AGHLAB1TES EN TUNISIE, TOULOUN1DES EN EGYPTE, HAMDANJDES A ALEP
Pourvus d'un diplôme d'investiture, astreints au pavement plus ou moins régulier d'un tribut annuel pour la province, frappant monnaie et prononçant la kholba au nom des Khalifes abbassides, les gouverneurs des provinces lointaines, moyennant ces légères concessions, étaient de fait les souverains de ces pays, transmettaient le pouvoir à leurs héritiers et faisaient la guerre à leurs voisins.
C'est sous le règne de Haro un er-Rachîd que le fondateur delà dynastie des Aghlabites fut envoyé comme gouverneur d'Afrique, à Kairouan, et cet Etat dura plus d'un siècle. 11 comprenait les territoires d'Afrique depuis Tripoli jusqu'à Alger, c'est-à-dire non seulement la Tunisie actuelle mais encore une partie de la Tripolitaine et le département de Constantine. C'est là qu'habitaitla grandetribu berbèredes Kélàma. En même temps Tlemcen, capitale des Zénâta, reconnaissait tantôt l'autorité des Idrisites, tantôt la rejetait ; les Piostamides à Tàhert (Tiaret), les Banou-Midrâr à Sidjilmàssa défendaient leur indépendance avec zèle.
En 192 (808 Iclrîs, au Maroc, s'était constitué une nouvelle capitale par la construction de la ville de Fez (Fâs) et y avait accueilli huit mille bannis espagnols de Cordoue exilés à la suite de leur révolte contre el-Hakam Ier, ainsi que trois cents familles qui s'étaient enfuies de Kairouan. Ces efforts pour constituer un rovaume solide et durable furent rendus
AGHLABITES, T0UL0UN1DES, RAMDAMDES 32I
vains par la mauvaise politique de son fils Mohammed, qui partagea son royaume en dix régions gouvernées | ar Bea frères, déplorable pratique trop commune en Orient, surtout en Perse, et qui, par les compétitions armées qu'elle suscitait, conduisait à la ruine les États les plus fermement établis. Les Idrisites devinrent si faibles qu'ils virent la petite région il»' Tâhert, sous les Rostamides, leur résister avec succès, malgré l'appui des Berbères Zénâta de Tlemcen. Les Aghlabites n'avaient donc rien à craindre de leurs voisins et purent s'installer en Afrique propre malgré les difficultés de leurs débuts. Il avait fallu réduire les commandants arabes qui n'avaient pas embrassé avec enthousiasme la cause d'Ibrahim Ier heu el-Aghlab, et celui-ci même à un certain momenl 194-810 se trouva tellement pressé qu'il fut contraintde quitter Kairouan et de se laisser assiéger un an durant dans sa nouvelle forteresse \\bbàsi\ va, ainsi nommée en l'honneur de la dynastie des Khalifes de Bagdad. Son fils, Abou'l-'Abbâs 'Abdallah se fit haïr par les impôts dont il poursuivil la perception avec rigueur : le frère de celui-ci, Ziyâdet-Allah I", voulut combattre l'influence des principaux chefs militaires en s'appuyanl sur le peuple par le moyen des jurisconsultes, quoiqu'il lût lui-même tout le contraire d'un caractère religieux. Il prit pour grand-cadi un élève du fondateur de l'école de jurisprudence de Médine, Mâlek,dont le rite s'était répandu dans tout le Maghreb el jusqu'ei pagne, et cet élève, Asad ben el-Forât, était un homme extraordinaire qui, à soixante-dix ans, avait pris le commandement d'une armée el l'avail conduite mieux qu'un soldat de profession. Toutefois les exécutions fréquentes de chefs militaires auxquels Ziyâdet-Allah se livra provoquèrent des séditions <|ui ne durèrent pas moins de quatre ans el le chassèrent de Kairouan. comme c'était arrivé à son père; mais en 212 827 I ^ghlabite reprit le dessus el chercha à rendre de la splendeur au pays en le couvrant de roui ; de constructions nouvelles. Pour occuper l'esprit d dats, il les employa à des camj i l'extérieur, contre
les iiilms berbères et dans des expéditions en Sicile. Cela réussit à souhait, et l'Afrique propre fut un État prospère
322 HISTOIRE DES AHABES
sous ses successeurs, son frère Aboû-Ikâl Aghlab, le fils de celui-ci Abou'l-'Abbàs Mohammed Ier et son petit-fils Aboù Ibrahim Ahmed. Le frère de ce dernier, Ziyàdet-Allah II. ne régna qu'un an, et depuis lors l'Etat aghlabite ne fit que décliner. Son frère Aboû- 'Abdallah Mohammed II, que sa passion pour la chasse aux oiseaux aquatiques avait fait surnommer Aboù'l-Gharàniq « l'homme aux grues ■>. l'ut remplacé par un autre de ses frères Aboû-Ishâq Ibrahim II, qui se fit construire une nouvelle capitale. Raqqâda, à un mille au sud-ouest de Rairouan, qu'il inaugura par un crime atroce: ne pouvant entreprendre de soumettre la colonie arabe de Bilisma installée sur les limites de la tribu berbère des Rétama pour la contenir, et qui s'était révoltée, il fit venir petit à petit dans sa nouvelle résidence les principaux habitants de cette ville, et quand il en eut un millier de rassemblés, il les fit massacrer, sans défense, jusqu'au dernier. G était libérer les Berbères de toute contrainte. Les plaintes devinrent si vives que le Khalife el-Mo'tadid déposa l'Aghlabite et le remplaça par son fils Aboùl-'Abbàs Abdallah 290- 903 ; mais celui-ci fut assassiné par son propre fils, Ziyàdet-Allah III, qui, monté sur le trône, fit disparaître ses oncles et ses cousins, et jusqu'à son propre frère Aboû'l- Ahwal. Le châtiment ne se fit pas attendre : les Berbères descendirent des montages et le parricide, incapable de se défendre, s'enfuit en Egypte. Ce fut la fin des Aghlabites •296-909).
