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CHAPITRE XVI

LES PHARMACO-POETES.

Parnasse pharmaceutique. — La boutique des apothicaires devenue le temple des Muses. — Nicandre. — Andromaquc. — Ëmilius Macer.

— Rufus. — Philon de Tarse. — Sulpitia , dame romaine. — Sercnus Samonicus. — Eudème. — Ode d'Aratus. — HéUodore d'Athèues.

— Damocrate. — Palémon. — Marcellus. — Félix Gapella. — Jean de Milan. — Gilles de Gorbeil. — Le Promptuairc de Thibault Lospleigney. — L'Ars purgandi de Gervasius. — Paul Gontaut. — Le Dispensary de Samuel Garlh's. — Abraham Gowley. — La Tkeriaque françoise de Paul Maginet, apothicaire à Salins. — La Thériacade et la Diabotonogamie de Girault. — Demachy. — Guiart, le rival d'Ausone et Témule de Santeul. — Épigramme sanglante contre un pharmaco-poëte. >

Ne sutor ultra crepidam,

Nec pharmacopœus ultra pyiidem.

{Joh, Antonio Lodetto Bergomale.)

Pour eux Phébus est sourd, et Pégase est rétif. « BoiLKAu , Art poétique, ch. i , v. 6.

Soyez plutôt maçon si c'est votre talent , Ouvrier estimé dans un art nécessaire.

Qu'écrivain du commun , et poète vulgaire.

Ibid. , ch. ir, v. 26, 37 et 28.

En remontant à l'origine de la pharmaceutique , nous lavons vue passer des mains des héros et des demi- dieux dans celles des souverains , des prêtres et des législateurs; plus tard, nous l'avons trouvée élevée au rang des sciences, honorée de la protection et des travaux personnels des plus puissants monarques ; nous devons mainte-

fOÂ niSTOIRC

nant placer après les rois pharmaceutes les pharmacopoëtes, qui ne jugèrent pas indignes de leurs talents et du langage des dieux les détails qui se rapportent à un art destiné à soulager les souffrances , à conseryer la santé , et à prolonger la durée de la vie des honunes.

Déjà , dans les temps les plus reculés , Hésiode , Orphée , Musée , avaient chanté la nature et les grands phénomènes qu'elle présente; Pythagore et Empédocle, Parménidc et Epicharme, avaient appliqué la poésie aux détails de la philosophie et des hautes sciences * : enfin , TAveugle de Méonie et le Cygne de Mantoue ont aussi donné, dans leurs immortels poèmes, des aperçus pharmaceutiques en vers qui ne manquent pas d'intérêt ^.

Les apothicaires ne pouvaient donc guère rester étrangers aux Muses; aussi voit-on, dès la plus haute antiquité , leur verve poétique s'exercer à décrire plusieurs objets de leur profession , tels que les poids, les mesures, les pilons, les vases, les fourneaux, les drogues; ces sujets vulgaires sont chantés assez harmonieusement par les rapsodes pharmaceutiques de la Grèce et de Rome.

La langue française elle-même , si rétive de sa nature , s'est quelquefois prêtée , avec une docile complaisance, aux lyriques accents de nos pharmaco-poëtes : néanmoins , je conseille à nos apothicaires de déposer le luth de la poésie, de déserter le Sacré Vallon, et de ne plus essayer de gravir la pente glissante du Parnasse , afin de s'épargner des chutes lourdes et douloureuses.

Il faut pourtant reconnaître qu'en raison de leur alliance avec la médecine, les apothicaires avaient quelques droits de se regarder, depuis longtemps, comme appartenant à la famille d'Apollon. Parodiant la fable de Daphné , le poëte Dassoucy fait dire à Phébus ;

* Cap, Bulletin de Pharmacie.

* Bulletin de Phann., t. n, p. |$.

