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par l'ordre d'Houlâgou et sa cendre jet< le dans le Tigre.
Une expédition commandée par Dahhâk ben Sofyân contre la tribu d'el-Qortà fui surtout remarquable par la férocité avec laquelle un certain el-Açyad ben Salama, delà bande musulmane, ayant rencontré son propre père dans les ra de l'ennemi, le poursuivit avec tant de violence qu'il le précipita dans l'étang de Zoudjdj : il l'aurai! tué sur place si ce parricide ne lui avait été évité par un antre Musulman <|ni arriva à la rescousse et mit a mort l'infortuné Salama. Les Arabes païens avaient déjà bien peu de respecl pour leur père : quand le fanatisme des nouveaux convertis vint s'ajouter à ce sentiment, il ne resta pins de place pour la pitié.
Sons le prétexte de détruire l'idole el-Fals, qui n'était qu'un rocher de couleur rouge tranchant sur le fond noirâtre du mont Adjà dans le Nedjd Adjà et Selmà sont les deux montagnes volcaniques qui marquaient le territoire de parcours des Tayy), une expédition commandée par Ali
vint surprendre de nuit un canipeinenl faisan! partie de cette grande tribu, et qui était celui de la famille et du clan la zmala du fameux Hâtim le Tayyite, célèbre par sa générosité outrée. Tout le camp fut l'ail prisonnier, \ compris la tille même de l'illustre Hâtim. Ceux des Tayyites qui n'embrassèrent pas l'islamisme furent mis a mort; la famille de Hâtim ne fut pas comprise dans le butin ; Mahomet lit remettre en liberté la tille de l'homme généreux et par contre-coup obtint la soumission et la conversion de son frère 'Adi, devenu chrétien en Syrie. Le sanctuaire de l'idole renfermait, a litre d'ex-voto, trois sabres et tr<>i-, cottes de mailles, sans compter les vêtements donl -ni la revêtait !<•-
jours de fête: ces trois sabres lurent réservés pour la part
du Prophète.
Mahomet n'était pas a l'abri des ennuis domestique!
la jalousie de --es n | > lu b le il -es femmes se lit jour a l'oCCasiOH
delà passion qu'il avail conçue | r Mue' la Copte. Hafça
et Aicha étaient fort intimes; elles complotèrent contre celle-ci et m ire ni de leu r parti les autres épouses du Prophète,
qUi se fâcha, se sépara de -on hardii pend. Mit tOUl un
mois et menaça de les répudier toutes. 'Omar et Abou-Bekr, pères des deux principales épouses, furent obligés d'intervenir, et une révélation coranique fit taire tout le monde. On avait prétendu que Marie trompait le Prophète avec un esclave copte à son service : Ali, chargé de mener une enquête, constata que l'esclave était eunuque, ce qui faisait tomber toutes les suppositions.
Expédition de Tabouk. — Cette petite ville est située sur les confins de la Palestine ; il y a là aujourd'hui une station du chemin de fer du Hedjàz. Le désir de venger le désastre de Mo'ta, l'espoir de faire un bon butin sur les populations nabatéennes qui se livraient au commerce, peut-être aussi Tidée de contrecarrer le projet que l'on prêtait à l'empereur Héraclius, d'entreprendre une campagne contre l'Arabie (projet que l'on avait imaginé à cause du séjour prolongé de l'empereur à Homs), furent les motifs qui portèrent Mahomet à tenter cette expédition. Les préparatifs des Musulmans furent considérables, mais tout le monde n'était pas d'avis favorable. C'était l'été, et il n'est pas commode, en cette saison, de traverser le désert. Mahomet fit remarquer que le feu de l'enfer est autrement ardent que les grandes chaleurs. Néanmoins il eut beaucoup de peine à trouver un concours de bonnes volontés; le désespoir de son entourage fut tellement fort a un moment que sept pauvres qui auraient voulu partir avec lui, se prirent à pleurer parce qu'il ne pouvait leur fournir de montures, faute de moyens : on les appela plus tard el-Bakkaoûn, « les pleurards ». 'Ali ben Abi Talib resta à Médine, chargé de garder la famille du Prophète. On se mit en marche, en partant du col qui a gardé depuis le nom de Théniyyet el-Wéda '. A moitié chemin on campa sur le site d'el-Hidjr, aujourd'hui Médâïn- Çâlih, également station du chemin de fer, où de magnifiques tombeaux creusés dans le roc par les Thamoùdite3 fournirent à Mahomet l'occasion de frapper l'imagination de ses auditeurs en leur racontant l'histoire de la destruction de ce peuple, attribuée à la colère divine. Le Prophète Çàlih lui avait été envoyé, et il donnait pour preuve de sa mission une chamelle, la chamelle de Dieu, sortie toute vivante d'un
