CHAPITRE XXXVI
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La science grecque avait pénétré en Asie à la suite clés armées d’Alexandre. Les Sassanides eux-mêmes avaient maintenu en pleine Susiane, à Djondéï-Châpour, une école de médecine, qui leur survécut dans les premiers temps de la domination arabe. Lors de la floraison de la littérature syriaque, un grand nombre de traités scientifiques furent traduits du grec en araméen ; quand les Arabes envahirent la Syrie chrétienne, ils se heurtèrent à une civilisation lettrée qui leur était infiniment supérieure, bien que mal défendue par des troupes dégénérées. Un Oméyyade, Khâlid, fils de Yézid, s’occupait cl’alchimie, sous la direction du moine Marianus ; il composa même trois traités, dont Je premier est consacré à son professeur et à l’enseignement qu’il avait reçu de lui. Cependant il faut descendre jusqu’aux Abbassicles pour voir l’étucle des sciences se répandre chez les Arabes. El-Ma’moun établit à Bagdad une « demeure de la sagesse » (béït el-hikma ), qui était une sorte d’université munie d’une bibliothèque et d’un observatoire plutôt destiné à l’astrologie qu’à l’astronomie.
Ce fut là le point de départ. Pour alimenter les études poursuivies à l’Université, il fallut traduire les ouvrages grecs qui renfermaient toute la science d’alors ; on se servit des intermédiaires syriaques ; pourtant quelques livres furent interprétés directement sur le texte original. Le Traité d'astronomie de Ptolémée fut translaté en arabe sous le titre,
devenu célèbre depuis, d’Almageste, par El-Hadjdjàdj el- Hâsib (l’arithméticien), de même que les Eléments d’Euclide: Yohannâ ben Batrîk, qui mourut en 815, fit passer dans la langue dominante la Politique d’Aristote, tandis qu’'Abd-el- Mésih Nâ'ima de Homs étudiait dans Porphyre la Théologie du même auteur, à la demande du khalife el-Mo'taçim. Qostâ ben Loûqà de Ba'albekk, qui écrivait déjà en 864, composa un livre sur les curiosités des Grecs ou sur leurs sectes (car le titre est donné différemment par les sources). Abou-Zéïd Honéïn ben Ishaq, originaire de Mira, où son père exerçait la profession de pharmacien, alla étudier la médecine sous la direction de Yahya ben Màsawéïh, apprit le grec pendant son séjour en Asie Mineure et devint le médecin particulier d’El-Motawakkil. Il traduisit l’Ancien Testament sur la version des Septante, le Timée et la République de Platon, les Aphorismes d’Hippocrate, le Pinax de Galien et les ouvrages de Dioscoride ; il écrivit de*s traités de médecine et de philosophie, et même une histoire universelle ; il est souvent cité dans les auteurs orientaux et jusque dans le Libro cle la Savieza du roi Jayme. L’Escurial a conservé le texte original de son Nciwâdir el-Félâsifa consacré aux sentences des philosophes grecs. Honéïn mourut en 873, et son œuvre fut continuée par son fils Ishaq ben Honéïn, ami intime du ministre Qâsim ben 'Obéïdallah ; plus philosophe que médecin, il traduisit les Catégories d’Aristote, et rédigea une histoire des médecins en 296 (903).
Hobéïch ben el-Ilasan, neveu d’Ishaq, l’aida dans ses travaux et traduisit Dioscoride et Galien; Abou-Bichr Mattâ ben Yoûnous s’occupa de la Poétique d’Aristote ; 'Obéïdallah ben Djibrîl, de la célèbre famille de médecins qui portait le nom de Bokht-Yêchou' (ce qui signifie, en pehlevi, « Jésus a sauvé »), a écrit des biographies de ses confrères. Abou’l-Hasan Yoûsouf ben Ibrahim, surnommé Ibn ed-Dâya (fils de la sage-femme), se rendit de l'Iraq à Damas en 225 (839) ; lui, ou son fils Abou-Dja'far Ahmed, a recueilli des anecdotes sur les médecins et les astronomes.
En Espagne, Ibn-Djoldjol (Abou-Daoùd Soléïman ben Hasan), né à Cordoue vers 980, prit part à la rédaction d’une
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nouvelle traduction cle la matière médicale de Dioscoride ; il aurait également écrit une histoire de ses confrères contemporains. Abou’l-Qâsim Çâïd ben Ahmed, qadi de Tolède, écrivit vers 1070 un ouvrage d’histoire générale qui parait avoir été composé de biographies, à en juger par les extraits qu’on en rencontre, et un Çiwân el-Hikam dont un extrait se trouve à Constantinople.
La philosophie. — C’est la lecture des traductions d’Aristote qui fit naître dans le monde arabe le désir d’étudier la philosophie, qui resta toujours dominée par le grand nom du Stagyrite. Vers 840, Chihâb-eddîn Ibn Abi’r-Rabî' avait, à la demande cl’El-Mo'taçim, écrit un traité de politique précédé de considérations sur la psychologie. Ya'qoûb ben Ishaq el-Kindi, de vieille race arabe, surnommé par excellence le Philosophe des Arabes, écrivit sur la philosophie, la logique, les sciences mathématiques, la musique, la médecine. La réaction orthodoxe qui marqua le règne d’El-Motawakkil lui enleva sa bibliothèque, qui fut confisquée, et dont il n’obtint la restitution que peu de temps avant sa mort.
A Fârâb, sur le Iaxartes ou Sir-Deryâ, dans les pays turcs, était né Abou-Naçr Mohammed el-Fàràbi ; il vint à Bagdad étudier d’abord la langue arabe qu’il ignorait, puis la médecine et la philosophie ; il alla ensuite porter ses connaissances à Alep où Séïf-ed-daula protégeait à la fois les lettres et les sciences. C’est là qu’il vécut, retiré du monde, et donnant des leçons dans les jardins des faubourgs. Il avait reçu l’enseignement d’Abou-Bichr Mattâ ben Yoùnous, qui expliquait la logique d’Aristote; les notes prises à son cours fournirent à Fârâbi soixante-dix volumes. Comme Platon, il rêva d’une république modèle, à la tête de laquelle il plaçait un monarque; et comme il lui semblait difficile de trouver réunies chez un seul homme les qualités qui font le bon tyran, il lui adjoignait au besoin des coadjuteurs, revenant ainsi par un détour au système politique de l’Empire romain.
Sous les Bouïdes chi'ites, la pensée jouit d’un peu plus de liberté que sous la farouche orthodoxie des successeurs d’El- Motawakkil; c’est grâce à cette tolérance relative que se constitua à Baçra une société de philosophes, qui prirent le titre
de Frères de la Pureté (Iklrvvàn eç-Çafâ) et résumèrent en un Corpus formé de cinquante et un traités toutes les connaissances de leur époque.
Avicenne fut l’élève d’El-Fârâbi. Abou 'Ali el-Hoséïn Ibn- Sinâ, que nous connaissons sous l’appellation déformée d’Avicenne, était le fils du gouverneur d’une petite ville de la Transoxiane, non loin de Bokhara. Ce fut la médecine qui fit sa fortune. Il avait à peine dix-sept ans qu’il réussit à guérir le prince samanide Noùh, fils de Mançoûr ; ce succès lui ouvrit l’accès du palais royal. Après la mort de son père, il voyagea en Perse et composa dans le Djordjân, l’ancienne Hyrcanie, son fameux Canon ( el-Qdnoùn fi’t-tibb) qui servit à l’enseignement de la médecine péndant tout le moyen âge et jusqu’à des temps assez rapprochés du nôtre. A Hamadan, il remplit quelque temps les fonctions de ministre auprès du prince Bouïde Chems-ed-daula ; victime d’intrigues politiques et emprisonné, il s’échappa de la forteresse où il était renfermé pour aller trouver, à Ispahan, un autre prince rival du premier. Il mourut de maladie en 1037. Les ouvrages qu’il a laissés, et qui embrassent tout le domaine scientifique de l’époque, sont innombrables.
Un émir égyptien, Abou’l-Wéfâ Mobachchir ben Fâtik, a composé un recueil d’apophtegmes empruntés aux sages de l’antiquité sous le titre de Mokhtâr el-Hikam (Pensées choisies).
En Espagne, nous ne pouvons négliger Ibn-Abi-Randaqa et-Tortoûchî, né à Tortose, que le pèlerinage de la Mecque amena jusqu’en Orient ; au retour, il ne put dépasser Alexandrie où il professa les traditions islamiques et où il mourut en 1126. Ce fut au Caire qu’il termina la composition de son Sirâdj el-Moloûk (Flambeau des rois), traité de politique et guide de conduite à l’usage des princes.
Avenpace est la forme espagnole du nom d’Ibn-Bâdjdja, de Saragosse. Ses voyages le menèrent jusqu’à Fez, capitale des Almoravides, où il fut quelque temps emprisonné. Ses études philosophiques le firent considérer comme un libre penseur et ne furent pas étrangères à la perte de sa liberté. Il a écrit sur la philosophie et la médecine.
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Son élève Ibn-Tofaïl fut, en qualité cle médecin, au service de l’Almohade Yoûsouf, et mourut à Merrâkech en 1185, après avoir rempli les fonctions de ministre. Dans son roman de Hayy ben Yaqzhân, il a essayé de représenter la naissance de l’intelligence dans un enfant isolé du monde, né seul dans une ile déserte.
Ibn-Rochd (Averrhoès) appartenait à une famille de juristes de Cordoue. Il fut fréquemment appelé à Merrâkech sans pouvoir s’y fixer. Sous le titre de Koulliyât , transformé en Colliyet dans les traductions latines, il a donné une thérapeutique complète. Il s’occupa de défendre la philosophie contre les attaques de Ghazâli, et écrivit, pour répondre au Téhâfoi el-Fèlàsifa (Chute des philosophes) du grand théologien, le Téhâfot et-Téhâfot (Chute de la chute). Comme Ibn- Tofaïl, il essaya de concilier la religion révélée avec les données scientifiques et les spéculations philosophiques.
