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INSTITUTIONS POLITIQUES ET ÉCOKOMIQI I

juridiques, et que. l'on appelle Qâfjti t celui qui décide », le cadi. Ce juge ti\il es! institué et nommé par le moyeu d'un écrit qui doit être porté à la connaissance de tous, «mi pleine mosquée, < i< *\ ii n L le peuple assemblé.

La compétence du cadi ue s'étend < j u » • sur l<' territoire qui Lui a été assigné; il peut y a avoir deux juges dans la même ville, mais ils doivent habiter des quartiers différents et éviter de se faire concurrence.

Le cadi doit être du sexe masculin les |tanéfites sont seuls à [admettre la possibilité pour une femme d'être juge eu matière civile , avoir atteint si majorité, être sain d'esprit, être^vrai'croyant et de naissance légitime, avoir une réputation notoire d'honnêteté el d'impartialité, réunir u fuan-

tité sufïisante^de connaissances langue arabe si elle n est pas sa langue maternelle, le Qorân, les katHth% les prescriptions des açhâb ou compagnons du prophète sur les matières Litigieuses .

Les sentences des cadis doivent être toujours conformes .1 la plus rigoureuse justice, de sorte que toutes les contestations entre musulmans soient décidées sans partialité, fût-ce contre des parents ou des amis.

L'acceptation d'un pot de vin rouehwa pour acheter une décision esl sévèrement défendue; l'acte est aussi coupable de la pari [du corrupteur que de celle >\u corrompu. Toutefois si un plaideur fait au juge un présenl pourqu'il ne nuise pas à sa lionne cause, ce plaideur ne commet pas de faute, mais le juge doit restituer le cadeau. Cette dérogation à un principe absolu a été la brèche par laquelle la corruption s'e>l répandue dans la justice musulmane.

En théorie, le juge ne doit pas être rétribué pour son travail/Cé serait réserver aux riches seuls la dispensation de la justice. Aussi les hanéfites et les châfé Ites rétribuent-ils Les cadis sur le béït-el-mâl ou fonds commun d'entretien, et <■«■ n'esl qu'au cas où ce revenu serait insuffisant qu il- autorisent le cadi a recevoir une bonification de la part du plaideur. C'est également aux Irais du béït-el-mâl que le juge achète le papier nécessaire pour les indigents ei les insolvable?.

Le cadi doit veiller à ce que chacun reçoive ce qui lui est dû, et par conséquent s'occuper de l'exécution de ses propres jugements. Il doit s'immiscer d'ofïice dans les affaires de tutelle et de curatelle, ainsi que dans celles qui concernent les captifs.

Dans toutes les affaires pour lesquelles le cadi n'a pas les connaissances spéciales nécessaires, pour l'éclairer sur les usages locaux, les coutumes et les institutions particulières, il doit s'entourer d'experts et de personnages considères.

Il doit s'abstenir de juger dans toute contestai ion où seraient intéressés son père ou même tous ses proches parents, son ancien maître s'il est affranchi, et son ennemi ; il ne peut faire directement le commerce, mais il peut constituer un mandataire, sans pouvoir juger dans les procès où ce mandataire sera intéressé ; sa porte doit être toujours ouverte, et il ne doit empêcher personne de se présenter devant lui (on admet cependant jle huis-clos quand il s'agit d'affaires secrètes) ; il ne doit pas tenir audience quand il est malade, de mauvaise humeur, quand il a l'esprit'préoccupé ou s'il souffre de la faim ou de la soif.

Le cadi tient deux registres ; le premier est consacré aux réclamations; il y porte le nom du demandeur, l'objet de la contestation et l'indication des témoins produits ; le second renferme les sentences, rédigées d'une manière concise avec la déclaration des témoins et les autres moyens de preuve. C'est de ce second registre, sorte de plumitif d'audience, que sont tirées la grosse exécutoire remise à la partie gagnante et la copie, revêtue du sceau du juge, qui doit être conservée dans les archives du tribunal.

Le cadi doit fixer un jour déterminé pour rendre la justice ; ce jour-là, après avoir fait sa prière dans la mosquée, il se rend dans son prétoire, où il s'assied le visage tourné vers la direction de la Mecque, chez les hanéfites et les chàfé'ites ; le dos tourné vers cette même direction, chez les Ghi ïtes, de manière que les parties qui comparaissent aient le visage dirigé du côté du temple sacré.

Les parties sont tenues à la déférence et au respect envers Ie juge> qui a la police de l'audience et a le droit de punir

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