Une des principales occupations de ces princes avait été d'étendre le domaine de la guerre sainte sur la Méditerranée. Depuis longtemps des pirates avaient accoutumé de ravager les côtes des grandes îles ; dès l'an 84 (703) Atà ben Râfi', sur Tordre de Moùsa ben Noçéïr, avait dirigé une expédition de ce genre qui fut suivie de beaucoup d'autres; la Sicile, la Sardaigne, la Corse, Nice. Cività-Yecchia, Ischia furent dévastées et pillées. Enfin en 212 (827) une giande expédition fut organisée, non plus pour ravager, mais pour conquérir la Sicile, lorsque Euphémius s'enfuit de Syracuse devant le général byzantin Photinos ; réfugié auprès de Ziyàdet-Allah Ier, il lui proposa de devenir, après
VGHLABITES, TOULOUNIDES, HAMDAMDES MS
la conquête, son lieutenant et son vassal dan- la grande Ile; le cadi Asad, toujours prêt à partir en guerre pour la cause sainte de l'Islam, approuva ce projet de toutes sea foi bientôt onze mille hommes débarquaient à Mazara : Photinos fut battu et se renferma dans Syracuse, dont les Musulmans, faute de machines de guerre, ne purent entreprendre le siège. Des renforts vinrent de Constantinople, et les Musulmans réduits à se maintenir dans Mazara et Mineo, songeaient déjà a retourner en Afrique, lorsque des corsaires d'Esi vinrent leur apporter l'appui qui leur faisait défaut; de plus l'année suivante Ziyâdet-Allah envoyait une nouvelle armée qui alla assiéger l'alerme, défendue courageusemenl par ses habitants •2lt>-s:,,| . Plus tard Messine tomba à son tour (228-842). Les entreprises des Arabes, un moment suspendues par les difficultés intérieures, reprirent une nouvelle vigueur avec Ibrahim II, qui entreprit enfin le siège de Syracuse; en moins d'un an la vieille forteresse succomba (264-878 . La Sicile devait rester au pouvoir des Musulmans pendant un siècle et demi.
De la Sicile, les Arabes se répandaient sans difficulté sur toutes les côtes d'Italie et essayaient en vain d'attaquer Rome et Gaëte. Le danger était si grand que l'empereur d'Allemagne Louis II, arrière-petit-fils de Charlemagne, dut venir en personne terminer les différends qui séparaient les princes chrétiens et essayer de les unir contre l'ennemi commun. Avec l'aide des troupes byzantines, on reprit Bari qui faisait depuis longtemps partie des Etats de Mofarridj ben S ; 1 1 < • 1 1 1 , ancien général des Aghlabites qui, profitant de ce que s.'- suzerains ne pouvaient guère s'occuper de lui, s'était taillé un royaume dans la Pouille et les < lalabres et - j faisait appeler sultan. Depuis I i défaite des Sarrasins devant Salerne 258-87Î! . il n'y eut plus d'expéditions militaires; mais les razzias continuèrent longtemps encore.
En Egypte, les Toulounides s'étaient constitué égal* ment un royaume. Leur ancêtre, rouloun, Furc de la I oxiane. prisonnier de guerre, avait été envoyé • el-Ma tnoûn en cadeau par le gouverneur de la province; il fil son chemin à la cour, et son fils Ahmed accompagna M
dans son exil à AA'àsit. La mère d'Ahmed ayant épousé en secondes noces le général turc Baîk-beg, celui-ci, chargé de gouverner l'Egypte, envoya son beau-fils pour prendre possession de l'administration du pays. Ahmed ben Touloun entra à Fostât le 23 ramadan 254 (15 septembre 868,.
L'Egvpte était en pleine anarchie ; déjà des entreprises 'Alides se manifestaient dans le sud. Le premier soin d'Ahmed fut de rétablir l'autorité du pouvoir central. Lorsque Mowafïaq devint le maître du pouvoir sous le khalifat de son frère Mo'tamid, il obtint le commandement des troupes cantonnées en Egypte. Petit à petit, au milieu des désordres qui ravageaient l'Orient, il perdit l'habitude d'envoyer à Bagdad le montant du tribut annuel. Mowaffaq manquait d'argent pour diriger contre Ahmed une expédition destinée à le ramener dans la voie du devoir. Devenu libre de disposer à son gré de l'intégralité des impôts de l'Egypte, Ahmed les employa à des œuvres d'utilité publique : il construisit des palais, des casernes, des hôpitaux : il dépensa de grandes sommes pour l'entretien des pauvres et des savants. La mosquée cathédrale d'Ibn-Touloun, qui existe encore aujourd'hui au Caire, est un monument grandiose de son faste '205-879). A la mort d'Amadjoûr, gouverneur de Damas. Ahmed envahit subitement la Syrie et s'y installa (264-878) ; le pays lui appartenait, ainsi que la Mésopotamie occidentale, y compris Antioche, qui fut prise d'assaut l'année suivante. Pendant ce temps un de ses {ils, Wbbàs, se révoltait et gagnait la Cyrénaïque à la tète des troupes qui lui étaient dévouées ; les entreprises que de Barqa il fit contre les Aghlabites, contenus par les Berbères, n'eurent aucun succès; rejeté dans Barqa, \Abbâs y fut quelque temps après fait prisonnier par les troupes que son père avait envoyées à sa poursuite. Ahmed, tombé malade au siège de Tarsoûs, mourut à Fostât câgé d'un peu plus de cinquante ans 270-884 •
Khomârawéïh, son fils, qui lui succéda, ne possédait pas toutes les qualités de son père. C'était un jeune homme d'une vingtaine d'années qui fit distribuer au peuple les dix millions de dinars qu'il avait trouvés dans son héritage. Les difficultés ne se produisirent qu'après sa mort soudaine.