Le développement de la philosophie grecque en langue arabe est terminé ; nous n’avons plus à citer que des manuels. C’est à cette catégorie qu’appartiennent le Ta lim el- Mole allim (traduit en latin sous le titre d 'Enchiridion siudiosi , Manuel de l’étudiant) de Borhân-eddin ez-Zernoùdji, composé vers 1203, le Moûdjiz (Résumé) d’el-Khoûnadji, qâdi du Caire mort en 1248; le Hidâyai el-Hikma (Guide de la sagesse) sur la logique, la physique et la métaphysique et une adaptation de V Isayoge de Porphyre par Athîr-eddin el- Abhari ; la JRisâla ech-Chamsiyya d’el-Kâtibi de Qazwîn, le Matâli el-Anwâr d’Aboù’th-Thanâ el-Ormawi, le Foçoûl de Borhân-ed-din en-Nasafi sur la controverse et la dialectique, le Qostâs et le 1 Ain en-Nazhar de Chems-eddin es- Samarqandî sur la logique, VAsrâr el-Hikmdl el-mochriqiyya (Mystères de l’illuminisme) par 'Abd-el-Haqq Ibn Sab'in de Murcie, qui correspondit avec l’empereur Frédéric de Hohenstaufen sur l’ordre de FAlmohade 'Abd-el- .Wâljdd,
Les mathématiques. — Les origines de la notation des nombres par les chiffres dits arabes sont passablement obscures malgré les efforts faits pour les éclaircir. Le système des chiffres romains a été remplacé pour les calculs, dans le
haut moyen âge, par le procédé de Yabacas (dérivé de la petite machine à calculer appelée abaque, encore usitée de nos jours en Orient) qui consistait à tracer sur le papyrus des tableaux par colonnes dans lesquels les chiffres avaient déjà la valeur de position ; quand il n’y avait pas de chiffre à indiquer dans une colonne, celle-ci restait vide ( çifr ). Plus tard on supprima les colonnes et la position relative des chiffres suffit à indiquer les dizaines, centaines, milliers ; pour remplacer la colonne vide, on imagina un chiffre spécial, le zéro. Les Arabes avaient commencé par chiffrer au moyen de la valeur numérique des lettres de l’alphabet, à la manière des Grecs ; mais comme cet incommode procédé,, suffisant pour numéroter, rendait les calculs difficiles, ils empruntèrent aux Indiens les chiffres dévanagari (on en a un, exemple du dixième siècle) qui donnèrent peu à peu la forme des chiffres appelés par les Arabes indiens à raison de leur origine.
Sous lekhalifatd’El-Ma’moûn, Abou 'Abdallah el-Khârizmî fit un extrait du Siddhanta et entreprit de reviser les tables de Ptolémée. Il écrivit sur l’algèbre et l’arithmétique des ouvrages qui furent de bonne heure traduits en latin ; de son surnom ethnique est môme venue l’expression algorithme. A la même époque nous trouvons trois frères, Mohammed, Ahmed et el-llasan, fils de Moûsa ben Châldr, auteurs de nombreux traités ; le premier eut l’occasion d’amener à Bagdad et de présenter au khalife El-Mo'taçlid un changeur de monnaies de Harrân, Thâbit ben Qorra, qui était de religion païenne et avait été rejeté de sa communauté par suite de divergence de vues avec ses coreligionnaires sur le terrain théologique. Ce changeur mathématicien ajouta une théorie à l’arithmétique spéculative des Grecs, traduisit le livre des sections coniques d’Apollonius de Pergé, et laissa de nombreux traités destinés à l’enseignement. Son fils Sinân continua ses travaux ; il était en même temps médecin et fut en cette qualité attaché au palais d’el-Moqtadir et de Qâhir ; sur leurs menaces, il se décida à embrasser l’islamisme, mais cette conversion ne le mit même pas à l’abri des craintes qu’il concevait pour sa vie ; il prit le parti de s’en-
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fuir au Khorasan, d’où il revint plus tard. Le fils de Sinân, Ibrahim, rédigea les travaux laissés par son père sur la mesure des paraboles et la géométrie en général.
Ibn el-Haïtham, né à Baçra, y occupait des fonctions officielles lorsqu’il eut l’imprudence, avec la fatuité innée des Orientaux, de se vanter de pouvoir régulariser les inondations périodiques du Nil. Pris au mot par le khalife fàtimite el-Hâkim qui le fit venir en Egypte, il dut remonter le fleuve jusqu’à Assouan et s’y convaincre de l’impossibilité, avec les moyens dont on disposait alors, de réaliser un projet qui n’a pu être mis à exécution que de nos jours. Il a écrit un traité des connues géométriques et un autre consacré à l’optique ( Tahrir el-Monâzhara ) traduit en latin ( Oplicae thésaurus Alhazeni) par Roesner (Baie, 1572).
'Omar el-Khayyâm, poète persan célèbre par ses quatrains mystiques, a écrit en arabe un traité d’algèbre, un commentaire sur Euclide, un traité d’analyse chimique pour déterminer les quantités d’or et d’argent dans les alliages ; en sa qualité d’astronome, il fut appelé par le sultan seldjouqide Mélek-chàh à procéder à la réforme du calendrier ; de ses travaux sortit le comprit connu sous le nom d' 'ère Djélaléenne.
Cent ans plus tard, Abou’l-Hasan 'Ali el-Merràkochi écrivit son traité des instruments astronomiques, intitulé Djâmi 'el-mabâdi w’el-ghâyât (Réunion des commencements et des fins), traduit par J.-S. Sédillot.
Un mathématicien qui a beaucoup voyagé, ce fut Yahya Ibn Abi-Choukr ; originaire d’Espagne, il vécut en Syrie, puis auprès d’Iioulagou, petit-fils de Tchinggiz-Khan. Il écrivit sur l’astronomie, l’astrologie ; il s’est occupé des sections coniques d’Apollonius de Perga, des sphériques de Ménélaüs et de Théodosius, du comprit du temps chez les Chinois et les Ouïgours.
L’astronomie. — Dès le troisième siècle de l’hégire, Abou-Yorisouf Ya'qoûb el-Qarchî avait composé un traité populaire d’astrologie divisé en douze chapitres, autant que le nombre des signes du Zodiaque. Ahmed ben Mohammed el-Ferghânî, qui construisit un nouveau nilomèlre en Égypte,
écrivit un manuel d’astronomie dans lequel son nom, transcrit en latin, devint Alfraganus.
L’astrologie judiciaire, que l’on supposait capable de déceler l’avenir des enfants et d’indiquer le moment favorable pour toutes les actions humaines, et dont l’origine se perd dans les ténèbres delà préhistoire, a été cultivée plus tôt que l’astronomie; elle est restée fort populaire en Orient, où les souverains, encore aujourd’hui, ont des astrologues attachés officiellement à leurs cours. Il est donc tout naturel que l’apparition des traités qui en parlent ait précédé celle des travaux astronomiques proprement dits. L’astronome était en même temps astrologue ; le second métier fournissait au savant de quoi vivre. Abou-Ma'char Dja'far ben Mohammed, connu en Europe sous le nom d’Albumaser, était plus apprécié par sa science divinatoire et ses opérations astrologiques, au moyen desquels il retrouvait les trésors cachés et les objets perdus, que par ses ouvrages d’astronomie. Il était originaire de Balkli, l’ancienne Bactres, et mourut à Wâsit en 885.
Albatégnius est le nom que nous donnons à Mohammed ben Djâbir el-Battani, auteur de tables astronomiques dressées à Raqqa sur l’Euphrate de 882 à 900 et que Lalande estimait fort. Ces tailles traduites par Platon de Tivoli ( De scient ia stellarum , Nuremberg 1537), ont été publiées à Milan par M. Nallino. Il était un païen de Harrân, et mourut en se rendant à Bagdad pour y soutenir un procès.
Parmi les Persans qui ont écrit sur cette science en langue arabe, il faut citer AbouTHoséïn 'Abd-er-Rahman eç- Çoufi, originaire de Réï, entré au service du prince bouïde 'Adod-ed-dauia, qui écrivit une description des étoiles fixes traduite en français par Schelljerup et d’un mémoire sur l’astrolabe étudié par Bernard Dorn, et Abou’l-Wefâ Mohammed el-Bouzdjânî, qui obtint la réputation d’un grand géomètre pour avoir déduit certains corollaires inconnus avant lui; Sédillot lui a même attribué la découverte, avant Tyclio- Brahé, de la troisième inégalité lunaire, mais ce n’est pas encore démontré.
Lagrandetable hakémite qui a populariséle nom du khalife
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El-Hakim et a été l’objet des recherches de Gaussin de Pereevàl est due à un savant originaire de Çafed en Palestine, Alî ben Abî-Sa'id, qui mourut en l’an 1008. Albohazen, -auteur d un traité d’astrologie traduit en latin (Bàle, 1551), n’est autre que l’Africain Abou’l-Hasan 'Ali ben Abi’r- Ridjàl.
Un homme qui a rendu un service considérable à la * science de l’Orient, ce fut l'astronome Naçîr-edclin et-Toûsî qui profita de son influence auprès d’Houlagou pour sauver du pillage, à la prise de Bagdad par les Mongols, plus de quatre cent mille volumes arrachés ainsi à la destruction. C’est pour lui que le souverain mongol fit construire un observatoire à Méragha. Il était Persan, étant né dans cette Tille de Toûs, remplacée aujourd’hui par Méchehed, qui fut la patrie de Firclausi. En mathématiques, il a eu le mérite de traiter la trigonométrie comme une science à part, au lieu d’en faire une simple annexe de la géométrie; sa traduction -des Eléments cl’Euclide a été publiée à Rome (1594); son Traité cia quadrilatère a été traduit par Alexandre-pacha Carathéodory; il a donné des éléments d’astronomie sous les titres de Tadhkira et de Zobdcd el-Iclrâk ; il s’est occupé de divers ouvrages d’Autolycus, d’Hypsiclès, de Théodose et d’Aristote étudiés à travers les traductions de Tliàbit ben 'Qorra et de Qostâ ben Loùqà.
La géographie. — Ptolémée avait été traduit pour El- Kincli ; ce travail fut amélioré par Thâbit ben Qorra, mais ces ouvrages n’existent plus. Il faut descendre jusqu’au neuvième siècle pour trouver le Çoùrat el-ard (Figure de la terre) de Mohammed ben Moùsa el-Khârizmi, époque qui voit éclore les premiers travaux de la géogra P>ùe descriptive, administrative et statistique que l’organisation de l’empire abbasside rendait nécessaires. ‘Obéïdallah Ibn- Khordàdhbeh était d’origine persane, comme l’indique clairement son nom de famille; son grand-père avait quitté le mazdéisme pour l’islamisme. C’est comme directeur des postes qu’il eut l’occasion de recueillir les renseignements qui lui permirent de rédiger, à SâmarrA, vers 848, son Livre des roules et des provinces qui, à côté de l’indication
des relais de poste, donne encore le montant des impôts de chaque province.
