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LES ALMORAV1DES ET LES ALMOHADES

Yahya ben Ibrahim, de la tribu de Guédâla, branche du grand groupe berbère des Lemtoùna, avait entrepris le pèlerinage de la Mecque en 427 (1036) accompagné des principaux de sa tribu ; et il avait grand mérite à cela, car il était parti des bords du Sénégal, où les Berbères avaient été amenés par le désir de faire la guerre sainte, c’est-à-dire d’enlever des esclaves chez les nègres, sous le prétexte de les convertir. Ils 11e tardèrent pas à s’apercevoir qu’ils avaient encore beaucoup à faire pour que leurs croyances les amenassent à l’état de civilisation où ils voyaient l’Eg y p te et la Tunisie. A leur retour, ils trouvèrent à Sidjilmâssa, dans le Maroc, l’homme qui devait les guider dans la voie spirituelle, Abdallah ben Yàsîn el-Djazoûli ; il est vrai que Yahya bén Ibrahim ne tarda pas à mourir et que le groupe qu’il avait formé se dispersa; mais 'Abdallah ben Yâsin, sans se décourager, réunit autour de lui ce qui restait des adeptes du pieux pèlerin, dans une île du Sénégal, et y éleva un ribât, c’est-à-dire une espèce de couvent fortifié à l’usage des Musulmans qui s’y livraient à des exercices pieux en même temps qu’ils se préparaient aux combats : une sorte de Templiers et de chevaliers de Saint-Jean musulmans. Celui qui habite un ribât s’appelle morâbit « marabout », et de là vint l’expression d’Almoravides, sous laquelle est connue la dynastie qui en sortit. Quand 'Abdallah eut autour de lui un millier d’hommes, il réfléchit qu’une troupe aussi

considérable ne serait pas aisément vaincue, et il commença ses entreprises guerrières, destinées à ramener le monde musulman dans le sentier de la vraie foi. G est en 434(1042) que commença la lutte entre les marabouts du Sénégal et leurs contribuas du Sahara, Lemtoûna et autres. Au bout de dix ans il se sen*it assez fort pour aller attaquer Sidjilmàssa, puis Soûs el-Aqçà etAghmât qui tombèrent successivement entre ses mains. 'Abdallah restait toujours le chef spirituel de ces moines-guerriers, mais il laissa la conduite des expéditions aux fils d’'Omar, Yahya et Abou-Bekr, deux chefs des Lemtoûna; c’est auprès du second que se forma Yoûsouf ben Tàchfîn, leur futur commandant ; enfin, depuis 450 (1058), c’était une femme, Zéïneb, épouse d’Abou- Bekr, qui commandait les troupes. Le fondateur des marabouts du Sénégal mourut en 450 (1058), peu après la défaite <les Beregwâta, peuplade indépendante qui habite entre Fez et la mer, et fut remplacé, au point de vue spirituel, par un de ses disciples ; mais le pouvoir effectif resta dorénavant entre les mains des chefs des Lemtoûna. Zéïneb divorça d’avec Abou-Bekr, qui partit pour le Sénégal combattre les dissidents, puis elle épousa Yoûsouf ben Tâchfin, qui alors commandait au nord de leurs possessions, et qui prit le titre d’Emir (453-1061). Une année plus tard, il fonda la ville de Merrâkech (Maroc), et de là conquit le Ylaghreb tout entier, jusqu’à la région d’Alger. Abou-Bekr essaya en vain de reprendre le pouvoir à son neveu ; Yoûsouf le renvoya dans le désert, oû il exerça le commandement jusqu’à sa mort (480-1087); Yoûsouf réunit alors ie Sénégal au Maroc.

La Qal'a des Banou-IIammad. — Hammâcl était le gouverneur d’Âchîr, alors le chef-lieu du Maghreb moyen, c’est-à dire des provinces de Constantine et d’Alger ; il était l’oncle de Bâdîs le Zîride et avait souvent combattu en faveur de son neveu. Il se fit construire une forteresse, el- Qal'a, qui fut connue surtout sous le nom de la dynastie qu’il fonda et qui dura cent quarante ans, la Qal'a des Banou-Hammâd, dont les ruines ont été récemment relevées et étudiées par le général deBeylié. Ce fut la nouvelle capitale de tout le Zâb ; peuplée d’artisans et ornée des ri-

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