PHARMACIE SACRÉE. — PHARMACIENS ILLUSTRES
Pluirauide sacrée. — Les pmfumg sont employés dans tous In culies. — La M jrrhe de la Bible. — Le Boswellia tkurifera et le Chloiurt/ium dupada de l'iudouslan. — L'Abiet religiosa et le Capresaua Ihurifera de l'Amérique méridionale. — Lu Junipenis de U VirgiDic. — Vlcica de Cafenne. — Le Benjoin deg mosquées et des églises. — Le Saiot- Cfaréme. — Les boii odorants des temples chinois et japonais. — L'eau béuite des lantas et des prfitrcs bouddbisles. — Le Cinnamome do Égyptiens. — Les bûchers funéraires. — Le Gaïoc du temple du Soleil à CusTo, — Herbes narcotiqnes des prophètes, des devins et des sibrlles. — Plantes cnitrantcs des Malais, des bonzes et des Takirs. — Plantes soiules — Le Figuier des pagodes. ~ Le Faliesa. — Le Bulla fnndosa. —Le Gui des druides. — La Veneine des Romains. — Le Loha du Gange et le tolus du Nit.
Pkarmaeieas illustres. — Lu Dante, médecin et apothicaire. — Illustrations phannacen tiques d'ItaUe, d'Allemagne, d'Angleterre, d'Irlande, de Prusse, de Russie, de France, etc., au xti* et au xvii< siècle. — Célébrités du xviii' siècle. — Splendeur de la Un du sviii> et du commencement du xix' nècle. .— Services éminents. — Découvertes immortelles. — Progrès gigantesques des arts et de l'industrie.
« U y a jplasieurs végétaux afTectés an culte de la Divinité, ceux qui fournissent des parfums dans les temples, et ceux que la superstilion emploie à certains rites , soit pour les rattacher à quelques dévotions, soit même pour porter le trouble dans les intelligences.
Parfums consaa-és au culte divin. Il est manifeste que, de tout temps, les grandes réunions d'hommes tlaos les temples \iciant l'nir [lar des émanations plus ou moins fétides , oii^a recouru à l'emploi des parfums dans presque tous lescuKos.
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Personne n'ignore que Tencens fui d'abord l'un des plus usités ; Tarbre indien d*où il se lire aujourd'hui est le bosxvellia thinifera ; une autre térébinihacée, le chloroxyhim diipada , procure également une résine odorante servant, à la manière de Toliban', dans les pagodes de rindoustan ; les résines de dammara et de canarium y remplacent , au besoin , Fencens , comme on fait aussi un encens \ulgaire avec les résines d'arbres conifères, et surtout des pins, pour le culte de nos églises, principalement dans les contrées du nord de TEurope.
C'est par la même rareté du véritable encens d'Arabie que , dans T Amérique méridionale y les peuples recueillent de ïabies religiosa, ou du cupressus thuriferap des résines assez suaves par la combustion, dans les Andes du Pérou et de Quito.
Plusieurs jMnîperw^, soit de l'Amérique septentrionale et de la Virginie , soit de l'Ancien monde , fournissent pareillement des résines odorantes, usitées seules ou mêlées à Je l'encens , et consacrées, à ce titre , au culte divin. On leur attribue par là des vertus occultes pour expulser les démons.
On obtient également de plusieurs icica, à Cayenne et dans d'autres lieux de l'Amérique équinoxiale , des résines trcs-aromatiques usitées , en place d'encens , pour le culte.
La myrrhe , chez les anciens Orientaux et les Étliîopîens, a même été employée comme aromate sacré, ainsi qu'on le voit par le texte même de la Bible.
La gomme-résine de l'olivier a pu être substituée à l'oliban dans le midi de l'Europe ; mais c'est le benjoin ^u'on mêle le plus souvent par petits fragments dans la plupart des parfums sacrés, soit des églises, soit des mosquées, soit des temples d'Asie. C'est aussi au benjoin
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qu'est due l'odeur balsamique de Vhuiledu saint-chrême, dans laquelle on en a fait dissoudre.