L’historien chi'ite Ibn Wâdih el-Ya'qoîibi, qui était attaché à la cour des Tàhirides dans le Khorasan, nous a laissé, sous le titre de Livre des pays, une description du Maghreb composée à l’occasion de son voyage dans cette contrée, qu’il visita après l’Inde et l’Egypte. Ibn el-Faqih, originaire de Hamadân ; Ibn-Rostè, qu’on trouve à Ispahan vers 903 ; Ibn-Sérapion, qui écrivit une description de Bagdad après la prise de cette ville par les Bouïdes (945); Ibn-Fadlân, envoyé comme ambassadeur d’El-Moqtadir auprès du roi des Bulgares du Volga, qui put voir les anciens Busses et rapporter des détails intéressants sur des pays aussi peu connus que du temps d’Hérodote, ont fourni un ensemble de renseignements d’autant plus précieux qu’ils remontent aux débuts des travaux géographiques chez les Arabes.
Le littérateur Abou’l-Faradj Qodâma a traité, dans son Livre de l'impôt foncier, de l’organisation du service des postes et donné, à cette occasion, un résumé de la géographie des terres musulmanes et des régions voisines. Le ministre des Samanides, El-Djaïhâni, s’intéressait à la géographie et a même écrit sur cette science un ouvrage aujourd’hui perdu; il chargea le poète arabe de Yanbo', Abou- Dolaf Misaar benMohalhal, d’accompagner à travers le Tibet un prince indien qui retournait dans son pays, et de revenir par l’Afghanistan; la relation de ce voyage a été consignée dans un livre qui s’appelle Merveilles des pays. A la môme époque (commencement du dixième siècle) remonte le Çowar el-aqâlim (Figures des climats, c’est-à-dire Atlas), le premier en date des nombreux ouvrages qui portent ce titre, du philosophe Abou-Zéïd el-Balkhi. El-Hamdâni, originaire d’une famille du Yémen, intéressé par les ruines qui couvrent cette province, écrivit une description des châteaux forts du sud de l’Arabie et un traité complet de géographie de la péninsule tout entière.
Abou 'Abdallah el-Moqaddési, né à Jérusalem, voyagea beaucoup et consigna le résultat de ses observations, joint à l’acquis de ses prédécesseurs, dans son Ahsan et-iciqôsîm
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(La meilleure des divisions pour la connaissance des climats).
A la suite des razzias du sultan ghaznévide Mahmoud, continuant et développant les tentatives des premiers conquérants arabes, qui n’avaient guère dépassé le Pendjab, tandis que Mahmoùd avait pénétré jusque dans le Gudjerate, l’Inde commença à intéresser le monde musulman; un Persan, né dans un faubourg de Khwârizm, Abou-Raïhàn Mohammed el-Biroùni, chi'ïte et détestant les Arabes, entreprit d’aller étudier ce pays, ses sciences et les mœurs de ses habitants, et rapporta une description qui porte le titre fort simple de Târîkh el-Hind (Histoire de l’Inde). Sa chronologie des peuples orientaux renferme, entre autres, des détails curieux sur un des peuples de l’Asie centrale récemment mis en lumière par les dernières investigations, les Sogdiens.
Cordoue vit naitre en 1040 le géographe El-Bekri, auteur d’un dictionnaire des localités citées dans les anciens poètes et d’une géographie générale dont on a extrait et traduit la partie relative à la description de l’Afrique septentrionale. Le chérif El-Edrisi, né à Ceuta cinquante ans plus tard, voyagea longtemps pour aboutir à trouver une situation auprès de Roger II, roi normand de Sicile, qui lui demanda de rédiger à son usage un traité complet de géographie sous le titre de Nozhcit el-mochlâq.
C’était encore un Espagnol que cet Ibn-Djobaïr, qui écrivit le récit de son pèlerinage à la Mecque (1182), donna des leçons à Fez et revint dans son pays après avoir amassé une fortune considérable, que, par dévotion, il distribua aux pauvres.
Yâqout était un enfant grec qui avait été enlevé dans une razzia et vendu comme esclave, à Bagdad, à un négociant originaire de Hama. Celui-ci lui lit donner une éducation soignée et l’envoya voyager pour son compte. A la suite du troisième voyage commercial, il se brouilla avec son maître et bienfaiteur, se raccommoda plus tard avec lui et reprit la série de ses voyages, mais l’année suivante il le trouva mort à son retour et s’établit alors comme libraire.
Repris par le démon de la curiosité, il repartit bientôt et eut l’occasion, à Merw, de lire les livres des bibliothèques de la ville et de concevoir le plan de son grand dictionnaire, Mo'djam el-bolclân , achevé le 13 mars 1224,
Le médecin 'Abd-el-Latîf, né et mort à Bagdad, a composé uné description de l’Egypte qui brille surtout par les détails relatifs à l’histoire naturelle de ce pays, qu’elle contient; la nature des études de l’auteur avait dirigé son attention sur des particularités qu’un observateur moins bien préparé n’aurait pas distinguées avec le même talent.
Zakariyâ el-Qazwîni, qui fut juge à Wâsit et. à Hilla sous le dernier khalife abbasside, survécut à la prise de Bagdad par les Mongols et mourut en 1283, laissant une géographie intitulée : Athâr el-Bilàd (Monuments des contrées) et une cosmographie appelée A djâîb el-Mcikhloûqât (Merveilles des créatures).
La médecine. — Nous avons déjà eu l’occasion, à propos de la philosophie, de citer le Cc/non d’Avicenne. Il avait eu des prédécesseurs. La science de ces derniers, en grande partie d’origine grecque, avait aussi reçu l’influence de l’Inde; auprès de Hâroûn er-Rachid on pouvait rencontrer un médecin originaire de ce pays, Manka, et l’on trouve, dans les ouvrages de Rhazès, des traces du Suçruta.
Abou’l-Hasan 'Ali ben Sahl ben Rabbân était le fils d’un médecin juif du Tabaristân; sur les instances pressante» d’el-Mo'taçim et dans la crainte de perdre sa place auprès du khalife, il adopta l’islamisme. Il a écrit deux ouvrages, el-Konnâch (Système de la médecine) et Hifzh ec-Çihha (Hygiène), et fut le maître de Rhazès.
Yahya ben Mâsawéïh, le maître d’Honéïn ben Ishaq, était le fils d’un droguiste de Djondéï-Châpour ; Gabriel, fils de Bokht-Yéchoû', lui confia la direction d’un hôpital; il succéda plus tard à celui-ci comme médecin particulier des khalifes, jusqu’au règne de Wàtliiq. Il a beaucoup traduit du grec et écrit quelques ouvrages originaux, comme le Nawâdir et-tibb (Curiosités de la médecine), qu’il dédia à son élève.
Rhazès est le nom que nous donnons à Mohammed ben
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Zakariyâ er-Râzî, dont le surnom ethnique indique qu’il était originaire de Réï, près de Téhéran. Après ne s’ôlre occupé que de musique, il se prit, à trente ans, de passion pour la médecine et vint étudier à Bagdad. Sa mauvaise chance le conduisit ensuite auprès du prince samanide Mançoùr ben Ishaq et lui inspira l’idée de lui présenter son traité d’alchimie; le souverain exigea qu’on fît des expériences; elles ne réussirent pas, et l’autocrate furieux lui déchargea un coup de fouet sur la tête, qui lui creva les yeux. Le Hâwi , encyclopédie médicale, n’était pas encore achevé à sa mort; il fut terminé d’après ses notes manuscrites. Le Mançoûri, dédié à son protecteur et tyran, ainsi qu’un traité de la variole, ont été traduits en hébreu et en latin.
'Isa ben 'Ali était chrétien et s’occupait d’ophtalmologie; son traité des maladies des yeux fut recherché en Europe par les chirurgiens et imprimé à Venise (en 1499). 'Ali ben 'Abbâs el-Madjoûsi était fils d’un Mazdéen, comme l’indique son surnom; né à el-Ahwàz en Susiane, il était devenu le médecin du prince bouïde 'Adod-ed-Daula ; Étienne d’Antioche a traduit en latin son Kûmil eç-çinaa et-tibbiyya (Traité complet de l’art médical), imprimé à Leyde en 1523.
Albucasis était un chirurgien de Gordoue; sous ce nom il faut entendre Abou’l-Qâsim Khalaf ben 'Abbâs ez-Zahrâwî, qui vivait sous le règne du khalife 'Abd-er-Rahman III ; il employait fréquemment la cautérisation, à la manière des anciens Arabes.
D’autres médecins chrétiens ont écrit en arabe : ainsi Abou’l-Faradj Ibn et-Tayyeb, professeur à l’hôpital d’'Adod ed-Daula à Bagdad et secrétaire du catholicos Elias 1er; si nous laissons de côté ses livres sur la théologie chrétienne, nous voyons qu’il a paraphrasé les ouvrages de Galien. Son élève Ibn-Botlân était en rivalité littéraire avec Ibn-llidwân, médecin particulier du khalife el-Hâkim; pour faire sa connaissance, il fit exprès le voyage d’Égypte. Sentant que la fortune lui était contraire, il se rendit sur le territoire de l’empire romain, visita Constantinople et Antioche et termina ses jours dans un cloître. Il a réuni quarante tables de
mortalité dans son Taqwîm eç-çihha (Tables de la santé), publié et traduit à Strasbourg (1532) ; il a composé un manuel à l’usage des personnes qui vivent éloignées des villes et ne peuvent avoir promptement le secours du médecin ( el-amrâd el-'ârida ); un opuscule énumère les vices rédhibitoires qu’on peut rencontrer chez un esclave acheté, un autre démontre que le poulet a le sang plus chaud que les autres oiseaux.
Cet Ibn-Ridwân, rival heureux dTbn-Botlân, était né à Gizè; les richesses qu’il avait amassées furent dilapidées par un fils adoptif indigne. Son Kifâyet et-tabîb (Ce qui suffit au médecin) est un traité de nosologie et de diagnostic, dans lequel prédomine l’inspection des urines ; ses Principes de la médecine existent en traduction hébraïque ; ses commentaires sur le Quadripartitum de Ptolémée et sur Y Ars parva de Galien ont été traduits en latin (Venise, 1484 et 1496).