A.GULABITES, TOULOUNIDES, H VMDANIDES
Sur l'ordre de Mowaffaq, Ishâq ben Koundadjiq, seigneur de Mossoul, et Mohammed ben Abi's-Sâdj, gom erneur d'Anbar, envahirenl la Syrie. Ce pays semblait perdu; mais les deux chefs, en désaccord pour le partage du butin, laissèrent Mo'tadid, fils de Mowaffaq, combattre seul à Ramlé, en Palestine, les troupes toulounides qui reprirent la Syrie. En 282 (895), Khomârawéïh fut assassiné dans son propre palais par des femmes ou des eunuques. Les officiers placèrent d'abord à leur tète Djéïch, l'un de ses fils, puis le remplacèrent, à cause de son jeune âge et de son incapacité, par rlâroûn ; mais comme il n'y avait pas d'argent, les lieutenants des Toulounides se détachèrent progressivement de leur cause. Les Khalifes reprirent l'avantage, réoccupèrent la Mésopotamie, la Syrie, el le général du Khalife Moktafi, Mohammed ben Soléïmân, se montrait devant Postal en 291 90'i pendant qu'une flotte apparaissait devant Damiette. Hâroûn perdit la vie au milieu d'une sédition de ses gardes. Malgré un essai de défense de son oncle Chéïbân, Foslàt fut pillée et le quartier des Toulounides détruit ; le pouvoir des Khalifes était rétabli, aux dépens de la malheureuse Egypte.
Aie pétait plus fortunée, car les Hamdanides, qui en avaient fait leur capitale, lui donnèrent l'éclat que procure la culture des belles-lettres. Hamdân était un chef d'une branche des Taghlib,qui s'était taillé une principauté dans le Diyâr-Rabl a, au nord-ouest de Mossoul. Il s'était fortifié dans Mârdin et songeait a s'emparer de Mossoul. Compromis dans la révolte des Khâridjites, il aurait passé un mauvais quart d'heure sans la présence de son fils el-rloséïn dans l'armée du Khalife ; les services éminents rendus par celui-ci sauvèrent son
père; «l'un autre côté un autre de ses fils, VboÛ l-Héïdjâ Abdallah devenait gouverneur de Mossoul. El-rjoséïn, compromis dans les complots qui se tramaient à Bagdad, 3 [ la vie : son frère péril dans les troubles qui a< compagnèrent le retour d'el-.M o.|ia«l i r sur le trône. Le fils d'Abou'l-Héïdjâ, el-l.lasan. l'ut aussi gou v •■ nieu r de Mossoul, son frère Vli le fut de Diyarbékir, de sorte que le nord de la M< sopotamie leur appartenait. Ce fut là le point de départ de leur fortune.
32li III -TOI RE DES ARABES
Vers le même temps l'on voit croître l'influence et le pouvoir de Boûyè, en arabe Bowéïh. Originaire du Mazândéran, il était chi'ïte. comme tous ses compatriotes. Bouyè, qui portait la konga d'Aboû-Chodjà', était un chef de partisans qui s'était formé dans les luttes entre les Samanides du Khorasan et les 'Alides des bords de la Caspienne. Il avait trois fils, 'Ali, Hasan et Ahmed, qui fondèrent la dynastie dite des Bouïdes ou Bowéïhides. Lorsque le Khalife Iiàdi fut intronisé, ils avaient le Fars en leur pouvoir et s'étendaient même sur la Susiane, qu'ils avaient enlevée aux trois fils d'un maître des postes de Baçra, surnommés pour cette raison les fils du Barîdî postier . Le plus important d'entre eux était Aboû- 'Abdallah, et sa politique consistait à s'appuyer tantôt sur le Khalife, tantôt sur l'émir- el-omarâ, et par ses manœuvres il avait réussi à se faire confier à titre définitif l'administration de cette province, moyennant le payement d'un tribut annuel: on y avait même joint la ville et le territoire de Baçra. Ibn-Râïq, chargé en 324 (935) d'occuper les fonctions d'émir-el-omarâ, avait fort à faire à contenir ces vassaux exigeants en même temps qu'il devait lutter contre les Qarmates. qui du Bahréïn dominaient toute l'Arabie; et pour cela il ne pouvait compter que sur les troupes de l'Iràq-'Arabi, la seule province qui fût alors administrée directement par le Khalife. Le Turc Bokdjeni. son lieutenant, réussit à défaire Aboù-'Abdallah, le fils du postier, niais il ne put empêcher le Bouïde Ahmed de s'emparer de la province. La confusion augmenta encore lorsque Bokdjem réclama pour lui-même les fonctions d'émir-elomarâ et qu'Ibn-Iiàïq fut abandonné par ses troupes. Bokdjem voulut ramener le Hamdanide Hasan.de Mossoul. dans les limites de son devoir, mais Ibn-Râïq lui tomba sur le dos avec de nouvelles troupes; cela finit par une entente entre les deux compétiteurs; Ibn-Râïq, dont le terrain n'était pas bien solide, dut aller s'établir en Syrie et combattre les troupes du gouverneur d'Egypte, Mohammed benToghdj, surnommé Ikhchid parce que son père descendait des anciens chefs du Ferghàna désignés par ce titre d'origine iranienne (khchaêta, le brillant).
