‹ Histoire des Arabes (volume 3)Chapitre 33 sur 53 · LE KHALIFAT DE BAGDAD SOLS LA DOMINATION DES ÉMIRS EL-OMARA · texte numérisé non relu

LE KHALIFAT DE BAGDAD SOLS LA DOMINATION DES ÉMIRS EL-OMARA

nuant, el-Mottaqi demanda à Ibn-Râïq de venir rétablir Tordre. Cela ne dura pas longtemps ; battu dans une rencontre avec les fils d'el-Barîdî, il dut s'enfuir, emmenant le Khalife. On lit appel aux Hanidanides d'Alep : rlasan, qui régnait alors, en profita pour se faire décerner les fonctions d'émir el-omarà et le titre de Nâçir-ed-daula « le défenseur del'empire », tandis que son frère Ali recevait celui d< ed-daula « sabre de l'empire ».

Ce fut un jeu: Touzoun, autre Turc, ayant pris l'avant devient émir-el-omarà ; ayant mécontenté le Khalife, celuici se tourne de nouveau vers les Hanidanides en môme temps qu'il fait appel à Ikhchîd, gouverneur d'Egypte. Aucun succès ; Tou/.oun empêcha les Hanidanides de s'approcher de Bagdad. Le Khalife s'enfuit à Raqqa sur l'Euphrate : les Hanidanides enlevèrent Alep au gouverneur d'Egypte eten lin nt leur capitale 332-944 . Aucun des compétiteurs n'était en mesure de faire prévaloir sa prépondérance, et le Khalife continuait d'être tiraillé entre ces diverses forces, auxquelles venaient se joindre les Bouïdes. Mottaqi se décida a rentrer à Bagdad, par malheurpour lui, car Touzoun le lit aveugler pour le remplacer par un de ses fils auquel on donna le uom de Mostakfi 333-944 . Le Turc ne jouit pas longtemps de son triomphe ; il mourut bientôt d'une attaque de l'épilepsie dont il souffrait depuis longtemps et lut remplacé par le vizir Cbîrzâdh, qui fut le dernier des Émirs el-Omara proprement dits, car Ahmed le Bouïde, pour mettre Un 5 l'horrible détresse dans laquelle la capitale était plongée par suite de la famine, y entra après un combat inégal avec le petit nombre de partisans que Chirzâdh avait réunis autour de lui II djoumâda I 334-19 décembre 945 . reçut du Khalife le titre de Mo'izz-ed-daula k qui donne la gloire à la dynastie » et prit en même temps celui de Sultan, qui primitivement semble signifier quelque chose comme chef du pouvoir exécutif o et paraît intérieur au litie de Khalife. Les Bouïdes étaient chi'ïtes : l'Iran triomphait «le nouveau. Le

nom du sultan fut prononcé au | ie du vendredi et gravé

Bur les monnaies avant celui du Khalife, devenu une simple marionnette entre les mains du détenteur réel du pouvoir.

Cinq semaines ne s'écoulèrent pas que le Bouïde Ahmed fit aveugler Moktafi et le remplaça parMouti', fils de Moqtadir.

Nâeir ed-daula le Hamdanide avait dû renoncer à lutter contre les Bouïdes et s'était contenté d'établir dans la Syrie du nord un fort pouvoir militaire, nominalement vassal du Khalifat : ces liens de vassalité ne consistaient guère qu'en une reconnaissance officielle et le payement d'un tribut. Nâçir avait mis trente-cinq ans d'une activité inlassable à se créer cette principauté ; sa fin fut malheureuse : s'étant brouillé avec son fils Abofi-Taghlib, il fut fait prisonnier par lui et retenu en captivité jusqu'à sa mort (12 rébf I 358-3 février 969). L'Etat qu'il avait fondé et dont les limites s'étendaient à l'est jusqu'à Tekrît sur le Tigre, s'effondra progressivement après lui : ses fils se brouillèrent et se battirent ; Aboû-Taghlib perdit la Mésopotamie tout entière dans une lutte avec 'Adod-ed-daula, neveu de Mo'izz, qui lui avait succédé en 356 (967). Il fut d'ailleurs tué un an après la perte de la Mésopotamie, pendant une bataille livrée aux Bédouins dans la région de Bamlé en Palestine 369-979 . Ses successeurs entrèrent, les uns au service des Bouïdes, les autres à celui des gouverneurs indépendants de l'Egypte. Toutefois le frère de Nâçir-ed-daula, 'Alî. que nous avons vu décorer du titre de Séïf ed-daula sous lequel il est resté célèbre, avait adopté Alep plus spécialement comme lieu de résidence ; une bataille heureuse contre l'eunuque nègre Kàfoùr, qui commandait les troupes d'Ikhchîd à Homs, lui inspira l'idée d'aller attaquer Damas ; mais la résistance de la garnison et l'apparition d'Ikhchîd, un combat malheureux près de Qinnesrîn le forcèrent à évacuer même Alep. Il reprit l'avantage à la mort du fondateur de la dynastie égyptienne des Ikhchidites 325-9/i6) et s'installa à Damas ; mais il mécontenta le peuple qui rappela ses anciens maîtres : Kâfoùr, régent, le força de nouveau à évacuer Alep. Enfin un arrangement conclu avec l'eunuque nègre lui assura la Syrie du nord jusqu'à Homs.