On a traduit en latin (Strasbourg, 1532) le Taqwîm elabddn , tableaux de maladies établis d’après le modèle des tables astronomiques, rédigés par un chrétien converti à l’islamisme, Yahya Ibn-Djazla, qui soignait gratuitement ses voisins et ses amis, sans jamais réclamer d’honoraires et sans faire payer les médicaments qu’il leur fournissait.
Abou’ç-Çalt Oméyya ben 'Abd-el-'Aziz était un Espagnol de Dénia, qui se trouvait au Caire au début du douzième siècle et fut chargé d’y renflouer un navire échoué ; n’ayant pas réussi, il fut jeté en prison. Quand il put quitter cette Égypte qui lui avait réservé de tels déboires, il se rendit à Mehdia en Tunisie et y termina ses jours en 1134. Entre autres ouvrages, on lui doit un traité des simples ( El adwiya el-mofrada ) et divers travaux d’astronomie et de logique. Un autre traité des simples, bien plus connu, est celui qu’écrivit au treizième siècle Ibn-Béïtâr, botaniste de Maîaga, qui parcourut l’Égypte, l’Asie-Mineure et la Grèce à la recherche des plantes; il s’installa à Damas et y retourna même après la mort de son protecteur, El-Mélik el- Kâmil.
La médecine réclame encore le grand nom de Moùsa Ibn-
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Maïmoùn, connu sous le nom de Maimonide. Il était né à Cordoue en 1139; c’est dans cette ville qu’il étudia la théologie juive. Lors des persécutions dirigées contre ses coreligionnaires par le sultan almohade 'Abd-el-Mou’min, il se fit passer pour musulman, puis il se transporta en Égypte, où il fut successivement médecin de Saladin et d’El-Mélik el-'Aziz. Son Guide des égarés rentre dans la philosophie ; ce qu’il est surtout intéressant de constater, c’est que, parmi ses ouvrages médicaux, il existe un traité sur le venin des reptiles et le moyen de s’en guérir.
L’alchimie, science favorite du moine Marianus, que nous avons vu plus haut travailler avec un prince oméyyade, Khâlid ben Yézid, est représentée par un être énigmatique, sur lequel on n’a presque pas de renseignements, et qu’on dit élève de ce même moine, Djâbir ben Iiayyàn, qui vivait à Koûfa vers 776. Il a laissé vingt-sept ouvrages, dont plusieurs, traduits en latin et en allemand, ont été imprimés à Nuremberg, à Francfort et à Strasbourg, de 1473 à 1710.
Divers traités d’alchimie sont dus à un auteur dont la réputation provient de travaux entièrement différents, Ibn- Wahchiya. Il était Nabatéen, c’est-à-dire, pour les Arabes, araméen des plaines de la Babylonie, et il a écrit un traité consacré à l’agriculture nabatéenne et plein d’observations scientifiques, fruit des antiques traditions conservées de génération en génération par les laboureurs du Sawâd. Un autre traité d’agriculture, reposant en partie sur les sources grecques et en partie sur les propres recherches de l’auteur, est le Kitâb el-Félâha d’Ibn el-'Awwâm de Séville, qui a été traduit en espagnol par Banquera et en français par Clément- Mullet.
Dès cette époque, 'Otârid ben Mohammed, dit El-Uâsib (le calculateur) ou El-Kâtib (le secrétaire), écrivit le Livre des minéraux et des pierres précieuses, qui est le plus ancien traité connu de ce genre ; sa renommée fut plus tard effacée par un ouvrage sur le même sujet, VAzâhr el-afkâr (Fleurs des pensées), par Et-Tifachi, mort en 1253.
L’hippologie et l’équitation ont fait l’objet, vers l’an 900, d’un ouvrage écrit par un homme éminemment compétent,
HISTOIRE DES ARARES
Ya'qoùb ben Akhi-Hizâm, chef clés écuries du khalife el- Mo'tadid. La terminologie des sciences nous est fournie par le Ma failli el-oloûm (Clefs des sciences) de Mohammed el- Khârizmi, ouvrage dédié à 'Obéïcl-allah El-'Otbi, ministre du prince samanide Noùh II, et par le Kitôib el-Moqâbasât cL'Ali et-Tauhidi divisé en cent trois sections sur différentes sciences.
Les traductions de l’arabe en langues européennes. — C’est par des traductions que l’Europe a eu, au moyen âge, connaissance des sciences cultivées en Orient, et la plupart de ces traductions sont en latin, l’idiome savant le plus généralement répandu. Il est important d’en tracer une esquisse afin de se rendre compte de la manière dont les idées se sont communiquées entre deux mondes aussi profondément séparés que l’Europe chrétienne et l’Orient musulman. Les Juifs furent les grands intermédiaires de ce commerce spirituel, surtout dans le nord de l’Espagne et en Provence. Généralement le concours de deux personnes était nécessaire ; un juif, ou encore un Arabe ou un juif converti au christianisme, était le traducteur qui rendait dans la langue de son pays les idées exprimées en arabe, et ensuite intervenait un lettré chrétien qui mettait en latin cette traduction vulgaire.
Les sciences qui ont particulièrement attiré l’attention des traducteurs sont la médecine, les mathématiques (y compris l’astronomie et l’astrologie), la philosophie, les sciences occultes.
Depuis l’année 1060 vivait à Salerne et au couvent du Mont-Cassin Constantin surnommé Afer (l’Africain), né à Carthage, qui avait voyagé en Orient ; il a laissé des écrits qui sont en grande partie des plagiats et des traductions libres de l’arabe retravaillées; ils ont été publiés à Bâle en 1539, dans les œuvres d’Isaac (Leyde, 1515) et dans les Arlicella. Ses sources sont le Pseudo-Galien, Hippocrate, le Kâmil eç-Çinaci d’'Ali ben ‘Abbâs, Ahmed ben el-Djezzâr, Ishaq ben 'Imrân.
Simon, fils de Seth, qui était médecin à Antioche vers 1080, a traduit en grec les fables de Bidpaï, c’est-à-dire le livre de
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Kalila et Dimna , dans un texte qui a été publié par Starck en 1697.
Platon de Tivoli ( Tiburtinus ) était établi à Barcelone où il eut l’occasion de s’associer avec un autre traducteur, le Juif .Abraham bar Hiyya qui portait le sobriquet de Savasorcla, c’est-à-dire Çâhib ech-Chorta (le maître du guet) ; leurs travaux s’étendent sur la période 1116-1138. Ce Savasorcla avait écrit en hébreu un traité de géométrie qui fut traduit par Platon ; Gurtze a reconnu que cette traduction a été la base de l’ouvrage de Léonard Fibonacci de Pise, qui a le premier mis la géométrie arabe à la portée de l’Occident. Les deux collaborateurs ont fait connaître le traité du pouls et de l’urine de Honéïn (nom transformé en Aeneas par fausse analogie avec celui d’Énée) et divers ouvrages d’'Ali ben Ahmed el-Tmrâni (Ilali ben Hahamet Enbrani), d’Ibn-el-Khayyât ; le traité d’el-Battâni sur le mouvement apparent des étoiles a été publié à Nuremberg (1537) et à Bologne (1645).
Jean de Séville (Johannes Ilispalensis), appelé aussi Jean fils de David (Avendehut et même Avendar), était né à Tolède de parents juifs ; il fut, en qualité d’interprète et de traducteur, attaché à l’archevêque Raymond en même temps que Dominique Gundisalvi, chargé de la rédaction latine de l’interprétation que Jean lui fournissait en espagnol. En 1142, il composa d’après des textes arabes un Epiiome totius cistrologiæ qui a été imprimé en 1548. C’est à l’astrologie et à l’astronomie qu'il voua principalement ses efforts ; la philosophie ne vient qu’après. Il a traduit, notamment, l’épître sur la conservation du corps humain attribuée faussement à Aristote, qu’il a extraite du Sirr el-Asrâr de Yahya ben Batrik, et qui a été publiée, en même temps qu’une traduction libre en vers vieux-français, par Souchier, dans les Denkmâler provenzalisehen Literatar (Halle, 1883). Il a contribué à la traduction latine des Œuvres d’Avicenne imprimée en 1495 (autres éditions en 1500 et 1508) ; du C enti loquium d’el-Battâni (Betheni) sur l’astrologie judiciaire, publié avec d’autres ouvrages en 1493 ; du catalogue des sciences d’el-Fârâbi imprimé à Paris en 1638 par Caméra-
rius, et sur lequel Gérard de Crémone s’était également exercé ; de Y Abrégé d' astronomie d’el-Ferghâni, édition rarissime de Ferrare (1497), réimprimé à Nuremberg (1537) et à Paris (1546) ; de la Source de vie de Salomon Ibn-Gabirol (Avicebron), publiée par Baumker (Munster, 1894) ; du Mac/âçid el-féldsifa de Ghazâli dans l’édition très rare de Venise (1506) ; du Traité des horoscopes d’Albohali (Abou 'Ali Yahya Ibn-el-Khayyût) publié à Nuremberg (1546 et 1549). Yé Arithmétique d’El-Khârizmi, traduite par lui, et où la théorie de la numération indienne est traitée en latin pour la première fois, a paru à Rome en 1857 sous le titre de Liber Algorismi.
La traduction de Y Astrologie d’Abou-Ma'char, conservée dans de nombreux manuscrits, a été attribuée à Hermann le Dalmate dans les éditions imprimées. Le Traité des grandes conjonctions du même auteur a paru sans le nom du traducteur à Augsbourg (1489) et à Venise (1515) ; celui des Nativités d’Omar ben Farrukhàn a été imprimé à Venise en 1503.
Adélard de Bath (1120-1130) est nommé dans plusieurs manuscrits comme traducteur des Eléments d’Euclide, de Y Introduction à V astrologie d’Abou-Ma'char, et des tables de Mohammed ben Moûsa el-Khârizmi.
En 1127, Etienne d’Antioche traduisit le Kâmil eç-Çina a d’'Ali ben 'Abbâs imprimé à Venise en 1492, en critiquant la manière peu précise dont Constantin l’Africain avait traité le meme ouvrage dans son Pantegni.
