‹ Histoire des Anglo-SaxonsChapitre 85 sur 124 · MORT D* EDMOND. SOI · texte numérisé non relu

MORT D* EDMOND. SOI

l'influence da clergë protestant. Dans le Cumberland et le Westmoreland , quelques tradi^lions bretonnes survivent parmi le peuple. Le château du Pendragon rappelle^aii voyageur le fabuleux Utber. Plusieurs des montagnes qui ornent le paysage ont retenu les noms que leur donnait le peuple originaire , et Skiddfwv ainsi que HelveUyn s^ëlèvent maintenant comme les monumens funèbres d'une race qui n'est plus.

La renommée d'Edmond-k-Magnifique aurait probablement ëgalë celle de ses ancêtres ; mais , dans Tannëe qui suivit la conquête , il mourut de la main d'un assassin. Le jour anniversaire de Saint-Augustin était une grande fête chez les Anglais ; et alors , comme à présent , 9d& d'après un usage qui , pour être ancien , n'en est pas plus louable , le saint jour était fort mal célébré par la débauche et les orgies. Edmond et ses compagnons se trouvaient animés par le vin ; il aperçut parmi les convives un certain Leof, qui avait été exilé pour quelqu'offense. La vue de cet homme excita au dernier point la colère du roi. Edmond se leva brusquement de son siège, s'élança sur Leof, et , le prenant par ses longs cheveux, le terrassa. Leof saisit à son tour le roi , tira son poignard et le frappa d'un coup mortel.

2Q2 ËDRKD.

A la mort d'Edmond , son frère Edred lui succéda au quadruple empire des Ânglo-Saxons , des Northumbriens, des Païens et des Bretons. Cest ainsi que les chartes s'expriment; elles fournissent par là le sujet d'une remarque importante en montrant quelle forme le gouvernement avait prise. La Mercie et le Wessex avec leurs dépendances composaient, à proprement parler , Pëtat des Ânglo-Saxons ou Anglais. La Northumbrie constituait un autre royaume. Le royaume païen était sans doute formé des domaines possédés par ceux des chefs danois qui n'avaient pas embrassé le christianisme^ el^ en qualité de souverain des Bretons , Edred régnait sur les rois et roitelets de la Galles occidentale, de Comouailles , de Gwent ou Montmouth, de Brecknock , de Powys , de Gwynneddh , de Deheubarth, et sur les autres territoires compris dans le pays de Galles actuel , comme aussi sur les princes de race scote qui gouvernaient Sirath-Clyde et la Cumbrie , en vertu des concessions faites par Edmond.

Edred voulut exercer sur les Scots eux-mêmes une suprématie semblable ; les chroniques disent qu'ils lui prêtèrent serment et devinrent ses vassaux , selon les formalités ordinaires indiquées par la loi.

l'empire anglo-saxon. 293

Ce genre de gouvernement était en apparence imposant et beau, mais il ëtait prive de la cohésion et de la stabilité nécessaires. Chacun des grands états , et même chacune des plus petite» communautés enclavées dans/ les grands états, jouissait de son indépendance par rapport aux autres membres de l'union. Toutes ces parties formaient agrégation sous une couronne principale y mais elles n'étaient point incorporées ensemble , et toutes , à Texception du Wessex , se montraient plus ou moins hostiles au monarque anglo-saxon qui, revêtu du titre bysantin de Basileus , avait à maintenir son autorité sur l'assemblage hétérogène de tribus et de nations dont se composait son empire.

La théorie de la constitution telle qu'elle existait , semble avoir exigé que l'autorité du Basileus fut reconnue séparément dans chacun des états dominans. Les états subordonnés consentaient tacitement à être liés par les actes des puissances principales , et d'après l'aspect général , en faisant abstraction des différences qui existent nécessairement entre un peuple turbulent et grossier et un pays tranquille et civilisé , la Bretagne ressemblait assez à l'Espagne lors de l'avénement de Charles V. La Casiille était l'état le-

ag4 L*£HPiaE ANGLO-SAXON.

plus important , mais les drœts du monarque k la couronne d' Arragon et à la seigneurie de Biscaye , étaient séparés de ceux qu'il avait sur la CastiUe , et Tassentiment des cortès de chaium de ces anciens états est la base légale de Taulorite qu'il y exerça. J'expose ces faits* avec le plus de clarté possible, parce que l'on suppose trop ordinairement que les états de la prétendue hêptarchie furent entièrement incorporés en un seul royaume, avant la conquête. L'erreur est manifeste. Ce n'est réellement qu'après la cooquête, que l'Angleterre, gouvernée par un seul roi , posséda une législature suprême ; et les fausses conséquences que Ton tire d'une réunion plus ancienne de ces états , embarrassent tout le cours de notre histoire.

