B LE LOTHIAN CEDE A KENIVETH
dans, le parlement , ^tait ceint de Tëpée par le roi en présence des pairs.
^^ LeLothian , partie de la Bemicie qui se trouve «t entre la Tweed et le de'troit du Forth , était coqstamment expose aux incursions des Pietés et des Scots. Les rois anglo-saxons avaient beaucoup néglige cette contrée lointaine de Tempire, rebutés par la di£Giculte de la défendre ; et Indulf , roi des Scots , s'était emparé du «c château des Vierges. » Cette fcH'teresse était aussi appelée Edwin^s burgh ' , probablement parce qu'elle avait été construite ou réparée par Edwin de Northumbrie , et il est à peine nécessaire de (aire observer que c^est la ville actuelle d'Edimbourg. Kenneth M^ Alpine , roi des Scots , avait dé- 836. truit la monarchie des Pietés. Ce peuple dispa- 859. rait même en quelque sorte de l'histoire , et nos anciens historiens se sont imaginé que la nation entière avait été extirpée par Kenneth. Ce fat certainement une exagération; mais les Scots renversèrent la puissance des Pietés , et absorbèrent tellement ce peuple , qu'au lieu de rester confinés aux côtes occidentales , ils se trouvèrent en possession du territoire picte , borné au sud
' C'èsuà-dire U ville a*£dwin. {N.duT,)
LE lothian cédé A kruneth. 349
par le détroit du Forth ;, et au nord par des ëtablissemens Scandinaves qui faisaient partie des provinces actuelles de Caithness et de Suther> land , mais dont les limites sont peu connues. Kennetb , fils de Malcolm y dont j'ai dëjà (ait mention , allégua des droits au Lothian ; sur quel fondement? on Tignore; on voit seulement que cette réclamation fut contestée ^ et qu'elle tenfermait le devoir de Thommage envers le souverain supérieur.
Cédant au conseil des comtes Eadulf et Oslac, et à ceux d'Eadsi , évéque de Durham ^ ou , pour mieux dire, par leur médiation, Kenneth vint à la cour d'Edgar. Le fils d'Alpine reçut du basileus de la Bretagne un accueil Êtvorable , et lorsqu'une conversation familière se fut établie entr'eux , Kenneth demanda que le Lothian lui fût rendu , disant que ce pays faisait partie de l'hëritage des rois scots. Edgar écouta cette supplique avec bienveillance. Cependant il était sur ses gardes ; au lieu de donner immédiatement son consentement , il en référa au jugement de son conseil. Les witans décidèrent la question en faveur de Kenneth, à condition seulement qu'il rendrait hommage ; il fut obligé de pro-
35o DROITS FÉODAUX AD SUJET DU LOTHIAIf.
mettarc quHl maintiendrait les habitans an^aîs dans la jouissance de leur langue, de leurs coutumes et de leurs lois. Le territoire ainsi accorda, qae l'an appelle maintenant les Lothians et la Merse , doit être considère comme le noyau do royaume actuel d^Écosse. L'attention des monarques Soots se porta sur la partie la pins rîdie de leurs domaines , où ils placèrent en définitive le siège du gouvernement. Les mcèurs d'un peuple plus civilise prévalurent sur celles d^une nation grossière. Les souverains scots se saxon^ msèrent, et par la seule force des choses, les hommes sur lesquels un roi venait exercer son autorité, devinrent les véritables conquérans du pays.
B est probable que Tbommage rendu par Kenneth , dans la ville de Chester , n'était dâ que par rapport au Lothian ; mais les soaTeraias da TAngleterre interprétèrent cet acte en leur £weur, et Tancienne sujétion des [Écossais à l'empire anglo-saxon devintMa base des droits féodaux que s^attribua Edouard I*'., comme aussi la première cause de ces guerres sanglantes qui désolèvent les deux pays , jusqu'à la réunion des couronnes. Même après^cette rranion , des prétentions qui s'élevèrent d'un côté furent combat-
DROITS FEODAUX AU SUJET DU IjOTHIAN. 35 1
lues de rautre^ ayec tant de chaleur et d^irritatîon ^ qu'elles enlretiarent les hsûnes aucieunes; et , de nos jours encore , il y a plus d'un vrai Ecossais qui se croit obligé de vivre et de mourir dans la persuasion que toute charte qui atteste la servitude d'un priace écossais envers le basileus saxon , esi une fourherîe monacale.