Dans une lettre adressé à Bernard de Clairvaux par Pierre Maurice, abbé de Cluny, celui-ci l’informe qu’il a fait traduire le Qorân par Robert Retinensis et Hermann le Dalmate. Ce Robert Retinensis ou Ketenensis, d’origine anglaise (Anglus, Anglicus), était archidiacre à Pampelune ; on l’appelle encore Ostiensis, Astensis et Castrensis. Sa traduction du Qoràn, qui a été faite en 1143, a été publiée à Bâle par Bibliander en 1550. Il s’est occupé également des tables astronomiques d’el-Battâni, et d’un ouvrage d’alchimie placé sous le nom de Morienus Romanus, qui porte le titre de De compositione alchemiæ mais a été imprimé à Paris (1564) sous celui de De re metallica et à Hanovre (1593) sous celui de De transfiguratione melallorum ; ce Morienus est le
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même que le moine Marianus dont nous avons déjà parlé. Etant à Ségovie, il traduisit un opuscule d’el-Khârizmi (Algaurizim) qu’il est assez difficile d’identifier : Liber restaurationis ei oppositionis nutneri : ce latin semble correspondre à l’arabe el-cljabr w'èl-moqâbala , c’est-à-dire à l’algèbre. Le Traité de i astrolabe de Ptoiémée parait avoir été traduit à Londres.
Hermann le Dalmate, appelé encore l’Esclavon, le Scolastique, le Chaldéen et enfin le second pour le distinguer du savant hébraïsant Hermann Gontractus qui mourut en 1054, est connu comme collègue de Piobert Retinensis et son collaborateur dans la traduction du Qorân exécutée à la demande de Pierre Maurice, abbé de Cluny. Il a écrit une Doctrina Machumeti imprimée en 1543 dans les Notationes de Widmestad, un traité De generatione Machumet publié dans les Poésies populaires latines de du Méril (1847), une Chronica mendosa et ridiculosa Saracenorum (jusqu’à la mort d’el-Hasan), un abrégé du Planisphère de Ptoiémée avec les notes de Maslama el-Madjriti, une partie du traité d’astronomie d’Abou Ma'char el-Balkhi dont le nom est ridiculement déformé en Albumayar Abalambricum, publiée à Venise en 1489, 1495 et 1506, le TahwîleP Alain , pronostics de l’astrologue juif Sahl ben Bichr (Zael ben Bixir), et les tables astronomiques d’el-Kliârizmi.
Rudolf de Bruges, élève d’Hermann le Dalmate, est cité comme traducteur du traité du Planisphère de Ptoiémée, abrégé par le même Maslama el-Madjriti à Tolosa en 1144 et imprimé en 1536 à Bâle dans la collection qui porte le titre de Sphæræ atque astrorum cœlestium ratio ; et d’un opuscule consacré à la description d’un instrument destiné à mesurer le cours des astres, d’un auteur inconnu.
Eugenius, amiral du roi de Sicile et appelé pour ce motif tantôt Amiratus et Amiracus, tantôt Siculus, traduisit en 1154 l 'Optique de Ptoiémée publiée par Garià Turin en 1885, et un ouvrage d’origine inconnue sur l’art de prophétiser, qui porte le titre de Basilographia ou Regalis scriptura ; il parait avoir été traduit du chaldéen en grec par un certain Daxopater et du grec en latin par Eugenius.
Galippus doit être la transcription du nom de Ghâlib et désigne vraisemblablement un chrétien de Tolède qui, entre les dates T175et 1187, traduisit pour Daniel de Morley Y Almageste de Ptolémée ; ce Daniel était un Anglais qui, après avoir étudié à Oxford et à Paris, s’était rendu en Espagne pour y étendre ses connaissances.
Gérard de Crémone séjourna quelque temps à Tolède, puis il retourna dans sa ville natale où il mourut en 1187 à l’âge de soixante-treize ans. Traducteur infatigable, il peut être considéré comme un des auteurs ayant le plus contribué à faire connaître la science grecque sous son vêtement arabe. Alexandre d’Aphrodisias lui a fourni, en plus de travaux restés manuscrits, la matière de son opuscule sur Y Intellect publié en 1501 d’après la version d’Ishaq ben Honéïn ; il a pris à Proclus, semble-t-il, le Traité de V exposition de la bonté pure, ou Livre des causes, édité à Fribourg (1882), à Aristote celui des Propriétés des éléments souvent réédité depuis 1496. L ’Ars parva de Galien traduite par Honéïn, que le moyen âge a connue sous le nom grec déformé de Tegni , a été publiée sous le nom de l’auteur de la préface, 'Ali ben Riçlwân, à Venise (de 1496 à 1527, quatre éditions). Son Ptolémée , traduit vraisemblablement sur la version d’el- Hadjdjâdj ben Yoùsouf, aparu à Venise (1515) sans le nom du traducteur. Le Traité des sphères de Théodosius, traduit probablement par Qostâ et corrigé par Thâbit, a été imprimé en 1518. Aux auteurs arabes il a emprunté le Livre de l’astronomie de Djâbir ben Allah de Séville imprimé à Nuremberg (1534) et le Traité des arcs semblables en géométrie d’Ibn-ed-Dâya que M. Curtze a publié dans les Mitleilungen des Copernikus-Vereins (1887); le livre des Anwâ (Lever des étoiles qui annoncent la pluie), calendrier astronomique et économique à l’usage des chrétiens, d’'Arîb ben Sa'd, publié dans YIListoire des sciences mathématiques de Libri (1838) sous le titre de Liber anoe ; le Canon d’Avicenne, qui a eu plus de trente éditions, dont quinze antérieures à l’an 1500; le Liber triam fratrum , sur la mesure des figures planes et sphériques, écrit par les trois frères Mohammed, Ahmed et El-Hasan, fils de Mousa ben Châkir, publié par M. Curtze
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dans les Noua acta de l’Académie allemande d’histoire naturelle (Halle, 1885) ; le De aggregationibas scientiæ stellarum d’El-Ferghàni.(Alfragani) a été publié à Francfort (1590), toutefois le texte latin n’est pas celui de Gérard conservé dans de nombreux manuscrits, mais a été traduit sur une version hébraïque ; le Livre des crépuscules d’Ibn el-llaïtham (AF hacen, Allucen) a été publié par Petrus Nonius (Nunez) à Lisbonne (1541) et par Pvisner à Bàle (1572). Le De gradibus medicinarum a paru à Strasbourg. (1531) et à Venise (1556, 1558). Le traité De Orbe de Mâchâliah (Messahala) a été publié dans la rarissime édition de Nuremberg (1504) et dans une seconde parue en 1549. Sa traduction de l’algèbre d’el-Khàrizmi a été éditée par Libri dans son Histoire. Les remarques de Fadl ben Hâtim en-Néïrîzi sur les Eléments d’Euclide, dont l’original arabe a été imprimé à Copenhague (1893), ont été insérées par M. Curtze à la suite de son édition du célèbre géomètre (1899). Le Kitâb el-Wisâd (Livre de l’oreiller) d’Ibn-Wéfid (Abenguefiti) sur les simples et les aliments a été imprimé, dans la version de Gérard, à Strasbourg (1537) et à Venise (1558). La Chirurgie d’Abou’F Qâsirn ez-Zahrâwi (Azaragui) a eu de nombreuses éditions (quatre à Venise, de 1497 à 1531, Strasbourg 1532, Bàle 1541).
En 1198, Johannes Tetrapharmacos traduit le manuel des antidotes d’ez-Zahrâwi, appelé « Galaf iils d’Albucasis » ; son travail est resté manuscrit.
L’Anglais Alfred ou Walafred (Alphiatus) de Sarchel traduisit, dans la période, qui s’étend de 1200 à 1227, le Traité des plantes de Nicolas de Damas attribué parfois à Aristote, publié par Meyer (1841), et d’après des sources arabes indéterminées, l’opuscule De motu cordis édité par Barach (1878).
Philippe de Tripoli traduisit, probablement vers 1200, pour Guido de Valence, évêque de 1 ripoli, le Sécréta secreiorum qu’il disait avoir trouvé à Antioche, qu’on attribuait à Aristote et que Yahya ben eFBatrik avait traduit du grec en arabe ; cette pauvre compilation, que le traducteur arabe prétendait avoir découverte dans un temple de Sérapis, mélange de mysticisme philosophique et de superstitions, a eu le
plus grand succès au moyen âge dans toute l’Europe et a été la source où ont puisé de nombreux rimeurs et prosateurs, particulièrement dans le nord de la Provence.
Michel Scot, qui doit son nom (Scotus) à ce qu’il était originaire du comté de Fife en Ecosse, avait beaucoup voyagé ; après un séjour en France, il était parti pour l’Allemagne, où il devint le favori de l’empereur Frédéric II ; plus tard, en Angleterre, le roi Edouard Ier l’employa à diverses missions ; peu de temps avant sa mort, il fut chargé (1290) d’aller chercher en Norvège une princesse destinée à partager le trône d’Ecosse. Instruit comme il l’était, il fut tenu pour sorcier et magicien. Ses traductions de Farabe sont peut-être passées par l’intermédiaire d’un certain Juif, converti ou non, appelé Andréas. On lui doit la traduction du commentaire d’Averrhoès sur le De cœlo et mundo d’Aristote, mise dans les éditions sous le nom d’un certain Paul l’Israélite, du Talkhîç , du même philosophe, sur les Météores du Stagyrite, celle de l’abrégé du Traité des animaux d’après Avicenne, dédiée à Frédéric II, de la Métaphysique d’après le grand commentaire d’Averrhoès, imprimée dès 1473 dans les œuvres d’Aristote ; du Livre de /’ astronomie d’el-Bitrodji (Alpetragius et même Avenalpetrans dans un manuscrit de Paris), datée de 1267; c’est sur une traduction hébraïque que Kalonymos bar David a refait une traduction latine imprimée à Venise en 1531.
Etienne de Saragosse, citoyen de Lérida, a traduit en 1233 le Livre des simples d’Ibn-el-Djezzàr, dont le nom, défiguré en Ibn Zizar, est aisé à reconstituer d’après l’explication latine « filius carnificis » ; son ouvrage est conservé en manuscrit à Munich.
A la même époque et dans l’entourage de Frédéric II, entre 1236 et 1240, nous trouvons encore un astrologue, Théodore le philosophe, qu’on supposait originaire d’Antioche, qui avait vécu à Jérusalem et finit par se suicider. Avec l’aide d’un moamyn [mou min, musulman) qui remplissait à la cour d’Allemagne les fonctions de fauconnier, il composa ou traduisit de l’arabe un traité de vénerie et de fauconnerie, qui est resté manuscrit.
