LE MAHDI
♦L’histoire des Juifs, dès les malheurs de la royauté, mais surtout à partir de la captivité et de la diaspore, est dominée par l’idée du rétablissement du royaume d’Israël et du règne du Messie, c’est-à-dire du roi consacré par le moyen de l’onction. Son règne devait coïncider avec la fin du monde. Les chrétiens, reconnaissant dans Jésus le Messie annoncé par les Prophètes, crurent longtemps que les derniers jours de l’existence de l’univers étaient proches; ils admettaient la Parousie , le retour prochain du Christ; et quand il fallut reconnaître que le monde continuait de vivre, ils rejetèrent à la fin des temps, qui paraissait de moins en moins rapprochée, un retour de Jésus, anéantissant l’Antéchrist annoncé par l’Apocalypse. Les Musulmans croient de même qu’à la fin du monde il viendra un personnage auguste, qu’on appelle el-Mahdi « le bien dirigé » et qui fera régner la justice sur la terre.
Les Musulmans paraissent môme, à l’origine, avoir cru que les temps s’accompliraient du vivant du Prophète et de sa génération. Ibn-Sa'd, dans ses biographies, rapporte que Nâfi' ben Djobéïr expliquait au khalife oméyyade 'Abd-el- Mélik le surnom de hâchir « rassembleur » donné à Mahomet par ces mots : « Il a été envoyé avec l’heure | dernière] pour vous avertir avant un châtiment terrible. » Le Qorân fait en effet de nombreuses allusions à l’heure où doivent se produire la fini du monde, la résurrection et le jugement dernier,