C'était d'autant plus nécessaire que les conquêtes des Byzantins, conduits par l'Arménien Corcuas, avaient ramené sous le pouvoir de l'empereur Romain Lécapène Naçîbîn et

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Ras-el-'Aïn on Mésopotamie de 331-9A2 à 332-943 . La paix avec l'Egypte permit «à Séïf-ed-daula de lutter contre les (irecs, mais avec des fortunes diverses. Il eut devant lui Nicéphore Phocas, plus tard empereur, qui reprit la Crète et, en ce qui concerne la Syrie, conquit Anazarbe en Cilicie (350-961), puis Mar'ach et enfin Alep elle-même 351-962 : devenu empereur, il continua avec succès ses entreprises. Malade et fatigué, Séïf-ed-daula mourut a Alep. pillée par les Romains mais non occupée définitivement, le 10 çafar 356 (25 janvier 967 ; il n'avait que cinquante-deux ans. Son fils Sa'd-ed-daula continua les luttes entreprises tant contre l'ennemi du dehors que contre les révoltés du dedans; mais un nouvel ennemi vint se joindre à tous les autres : les Fâtimites lui enlevèrent une grande partie de - ses-

sions, et finirent, sous l'un de ses successeurs, par se rendre entièrement maîtres du pays.

Si Séïf-ed-daula n'avait été qu'un guerrier, sa renommée n'aurait guère été plus durable que celle de tant de vaillants combattants que l'on voit paraître et disparaître, sans laisser de traces, au cours de l'histoire ; mais il était aussi un cl î lettante, un amateur de poésie et de belles-lettres, et il a réuni autour de lui un certain nombre de littérateurs des plus marquants. C'est à Alep, non à Bagdad, que fleurirent les poètes Abou-Firâs, membre de la famille princière, qui (hanta les luttes héroïques contre le Domestique, gén< lissime des troupes byzantines d'Asie, et Moténabbî, • celui qui se prétend prophète »; c'est à Séïf-ed-daula qu'Abou 1- Faradj el-Içfahâni dédia son laineux Kilâb el-aghâni o Livre «les chansons », trésor Inestimable, anthologie précieuse de la poésie anté-islamique et de celle des trois premii siècles de l'Hégire. Abou'l-'Alâ el-Ma'arrî, le libre-penseur aveugle, composait ses poèmes hardis du temps de Sa'ded-daula. C'est à Alep qu'el-Fârâbi, oé en Vsie centrale sur les bords du Iaxartes Sîr-Deryâ , poursuivi! ses études sur la philosophie grecque, précédant de cent cinquante ans Avicenne, plus connu que lui, et qui ni put comprendre la métaphysique d'Aristote qu'à partir du moment où il lui le commentaire d'el-Fârâbi sur ce sujet.

Dynastie des Bouides de l'Iraq.

Mo'izz-ed-daula Abou'l-Hoséïn Ahmed (320-932). 'Izz-ed-daula Bakhtiyâr 356-967).

'Adod-ed-daula Abou-Chodjâa 'Khosrau 367-977). Charaf-ed-daula Abou'l-Fawàris Ghîrzâd (372-982 . Béhâ-ed-daula Abou-Xaçr Firoùz (379-989).

Sultàn-ed-daula Abou-Chodjà' (403-1012).

Mochairif-ed-daula 411-1020).

Djélâl-ed-daula (416-1025 .

'Imâd-ed-dîn Abou-Kàlindjar Marzbân (435-1043). Aboû-Naçr Khosrau Firoùz er-Rahim 440-447 = 1048-

Dynastie des Ikhchîdites.

Mohammed el-Ikhchid ben Toghdj 323-935). Abou'l-Qâsim Ongoùr ben Ikhchid (334-946). Abou'l-Hasan 'Ali ben Ikhchid (349-960).

Abou'1-Misk Kâfoûr (355-966 .

Abou'l-Fawàris Ahmed ben 'Ali 357-358 = 968-969).

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