L'empire d'Edred ne consistait donc pas en un royaiune compact , c'était une agglomération d'états existant à côté les uns des autres , sous son autorité ; il fut installé roi de Northumhrie daB3 un grand conseil ou ivUenagemot tenu à TaddenscUff. L'archevêque Widstan ^ ainsi que tous les liions ou membres de l'assaonblée firent serment de fidélité , et le pouvoir monarchique d'Edred fut reconnu des bords de l'Humber à ceux de la Tweed.

RÉVOLUTIONS EN N0RTHUMBR1E. sgS

Gepenrdati) , on n'avait pas la lùoindre intention de remplir ce tnëme serment ; Ëdted n'ént pas plutôt quitté le pays qu'une révolte générale éclata ; si rarchevéque ne se mit pas à la tête de ^^7. cette insurrection , du moins il la fomenta , et ce fut Eric , tm homme du nord , que Ton éleva sur le trôfie.

Edred , consumé par le mal qui le conduisit de bonne heure dans la tombe , était faible de 9^8. corps , mais d'un caractère ferme et résolu. H rassembla ses forces et se jeta sur la Northum- %9, brie. Le pays ftit "ravagé sans miséricorde ; enire autres actes de dévastation , le mdnâstèï*è <|ué lé bon saint Wilfred avait fait bâtir à Ripom fut entièrem^tit détruit Cet incident monti^e la violence des hostilités d*Edred; lès Païens h'ati-

raient pas fàitdàvantage. Après cette expédition» Edred s'en retournait rers sùii territoire , lorsque les Northiimbrîéns Tàtiaquèrent. Etîc , par oh mouvement secret et rapide , avait coupé Falmlée^nglaise. Edred éprouva une perte considérable ; il en dèVint furieux au dernier point, et déclara qu'il allait bientât revenir pour cousommeir la niifre du pays et du preuple.

Cetfe m^acé alarma tivement les nobles northtiinbriehs ; ils aVàient déjà senti le ^oids

2^ RÉVOLUTIONB EN MOSTHOMBRIB.

du bras d'Edred ; afin de faire leur paix avec lui , ils se soulevèrent contre Eric , lai arrachèrent sa couronne , et assassinèrent le monarque déposé , ainsi que son fils et son firère. Le meurtre eut lieu à Steinmore , par les mains ou du moins à l'instigation de Maccus , chef norwëgien , et du comte Osulf , qui doit avoir été un des chefs dont les suffrages avaient promu Eric à la dignité royale. Edred redevint ainsi roi de Northumbrie , mais les troubles j continué- 951 rent. Un autre chef danois y fut investi du pou- 954. voir, et l'archevêque Wulstan trama de nouveaux complots contre le gouvernement du Wessex. Edred agit avec sa promptitude ordinaire. La dignité de Wulstan le mettait à Tabri de la peine capitale , mais il n'était point du reste au-dessus des lois ; il fut arrêté , jeté dans une prison , et ensuite banni de la Northumbrie. U fut en outre obligé d'abandonner son titre pour en prendre un moins élevé dans la hiérarchie ecclésiastique , et le turbulent archevêque d'Yorck, devenu évêque de Dorchester, passa le reste de sa vie dans l'Oxfordshire , où il était dans l'impuissance de faire le mal. H avait été permis jusqu'alors aux gouverneurs danois de la Northumbrie de prendre le titre de roi , et

REVOLUTIONS EN NORTHUMBRIE. 2y^

c^ëtaient les efforts que faisaient ces rois pour se soustraire à Pobëissance due à la couronne de Wessex qui avaient surtout ëtë cause des rebellions que je viens de retracer brièvement. Edred abolit cette forme de gouvernement ; au lieu de créer un roi et de laisser subsister le pays comme royaume, il en changea la qualification , et le comté de Northumbrie fut donné à Osuif , un des meurtriers d'Eric.

€l|(tpilr« xn.

Accession cI'Edwj au trône. — L^hîstoîre des Anglo- Saxons change d'aspect. -» DuDstàn. "— Son earac^re^ son influence. — Célibat du clergé. — Etablissement de l'ordre de Saînt-Benoît. — INssentions entre les partisans des moines et le clergé séculier ou marié. — ElgiVe. — Conduite violente de Dunstan. — Il est banni de FAniçleterre. — Les factions monastiques fomentent une révolte en faveur d'Edgar. — Edwy dépouillé de ses possesâon«i au nord de la Tamise. — l^raitement barbare infligé k Elgive. — Mort d'Edwj. — Edgar monte sur le trdne.

— Promotioit de Dunstan à l'archevêché de Cantorbérv.

^- Bonté d'Edgar envers le clergé.-— Son gouvernement.

— Triomphe d'Edgar sur la Dec. — Origine du système féodal. — Tenurcs des terres. — Earls ou comtes. — Aldermen. -^ Suprématie féodale d'Edgar. *- Division de la Northumbrie. — - Le Lothian donné à Kennetb. — Défauts du caractère d'Edgar.

Edred , dont les forces avaient rapidement

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