A.GHLABITES, TOULOUMDES, HAMDANIDES ::>:
La mort du Khalife Râdi el l'accession au trône de frère el-Mottaqi donna au fils «lu postier L'occasion de s'attaquera Bagdad même, el il fallu! envoyer contre Lui unautre Turc, Touzoun; mais h défaite de Bokjdem dans une expédition contre les Kurdes 329-9/i I ouvril au fils du postier les portes de la capitale ; toutefois il ne pul s\ maintenir, Les trésors du Khalife ne lui ayanl pas fourni assez d'arg pour satisfaire L'insatiable avidité de ses soldats. Alors ce fui un effroyable gâchis. Il fallut appeler de Syrie Lbn-Râïq pour rétablir l'ordre, mais cela ne servit à rien, car il fut battu par Aboû'l-rjoséïn, autre fils du postier, el «lut abandonner Bagdad avec le Khalife Lui-même el se jeter à Mossoul dans les bras des Hamdanides. Hasan saisit L'occasion de se faire nommer lui-même émir-el-omarâ avec le litre «le Nâçir ed-daula « protecteur de L'empire , en même temps que son frère Ait recevait celui de Séïf-ed-daula « glaive de L'empire » qu'il devait illustrer par La protection ace »rdée aux lettres; celui-ci, commandant les troupes mises au service du Khalife, obligea le fils du postier à évacuer Bagdad, succès <|ui ii «Mil pas de suite, car il eut immédiatement affaire a une ré\ olte des Turcs commandée par Touzoun, qui s'installa dans la capitale 331-943), el prit même Mossoul, de sorte <pie Le Khalife «lui s'en aller jusqu'à Raqqa sur I Euphrate, où il fut rejoint par l'Ikhchîd appelé d'Egypte secours, lue conférence tenue entre le- compétiteurs n'aboutit a rien. Le Khalife se résolul a retourner a Badgad, c'est-à-dire a se mettre -nus la coupe du turc Touzoun, qui le fil aveugler dès qu'il l'eut en s. m pouvoir en Le remplaç ml par son fils Mostakfi 333-94/1 • Touzoun ne jouit guère de sa victoire ; il mourut de L'épilepsie l'année suivante et fui remplacé par le ministre Ghirzâd, le dernier des véritables émirel-omarâ. En effet, Le I I djoumâda I 334 I9décembre 945 . le Bouïde Ahmed s'emparail de Bagdad ruinée par une atroce famine, el se faisait accorder par Le Khahle les fonctions d'émir-el-omarâ qui allaient devenir de fait héréditaires, ainsi que Le titre de Mo'izz-ed-daula ■■ celui qui rend la gloire à L'empire ■ : il se fil dès i e moment appeler Sultan : c'était due que Le Khalife n'avait plus qu'un pouvoir pure-
ment spirituel, tout le temporel étant entre les mains de son émir-el-omarà. C'est que les Bouïdes, bien que chi'ïtes, avaient besoin de l'autorité morale du Khalife sur les populations sunnites qu'ils avaient soumises ; ils étaient bien obligés de la conserver tout en la détournant à leur profit. On maintint au Khalife son personnel domestique, on lui versa une pension journalière de cinq mille dirhems ; mais son nom ne fut plus cité que sur les monnaies, au prune de la prière du vendredi et en tète du protocole des pièces de chancellerie : en dehors de cela, il n'était plus rien. D'ailleurs à peine cinq semaines s'étaient écoulées que Mostakfi, rendu aveugle, fut remplacé par Mouti, fils de Moqtadir ; la pension promise fut supprimée, et le Khalife n'eut plus pour vivre que le maigre revenu de quelques biens personnels.
Les Hamdanides. — Les Bouïdes, maîtres du Khalifat en même temps que d'une grande partie de la Perse,, étaient trop forts pour que les Hamdanides pussent espérer secouer le lien de vassalité qui les rattachait encore à Bagdad, et ils continuaient de payer le tribut, nominalement au Khalife, en réalité aux maires du palais tout puissants. La fin du fondateur de cette seconde dynastie fut tragique. Nâçired-daula s'étant fâché contre son fils Aboû-Taghlib pour des causes inconnues, fut mis en prison par celui-ci (356-%7 et mourut dans les fers deux ans plus tard. L'Etat qu'il avait fondé, avec Mossoul pour capitale, périclita entre les mains de ses descendants; Aboû-Taghlib commit l'imprudence de lutter contre le Bouïde 'Adod-ed-daula et perdit la Mésopotamie et même sa capitale. Les descendants de Nâçired-daula entrèrent les uns au service des Bouïdes, les autres à celui de l'Egypte ; le dernier périt au Caire dans une sédition, une centaine d'années plus tard.