Bois. Après les résines, l'emploi des bois odorants est le plus recherché , dans les temples de l'Asie orientale êurtout. C'est ainsi que les chapelles des temples chinois et japonais sont presque continuellement remplies de la fumée de petits bâtons brûlants et exhalant une Vapeur agréable; ces bâtons ont la grosseur du doigt et Sont d'une couleur brune 5 il y en a de minces comme une plume et d'une teinte fauve ; ils sont formés de sciure de bois unie au moyen d'un mucilage ; cette sciure vient du bois de santal, pu du calambac ou bois d'aigle. Selon le rapport d'Horace Haymann, de Wilson et de Roxburgh, ce bois (aquilaria agalloehium) éloigne, par son parfum, les charmes et les sortilèges malfaisants.
De même l'eau bénite des lamas et des prêtres bouddhistes , dans les temples du culte lamaïque , se compose avec la cannelle, le girofle et plusieurs aromates; elle est donnée en boisson aux dévots, comme fortifiante, stomachique et tonique.
Les prêtres de l'ancienne Egypte brûlaient dans les temples le cinnamome ainsi que le cassia lignea , substances déjà célèbres par leur parfum également rare et recherché : c'est ainsi que le phénix, emblème du soleil, ressuscitait des cendres de Son nid formé de ces écorces parfumées; et l'apothéose des princes et des héros de l'antiquité avait lieu , aux regards du peuple , du sein de leur bûcher funéraire, où se consumaient ces bois odorants; il en est encore à peu près de même à présent dans la Chine , aux funérailles des grands de l'empire.
Chez les premiers Américains, à l'époque de leur conquête, le gaïac, qui exhale en brûlant une odeur suave , était employé comme parfum, dans le temple du Soleil, à Gusco. De là vient le nom de bois saint qu'il a retenu
des Espagnols , et non pas à cause de ses vertus anti-syphilitiques : les dieux raimaient comme Apollon aimait le laurier.
Herbes narcotiques. Parmi les anciens mystères des initiations et les prestiges des divinations sibyllines , les interprètes de la divinité, les prophètes» les devins , les prêtresses s'enivraient d'odeurs narcotiques qui les inspiraient d'un vrai désir; ils se croyaient d'autant plus profondément instruits des secrets de l'avenir, qu'ils devenaient plus fous. C'est ainsi que le halschichy dans tout l'Orient, ou les feuilles de ce chanvre, dont on respire la fumée, excitent une ivresse sacrée pour les vrais croyants de Vislamisme , et les font courir au martyre. On sait que de ce terme halschich est venu le mot assassin^ parce que des fanatiques, exaltés par les vapeurs de ce chanvre brûlé, se dévouaient à la mort pour soutenir leur religion, en poignardant ses ennemis.
De même, chez les peuples malais et autres de l'Asie orientale, le langue^ ou boudjey cannabis indicay seul ou mêlé à l'opium , sert encore à exciter des extases sacrées et des actes fanatiques- parmi les bonzes, les fakirs et autres moines ou religieux, dans leurs contemplations ascéliques , afin de les détacher du monde , et , pour ainsi dire, de les lancer dans les cieux.
On peut rappeler également que chez les anciens l'art de la divination exigeait l'emploi d'herbes stupéfiantes de la famille des §olanées, comme hsphysaëîis^ les dalura, La jusquiame, la mandragore sont usitées encore en certains lieux par de prétendus magiciens ou enchanteurs, pour faire aller au sabbat, et avoir commerce avec la divinité. De même, chez les sauvages du nord de TAmérique le tabac fut d'abord employé par les jongleurs, pour chasser les esprits malfaisants et les maladies. On pourrait dire que, sur toute la terre, les fumeurs
de tabac ne sont que les descendants de ces sorciers qui n'étaient, le plus soui?ent, que de féroces anthropophages.
Plantes saintes. L'une des plus anciennement célèbres en ce genre est le fameux figuier des pagodes, ficus religiosa^ qui courbe ses branches vers la terre; cellesci , y reprenant des racines , forment ainsi des arceaux naturels de feuillage, sous lesquels sont abrités les innocents brahmines qui vivent uniquement de végétaux; ils ont horreur de répandre le sang des animaux, autant que celui des hommes.