« Je suis le dieu qui tout éclaire Pon chanteur^ bon apothicaire, »

Et Duraoustier, dans le même sujet, s'çjcprinie ainsi I *

« Je suis le bâtard de Jupin^ Je suis poète et médecin, Apothicaire et botaniste *. »

En conséquence , la boutique des apottiicaires est deyenue le temple des Neuf Sœurs, et la lyre d'Apollon a souvent résonné sous des doigts destinés à inanier un autre instrument.

Parmi les pharmaco-poëtes qui ont conquis quelque illustration dans le domaine littéraire, je citerai Nicandre ^, qui, dans un ouvrage dont j'ai nommé les traducteurs ', a chanté, cent quarante ans avant Jésus-Christ, les poisons qu'on peut convertir en médicaments; Andromaque , qui a dédié à Néron , son féroce client , un poëme élégiaque sur la thériaque , poëme qui a été traduit, en 1660, par Charras. Emilius Macer, de Vérone, ami d'Ovide, de Tibulle, et contemporain de l'empereur Auguste , est l'auteur d'un poëme sur les propriétés des plantes ; Rufus, dans un livre dont il nous reste quelques fragments , a célébré les vertus héroïques de certaines plantes ; Philon, de Tarse, contemporain de Thémison, mit en vers la composition de son électuaire, connu sous le nom de philoniurriy et dans lequel entraient le safran, le pyrèthre, l'euphorbe, le poivre blanc, la jnsquiame et le miel attique *.

Sous Domitien , des détails thérapeutiques ont ét^ mi?

i SuUett de Pharmacie, t, ii^ p. 6-10. — 1810.

9 Pt08ertatioQ sur les deux poèmes de Nicaïuipe, par Cadet. (BuUttia d6 Pharmacie^ t. ii, p. 337-355.)

* Gorris, sous Charles IX ^ et Gré?ius^ sous Louis XIV.

^ Gap^ BuU* dt Pharmacie.

296 HiSTOlRE

CD vers par Siilpitia , dame romaine , dont Martial cite avec éloge les productions*. Serenus Samonicus, qui vivait sous rempcreur Caracalla , a écrit un poème latin intitulé : De Médicinal prœcepta saluberrima, dont j'extrais quelques vers qui ne sont pas sans intérêt :

CAPITI MEDEMK).

ff Btdsfuna si geiniuis iustillans auribus addas, Tum poteris aiact*em capitis t^pararc vigorem» Vcl quœ septettis ccnse/Uur gramina nodis, Vfiiiter ncdrs, vei cor no ex arbore setium, Pulegiumve potetis una super nure locabis, Aut iliud misto recoquens demerUer aceto, Caufa nare trahes, seu visco lintea nexo Induccs fronti, seu tritw gt^mina menthff, Spongia cum tepidis annexa liqunribiis imbris Profuit, aut hetlem ex oien decodu vetusio.

Profuit et coddcis frontem tracfare miniUis, Si nncuit ccrebro vioientia soiis apetio, SfTpe chelidonin ex acido perttucta liquore Sanavit; p)'osunt et arnica papnvera somno.

Si priuf in lento madefacta coquantur olivo, »

Galien raconte qu'un certain pharniacopolc , du nom d'Eudème, a aussi mis en vers la composition d'une espèce de thériaque, dont Tauteur était Antiochus Philométor; qu'Aratus a consacré une ode à la véritable thériaque; qulléliodore, d'Athènes, a donné sur Je rhythme poétique , comme Nicandrc , la description des contrepoisons. Le médecin de Pergame cite encore Daniocrate comme auteur de poèmes sur les recettes et formules de plusieurs médicaments. Ce même Damocrate a emprunté aussi le langage des muses, pour vanter les vertus de Télectuaire du roi de Pont (le mithridate); il a dit encore

l'antidote de Gharmis , et celui dont l'empereur Tibère

* Bull, de Pbarra., 2» année. — Note de M. F. de St.-V....