Séïf-ed-daula, frère de Nâçir, était entré à Alep le 8 rébî'I 333 (29 octobre O'i'i ; bientôtaprès il battait à Homs les troupes envoyées contre lui par l'Ikhchid et commandées par le nègre Kàfoûr; il allait s'emparer de Damas lorsque l'arrivée de l'Ikhchid en personne le contraignit à renoncer à ses succès, et même à Alep. Mais il fut bien servi par le destin.
Af.HLAIïlTES, TOULOUNIDES, HAMDAMDES 32'J
L'année suivante l'Iklicliid mourait, et Kâfoûr, régent du royaume, se débattait contre des difficultés intérieures. En 335 (946), Séïf-ed-daula s'établissait à Damas, mais sans su» ces, ayant mécontente Les habitants et les Bédouins du voisinage, qui rappelèrent Kâfoùr : il fallut de nouveau disparaître. Cependant, il intervint un arrangement aux termes dii(|uel Kâfour, qui avait besoin de tranquillité au nord delà Syrie pour asseoir en Egypte le pouvoirdu lils de l'Iklicliid et le sien, cédait à Séïf-ed-daula la région d'Alep : 1<- nouvel état hamdanide était fonde
Il était temps ; grâce aux luttes intestines <|ui divisaient entre elles toutes les principautés nominalement vassales du Klialifat, les Grecs avaient repris l'avantage sur les frontières; sous la conduite du général de l'empereur Romain Lécapène, Corcuas, que le peuple appelait le second li'-lisaire, les troupes grecques avaient pris Naçibîn 331-942 . et Ras-el- Ain. près d'Edesse, l'année suivante. Ces succès auraient continué si l'empereur, trompé par des envieux,n'avait pas rappelé son général heureux; cela coïncidait justement avec le raffermissement du pouvoir des Hamdanides, <|ui allaient reprendre avec une nouvelle vigueur la lutte contre l'en ne mi héréditaire. Toutefois, les Grecs occupèrent Mar'ach et infligèrent une défaite à la garnison de Tarsoûs; un i-ai<l de Séïf-ed-daula en Cappadoce se termina mal pour son armée, qui, surprise dans les montagnes au retour, 3 périt entièrement ; le chef s'échappa à grand'peine. I n peu [du-- tard Séïf-ed-daula reprit Mar'ach .">'i 1 -952 . mais ce succès n'eut pas de suite; les Grecs envahirent la Mésopotamie 347 poussèrent jusqu'à Amid Diyarbékir), Édesse et hjarrân. En 350 961 . Nicéphore Phocas, <|ui fut plus tard empereur, entre en scène et reprend la < Irète aux Musulmans ; Anazarbe en Cilicie, Mar'ach el Alep tombent entre ses mains. \ peine nommé empereur, il enlève tous les boulevards d<' la ^'•~ fensive de l'Islam au nord de la Syrie: Mopsueste Maç< A da na. Tarsoûs, L'île de Chypre. Séïf-ed-daula, atteint depuis Longtemps de maladies fréquentes, mourut pendant que Phocas assiégeait Antioche : mais il eut la consolation de mourir dans sa capitale Alep, reprise aux Grecs 10 çafai
25 janvier!»!)? . Il n'avait que cinquante-deux ans, mais toute une vie de luttes l'avait épuisé.
Son fils Sa'd-ed-daula continua pendant vingt-cinq ans la lutte contre les Byzantins. Les Fàtimites s'établirent à Damas en 359 970 , nouveau danger pour l'Etat hauidanide, ainsi pris à revers; aussi Sa'd-ed-daulajen présence de deux puissants ennemis, dut se soumettre au Bouïde Wdod-eddaula, et céder Homs aux Grecs pour se protéger contre les Egyptiens; c'est en luttant contre ceux-ci qu'il périt en 38 l 991 .Son fils Sa'îd-ed-daula, dominé par Lou'lou'. général de son père, se soumit à l'empereur Basile II ; les Grecs délivrèrent à deux reprises Alep assiégée par les Fàtimites ; mais la guerreavec les Bulgares vint détourner leur attention des frontières de Syrie, etne trouvant plus d'appui chez eux, Sa 'îd-ed-daula dut admettre la suzeraineté des Fàtimites. Il mourut empoisonné en 392 1002 , et ses deux fils mineurs furent envoyés à la cour du Khalife Hàkem par Lou'lou', qui fut gouverneur d'Alep au nom du souverain chî'ïte.
Les Ismaéliens et les Qarmates. — Au milieu du troisième siècle de f hégire neuvième de notre ère on voit se déclarer une nouvelle secte chi'ï te. celle des Ismaéliens, qui arrêtaient la lignée des imams, descendants d'Ali et deFàtima.à Dja'far surnommé eç-Çâdiq, le sixième imam, et admettaient que le pouvoir était passé après lui à son fils Isma'il. devenu pour eux le septième et dernier imam : d'où leur nom. Mais, contrairement à leurs espérances, la fin du monde et le règne de la justice ne se produisirent point, de sorte qu'Isina'ilou plutôt son fils Mohammed n'eut pas à remplir son rôle de Mahdî, ce Messie de la fin des temps attendu de tous les Musulmans.