On devrait déplorer plutôt qu'encourager de pareils sentimens. Les titres vérilabks et ia gloire de TEcosse, ne consistent pas dans Tin^ dépendance ipquiète des premiers habitaus de œ pays , avec lesquels d^ailleurs les Écossais d^à présent n'ont plus rien de commun ; mais bien dans le hoû esprit et la fermeté , qui , mi^me 80QS nn gouvernement divisé , faible et içu proie aux actions ^ leur ont procuré un état de société où régnent la religion , Tordre et le bon-* heur. Voilà de justes si^ts d'orgueil pour l'E^ cofi6e,et ils n'ea^isieraient pas soLoi'ns quaskd même tous les rois de la race de Fergus auraient été cochaînés au char du^conquérant. L^Ecosse'esl maînienant unie a<ft Middlesex par les aaéme^ liens que le Yorkshire ; et les boiis habitant de Leeds montreraient aussi .peu de riison .^n se révoltant contre le roi .Guillaume^ pour défendre
35^ GOOVKlillEMENT d'eDOAR.
les prorogatives du roi Oswald , que les Edim* bourgeois en se rendant malheureux de œ que le roi Kenneth fut soumis à la suprématie d'Edgar.
Mais cette question ^ insignifiante quant au sujet d'orgueil national , est très^importante en matière d'histoire. En nous procurant une connaissance exacte et claire des obligations imposées à Kenneth, comme membre d'un des ordres du grand conseil ou witenagemot d'Edgar , elle nous met à même de juger des . autres membres qui s'y asseyaient avec lui , et nous donne une idée positive de la nature de l'assemblée.
Sous Edgar et les premiers bretwaldas , les états gouvernés par le basileus ou empereur furent des royaumes distincts , dont chacun conserva son existence individuelle ; il n'y avait qu'un souverain pour tout l'empire , mais beaucoup de royaumes et de provinces, par conséquent beaucoup de lois et de coutumes. Edgar donna des soins actifs à l'administration de la justice. En qualité déjuge suprême de son peuple , il faisait de fréquentes tournées afin de redresser les torts auxquels les tribunaux inférieurs n'avaient pu remédier. Il punissait le vol
CAltACTÈRE d' EDGAR. ' 353
avec une sévérité particulière et pour ainsi dire sauvage. Enfin , il réussit à maintenir la tranquillité publique ; et , pour nous servir des expressions figurées de ses historiens y la terre sembla plus fertile et le soleil plus brillant sous le règne d'Edgar que sous celui d^ aucun autre roi.
dépendant le caractère d'Edgar présentait de grands défauts. Les moines ont fait de leur mieux pour leur protecteur, mais ils n*ont pu empêcher de venir jusqu'à nous quelques anecdotes relatives aux ballades populaires du tems , par lesquelles, dit Malmesbury, Edgar était bien maltraité. Ces vieilles chansons satyriques, dont il nous reste des spécimens d'une époque ultérieure j étaient , si Ton peut comparer la poè*sie à la peinture , semblables aux caricatures politiques d'à-présent. Adressées au vulgaire , elles présentaient une ressemblance difforme et avilie des traits de l'original. Les chroniqueurs d'Edgar ont y au contraire , flatté son portrait ; cependant ils avouent qu'il mérita le Uâme pour la faveur qu'il accorda aux étrangers : aux Allemands, qui nuisirent à la civilisation des Anglais ; aux Fia-* mands , qui corrompirent la simplicité de leurs
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mœurs; et aux Danois , à l'exemple desquels ils tombèreat dans rintempeVance.
Ces vices , que Ton dit avoir été importés . étaient peut-être indigènes ; mais il parait qae le roi fut cause de leur propagation.
La belle Wulfreda , qu'Edgar enleva du monastère de Wilton , fut une de ses nom* breuses concubines. On ne sait si elle était ou non religieuse « car les monastères , alors comme aujourd'hui , étaient des maisons d'éducatioo pour les femmes , et quelques écrivains assurent que Wulfreda n'avait pas pris le voile. Ed^ fut puni sévèrement de cette faute. Il fit péui^ tence pendant sept ans.» en jeûnant deux fois par semaine. Dans les siècles anglo-saxons ^ cette mortification de la chair était une véritable dîèle» bonâfide, au pain et à l'eau « en y ajoutant peut- $tre seulement quelques herbes et un peu de sel* Le pénitent fut en outre obligé ^ pendant $on abstinence, de renoncer à tout luxe et même à tous les agrémens de la vie. On lui refusa les lits moelleux et les bains chauds. Edgar , afin de donner un plus grand témoignage de repentir, dépo^ sa couronne , et ne la reprit qa^à l'expiration du terme de son humiliation , dans