d^un usa^e gênerai en Ecosse , dans les hantes et basses terres, ponr exprimer une «oZ/nr.

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Clfdesdale, Dans ce dUtrict, était situé AkkijFd ou Dunbritton , maiàtenaiil Dumbarton , où \es rois bretons faisaient leur résidence ordinaire ; et souvent le royaume de Cumbrie entier étak appelé Strath-Gjde, du nom de Tétaft principal, de même que le royaume uni de la Bretagne et de Tlrlande est sonrent désigne sous le nom d'Angleterre, parce, que T Angleterre est la parde de ce royaume où siègent le monarcpie et la législature. Les dépendances du royaume cumbrien s'étendaientdans le Yorkskire moderne, et Leeds était une ville frontière entre les Bretons et les Angles ; mais les premiers perdaient sans cesse du terrain , leur territoire était interrompu et entrecoupé par des étaUissemens anglais. Garlisle avait été conquise trèsanciennement par les Angles, et Egfritb de Mmthumbrie avait donné cette ville à Tévéché de Lindisfaime '• Il étendit ses conquêtes dans ce district appelé maintenant Fumess , et qui fait partie du Lancashire. Kyle, dttis le Cunningham, (ut réduite par Edbert. Le même monarque, aidé d^Unmih , roi des Pietés , assiégea el prit AXclujdlaviUefor^, et plus tard Olave et Ingvar

* Yoye^ pi^S^ If^f^l , note.

LA COMBRIB SUBlUftOiE. 287

la dëtruisireut ealièrement. Ud graad nombre' de iribii& cumbriennes y haraisées par lea hoaunes 685 du nord et par les Saxon» « abandonnèrent leur ^^^ pays et cherdièrent un abri dàna le pays de Galles , où elles reprirent possession de plusieurs des terres occupées par les Marciené. Après la destruction d^Àlcluyd , ces Bretons furent gouvernes par des rois dé race scoie ^ doùt les droits dérivaient ^paremment d'une alliance avec ane princesse bretonne ; Eugène ou Owen, un de ces princes, prit parti contre Atbelslatie^ avec Constantin > roi des Scots, dan> la grande bataille de Briinnaburgh '.

Les rois de Cumbrie devinrent Ie« hommes des rois anglo-saxons , c^estr4i-dire leurs vassaux, et Eugène se soumit envers Atkelstane à cette si;yë(ion , dont j'aurai, bientôt occasion de discuter la nature *. I^es rois anglor-saxoi|s pa*raissept avoir eu toi^ours en vue d'étendre et d*affennir leur suprématie ; E^ond dirigea contre I>onald ou Dumhnail, roi scot de la Cum* brie, la guesre la plus implacable. U se fit aider 965. par un de $es au^es vassaiu^ , nommué Leolin ou

* Voyet piiges 267 et 269.

* Voyes pa|;e5 322 et shîtmIm.

288 LA CUMBRIE SUBJOGCËE.

Llewellyn, roi de la partie sud du pays de Galles, et faisant ainsi servir des Bretons contre les Bretons, il chassa Donald de son royaume de Cumbrie. Les fils de Donald eurent les yeux crevés, par l'ordre d'Edmond , et Ton croit que le monceau de pierres appelë encore de nos jours Dumnail raise, ( monument de Dumnail ), élevé sur les limites du Westmoreland et du Cumberland, marque le lieu où, après avoir gagne la bataille, Edmond abusa de sa victoire. Il est possible que le conquérant ait été exaspéré par qwA^ qu'acte récent de trabison de la part de Donald , et que la violation de la foi promise par celuici, comme vassal, ait été la première cause de cette guerre. Edmond ayant ainsi pris possession de la Cumbrie, donna ce pays à Malcolm , roi des Scots , à Condition , disent les chroniques , que Malcolm serait son cthopéraleur sur mer et sur terre. En d'autres mots, Malcolm était obligé de se battre contre les ennemis d'Edmond , et de lui fournir des hommes toutes les fois qu'il en demanderait. Cest un usage bien. ancien en diplomatie, même parmi les nations grossières , que de déguiser les stipulations onéreuses ou désagréables, sous des formes polies de langage.

LA CUMBRIE SUBJUGiréS. iSo

¥*6rdun , anden chroniquear écossais, ajoute que Malcolm , autorisé par Edmond , fit aussitôt une sous-inféodation de la Cumbrie, en la transmettant à Indulf , héritier présomptif de la couronne scote, afin qu'il gouvernât cette province comme apanage jusqu^à ce qu'il fât appelé au trône, et dans l'intention qu'elle passât de la même manière aux descendans, après serment de fidélité à la couronne anglaise. Le même chroniqueur dit aussi que Constantin, en donnant la Cumbrie à Eugène , avait déjà établi ce mode de succession par un décret. Lies relations des rois scots et des rois d'Angleterre "Sont à classer parmi les parties les plus litigieuses de notre histoire. Les Anglais et les Écossais se sont souvent combattus à ce. sujet tant avec la plume qu'avec l'épée ; en conséquence , tous les détails qui se rapportent à l'hommage dû par les Ecossais , sont d'un très-grand intérêt historique. La question générale est enveloppée de grandes difficultés ; cependant, depuis l'époque dont il vient d'être fait mention , les droits des souverains et des princes écossais au royaume de Cumbrie , en qualité de vassaux de la couronne anglaise , paraissent avoir été pleinement admis, et ces

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mêmes droiu au comté d^ Cumierland, nom qi|e prit ensuite le p;iys , sont ionâéa sur U concessipu qu'en fit Edmond-

Les Bretons de Strath-Clyde , de Ryed et dç Cqmbrie , se fondirent graduellement an milieu des populations environnantes. Us y. perdirent leur langage, et cessèrent de présenter une race distincte. Cependant , il est probable que cet effet ne fut complet qu^à une époque beaucoup moins éloignée de nous. Les WaUensês, 00 Gallois , sont cités par David-le-Lion * comme faisant partie de sûi si^ts ' , et les lois el usages des Bretons continuèrent d'être observés jusqu^à ce qu'Edouard P^ les abolit, à Tépoque même où , suivant son ordre , l'Ecosse parut par ses représentans dans le parlement anglais à Westminster *. Dans Té^êché de Glasgow , con^pr^na^t la plus grande pactie de Tancien royaume de Cumbrîe, la la^igue barbare des Bretop^. fu^ généralement abandonnées pour le dialeiQte angla-saxon, appelé . bas*écossais , yen le Xl^^ siècle; mais., dans quelques districts éloignas , cf^tte langue peut avoir existé jusqu'au tems de la réforme , et ne s'être éteinte que par

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