rocher, el (|iii fut mise à mort par ces méchantes gens. EnCn on atteignil Taboûk, où le Prophète apprit que L'armée d'Héraclius, contre laquelle il avait entrepris cette expédition, ne s'y trouvait pas. Il y séjourna une vingtaine de jours, envoya un corps expéditionnaire contre Doûmat el- Djandal où régnait le prince chrétien Okéïdir ben 'Abd-el- Mélik el-Kindi. Khàlid ben el-Wélîd, qui la commandait, surprit le Kindite et le lit prisonnier pendant qu'il était à la chasse de l'antilope; il l'emmena cà Médine où un traité de paix fut conclu, moyennant le payement de la capitation. On a de graves raisons de douter que cet Okéïdir ait jamais existé, car le chef de Douma était, en Tau (> de l'hégire, el- Asbagh le Kelbite, et en Tau 1 I c'est son fils Imrou-oul- Qaïs ben el-Asbagh qui commande en ces lieux. On a supposé que le personnage amené a Médine par Khàlid pouvait être tout simplement un riche marchand, auquel on donna le nom d'Okéïdir par assimilation a la divinité el-Oqaïçir adorée dans la région, et qu'on lit passer pour le prince luimême : de ce fait les traditionnistes auraient imaginé le récit de l'expédition qui est entré ensuite dans I histoire.
A la suite de cette expédition, des traités de protectorat, assurant la liberté de la circulation sur terre et sur mer. lurent conclus avec Vohanna ben Ftou'ba, roi chrétien d'Aïla, au fond Aw golfe appelé aujourd'hui golfe d'\Aqaba, mais que les anciens connaissaient sous le nom de golfe Elanitique, ainsi qu'avec les habitants de Djerbà el d'Adroh, deux localités des confins de la Syrie, non loin de liabbath- Amnion, aujourd'hui 'Amman, habitées probablement par des chrétiens, et enfin avec ceux de Maqnâ, près d'Aïla, bourgade où demeuraient des Juifs de la tribu des Banou-Djanba. Ce dernier traité établit, à titre de contre-partie de l'affranchissement de tout tribu djizya, qui signifiait alors une sorte de contribution de guerre et de toute corvée, un impôt du quart des produits des palmeraies, delà pèche el des tissus fabriqué à par h' - femmi
La mo -'.h ée ki» Dirar. ■ Avanl le départ de Mahomet poui Taboûk, un certain nombre de Médinois de la tribu des Banou-Sâlim, branche des Khazradj, habitants «le Qouba,
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étaient venus lui apprendre qu'ils avaient construit une mosquée pour que, pendant l'hiver, les malades et les impotents puissent y aller faire la prière sans avoir à accomplir le trajet passablement long de la mosquée de Qoubà ; ils le priaient en même temps de venir la consacrer en y faisant la prière. Mahomet prétexta l'expédition qu'il préparait pour différer une réponse jusqu'à son retour. Arrivé à une heure de Médine, il donna l'ordre de détruire cet oratoire et il envova deux hommes pour le faire exécuter. Les historiens ne disent pas les motifs de cette singulière résolution; mais du nom qu'il donna à cet oratoire, celui de mosquée etjdirâr ou de l'opposition, on peut conclure que le Prophète, en adoptant la mesure radicale d'y faire mettre le feu, voulut tuer dans son germe un esprit séparatiste dont il craignait les manifestations, comme un retour à l'état d'anarchie qui avait été celui des tribus du nord de l'Arabie à son époque ; on pouvait le craindre si l'on permettait à chaque tribu ou sous-tribu de se bâtir une mosquée à sa guise ; l'unification de la race arabe, sous le couvert de l'islamisme, pouvait manquer à son auteur. C'est ce que parait indiquer le passage du Qorân (IX, 101-118) qui se réfère à cet événement.