Les Ismaéliens croient à l'incarnation de la divinité dans la personne des diilérents prophètes envoyés aux humains et appelés à cause décela, dans leur système, Nâtiq « le parleur » ; ces prophètes sont Adam, Noé, Abraham, Moïse, Jésus, Mahomet, et enfin Mohammed, fils d'Isma'îl, le Mahdî. A chaque nâtiq correspond un çâmii « silencieux » qui n'a en effet rien à dire, mais dont la présence est destinée à authentiquer aux yeux du monde la mission confiée au prophète;
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c'est, pour Adam, Seth, Sem pour Noé, I ^mm • I pour Abraham, Aaron pour Moisi', Pierre pour Jésus, 'Ail pour Mahomet. Entre chaque période d'apparition de prophètes, La religion est maintenue par sept imams : ainsi sainl Jean- Baptiste est le dernier imam de La période <|ui s'étend <!<• Moïse à Jésus. La propagation de ces idées particule mélange de croyances de toute nature et de toute provenance, a été puissamment aidée par une organisation spéciale, dont -claires ne soûl pas les inventeurs, mais qu'ils avaient empruntée à L'apostolal des Idées chî'ïtes : celle des dâ'î pi. do'ât <' missionnaires ». Le missionnaire qui avait résolu de prêcher dans une \ ille se déguisait, souvenl sous Le froc d'un religieux mystique (çoûfi . parfois aussi -..u- L'habit d'un négociant : il se faisait remarquerpar une piété excessive et paraissant sincère; el quand il s'était fait, par ses relations, un petit cercle d'amis, il commençai! à attirer Leur attention sur un certain aombre de passages obscurs du Qorân, Leur posait des questions difficiles auxquelles ils ne pouvaient répondre; lorsqu'il les avait réduits à quia, il Leur dévoilait une interprétation toute différente, L'interprétation allégorique, au moyen de laquelle toutes les difficultés disparaissaient immédiatement. Il lui était Facile de montrer que les désastres qui atteignaient de toutes parts L'islamisme et menaçaienl dé faire crouler l'édifice avaienl pour cause L'impiété croissante, <|ui ue pouvail être enrayée que par un retour à La vraie foi dont l'imam était le dépositaire. Petità petit, ou amenai! le prosélyte à admettre le syncrétisme d'idées panthéistiques el gnostiques dont était formée la doctrine, voilée d'ailleurs sous certains emblèmes ou symboles extérieurs, comme par exemple la valeur particulière donnée aux lettres de l'alphabel arabe, prises isolément. Enfin ceux des néophytes dont l'enthousiasme laissait prévoir \\\\ dévouement absolu à la cause, et parmi Lesquels on allait choisir d'autres missionnaires, avaient quati fran-
chir avanl d'arriver a une -"lie .!.• doctorat qui leur était conféré; au-dessus de ce doctorat, cinq autres grades étaient réservés aux chefs de l'association. L'impétranl du tout dernier grade était initie a un-' sorte de panthéisme ma-
térialiste, dans lequel Dieu, dépouillé de tout attribut, était relégué dans les régions lointaines de l'inconnaissable.
Le fondateur de cette doctrine servie par une aussi puissante organisation était un Persan, 'Abdallah ben Maïmoûn, fils d'un oculiste libre-penseur, attaché à la propagande ehi ïteen Susiane. Poursuivi par les autorités, il quitta son pays et alla s'établir dans la petite ville de Salamiyva. l'ancienne Salaminias, près de Hama, dont les habitants étaient partisans des 'Alides et en comptaient d'ailleurs un certain nombre parmi eux. Son fils Ahmed continua sa propagande et l'étendit à l"Irâq et à la Perse. La nouvelle doctrine groupait continuellement autour d'elle les révoltés et les mécontents, surtout les populations arainéennes de la Mésopotamie et iraniennes de la Perse, les vaincus de la conquête. Entre "250et260 (864-874 , 'Abdallah envoya à Koùfa un missionnaire nommé Hoséïn el-Ahwâzi (d'Ahwâz en Susiane) qui rencontra là, près d'un petit village, un paysan nommé Hamdàn que les Arabes surnommèrent Qarmat, d'après l'expression araméenne Qurmâta « au visage laid », sobriquet que lui avaient donné ses voisins, tous encore de langue syriaque. Victime de l'efl'royable situation dans laquelle se débattaient en vain les cultivateurs du sol à ces époques troublées, il se jeta corps et âme dans la nouvelle organisation, et après la mort de Hoséïn, il devint à son tour missionnaire et s'établit à Kalwâdha, près de Bagdad. La secte gagna rapidement des prosélytes, qui furent appelés Qarmates.
En 277 (890), ils étaient déjà assez nombreux pour avoir un établissement particulier sur les bords de l'Euphrate, d'où ils se livraient à des déprédations. Ahmed, fils d' 'Abdallah, prétendit alors remplacer le Mahdî caché et, pour rendre la substitution vraisemblable, se déclara issu d'Aqîl, frère d"Alî; mais Qarmat refusa d'entrer dans cet ordre d'idées; il resta fidèle à son propre Mahdî, Mohammed ben Ismà'ïl et rompit toutes relations avec la famille d"Abdallah. Qarmat disparut sur ces entrefaites, et Abdàn, son beau-frère, fut assassiné par un partisan du fils d" Abdallah, Zikraweïh. Néanmoins, les Qarmates, en grande majorité, restèrent fidèles à la famille de leur fondateur, et Zikraweïh dut s'enfuir
ACIM.AMlï I..-. TOUI.nl MUES, IIAMDAM l>I -
devant leurs démonstrations hostiles; puis, désireux de se créer un nou\el entourage, il entretint «les relations avec une tribu bédouine, fraction des Kelb, nommée les Banou- 'Ollaïs.