La Genèse, qui dit que Dieu couvrit la nudité d*Adam par des vêtements de feuilles de figuier, fait allusion à cette vie antique dans les forêts de Flnde, premier berceau du genre humain. De même , les bananiers, mma paradisiaca j musa sapientium^ par leurs régimes de fruits sacrés et leur vert feuillage en parasol , ont tou-^ jours été vénérés comme des dons sacrés de la divinité pourFespèce humaine, dont ils protègent si utilement Texislence oisive et fortunée.
Les Védas et autres poëmes sanscrits d'une haute antiquité célèbrent pareillement le palasa de Tlndoustan, qui sert de principal ornement à certaines divinités du Japon, comme étant saint, et qui répand par les blessures de son écorcè un suc gommeux, rouge comme du sang. On cite encore la butta frondosa^ grand arbre de la famille des légumineuses, à longues fleurs sanglantes ; ce qui intimide les doux peuples de Flnde, et leur fait croire que cet arbre souffre lorsqu'on le frappe de la hache ; son suc rouge astringent est une sorte de kino ou de cachou stomachique, aujourd'hui importé en Angleterre pour colorer les vins.
Suivant les Brahmes, la nymphe Tulosi a été métamorphosée en Fespèce de plante du genre des basilics
odorants qui porte ce nom dans Flnde ; Thistoire merveilleuse en a été racontée « comme celle de Ddphné changée en laurier Fa été dans la mythologie; mais nos daphnés sont acres ou vésicants» au lieu que le basilic s^cré est dédié à Yishnou , et les Brahmes ^ ses adorateurs , mâchent chaque jour les feuilles stomachiques de cette labiée « pour faciliter la digestion des végétaux et du r}z« dont ils font leur nourriture.
^ous pouvons rappeler ici que les Celtes et les Gau-^ lois, nos ancêtres, possédaient également des berbeii consacrées et magiques. Les druides et leurs acolytes recueillaient, dans )a sombre horreur des forêts de TArmorique, le gui sacré; la verveine servait aux lustrations, et dissipait les maléfices. Virgile dit (Eclog. viii, V, 65) :
Verbenoê pingue^ et mascula thura.
et (Géorg. iv) :
Lilia verbenasque premens
Enfin, la fleur sacrée par excellence, chez les anciens Égyptiens, comme parmi les Hindous, est celle du loiuB aquatique, sur laquelle la puissance créatrice a pris naissance selon ces peuples.
On sait, d'après des recherches modernes de savants botanistes, que c'est la fleur d'un nénuphar, désigné d*abord par Linné sous le nom de nymphœa Ioti45, mais qui depuis a été reconnu, sous le terme de nelumJbOf former un genre distinct avec le nom de neïumbinuil^ ^peciosum. Ces fleurs sont de deux espèces : les rouges* qui resplendissent dans les eaux du Gange, sous le berceau de la divinité fécondante de la nature : Spiritu^ Dei ferebatur super aquaSf dit la Genèse. De leur sein émane la puissance générairicei comme Vénus sortit j^
dis du sein des ondes , aux regards du soleil ; lautre lotus ^ celui du Nil, est le nymphœa cœruîeay si souvent représenté sur les monuments du culte égyptien, et qui ornait la tête d'Osiris , ou était tressé en couronne sur le front des rois et des prêtres, ou bien encore brillait, comme une rose bleue, dans la main de leurs divinités. Des semences nourrissantes, des racines offrant leur^ qualités tempérantes en même temps qu'elles alitnen-* taient , ont rendu cette plante encore plus vénérable ^ ces peuples * . »
Tant que la pharmacie se traîna dans Fornière de la routine , elle n*enfanla rien de sérieux pour la science ; mais , à partir du moment où elle se dégagea des laqgei de Talcbimie, et où elle secoua les rêveries du mysti-* cisme, une ère nouvelle s'ouvrit pour elle. La premicriç étincelle qui jaillit du creuset de la chimie, en pénétrant dans le chaos de la pharmaceutique , se répandit dan| toute l'Europe, et l'illumina.
Je regrette de ne pouvoir citer ici tous les hommes qui préparèrent les matériaux de cet édiûcç glorieux élevé de nos jours ; heureusement Thistoire a déjà re-c cueilli les noms, désormais impérissables, de ces miné^ ralogisles, de ces botanistes, de ces zoologistes et de cei chimistes éminents.