faisait usage ; enfin il a chanté les divers remèdes contre la morsure des serpents et des chiens enragés ; différents dentifrices ont exercé sa verve poétique , et il n'est pas jusqu'à des liniments dont il n'ait versifié les formules, de même que celles des emplâtres dîscussifs, attractifs, et même du diachylon*. C'est peu : il consacra encore dans ses vers la préparation de plusieurs malagmata et épithèmes calmants assez efficaces , ainsi que la composition de divers acopes ou liniments toniques propres à dissiper la lassitude. Damocrate avait guéri la fille du consul Servilius en lui faisant prendre le lait d'une chèvre nourrie avec les feuilles de lentisque , mode de traitement ingénieux renouvelé par les praticiens modernes, et mis souvent en usage avec un remarquable succès ^.

Comme dans ces fragments poétiques la confection des médicaments est textuellement décrite, il en résulte que les instruments du pharmacien y ont aussi leur place : ainsi Ton voit que les poids , les mesures , les mortiers , les pilons, les vases et les fourneaux ne paraissent nullement discordants dans la bouche des muses ; mais il faut convenir que la langue grecque se prête mieux à la peinture des tableaux poétiques de la pharmacie que la langue latine et surtout que la langue française :

< Gratis dédit ore rotundo

Musa loqui

Sous le règne de l'empereur Claude , Palémon , versificateur distingué, écrivit un ouvrage sur les poids et les mesures, qu'il appela : Carmen deponderibus et mensuris.

* Duval^ Observ, littéraires sur les Poctcs pharmaciens, Bulletin de Pharmacie, n<*iy, avril 1810.

* Cap, Journal de Pharmacie, t. xii.

nSTOIRE

Sous remperenrThéodosc, un nommé Mareellns (Empiricus , selon certains historiens) fit paraître un poëme ayant pour titre : Marcelliy de Medicina carmen; ce n'est guère qu'une nomenclature sèche et froide de mi^ dicaments, comme le prouvent les yers suivants :

/jTm npperiûi pêr wmina, P^rqm ntei^êi,

IkKripta» sp€cie$ et fondera

• . natura saluàres

9uggtrU impensas ponto et tellure eredas,

Àngue, fera, pecude, et fmgt, alite, muriee, piêee.

Lacté, mero, pomis, lymphis, $aie, melle, ti oliw,

Suecis, unguiniffus, tœdis, pice, sulfUre, eera,

Polline, fhrre , fàbis , lino , scobe , vellere, eomu , \

Baeeiê, et balanis, lignis, earbme, fixoUla;

Floribui et variis herbis, etc

L*ao 490 de notre ère , Félix Capella , de Gartbage , a imposé la dénomination de septem artes libérales h ua poëme qui est rempli de détails piquants sur la matièro médicale ; de plus , il a fait paraître le poëme JM iViQH tiiê physiologiœ et mercurii.

£a 1100, Jean de Milan écrivit V École de Saleme m douze cent trente-neuf vers , dont trois cent soixante^ douze seulement sont parvenus jusqu^à nous. En 1 ISO, Gilles de Gorbeil, médecin de Philippe-Auguste , poétÎM les vertus des médicaments composés.

En 1484, sous le règne de Charles VIII » on vit éclore les œuvres de César Scaliger ; en 1488 , Lopez de Villalobas y en Espagne , publia en vers , à Tâge de dix-iieuf ans 9 un traité rimé des minoratifs , des purgatifs , deç onguents et des emplâtres; en 1544 , sous François P', parut le Promptuaire des médicaments, écrit en rhythme joyeux et dû à la plume de Thibault Lespleigqey,

Nous devons à Paul Contant , apothicaire dç Poitien | qui vivait à la fin du règne de tlenri IV, deux pofmes,