Profitant de ce qu'Ahmed était allé en pèlerinage au tombeau de Hoséïnà Kerbélâ, en 268 881-882 . un riche habitant du Yémen, qui 1\ rencontra, se lit donner par lui l'assistance d'un de ses missionnaires, Ibn-Hauchab, qu'il emmena avec lui. Le Yémen avait toujours été partisan de la cause des Alides: la nouvelle doctrine était Mire d'\ trouver un terrain préparé. Ibn-rlauchab réussit tellement bien qu'il j)ui l'aire du Yémen, à son tour, un centre d'exportation des idées Ismaéliennes. Deux missionnaires envoyés par lui entreprirent de convertir les Berbères Kétâma, dans le nord de l'Afrique; il s'ensuivit une agitation qui se termina par une révolte ouverte sous les ordre-, d'Aboû-'AbdalIah ech-Chî'ï le Chi'îte . Sa'id,le grand-maître des Ismaéliens, se rapprocha du lieu de la lutle en quittant Salamiyya pour Fostât, où il parcourail les rues, déguisé en marchand, jusqu'au jour ou il Ne transfoi ma en un personnage de grande envergure, 'Obéïdallah, fils de Mohammed, descendant de l'imam Dja'far : el il réussit a jouer ce personnage avec tant d'assurance que Ton en estencoreà sedemander si cette descendance n'est pas véritable, et si '< Ibéïdallah, fondateur
de la dynastie des Fat imites, n'est pus réel I, •ment un descendant du prophète» par Fâtima. Ne se -..niant plus en sûreté au milieu des troubles qui marquèrent la lin des roulounides, il prit le parti de se rendre au milieu d< s fidèles Kétâma et de s'y déclarer le Mahdi. Ce ne lui pas toutefois san-> quelques difficultés, car il dut traverser, au milieu de bien des périls, l'Afrique du aord tout entière pour s.- rendre a Sidjilmâssa ou il futemprisonné par les Banou-Midrdr; mais, poursuivanl ses victoires, Ujou-'Abdallah le Chi'lte, prit Raqqâda sur les Aghlabites, enleva Tâhert Tiarel aux Roslamides et finalement Sidjilmâssa aux Banou-Midi tiré de prison. Obéïdallah lui emmené ;1 Raqqâda on il lit son entrée solennelle le 29 rébf II 297 I5janvier9i0
là qu'il pril le- litres de Mahdi el de commandeur des
croyants : un nouveau khalifat était fondé, celui des khalifes Fâtimites.Nous venons plus loin l'histoire de la conquête de L'Egypte par celte lignée.
Les lils de Zikrawéïh prirent le commandement des Qarmates. Yahya, avec ses Bédouins, ravagea l'Iraq ; il se déclara aussi comme Alide, se fit appeler le Chéïkh, c'est-à-dire le chef de la communauté spirituelle (persan /)/>, prétendit que son chameau était conduit par Dieu, et que des légions entières étaient prêtes à venir à son secours. Tant d'assurance eut sa récompense ; il défit près de Raqqa les troupes envoyées contre lui par les deux khalifes Mo'tadid et Moktafi et pénétra en Syrie (290-903), alors gouvernée parle Turc Toghdj,père de ITkhchîd, au nom du Toulqunide Hâroùn. Ce Turc fut battu; des renforts lui furent envoyés d'Egypte; à la première rencontre, il est vrai, Yahya tomba sur le champ de bataille, maisson frère Hoséïn lui succéda immédiatement etacheva la défaite des Egyptiens. Cet Hoséïn prétendait être un 'Alide du nom d'Ahmed et le peuple l'avait surnommé Çâhibech-Châma « l'homme au grain de beauté » à cause d'une petite loupe qu'il avait sur le visage et qui passait pour un signe caractéristique du rang d'Imâm. Assiégé dans Damas, Toghdj se libéra parle sacrifice d'une somme d'argent, mais les Qarmates remontèrent vers le Nord et pillèrent Homs, Hama, Ma'arra, Salamiyya; les Bédouins accoururent de toutes parts à celle aubaine et vinrent renforcer l'armée de Hoséïn. Cependant Moktafi reprit la lutte contre eux, réussit à lesempêcher d'étendre leurs dévastations et les défitcomplètement près de Hama le 6 moharrem "291 (29 novembre 903) ; Hoséïn fut fait prisonnier non loin des bords de l'Euphrate, conduit à Bagdad et exécuté avec des raffinements de cruauté.
Pendant que l'armée du khalife, commandée par Mohammed ben Soléïman qui, après la défaite des Qarmates, avait réussi à chasser les Toulounides d'Egypte, était occupée à réduire une révolte générale de la Syrie causée par les excès de la soldatesque, 'Ali, autre fils de Zikrawéïh, se montra un instant dans ce pays, mais sans succès cette fois: poursuivi par les troupes de Hoséïn ben Hamdan, il dut se
AGHLABITES, TOULOUNIDES, HAMDANIDES
rendre au Yémen, s'empara de Çan'â, mais «lui bientôt évacuer la ville en présence de L'antipathie < 1 1 1 < • ressentait pour Lui el ses partisans la province tout entière.