En recommençant la revue, déjà faite par M. DorvauUi da ces architectes laborieux de la science, et notam» ment des pharmaciens , j'ajouterai à cette nomenclature quelques noms oubliés par ce savant, et je les classerai, d'uprès la Biographie de Michaud , selon l'ordre chro^ nologique et national. Mais avapt, qu'il me soitperfni^ d'insérer quelques lignes qui sont loin d'être étrangère^
» 4»x^{i.Gucoy Upôv, ou Pharmaceutique sacrée. — Virey, Journal de Pharmacie, xvm, p. 188.
à mon sujet, et que j'ai empruntées à M. Ferdinand Denis ^ :
« Il y a, dit ce savant et spirituel écrivain, dans This- ^toire du Dante, un fait bien humble et qui néanmoins n'a pas été assez remarqué : c'est que le plus grand poëte des temps modernes était inscrit sur le registre des médecins et des apothicaires de Florence , et qu'un érudit célèbre a cru devoir lui accorder presque autant d'honneur pour ses connaissances médicales qu'on lui en rendit jadis pour son poëme immortel »
A partir du XVP siècle, il faut citer Béguin, disciple fidèle et ardent du fougueux Paracelse ; il exerçait la pharmacie à Baie , et florissait sous le règne de Henri IV; en Italie, Mercurialis, de Forli; en Allemagne, Schneider, de Nékœping ; Valérius Cordus ; Jean de Vigo, de Gènes; Fracastor, de Vérone, l'inventeur du diascordium ; le Suisse Paracelse ; Sylvius , d'Amiens ; Mathiole , de Sienne , et Duchêne , de la province d'Armagnac.
Au XVII* sièclci on voit briller Rudius, de Bellune; Libavius, auteur de la découverte du chlorure d'étain ; Mindérerus, d'Augsbourg; Potérius, Brice-Bauderon, Wédelius, Demeufve, Pénicher, l'Anglais Shaw, Quîncy, FuUer, Neumann, de Breslaw; Sthal, Schultz, Klein, de Kœnigsberg ; Retzius, Paërner, de la Salle ; Marysellus, de Venise ; Zwelfer, du Palatinat ; Gharras, d'Uzès , l'un des professeurs les plus distingués du Jardin des Plantes de Paris; Lémery, de Rouen, simple apothicaire, dont la chaire était entourée d'auditeurs de tous les pays^ et Tachénius , qui étudia les potasses avec tant d'avantages pour l'industrie.
Le XVIIP siècle vit naître, à la gloire de l'Europe,
* Le Monde enchanté, chap. ui, page 48.
savoir : à Leipsick, Michaëlis; I^wis; Spîelman, de Strasbourg; Bucholz, àBernbourg; Geoffroy, à Paris; Margraff, de Berlin» à qui Ton doit la découverte du sucre de betterave ; Klaproth , son compatriote , qui créa Fart d'imiter les pierres précieuses ; Rouelle , le maître de Lavoisier ; Demachy, de Paris ; Diesbach , de Prague, qui découvrit le bleu de Prusse ; Wenzel , son compatriote , qui sema les premiers germes de la philosophie chimique ; Scheele , né à Stralsund et mort à Kœping , apothicaire, gérant la pharmacie d'une veuve; c'est lui qui découvrit le chlore, le manganèse , le tungstène, la baryte , les acides cyanhydrique , citrique , tartrique , oxalique, fluorhydrique et la glycérine; Priestley, de Leeds, et Tlrlandais Kirvan. J'ajouterai, pour clore la glorieuse liste des pharmaciens chimistes du dix-huitième siècle, Bayen, de Chàlons-sur-Marne, qui prépara le piédestal du haut duquel Lavoisier dicta au monde les lois de la chimie.