DES APOTHICAIRES. iM

dont Tua est intitulé : le Jardin poétique y et Tantre, k Second Eden. En voici un extrait :

a Je chante les beautés de la terre nouvelle , Les émaux printaiiniers dont sa robe étincelle ; Je chante les vertus des plus aimables fleurs Que l'aube au teint -vermeil arroK» de ses plenn; Je chante un beau jardin qui ne craint la froidure Des aquilons glacés^ le temps ni son injure ^ Mais qui, tout terd^ tout gai, tout riant et tout beau S'étenûie en mes yerf en dépit du tombeau ^ »

Un peu auparavant y Jean Clément, qui professait la médecine et la pharmacie , composa diverses poésies qui jouirent d'une grande faveur en Angleterre.

Au dix-septième siècle , on imprima Y Are purgandi , carminé heroico scripta^ de N, Gervasius; à Londres, sous Guillaume 111, Samuel Garth's publia, à la fin de C0 même siècle y le Dispensary^ poëme que Ton compare au Lutrin pour sa forme épique et sa finesse satirique; Voltaire a traduit, ou mieux, a paraphrasé, ainsi qu*U suit , les premiers vers de Texorde :

« Muse, raconte-moi les débats salutaires

Des médecins de Londre et des apothicaires

Contre le ^enre humain si longtemps réunis,

Quel dieu , pour nous sauver, }es rendit ennemis ?

C!orament laissèrent-ils respirer leurs malades

Pour frapper à grands coups sur leurs chers eamtradei T

Comment changèrent-ils leur coilHire en armet^

La seringue en canon ^ la pilule en boulet?

Ils connurent la gloire : acharnés Tun sur l'autre^

Ils prodiguoieot ^ur vie et pous laissaient la nôtre, •

Ce poëme , dont je vais indiquer Ja source , eut un succès prodigieux ; c*cst un combat acharné entre les médecins et les apothicaires ; on y trouve de Timagination , un tour élégant, de la vivacité , â« la naïveté et un

< Duyal, idem in ibid.

savoir qui y est peut-être même trop prodigué *. Samuel Garth*Sy de la province d'York, se distingua par ses talents poétiques et par son habileté dans sa profession ; il sut mériter la faveur de soc souverain par des louanges données avec esprit, et profita de son crédit pour fonder, dans le collège de médecine, une pharmacie publique connue sous le nom de Dispensary; les pauvres y recevaient des médicaments au-dessous du prix ordinaire ; les autres pharmaciens employèrent tous les moyens imaginables pour s'opposer à cet établissement ; c*est alors que Garth*s prit la plume pour les ridiculiser dans le poème dont il est question.

Un contemporain de S. Garth's, Abraham Covrley, a chanté, en vers latins, les plantes et leurs propriétés ; la pensée y est très-poétiquement et très-spirituellement exprimée.

La plus curieuse des œuvres pharmaco-poétiques du dix-septième siècle est la suivante.

En 1623, Pierre Maginet, apothicaire à Salins, publia en vers la tliériaque avec les vertus etproprietez d'iceUe selon Galien. Ce poème a pour titre : la Thériaque françoise. Je crois devoir en reproduire une partie , parce qu'il est , sauf quelques passages paraphrasés, la traduc tion assez fidèle de celui du médecin de Néron , l'inventeur du médicament , et surtout parce qu'il met en lumière les éléments proportionnels et l'infernale préparation de cette composition monstrueuse, toutes choses inconnues de beaucoup de personnes :

THERIAGA ANDROMACHl SENIORIS.

Avant toute œuvre il faut curieui à loisir Chasque drogue à part et peser et choisir,

* Bulletin (le Pharmacie^ t. ii.

C'est pourquoy dans ces yers , par ordre je te note

Tous les ingrediens de ce riche antidote.

Advise donc , je prend ponr le commencement

La vipère , qui est la base , et fondement

De nostre Theriaque , et qu'ainsi l'on appelle ,

Comme fait de serpent^ et prenant le nom d'elle.

