‹ Histoire des Arabes (volume 3)Chapitre 19 sur 53 · I. BMIGB s i [ON A MÉDINE · texte numérisé non relu

I. BMIGB s i [ON A MÉDINE

Leurs idées de résistance en leur représentanl que les Musuliii mi-, déjà fatigués, ne tarderaient pas ;i lever I'1 siè§ essaya de terroriser les Thaqifites en détruisant les vignobles qui couvraient les pentes de montagnes; mais les ass virent courageusement le désastre qui les ruinait, sans parler de se rendre. D'ailleurs la destruction ne lui pas totale: il y ;i\;iit an camp musulman des Thaqifites; ils protestèrenl a haute voix contre un adc barbare qui |»<>u\aii ruiner leur patrie. Mahomet céda aux conseils <l Omar el

décida la rel raite.

( )n se rendit a Dji'râna, où Mahomet avail ordonné de rassembler et de tenir sous honni' garde le butin fail a Honéïn. Le partage ne se lit pas sans lutte : les Bédouins soupçonnaient, a torl évidemment, le Prophète de ne pas distribuer équitablement les parts et de s'attribuer plus que le cinquième qui devail lui revenir; ils s'amassèrenl en foule autour de lui, lui déchirèrenl ses vêtements ci lui enlevèrenl son manteau des épaules. Le Prophète arracha un Hocon de laine .le

la peau d'un chameau ci dil aux assaillants : « Ce petit flocon, je n'userais même pas le prendre pour moi ! En dehors du <|uini . (|ui d'ailleurs doit vous revenir parce qu'il séria constituer le trésor commun de La cation , je ne prendrai rien pour ma pari. »

Cette part étail si considérable que Mahomet se décida à Imputer sur elle de larges libéralités a L'intention de ceux dont La conversion à l'islamisme était récente et douteuse ; on appela ceux-ci el-mu allaffa qoloûbouhoum « ceux demi les cœurs ont été gagnés » Qor. IX, 60 . Les envoyés des Hawàzin, que Mahomel avail attendus longtemps en vain, ei pour Lesquels il avait différé autant que possible le partage des captives, arrivèrent enfin, annonçant que leur tribu était loui entière devenue musulmane. Il est probable que îles pourparlers secrets avaient eu lieu depuis longtemps entre h- Prophète et h- Il awâzin et que c'est pourcela qu il avait retardé autant que possible le partage du butin. Quand ceux qu'il attendait arrivèrent enfin, tout était distribué. Il lil comprendre aux délégués qu'il fallait choisir entre la restituti leleurs biens, et celle de leur- femmes* tde leurs

enfants ; ils se décidèrent pour celle-ci. Or ces femmes et ces enfants étaient devenus esclaves; il fallait la bonne volonté de leurs maîtres pour qu'ils fussent mis en liberté. Mahomet régla alors une petite comédie ; il fut convenu qu'à l'issue de la prière du midi, les envoyés l'aborderaient et lui demanderaient, comme faveur, la restitution des prisonniers. Le Prophète, en son nom et en celui de la famille d"Abd-el-Mottalib déclara renoncer à son lot ; les émigrés et les auxiliaires firent de même, mais les Bédouins, récalcitrants, refusèrent d'abandonner leurs droits. Il fallut de longues négociations pour les y amener. Enfin toutes les femmes des Hawàzin furent rendues à leur tribu, sauf une seule qui renonça à quitter Sa'd ben Abi-Waqqâç, à qui elle était échue en partage.

C'est à des négociations également que Mahomet dut d'attirer dans son parti le chef des Hawâzin, Mâlik ben Auf, qui s'était réfugié à Tâïf. Il lui promit, s'il se faisait Musulman, la restitution de tous ses biens, y compris les femmes qui, exclues du partage de Dji'ràna, avaient été conduites directement à la Mecque (c'est peut-être cette circonstance de biens dissimulés à la masse générale qui avait provoqué le mécontentement des Bédouins lors du partage), plus un don de cent chameaux. Mâlik accepta ces conditions, s'enfuit secrètement de Tâïf, fut nommé chef des Hawàzin devenus Musulmans, et mena la guerre contre les Thaqifites de Tâïf, à qui il fît beaucoup de mal.

Les Ançârs n'étaient pas satisfaits. Ils voyaient les faveurs de Mahomet aller à ses contribules, les Ooréïchites, et même à des païens du désert; non seulement ils avaient dû se contenter, sans aucun privilège, delà part commune, mais ils avaient été obligés d'en rendre une partie en restituant les femmes des Hawàzin. Ils allèrent se plaindre à Mahomet, qui les réunit en assemblée, fit appel au souvenir des bienfaits que l'islamisme avait versés parmi eux, et en arriva à provoquer leurs larmes. Il avait ainsi partie gagnée.