Les ambassades des tribus arabes. — Un phénomène nouveau vint montrer à tous les yeux quels pas de géant avaient faits les progrès du nouvel empire, plus encore que ceux de la nouvelle religion. Ce furent les ambassades (wofoûd) envoyées à Médine par les tribus arabes et la conversion (tout au plus formelle) de ces tribus à l'islamisme, d'où vient que plus tard cette année fut communément appelée l'année des wofoûd, tellement ce mouvement inaccoutumé parut extraordinaire. Les Thaqifites, pressés entre les murs de la ville de Tâïf, contenus par les Bédouins voisins passés à l'islamisme, résolurent de s'entendre avec le conquérant. Les palabres durèrent plusieurs jours, car les prétentions des Thaqifites parurent exorbitantes au Prophète ; ils réclamaient le maintien de nombre d'anciens usages, et de ceux-là justement que l'islamisme voulait abolir : la liberté de la fornication :in>h, c'est-à-dire le mariage libre, car, disaient-ils, ils devaient souvent rester loin de
L ÉMIGRA.1 IOIS A MÉD1NE \:<t
leur famille, le prêt d'argent à intérêt, L'autorisation de boire du vin, le culte d'el-Lât, la rabba la Dame] de la cité de Tâïf. Ce fut la dernière prétention qui leur tint le plus à cœur, et celle sur laquelle ils ne cédèrenl qu'en <l< •rnier lieu. Mahomel finit par triompher de leurs scrupules; ce qu'il leur céda en revanche, ce fut tout au plus des facilités pour l'accomplissement du jeune du Ramadan elle maintien du caractère sacré du sanctuaire de Wadjdj, autre di\ inité des Thaqîf, qui était leur gloire, leur intercesseur et leur appui, peut-être un parèdre mâle d'el-Làt. D'ailleurs le texte dutraité, même mutilé, ne nous a pas été conservé, ce qui fail naître des doutes sérieux sur l'étendue des concessions admises par Mahomet pour s'attirer l'assentiment précieux des Thaqilites.
Quelques Yéménites semblent avoir, a ce moment-la, cherché à établir des rapports diplomatiques avec Mahomet, dans la seule forme où cela fût permis, c'est-à-dire en annonçant leur conversion à l'islamisme. Trois rois qaïl himyarites, chefs des tribus de Dhou-ho'aïn, Ma'àlir et Hamdân s'unirent pour envoyer un ambassadeur, qui rapporta l'écrit du Prophète constatant leur soumission et leur donnant las règles suivant lesquelles les impôts devaient être perçus : c'est à cela que se réduisent, en dernière analyse, tous ces traités.
Les Pazâra et les Morra, qui habitaient les hauts plateaux au nord de Médine, dans la région de Khéïbar, envoyèrent, dit-on, une ambassade pour demander au Prophète de faire tomber la pluie chez eux, car ils souffraient d'une sécheres prolongée. La légende prétend qu'à la suite de 1 intercession du Prophète, les pluies furent tellement abondantes qu'il fallut une nouvelle intercession pour les arrêter. Quoi qu'il en soit, la conversion de ces tribus n'avail poinl de racines profondes, car elles ne tardèrent pas à rejeter toute appai ence d'islamisme.
Le deliul de Tannée 10 de l'hegiie lut marque par la mort
d'Ibrahim, l'enfant que Mahomet avait eu de Marie la Copte, et qui fui enlevé à l'âge de quinze à dix-huit mois. Les traditions disent que ce deuil coïncida avec une éclipse de soleil, mais le calcul astronomique a montré que, si réelle-
ment Ibrahim est mort le jour de l'éclipsé 27 janvier 632 , la date donnée ordinairement comme celle de sa mort 10 rébî' Ier) ne peut être exacte. Mahomet doit avoir été très frappé de se voir enlever son unique fils ceux qu'il avait eus de Khadidja étaient morts depuis longtemps) ; mais se dominant, il répondit à ceux qui voulaient expliquer l'éclipsé comme une conséquence du trépas d'Ibrahim, que ces phénomènes astronomiques étaient à la volonté de Dieu et n'avaient rien à faire avec la mort de n'importe qui.