De ses trochisqucs faits à cela tout eipres

Comme Tart et Tescrit te monstreront après ,

Prend si]L onces à part, douze once de pastilles,

Artistement dressez de farine et de scylles ,

Du jaune hedicroum, et de ce poyyre-là

Qui long conmie Chattons se treuve en Bengala ,

Et le suc du paTot qui ses larmes distille

En esté, dans le sein de la Thebe fertile,

De chascun de ses trois , tu prendras seulement

Six onces qu'il te faut peser également :

A cela tu joindras la fille de Thaumante,

Iris, qui de sa fleur l'arc-en-Giel représente :

La roze qui estoit sans espines avant

Que Dieu maudist la terre à cause du serpent ;

Ulysse la treuva pour son mal secourable

Quand devant llyon il gisoit sur le sable.

Le suc de Regalisse en consistance cuit,

Mais il faut de celuy que TEspagnè produit.

La graine de Naveau , le cultivé doit estre

En cecy supprimé , pour choisir le champestre ;

Le Scorde que produit la Crète, ou bien celuy

Que le chaud Lâguedoc nous apporte aujourd'buy :

Du baulme du Levant la liqueur Syriaque,

L'un des beaux ornements de nostre Theriaque,

L'escorce bazané de Cynamome franc

Ne prend pas celuy-là de l'Amérique blanc :

L'Agaric blapc, léger, friable, et te contente

De choisir du meilleur qu'on apporte de Trante ;

Le Coste blanc et net, et faits s'il est moyeu

Que tu monstre que c'est dé l'Achemenien :

Les esfâcs de ce Nard, que l'Inde Orientale

Prodigue de ses biens aux magasins estale ,

Du Dictame sacré les blanches sommités

Que le cerf va cherchant en ses extremitez.

Le jaune Rhapontic, qui en forme, et en goust

Du Rhabarbe commun ne diffère du tout.

De nostre quinte-feuille encore la racine.

Qui contre le serpent est la vray médecine,

Des Moluqaes aussi tu prendras quant et quant

aot msTOiRB

Lt Zyfembfv , qui loit rtcent, bltac j tl piefvaal.

Le llamibê» éâ^fntX lu fkieiUet quoyqjM v«rdM

SembltUct tu porrcta tout dt neife coovtrtts,

hc Stœcbaf Arabie, miis il n'est jt beioîn

Si la Gault to produit, que ta allet ti loiof ,

Dtt Scbœnante le jonc» qui Tient en Neb b et h é t

Des Artbet heureui la corne JAmal t hée»

La freine de Perril trayment Macedonie ,

Tant odorant au net , qu'an goott aromatk,

La chaude Nepetha , ou bien la Cahmrnte

y ontagnera , qui eet fort lemblable i la Mentbt »

La Cane» (ce n*ett pu cette liqueur icfi

Que natura enferma dam un eanon noirey,)

Mais Tescoree de bols , que ttntoet Ton ippellt

Du nom de Oynamome et tantott de Gaundle ,

Le Saffran , dont T Aurora a coustume jaunir

Sa chevelure , alon que le Jour tent tenir i

De rincette Myrrhe et ta tige bletiée

L'humeur qu'amalrement pleurant elle a feitii :

Le poytra blanc et noir, l'un et Tantre prodvU,

Ainsy comme la Tigne et la fùetlle et le fhdl;

L'Entent qui Ta coulant de cette arbra taoréi

Dont l'odeur Sabean let celettet recrée :

Le Bijon de Ghio , ravallant la couleur

Du plus luytant cryttal , et det fleufet TAtiir t

Je TOUX que de chatcun , à part tu me dlipeme ,

Doute dragmet au ttil d'une jotte Balance :

Mait pour continuer ton ouTrage entraprit

Tu joindrat à cela que tu at defja prit ^

La racine qui eroltt au Salinoit flnage

Gentius le premier a treuTé ton utage.