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Hermann l’Allemand (Alemannus, Teutonicus, Germa* nicus) a été, entre les dates de 1240 et de 1260, professeur de Roger Bacon à Tolède; il n’était pas traducteur par ses propres moyens, il avait recours, pour ses travaux, à l’aide d’interprètes musulmans. On lui attribue la traduction du commentaire moyen d’Averrhoès sur la Poétique d’Aristote, publiée en 1481 et en 1515, de Y Ethique du philosophe grec, publiée dès 1483, de la Déclaration abrégée d’el-Fârâbi sur la Rhétorique du même, imprimée aux mêmes dates (1481- 1515).
Salio, chanoine à Padoue, traduisit au commencement du treizième siècle, avec le concours d’un certain David, qui vivait dans le ghetto des Juifs, le livre des naissances d’Albubather, fils d’Alchasibi (ou Alcharsi), lequel est probablement el-Hasan ben Khâçib cité dans le Fihrist. Cet ouvrage a été imprimé à Venise antérieurement à 1492 et en 1501, à Nuremberg en 1540. Il s’est occupé également du traité des étoiles fixes du pseudo-Hermès, en manuscrit à Vienne.
Un Juif, Isak benSid, bedeau de la synagogue de Tolède, rédigea, sur l’ordre d’Alphonse X, de 1252 à 1256, les tables astronomiques connues sous le nom d’Alphonsines, dont la base est l’astronomie arabe ; il traduisit en espagnol un certain nombre d’ouvrages, qui ont été insérés dans les Libros del saber de astronomia del Rey Alonso, publiés à Madrid de 1863 à 1867.
Deux autres personnages, dont les talents furent également utilisés par Alphonse X, sont Picatrix, qui a traduit des tables de mouvement de la huitième sphère et des traités de nécromancie et de magie, tous conservés en manuscrit, et Ferrando de Tolède, qui a interprété en espagnol (1255) le traité d’ez-Zarkali sur l’instrument astronomique appelé ça fi ha ; son œuvre, corrigée par Bernaldo al Arabigo et le juif Abraham, a paru dans le même recueil.
Ce même traité d’ez-Zarkali a été traduit cà Montpellier en 1263 par Jean de Brescia (Johannes Brixiensis) avec l’aide de Jacob ben Maliir, connu sous le nom de Prophatius, qui était médecin et traducteur de l’arabe en hébreu.
En 1255, un juif, dont le nom italien de Bonacosa est peut-
être la traduction de Tobie, se trouvait à Padoue et y traduisit le Colliget, c’est-à-dire le traité général de médecine d’Averrhoès ( Kulliyyâi ), publié sans indication de nom à Venise en 1482 et à Strasbourg en 1531, en même temps que les œuvres traduites de Rhazès et de Sérapion.
La Géomancie arabe d’ez-Zanàti a été traduite en vers grecs sur la version persane par un moine, Ansénius, à cette môme époque (1266). L ''Optique d’Ibn-Haïtham (Alhazen), traduite par un Polonais ou Thuringien nommé Witelo (Vitellio) en 1269 pour le moine dominicain Guillaume de Moerbeke, ami de saint Thomas d’Aquin et archevêque de Corinthe, a été insérée, en même temps que d’autres ouvrages du même genre, dans VOpticæ thésaurus de Risner (Râle, 1572).
Étienne de Messine (Stephanus Messanensis, Takki), attaché en qualité de traducteur à la cour de Naples en 1270, a traduit en latin le Centiloquiam , traité d’astrologie mis sous le nom d’Hermès, imprimé à Venise (1493), et l’a dédié au roi Manfred ; il a aussi mis en latin, non d’après le grec comme le prétend le manuscrit, mais d’après l’arabe, l’opuscule d’Abou-Ma'char (Albumazar) sur la révolution des années.
Un médecin juif de Tolède, Yehuda bar Moses, fut un des collaborateurs des tables Alphonsines, et traduisit en espagnol le Catalogue d'étoiles d^Abd-er-Rahman eç-Çoûfi, le Libro complido d’'Ali ben Abi’r-Ridjâl (Abenragel), leTraité de la sphère de Qostâ ben Loûqâ, et un Traité de la propriété des pierres par Abolays, nom défiguré qui en cache un ressemblant à Abou’l-'Aïch. Ce dernier a été publié dans le Lapidario di Alonso en 1881.
Robert l’Anglais (Anglicus), dont on ne connaît rien en dehors de ses œuvres, est donné comme traducteur de deux ouvrages, le traité De jucliciis d’el-Kindi (vers 1272) et celui qui est appelé De proportione et proporlionalilate ; pour ce dernier l’attribution n’est pas certaine, à raison du silence des manuscrits.
Un Juif de Girgenti, qui s’appelait Faradj ben Salem et dont le nom a été déformé de diverses manières (magister
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Farachi, Faragut, Fararius, Ferrarius, Franchinus), traduisit, à la demande de Charles d’Anjou et postérieurement à l’année 1279, le traité attribué à Galien par Honéïn sur les médications expérimentées, le Taqwîm d’Ibn-Djazla sous le titre de Tacuini Buhahylijha (Strasbourg, 1532), la chirurgie attribuée à Mesue, le Hâwi de Rhazès, en deux énormes in-folio (Brescia, 1486; Venise, 1500 et années suivantes); ce dernier ouvrage est accompagné d’un glossaire ; une note nous apprend que le travail a été terminé le 13 février 1279.
Yehuda ben Astruc de Barcelone, appelé communément Bonsenyor, était médecin ; il fut interprète de Jacques Ior et d’Alphonse X; sur l'ordre de ce dernier, entre 1280 et 1300, il compila un recueil de sentences en catalan d’après des sources arabes, imprimé à Palma par Llabres y Quintan a en 1889.
Simon Januensis (de Gènes), auteur des Synonyma , ouvrage composé vers 1290, traduisit, avec l’aide de l’interprète juif Abraham de Tortose, le Traité des simples de Sérapion (Venise, 1497, 1550 ; Lyon, 1525; Strasbourg, 1531) et le Liber servitoris de Bulchasin, c’est-à-dire le Livre de la préparation des remèdes pharmaceutiques par Abou’l- Qâsim ez-Zahrâwi (Venise, 1471).
On ne connaît de Marc de Tolède, qui était chanoine en cette ville, que ses ouvrages, à savoir, une traduction du Qorân conservée en manuscrit à Paris, à Turin et à Vienne, et des traités médicaux adaptés ou traduits sur le texte de Honéïn, qu’il appelle Joannicius : sur le pouls, le mouvement des muscles, les mouvements liquides, plus une introduction à la Teyni de Galien parue en 1527 dans les Articella sans que le nom de l’auteur y soit donné, mais qui est vraisemblablement de lui.
En 1280, Paravicius, médecin à Venise, traduit le Tèïsîr d’Abou-Merwàn Ibn-Zohr avec l’aide du juif Jacob, et ce compendium de la médecine est souvent réimprimé depuis l’édition princeps de Venise (1490).
Ce mouvement continue au quatorzième siècle. Armengab ou Armengaud, médecin de Philippe IV le Bel, traduit à Montpellier de l’hébreu, en même temps que ses propres
ouA7rages sont translatés dans cette langue ; on cite comme son collègue unautre médecin, Denarius. Iltraduit VOrdjouza d’Avicenne avec le commentaire d’Averrhoès en 1284 (son travail a été publié avec le Canon et dans les œuvres d’Averrhoès), le traité de Galien sur la connaissance des fautes médicales, en manuscrit à Dresde, et des écrits de Maimonide restés également manuscrits. Il mourut en 1314.
Arnaud de Villeneuve, originaire des environs de Barcelone, qui mourut en 1312 ou 1314, traduisit le Traiié du cœur d’Avicenne publié avec le canon d’Armengaud et revu par Andréas Alpagus, celui de Y incantation de Qostâ ben Louqâ attribué à tort à Galien ou à Honéïn, celui des degrés de la médecine d’El-Kindi, le Livre des simples dont on ne connait pas exactement l’auteur (Abou-Ma'char, Abou-Khazar, Abou-Zole), la Diététique d’Ibn-Zohr (Avenzoar), publiée à
Bâle en 1618 sans le nom du traducteur.
Kalonymos fils de Kalonymos, auteur hébraïque d’ailleurs connu, traduit, sur l’ordre de Robert d’Anjou, le Téhâfot el-Téhâfoi , réfutation de Ghazâli par Averrhoès: ce travail existe en manuscrit à la Vaticane et à Venise ; c’est de là qu’on a tiré les Disputes de Métaphysique , qui ont paru dans l’édition des œuvres d’Aristote (Venise, 1497 et 1508). Il fut achevé à x4rles le 13 avril 1328.
Le frère Alphonse Bonhomme (Bonihominis), nommé en 1346 évêque de Maroc parle pape Clément VI, s’est occupé de travaux apologétiques et polémiques ; il a censément traduit une lettre adressée par le juif marocain Samuel, baptisé à Tolède en 1087, à un certain Rahbi Isak; ce document a été fréquemment édité et traduit en différentes langues. Il a écrit également un dialogue entre Samuel et le musulman Abou-Talib el-Faqih. Au sentiment de Moritz Steinschneider, ces deux ouvrages sont supposés et vraisemblablement écrits par Bonhomme lui-même.
Guillaume Raymond de Moncada, fils du juif de Girgenti Nissim AbouT-Faradj, embrassa le christianisme en 1467 et dédia, dix ans après, à Rome, au duc Frédéric d’Urbino ses traductions du traité d’Ibn-Héïtham sur les images célestes, de deux chapitres (XXI et XXII) du Qorân, et de tables
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■d’éclipses d’après trois ouvrages arabes. Le professeur Bauch a avancé que Moncada était devenu évêque, mais la preuve en manque encore ; et qu’il était peut-être le même que ce problématique Mithridates connu par un grand nombre de traductions latines d’ouvrages cabalistiques hébreux, conservées en manuscrit à la Yaticane.
Hieronymus Ramusius (Rhamnusius) était un citoyen de Venise qui exerçait à Damas la profession de médecin et y mourut en 1486. Il y avait appris l’arabe en peu de temps, si bien qu’il traduisit, dit-on, la plupart des ouvrages cl’Avicenne. Ses traductions, avec les notes d’Alpagus, ont été utilisées par les éditeurs du Canon.