Au déclin du dix-huitième siècle et à la naissance du dix-neuvième , nous trouvons des successeurs non moins illustres ; ce sont : Baume, le fondateur de Taréométrieî Cadet; Parmentier, ce nouveau bienfaiteur de rhum;!'nité, qui introduisit en Europe la culture de la pomme de terre , et qui perfectionna Tart de la meunerie et de la boulangerie ; l'Anglais Davy ; Déyeux , qui améliora la fabrication des fromages; B. Pelletier; Figuier, de Montpellier, qui , avec Lowitz , pharmacien russe , découvrit les propriétés désinfectantes et décolorantes du charbon ; Proust , rival de Berthollet , et qui trouva le sucre de raisin ; Vauquelin , qui , de simple garçon de laboratoire, s'éleva aux hautes fonctions de directeur de l'école de pharmacie de Paris , découvrit le chrome, et laissa d'importants travaux sur le désuintage des laines;
Courtois, qui trouva Vipdç, sans lequel la daguerréotypîe
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ne serait pas née ; Fourcroy, le Chrysostome de la chimie, Robiquet et Bouiilon-Lagrange , qui surprit dans Tamidon torréfié une substance que d autres pharmaciens « par des élaborations savantes , firent passer à Tétat de glucose et de dextrine. J*en omets encore sans doute 9 et à mon grand regret, sans compter les phar** maciens de nos jours , que leur modestie , compagne d0 leur éminent savoir, m'interdit de nommer.
Telle est la savante phalange que notre première répa^ blique trouva, quand , dans sa profonde détresse et Alors qu'elle lançait ses armées sur FËurope entière coalisée i elle invoqua les secours de la science ; tels sont ceux qui , quand le blocus continental fermait nos ports aux arri" vages étrangers , trouvèrent dans notre sol des matériaux propres à suppléer les produits exotiques ^ •
Les pharmaciens , non contents de perfectionner Fart qu'ils exercent, ont encore concouru et continuent à concourir à Tamélioration des autres parties de Tart médical.
Qui ne sait que si , de nos jours , la médecine tend di plus en plus à prendre une direction positive en l'ap^ puyant sur les sciences naturelles et physiques ; si Tana^ lyse chimique a jeté le plus grand jour sur la physiolo* gie t en faisant connaître la nature , la composition et te mode de formation des fluides et des solides de Torgar* nisme, et les changements qu'ils subissent par le travail de la vie ; si les produits et les sécrétions morbides ; si lel altérations pathologiques des humeurs , des viscères «t (ies tissus de Téconomie animale sont aujourd'hui ntiieilt connus, c'est, en grande partie , aux analyses chimiques et aux recherches des pharmaciens qu'on en est t%* devable ?
« txtriil d* ]>^l^Atilt^ daii« rUAiOn fii4fiicti«*
DES APOTHICAIRES. Ml
Mais c'est surtout à la thérapeutique qu'ils ont rendu les services les plus signalés. Si le nombre des médicaments utiles s'est considérablement accru; si la composition des médicaments est aujourd'hui mieux connue, et en a amené l'application plus rationnelle; si, par la découverte et l'extraction des principes actifs des drogues végétales et animales , l'administration dos remèdes est devenue plus facile et plus efficace , il est juste de reconnaître que ce sont les pharmaciens qui ont le plus contribué à tous ces perfectionnements. Quelles améliorations n'ont-ils pas apportées à tout ce qui touche à l'hygiène et à la salubrité publiques! N'est-ce pas à leurs lumières qu'on a recours , lorsqu'il s'agit d'assainir les lieux insalubres , de désinfecter des matières imprégnées de miasmes léthifères, de puriQer l'air rendu irrespirable par le mélange de gaz méphitiques 7
N'est-ce pas à eux que le public s'adresse, lorsqu'il soupçonne l'altération ou la sophistication des aliments et des boissons? N'est-ce pas aussi à eux qu'on doit la découverte de la plupart des adultérations que des hommes ignorants et cupides font subir aux denrées de première nécessité t en y introduisant des substances dangereuses ?
Lorsqu'une épidémie meurtrière vient semer dans les populations l'épouvante et la mort, ne voit-on pas, alors que le fléau sévit avec le plus de fureur, les pharmaciens offrir leurs services à l'autorité , affronter les dangers de la contagion , et mettre tout en œuvre pour enrayer la marche du mal, et lui arracher quelques victimes?
Leur intervention ne devient-elle pas indispensable lorsqu'une main criminelle a introduit dans le corps de l'homme une de ces substances toxiques capables de détruire la santé, et même d'anéantir la 'vie? Ne sont-ce pas eux qui éclairent du flambeau de la science les com-