Et celle du Mehu qu'on dit Atbamantie

Simple telon le Grec grandement hytterit,

La Canne du Lyban , ou du marait Indique

Qui pour M bonne odeur ett dite aromatique »

De la Valériane , elle porte la fleur

Qui n'est pat laine moins , qu'aggreable en ettUeUTi

La Tige teulement de cette herbe Celtique

Dont foisonne à touhait la plage Lygurique,

L'Amome qui ett fort à la grappe voisin

Dont le fhiit ne différa en guera de raisin;

Le vert Ghameepythia qui te trauve vulgiir*

Aux tillont tablonneux, qu'on ne cultive gHWi»

La fleur d'fiyperieon dont le fueillege f ert

Semblt ênâ jour e^^oeé de mUle fnm oattri,

DES ilPOTmCAIRES. 330

La greine d*\meos, blanche, forte ^ et de semblable

(Son nom le dit ainsi) aux petits grains de sable |

Celle-là du Thlaspy, qui brise, et qui dissoult

Le calcul dans les reins et le ronge du tout ,

Lanis et le fenouil , c'est une chose rare

Si dans un recipe l'un de l'autre s'csgare :

Nostre Sezeleos chassant Tarrière-faix

De la biche aussitost que ses faons sont faits ;

Le fueillage Indien qui le laurier ressemble^

Et qui sent le geroffle y et la Cannelle ensemble :

Le Polium gentil de Mercure facond y

Remède du bestail^ et qtii le rend fécond :

Du Cardamome Traj sa semence menue

Dans un petit gonsson est acre fetenuë.

Le Cbaihœdre^ lequel de tant de bomi côgiiu

De l'arbre de Juppin a le nom retenu^

Le fruit de Tarbre sainct dont le baulme dégoûte

S'il se treuTe au^ourd'huy, aye-le quoy qu'il couste »

L'Hypocyste ^ qui soit ny par trop espoissy,

Ny trop peu en sa Tray*^consistance eudurcy,

L'Acacie d'Egypte ^ et la gomme luisante

Qu'avoir eu de tout temps TArabie se vante ,

Le Storax Catamyi^ ces trois points sont requit

L'armeux net ^ odorant^ pour estre de Teiquisi

L& motte Arménienne, et la terre sellée

De rtsle de Lemnos qui jadis fut bruslée.

Le Calcytè qui sort ded veines de CypHft

Des autres minéraux il emporte le prit.

De la gomme laquelle ainsi que le pain flaire

Tu prendras quant et qiiant la larme salat&ift :

Or faits que rien ne soit carieux ou moisi.

Mets à part Chaéque point que tù aurai chori^

Empoigne ta balance et pesé à la mesme hetttv

Une once de cbascun avec une main seure :

Puis prend la Sarrasine, et choisie seulement

Celle qui la racine a comme filament.

Les purpurine» fleur g que Chyron le Centaure

A jadis enseygné au setpent d'Ëpydaure :

Le Daucus, qui du goust paroist acre et cattltic

Il te faut si tu veux le meilleur le Cretic,

La larme du Pana qui vient d' Alexandrie

Son nom dit qu'elle sert à mainte riUladift :

Là larme du Galban pur et Cylicien

De l'homme efléminé le symbole anciftfti

Le Bytmne du Ue de U tem m&uditft

aOi HISTOIRE

Où Dieu punit jadis le Tîlain Sodomite, La drogue du Castor roy-chair et my-poisson Qu'il Youdroit au pescheur octroyer pour rançon : C'est fait^ pèse h part de chascune ces choses Dcmy once , et les liens séparément encloses , Et pour mesler le tout^ prend ce qu'il faut de miel Blanc , pur, et doux ainsi que la manne du ciel : Pour tes gommes dissoudre , aye la MaWoisie , L'œuvre meritcroit mcsme de Tambroisie.

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