El-Moundhir ben Sàwa régnait alors sur une partie du Bahréïn, province plus ou moins rattachée à l'empire perse, au moins pour les villes; Hadjar, la capitale, avait un gou-

verneur perse nommé Asbiboukhl par Uni Sa'd el Sîboukhl par J^alàdhoii, avec le titre de marzbân, « gardien «les frontières ». Les nomades étaient restés indépendants. Il parait probable que ce fut pour dos motifs politiques qu'el-Moundhir entra en rapports avec le Prophète : peut-être entrevoyait-il, dans le nouveau pouvoir qui se dressait à l'Occident, un moyen efficace de combattre la pénétration pei Mahomet mettait pour condition qu'on se fit Musulman : il se convertit à l'islamisme. Il y avait à payer la taxe des pauvres, le zakât : on organisa une perception de ces revenus. Quand l'impôt s'en mêla, il se souleva une vive résistance; à la mort d'el-Monndhir, il n'y eut pins un seul Musulman dans le Bahréïn, à l'exception d'un petit nombre d'Arabes sous el-Djàroùd.

lien fut à peu près demémedans l'Oman, habite par des tribus de la famille d'Azd, et gouverné par deux frèr Djaïfar et 'Abbâd, fils de Djolandà; ceux-ci tenaient le pays en qualité de vassaux du roi de Perse. Il est probable que ce fut à leur demande que .Mahomet envoya Amr ben el-'Àç en qualité d'ambassadeur; il resta dans le pays jusqu'au moment où il apprit la mort du Prophète, et il retourna alors à Médine. Comme pour le Bahréïn, il y eut sans doute un petit groupe de courtisans des deux rois qui les suivirent et se convertirent, niais l'islamisme ne se propagea pas autrementdans ces contrées montueuses, fertiles et verdoyantes, mais fort éloignées du Hedjâz.

Un campement des Banou-Témim se trouvait près de la Mecque lorsqu'un collecteur des t;i\es. nomme Bosr ben Sofyân ol-ka l>i, vint percevoir la dîme sur les troupeaux des Khozâ'a qui paissaient non loin «le là. Les Témîmites n'étaient pas Musulmans; cette grande tribu s'étendail sur une aire immense, jusque dans la région du Tigre el de l'Euphrate, et fournissait des troupes auxiliaires aux Perses; ils étaient en général païens, mais le christianisme s'était introduit parmi ceux qui habitaient les environs d>- Hira, taudis que le mazdéisme avait aussi fail quelques prosélytes. La branche des Tein i mi tes qui s'était avancée si loin dans le sud refusa de payer la «lime el foi

retourner à Médine. Ne voulant pas rester sous le coup qui frappait son prestige dans la personne de son agent, Mahomet envoya Oyaina ben Hiçn el-Fazâri poursuivre et razzier les Témîmites. Alors ceux-ci décidèrent d'expédier une ambassade auprès du Prophète. Les membres de la mission commencèrent par se comporter avec insolence, mais Mahomet n'y prit garde; puis, à l'issue de la prière, il se fit, à l'ancienne mode païenne, une lutte courtoise, un assaut de discours dans lequel les Témîmites s'avouèrent vaincus; le poète Hassan ben Thâbit avait assuré la victoire des Musulmans par ses compositions poétiques, opposées à celles de l'adversaire, ez-Zibriqàn. Ils se convertirent, puisque le parti du Prophète était le plus fort, même en discours; Mahomet leur fit rendre leurs prisonniers et leur donna des gratifications considérables.

La conversion du poète Ka'b ben Zohéïr se présente dans des conditions assez curieuses. Le Prophète avait donné l'ordre que quiconque le rencontrerait, devait le mettre à mort. Son frère, devenu Musulman, lui écrivit pour lui assurer qu'on lui pardonnerait. Ka'b, à la suite des triomphes de Mahomet, était obligé de se tenir loin de la Mecque; ne se sentant plus en sécurité, il résolut de se rendre au vainqueur, composa à la louange du Prophète le poème devenu célèbre sous le titre de Bdnat So\îd, se rendit secrètement à Médine, et aborda Mahomet qui se tenait à la porte de la mosquée et qui ne le connaissait pas; il se présentait comme un suppliant qui venait demander la grâce de Ka'b, dont il affirmait la conversion à l'islamisme. Mahomet accorda la grâce, et Ka'b se fit reconnaître. Le Prophète le prit sous sa protection particulière, car l'infortuné avait à craindre le ressentiment des AnÇârs, dont il s'était moqué; pour arranger les affaires, il dut employer son talent à effacer le souvenir de ses anciens sarcasmes par de nouveaux vers où il célébrait leur bravoure. On dit que le Prophète fit don à Ka'b de son propre manteau (borda) qui fut racheté aux descendants du poète par le khalife Mo'âwiya, et qui resta en possession des khalifes jusqu'à la prise de Baghdad par les Mongols, où il fut brûlé

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