'Ali fut chargé d'aller au Yémen réduire le groupe de différentes tribus se rattachant à l'ancêtre commun Madhhidj. Il surprit le campement, enleva un butin considérable, et se vit entourer par toutes les forces des ennemis, qu'il défit complètement et mit en déroute. Au lieu de les poursuivre et de les exterminer, Ali leur proposa de se convertir, offre déjà faite avant la bataille et repoussée dédaigneusement : il réussit cette fois, et les impôts furent acquittés.
Le pèlerinage d'adieu. — Ce fut le premier et le seul pèlerinage que fît Mahomet : il s'était contenté jusque-là, les années précédentes, de pratiquer la visite pieuse Çomra qui se pratique avec les mêmes rites que le pèlerinage hadjdj, mais à n'importe quelle époque de l'année ; peut-être était-ce pour ne pas se trouver en contact avec une foule de gens à peine convertis, ou pour ne pas paraître adopter trop tôt un rite essentiellement païen. Les parties du Qorân révélées à la Mecque ne contiennent pas un mot sur l'obligation des tournées rituelles autour de la Ka'ba. C'est en l'année 10 seulement que le Prophète se décide à accomplir le pèlerinage hadjdj, donnant ainsi à ses sectateurs un exemple qui est encore suivi.
Il termina sa prière par ces mots : « O Dieu ! n'ai-je pas rempli ma mission ! » La foule répondit : « O Dieu ! oui» et Mahomet de reprendre : « O Dieu ! tu en es témoin ! »
Puis Mahomet retourna à Médine, d'où il ne devait plus sortir : il mourut trois mois plus tard. La défaite de ses troupes à Mo ta, la mort de Zéïd ben Hàritha et de son cousin Dja far, frère d'Ali, lui avaient été des plus sensibles. Il songeait à les venger et préparait une nouvelle expédition
L ÉMIGRATION A MEDINE ] - I
placée sous les ordres du lils de Zéïd, lorsqu'il tomba malade. Déjà il s'étail trouvé fatigué en revenant de la Mecque à Médine ; les conditions fâcheuses de sa santé avaient été observées par tout le monde, el le bruit en avail immédiatement couru dans toute l'Arabie. A Médine, il se rendit de nuit au cimetière de Baqî' el-Gharqad pour prier sur les tomlies de ses compagnons; cotte imprudence agrerava
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sou mal; il sentit de fortes douleurs de tête, et la crise devint si aiguë qu'il fallut le faire transporter de la maison de Maïmoûna, où il venait de passer sept jours, dans celle dWïcha. Àbou-Bekr tenait beaucoup à celte translation chez sa fille : c'était le soustraire à l'entourage d" Ali et de Pâtima et servir les projets ambitieux qui avaient déjà germé chez le futur khalife.
l'ne pleurésie s'était déclarée ; un remède que lui lit prendre el-'Abbàs ne réussit pas à enrayer le mal; il fallul se faire remplacer a la tête des fidèles pour prononcer la prière, et Abou-Bekr fut choisi pour remplir ce devoir. Les forces de Mahomet décrurent rapidement, et il expira le lundi 13 relu' [er de Tan 11 de l'hégire (8 juin 632 , un peu après midi. Il fut enterré au milieu de la nuit qui suivit le mardi l'i, presque en secret, dans l'endroit même où il était mort. Ce furent les membres de sa famille, Ali et les Nàchimilcs, <|iii l'ensevelirenl ; Abou-Bekr et 'Omar étaient occupés au complot politique qui devait porter le premier au khalifat. 'Aïcha, qui avait reçu h' dernier soupir du Prophète, ne sut ce qui se passait qu'en entendant, au milieu de la nuit, le bruil des pioches qui fouillaient le sol.
'Ali, cousin et gendre du Prophète, était en droit de croire, suivant la coutume arabe, qu'il succéderait aux biens et au pouvoir de sou beau-père. Ce fut une cruelle désillusion de constater que le pouvoir lui échappait : quant aux biens. peu considérables, laissés par Mahomet, ils furent joints au trésor public, c'est-à-dire purement et simplement confisqués au profit de la nation musulmane. L'écho «les plaintes d'Ali, transmis de génération en génération par les partisans de sa maison chi'a .a traversé toute l'hisl >ire des États musulmans et a fourni la base d'un parti politique, celui des ' lu îtes.
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