Pierre Nicolas Castellani de Faenza a traduit la Théologie mise sous le nom d’Aristote, qui a été publiée à Rome dans l’édition extrêmement rare de 1519, suivie de trois autres. L'édition de Paris (1571) de Jacques Charpentier est agrémentée de gloses qui ont disparu de la réédition donnée clans les œuvres d’Aristote.
André Alpagus de Bellune (Belluensis), qui mourut vers 1520, a traduit un certain nombre de traités d’Avicenne dans l’édition donnée par son neveu Paul Alpagus (1527, 1544) et dans celle de Venise (1546), l’opuscule cl’Averrhoès sur la thériaque (1552, 1560), les Practica de JeanSérapion (Venise, 1550), le traité De malis limoniis d’Ibn-Béitar (Ebenbitar), dans les éditions de Venise (1583) et de Paris (1602), sans compter d’autres travaux qu’on sait avoir été faits en raison de la citation qu’on en trouve.
Le médecin Jacques Dubois (Jacobus Sylvius) d’Amiens, où il naquit en 1478, professeur à Paris où il mourut le 15 janvier 1555, a traduit et annoté deux livres des simples et un livre des antidotes dans l’édition de ses œuvres médicales parue à Genève (Colonia Allobrogum, 1630).
Nicolas Massa, médecin vénitien, mort en 1569, est cité dans les éditions latines du Canon d’Avicenne comme traducteur de la biographie de ce célèbre auteur écrite par Sorsanus, c’est-à-dire Abou- Obéïcl el-Djouzdjani, élève du grand maître.
La déformation des noms et l’absence de dates permettent
parfois de difficilement identifier tel ou tel traducteur. Qui est-ce que Azogont ou Drogon, qui a traduit 1 eTraité des plaies d’El-Kindi (Venise, 1507 ; Paris, 1540) et celui sur le môme sujet de Machallah conservé en manuscrit à Paris ? Est-il le môme que Hugo Sanctaliensis (Strallensis), traducteur de nombreux ouvrages d’astronomie et d’astrologie, notamment du traité attribué à Aristote, de celui d’El- Fergtiâni sur les mouvements des planètes, de celui de Japliar l’Indien (peut-être Abou-Ma'char) sur les pluies ? Et Salome, fils d’Arit Alcoahm de Tolède, qui a écrit en 1159 un traité d'ophtalmologie, était-ce un Juif converti au christianisme ? Il est difficile de préciser l’époque où vivait Etienne Arnaud (Stephanus Arnaldi) de Barcelone, qui était probablement médecin à Montpellier et traduisit le traité de Qostâ ben Loûqâ sur la sphère solide.
Un grand nombre de traductions sont restées anonymes. C’est ainsi que le moyen âge a connu le traité des corps flottants d’Archimède en même temps que par la traduction du grec due à Guillaume de Moerbeke et dont se servit Léonard de Vinci ; les œuvres d’Aristote par les traductions d’Averrhoès d’après la version hébraïque, quelques-unes directement traduites sur l’arabe ; les traités d’alchimie placés sous le nom d’Artephius, qui doit être identifié avec l’alchimiste grec Stephanos, ainsi que sous ceux d’Avicenne et de Geber (Djâbir ben Hayyân); les œuvres magiques et alchimiques attribuées à Apollonius de Tyane (Balinâs des Arabes, latin médiéval Belenus, Bilonius) ; celles qui s’autorisent du nom de Platon (Neuemich, c’est-à-dire nawâmîs « les règles », probablement d’après Honéïn), les traités d’alchimie réunis sous le nom de Turba philosophornm, dont on connaît deux traductions différentes et une recension séparée (Strasbourg, 1622, dans le Theatrum chemicum , et dans YArtis ciuriferæ, 1610); différents traités et tables des vingt-huit mansions lunaires.
Gomme on vient de le voir, la Renaissance n’avait pas arrêté le cours du travail de traduction, bien que la connaissance du grec se répandit et que l’on pût s’adresser aux sources mêmes; au contraire, l’invention de l’imprimerie
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avait contribué à populariser une foule d’ouvrages traduits au onzième siècle et dans les périodes suivantes, restés jusque-là manuscrits. Cependant, avec le dix-septième siècle, il intervient un facteur nouveau, la naissance de l’orientalisme, qui va permettre d’étudier sur les textes mêmes les auteurs arabes qu’on devinait, plutôt qu’on ne comprenait, à travers le vêtement latin dont onlesavait revêtus. Le nom de Pierre Yattier (né en 1653, mort en 1667) est universellement connu ; médecin du duc d’Orléans, il traduisit successivement Y Histoire d’El-Makîn (1657), l’ Histoire de Tamerlcin d’Ibn-'Arabchâh (Ahmed Gueraspe) en 1658, la Logique et les Maladies mentales d’Avicenne, l 'Elégie cleToghrâi, VOnéirocritique d’'Abd-er-Rahman ben Naçr (Gabdoracharnan) et enfin l’ Égypte de Mortadâ fils d’'Afif (Gaphiphe) en 1666.
La fondation du collège maronite de Rome par le pape Grégoire XIII (1584), où vingt jeunes gens étudiaient les sciences ecclésiastiques, contribua beaucoup à répandre la connaissance de l’arabe, car c’est de là que sortirent Gabriel Sionite, Abraham Echellensis et Assémani. Le premier, Djibrâîl eç-Çahyoûni, étaitné à Ehden (Liban) dans la région des cèdres, vers 1577 ; il occupait les fonctions de professeur d’arabe et de syriaque au collège de la Sapience à Rome, quand il fut appelé par Louis XIII, sur la recommandation de Savary de Brèves, pour professer au Collège de France et remplir les fonctions de secrétaire-interprète (1614). Il collabora à la Bible polyglotte, mais avec une lenteur telle que, pour hâter son zèle, Richelieu le fit enfermer à Vincennes où il resta trois mois; il traduisitles Psaumes d’arabe en latin (Rome, 1614), la géographie d’Edrîsi sous le titre de Geographia nubiensis (Paris, 1619) ; il mourut à Paris en
Abraham Echellensis s’appelait Ibrahim el-Heklêni ; il était né à Hékel, dans la province de Djébéïl. Après avoir étudié et donné des leçons à Rome, il vint à Paris, professa au Collège de France (1646) et mourut à Rome en 1664. Collaborateur de Gabriel Sionite pour la Bible polyglotte de Le Jay, il traduisit VHistoire d’Ibn er-Râhib el-Miçri, trois livres des Coniques d’Apollonius de Pergé, les Actes du Concile
HISTOIRE DES ARARES
de Nicée; il publia un précis de l’histoire de la philosophie orientale (Synopsis propositorum sapientiæ Arabum, 1641).
Assémani est Yoûsef Sim'ân es-Sim'ânî, d’une famille originaire de Hasroûn (Liban) ; il naquit à Tripoli de Syrie le 27 juillet 1687. Il fut chargé par le pape Clément XI de dresser le catalogue des manuscrits qu’un de ses parents venait d’envoyer à la Yaticane. Chargé plus tard (1715) d’aller rechercher des manuscrits en Syrie et en Égypte, il en rapporta les matériaux de sa Bibliotheca orientalis ; nommé préfet de la Vaticane par Clément XII, il reçut de Charles IV, roi de Naples et des Deux-Siciles, le titre d’historiographe du royaume, à la suite de ses recherches sur les historiens italiens. Il mourut à Rome le 31 décembre 1768, laissant pour successeur son neveu Étienne-Évode ; un autre neveu, Joseph-Éloi, et Simon, qui était de la même famille, enseignèrent après lui les langues orientales, c’està-dire l’arabe et le syriaque.
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BIBLIOGRAPHIE
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Du même, Die europdischen U eberselzungen ans dem arabischen bis mille des 17. J ahrhunderts ( Sitzungsberichte de l’Académie des sciences de Vienne, vol. CXLIX et CLI), in-8, Vienne, 1904-1905.
K. -T. Khaïrallah, La Syrie {Revue du Monde Musulman, vol. XIX, juin 1912, pp. 33-39).
CONCLUSION
Nous voici arrivés au terme de ce long exposé de treize siècles d’histoire. L’impression qui résulte de cette succession de catastrophes, de ces guerres continuelles, de ces rapines incessantes, de ces changements de gouvernements, de ces randonnées d’une oligarchie militaire au travers de populations éternellement victimes de leur oppression, tantôt soumises et tantôt révoltées, est faite de quelque dégoût et de quelque ennui. C’est que l’islamisme, qui a réussi à créer une forme de société, dans sa première base, la famille, devenue intangible et indestructible par sa longue durée même, et dont rien ne permet de prévoir ni la transformation ni la fin, a été incapable de donner à cette forme de société son couronnement naturel, la création d’Etats organisés permettant, à l’abri de cette organisation même, l’évolution des mœurs, des idées, des relations. Les Arabes d’ailleurs, ni même les peuples parlant arabe, n’ont plus depuis longtemps part au gouvernement. Il n’y aeu de véritable empire purement arabe que le règne, si vite troublé, des quatre premiers Khalifes, ceux de Médine, et la domination des Khalifes oméyyades de Damas, jouissant tranquillement, dans un milieu araméen chrétien fortement influencé par l’hellénisation, des joies de la vie que leur offrait une civilisation avancée, et réglant de haut et de loin les destinées de leur immense empire. Les Persans reprennent vite une influence prédominante en Orient, mais ils ne tardent pas à être dominés à leur tour par les patientes et disciplinées milices turques, dont les Abbassides se font des prétoriens et dont ils sont tout de suite les jouets : en Occi-
CONCLUSION
dent, les Berbères et les Espagnols, qui forment une masse échappant à toute comparaison numérique avec les immigrants de race arabe, soumettent ceux-ci à leur influence. Le gouvernement est purement empirique, malgré les efforts des théoriciens, dont les chefs ne tiennent pas compte; il est autoritaire et sans frein.
Ce défaut d’organisation politique remonte à Mahomet lu i-même. Il avait bien réussi à créer à Médine un pouvoir théocratique, mais il n’en avait pas réglé la dévolution à ses successeurs. Croyait-il que la fin du monde arriverait si vite, que cette éventualité n’eût pas besoin d’être envisagée ? S’imaginait-il que le fait d’avoir confié la conduite de la prière solennelle du vendredi et le soin de prononcer le sermon à Abou-Bekr emportât désignation cl’un successeur, auquel cas il se serait trouvé en désaccord avec l’unanimité de ses partisans dévoués ? Il est difficile de trancher la question, faute de renseignements suffisants.