Le vieux Zikrawéïh n'étail pas mort; devant Les su< répétés de ses lils, il se mil à réorganiser les Bédouins kelbites fi les mena au pillage de la ville de 1 1 il sur l'Euphrate; les troupes envoyées contre eux et commandées par Ishàq ben Koundadjiq les poursuivirent jusque* dans le désert el les Bédouins durent acheter la paix au prix de la tête de leur
chef Abou-( îhânim. Zikravi éïh partil alors p les environs
de Koùi'a, où ses partisans s'agitaient; il attaqua h-s caravanes de pèlerins qui revenaient de la Mecque el s en empara après une lutte violente.
Pour vénérer cel attentat, le Khalife Moktafî envoya le I me Wâçif le jeune <|ui atteignit les Qarmates pies <le Koûfa; après un combat indécis qui dura un jour, Zikrawéïh reçut le lendemain une blessure mortelle el ses partisans prirent la fuite m du ' I 294-décembre 906-jam ier907 .Ce lui la fin des Qarmates de II râq.
Au Bahréïn, séparés du reste du monde par les dunes de sable du désert arabique, les Qarmates se maintenaient plus solide nt.C'étaienl ceux <|ui obéissaient à Abou-Sa id, ancien missionnaire de La cause en Perse, qui profita des troubles pour se créer une principauté.
En moins de dix ans, le Bahréïn fut conquis par les taires, Hadjar, la capitale, prise après un long siège, ■•! el- Ahsâ Lahsâ devint la résidence du dâ'î ou missionnaire, c'est-à-dire du représentant ou lieutenant du ciel suprême, 'Obéïdallah Le Fâtimite, qui venail de se déclarer Mahdi à Raqqâda. Celui-ci s'était débarrassé par L'assassinat de ses deux principaux collaborateurs, Abou-'Abdallah le Chi'ïte el son frère Abou'l-'Abbâs. Abou-Sa'id, effrayé de la manière donl («'Khalife fâtimite récompensait Les services rendus, résolut de lui tourner le dos : il fui assassiné 913-1 'i el remplaça' par s. m (ils Abou-Tâhir SoléTmân. < leluici, auteur de chants de guerre destinés à animer ses sectateurs au c bat, commença par piller la caravane des pèlerins de 1"! râq, puis il -'empara de Baçra et la dévasta
919-20); il en fit de même pour Koùfa ('313-925), de sorte que l'Iraq entier se mit à trembler. Il fallut appeler de l'Adherbaïdjan le Sàdjide Yoùsouf ben Mohammed, qui après un an de préparatifs, se fit battre et capturer près de Koùfa.
Abou-Tàhir passa l'Euphrate et marcha sur Bagdad, couverte par une armée de quarante mille hommes. Le chef qarmate ne se crut pas en mesure d'attaquer la capitale et se contenta de dévaster la Mésopotamie. L'année suivante 317- 930 il apparut brusquement à la Mecque, pendant les fêtes du pèlerinage, massacra les pèlerins à l'entour même de la Ka'ba, brisa la pierre noire en la détachant du mur où elle était encastrée et en fit transporter les fragments à El-Ahsâ. Le Fàtimite 'Obéïdallah, devant la réprobation qui souleva toutes les consciences musulmanes, lui intima Tordre de rapporter la pierre noire à la Mecque, mais il n'en fit rien et la pierre resta à El-Ahsâ jusqu'en 339 (951) où le khalife fàtimite Mançoùr prescrivit formellement de la remettre à sa place. Les difficultés dans lesquelles se débattait le Khalifat de Bagdad l'empêchèrent de poursuivre lesQarmates; on s'arrangea avec eux, moyennant finances, pour reprendre le cours des pèlerinages à la Mecque ; les Fâtimites, alors occupés avec les Berbères, ne songèrent pas à nommer de successeur à Abou-Tàhir qui mourut en 33*2 946), de sorte que les Qarmates, pour gouverner leur Elat, désignèrent un conseil de régence formé de parents de leur chef défunt. Bientôt l'Oman fut soumis 340-951) et leur pouvoir resta incontesté en Arabie pendant plus de vingt ans.
AGH] VB1TES, TOULOUNIDES, HAMDAN1D1 - ^37
Dynastie des Agiilabites.
Ibrahim I"' [184-800). Ziyâdet-Allah II 249-8
'Abdallah V (196-81J . Mohammed II 250-864 .
Ziyâdet-Allah ["(201-816). Ibrahim II 261-874 . Abou-'AqâlAghlab 223-837). 'Abdallah II 289-902).
Mohammed Ier 226-840). Ziyâdet-Allah III 290-296
Ahmed (242-856 . 903-909 .
Dynastie dks Toulounides.
Ahmed ben Touloun 254-868 .
Khoumârawéïh 270-883).
Djéïch Abou'l-'Asâkir 282-895 .
Hâroûn ben Khoumârawéïh 283-896 .
Chéïbân ben Ahmed 292-904 .
Dynastie des Ha md an ides.
Mossoi i .
Nâçir ed-daula Abou-Mohammed Hasan 317-9Î 'Oddal ed-daula Abou-Taghlib Ghadanfai
Aboû-Jâhir Ibrâhîm I .,, ;;S(( ,IS|M,,1 A noù- Abdallah I loseïn *
Alep.
Séïf-ed-daula Abou'l-rjasan 'AU 3 13 944 Sa'd-ed-daula Abou'l-Ma'âli Chérif 356-967 . Sa'id-ed-daula Abou'l-Fa<Jâï] Sa .1 381-991).
Aboul'-rjasan AI. M
Abou'l-Ma'All Chérif |
BIBLIOGRAPHIE
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