INSTITUTIONS POLITIQUES ET ECONOMIQUES
Administration de la justice. — Les théoriciens ont établi qu'en droit la nation musulmane doit être gouvernée par un imâm ou guide, dépositaire du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel, concentrant en lui la puissance législative et executive; son action législative étant d'ailleurs très bornée, puisqu'il est tenu par les préceptes intangibles du Qorân et de la sonna, ainsi que par la déclaration explicite ou implicite qu'il suivrait les règles posées, soit par les quatre chefs des écoles orthodoxes, soit par tels ou tels chefs d'écoles hétérodoxes ou schismatiques. Dans la réalité, il n'y a eu de vrais imâms, à la fois guides de la prière solennelle du vendredi et chefs de la nation, que dans la personne des quatre premiers khalifes; les autres ne furent guère que des imâms de fait, soit qu'ils portassent le titre de khalife, soit que plus tard ils prissent celui de sultan.
L'autorité du chef du pouvoir est sans bornes ; tous les ordres du souverain doivent être exécutés sans réplique par tout musulman, quand même ils paraîtraient injustes à quelques-uns. Si un musulman est ainsi poussé à obéir à des ordres illégaux, il n'en est pas responsable et la faute ne lui est pas imputable, en vertu de l'adage : el-ma moûr ma'dhoûr « celui qui a reçu un ordre est excusable » ; la faute, s'il y en a, retombe sur celui qui a donné l'ordre, el-âmir.
Pour l'administration de la justice, l'imam délègue son pouvoir à une personne qui a fait des études théologiques et