Ce qui est plus étrange, c’est qu’ Omar, véritable organisateur de l’État musulman, n’ait pas compris que les bases en étaient insuffisamment appuyées, et que chaque élection de l’imam allait susciter des compétitions, ce qui se produisit naturellement, et fort vite. Ainsi, d’un côté, une communauté immense formée d’un groupement considérable de familles, fondue en une seule nation (car le Musulman n’a, au fond, d’autre nationalité que sa religion, comme dans le christianisme primitif), et, de l’autre côté, à la tête de cette nation, d’abord une, puis morcelée suivant les nécessités géographiques d’une part, ethniques de l’autre, un pouvoir autocratique chancelant. C’est ce qui a amené l’islamisme à son point de développement actuel : l’indépendance de ses États disparaissant graduellement, et, à côté de cela, une société inattaquable, irréductible.
Cette société a pourtant eu des moments d’éclat, et l’étude de ces périodes brillantes repose de la fastidieuse énumération de dynasties se succédant les unes aux autres sans pouvoir constituer d’États vraiment solides. Une vaste littérature nous est restée de ces instants heureux, elle domine encore de nos jours l’Orient musulman. La science
grecque, cultivée à Bagdad et en Espagne, a influé, grâce aux traductions de l’arabe en latin, sur le développement de la pensée européenne au moyen âge; le mérite doit en revenir à la floraison de la langue, véhicule des idées à ces lointaines époques, et qui l’est restée, sinon pour l’Europe affranchie de la Renaissance, tout au moins pour les musulmans de quelque pays qu’ils soient, auxquels elle fournit, par son extraordinaire souplesse, les termes scientifiques que nous continuons d’emprunter au grec ou de former sur son modèle.
Le point de départ de cette organisation est la volonté, l’énergie d’un seul homme, un génie, puisque c’est le nom que porte dans la langue l’apparition d’un phénomène de cet ordre. Il n’y a pas là d’évolution lente, mais une transformation brusque, une mutation, dont le facteur est la personne de Mahomet. L’action du milieu est nulle ; au contraire, ce sont les réactions de ce môme milieu qui produisent tous les événements de l’histoire primitive de l’islam : refus des Mecquois d’abandonner leurs divinités, accord politique des Médinois (milieu fortement influencé par les idées juives) pour placer à leur tête l’adversaire des Qoréïchites. Le milieu où s’est formé l’esprit de Mahomet, celui qui lui a donné son éducation et son instruction de prophète, nous est inconnu : on devine des conversations avec de pauvres chrétiens esclaves, qui avaient conservé dans leur mémoire des bribes des Évangiles canoniques et apocryphes et dans leurs bagages quelques pages de la Bible, ou avec des ascètes à la manière des Égyptiens, moines ermites du désert, récitant peut-être ces poésies nées sur les bords de l’Euphrate, qui avaient donné une forme ailée aux vieilles légendes de l’Ancien Testament. Ainsi formé, cet esprit éclate brusquement dans son milieu hostile, n’y réussit à rien et, changeant de territoire, se trouve du jour au lendemain constitué en chef d’État, pouvant alors, en invoquant le Dieu des batailles, donner par la force à ses élucubrations subconscientes une autorité que la simple persuasion ne leur avait pas acquise. L’empire de Mahomet sur les âmes qu’il avait conquises, celles de ses compagnons, était puissant; il était
CONCLUSION
bien moindre sur celles des Arabes qui ne se soumettaient qu’à la démonstration palpable d’une force supérieure à la leur. Cet empire reposait sur cette énergie individuelle dont nous ne pouvons que constater l’effet, en ignorant les causes, et que nous appelons ascendant, n'ayant pas d’autre mot pour désigner ce phénomène.
Le temps a fait le reste. Les Arabes sont restés dans leurs déserts, mais leur langue, devenue le véhicule de l'islamisme, s’est conquis une aire immense, et sa littérature, flambeau de la science au moyen âge, jouit actuellement d’un renouveau qui lui assure une influence de plus en plus considérable ; elle a, pour l’avenir, à remplir le beau rôle d’éducateur moral pour les populations, attardées dans leurs rêves, qui n’ont senti que trop tard l’avance prise par l’Europe et l’Amérique dans le développement progressif de l’humanité.
INDEX GÉNÉRAL
Dans le classement par ordre alphabétique, il n’a pas clé tenu compte
de l’article arabe el.
ÀARON, I, 331.
Aba (Ile d’), dans la région de Khartoum, II, 3*28, 329.
'Abàbdè, II, 296.
Abàbîl, oiseaux fabuleux du Qorân,
Abàdites, secte de Kbâridjites, II, 258. Voir ibadites.
Abaqa, empereur mongol, 11, 44, 45,
'Abbâd, fils du cadi Abou’l-Qâsim 'Mohammed, II, 170, 171.
'Abbâd, fils de Djolandà, maître de l’Oman, I, 155, 173.
'Abbâd (Banou-), 'Abbadites, dynastie de Séville, II, 169.
EI-'Abbâs, tils d’ 'Abd-el-Mottalib et oncle de Mahomet, I, 84, 97, 161, 166, 170, 181. — If, 220.
'Abbâs (el-Mélilc el-Afdal), sultan du Yémen, II, 251.
'Abbâs (Mouley), frère de Mouley Mohammed, II, 234.
EI-'Abbâs (Mouley Ahmed), sultan marocain, II, 221.
'Abbâs, fils d’Ahmed ben Toûloûn, I, 324.
'Abbâs,, fils de Hâroun, I, 303, 304.
E1-'Abbâs, ministre d’el-Moktafi, I,
El-' Abbâs, Mahdi marocain, II, 327.
'Abbâs-paciia, vice-roi d’Egypte, II,
'Abbâs (Famille, maison d’), I, 250, 283, 288, 355. — Voir ' Abbassides.
'Abbâsa, sœur de Hàroûn er-Rachîd,
'Abbâsa, localité d’Égypte, II, 38.
'Abbâsiyya, forteresse prise par Ibrahim Ier l’Aghlabite, I, 321.
'Abbassides, I, 205, 248, 275, 281, 288, 295, 296, 301, 303, 353, 372. — II, 101, 241, 340, 363, 394. — (Arrivée an Caire des débris des), II, 42. — (Parti des), II, 119.,
E1-Abchîhi, II, 361.
'Abd « esclave », dans les noms théophores, I, 32, 82.
'Abdallah, fils d’'Abd-el-Mottalib et père de Mahomet, I, 84, 85, 91.
'Abdallaii, père de Mohammed Ahmed, mahdi du Soudan égyptien,
'Abdallah, khalife oméyyade d’Espagne, II, 151, 152.
'Abdallah, sultan mérinide, 11, 211.
'Abdallah, sultan marocain, II, 230.
'Abdallah, fonde le royaume du Djébel-Chammar, II, 299.
'Abdallah, sultan de Dienné, II, 306.
'Abdallah, fils d’Abou-Yoùsouf Ya'qoûb, II, 204.
'Abdallah, fils du sultan Hâtim ben Ghochéïm, II, 244.
'Abdallah, fils de Mo'izz ben Bâdis,
'Abdallah, fils d’el-Ma’moùn, sultan marocain, II, 220, 221.
'Abdallah, iils du ministre Al manzor, II, 164.
'Abdallah Ier (Abou’l-'Abbâs), prince aghlabite, I, 321.
'Abdallah II (Abou’l-'Abbâs), prince aghlabite, I, 322.
'Abdallah (Abou’l-Héïdjâ), I, 323.
'Abdallah (el-Mahdi), imam du Yémen, II, 254.
'Abdallah Abou-Fàris , prétendant marocain, II, 219.
'Abdallah ben Abi-Hadrad cl-Aslamî, I, 164, 165, 169*.
'Abdallah ben Abi-Rabî'a, I, 167.
'Abdallah ben Abi-Sarh, frère de lait du khalife 'Othmân, II, 129,
'Abdallah ben Ahmed (el-Mélik el- Mançoûr), sultan rasoulide du Yémen, II, 252.
'Abdallah ben 'Amir, gouverneur de Baçra, I, 261.
'Abdallah ben Arqat garde les chameaux de Mahomet et d’Abou- Bekr lors de leur départ pour Médine, I, 120.
'Abdallah ben Djahch, I, 127.
'Abdallah ben Djobéïr commande les archers à la bataile d’Ohod, I, 136.
'Abdallah ben Djod'ân, I, 93.
'Abdallah ben Hamza (l’imam), au Yémen, II, 247.
'Abdallah ben Hanzhala, I, 263.
'Abdallah ben Hassoûn es-Sélâsî, chéïkh marocain, II, 225.
'Abdallah ben Khâlid, chef des Syriens d’Andalousie, II, 144.
'Abdallah ben Ibàd (Abâd), II, 258.
'Abdallah ben Maïmouu, fondateur de la secte des Ismaéliens, I, 332.
'Abdallah ben Mas'oùd, I, 130, 245,
'Abdallah ben Mohammed el-Haddânî, imam de l’Oman, II, 260.
'Abdallah ben Obayy Ibn-Saloûl, chef du parti des hypocrites à Médine, I, 125, 135, 140.
'Abdallah ben Ouéïs, I, 139, 150.
'Abdallah ben Qaïs er-ltouqayyât, II,
'Abdallah ben Rawâha, I, 150, 163.
'Abdallah beu Sàba, I, 247.
'Abdallah ben Sa'd ben Abi-Sarh, I, 166, 167.
'Abdallah ben Sallâm, rabbin de Médine converti à 1 islamisme, I,
'Abdallah ben Wahb (er-Râsibî), khalife des Khâridjites, 1,254.
'Abdallah ben Yâsîn el-Djazoùli, chef spirituel des Almoravides, II, 175, 176.
'Abdallah ben Zéïd el-'Ansî, II, 35 1 .
'Abdallah beu Zéïd beu Tha'laba, inventeur de l’appel à la prière, I,
'Abdallah ben ez-Zobéïr, I, 93, 101, 132, 238, 262, 263, 265 ; II, 120, 132,
'Abdallah Ghàwirî, souverain du Yémen, II, 241.
'Abdallah, fils d’Ali, oncle d’Abou- Dja'far el-Mançoùr, I, 289.
'Abdallah, fils d*'Amr ben el-'Aç, I,
'Abdallah, petit-fils d’El-Hasau, fils d’Ali, I, 297.
'Abdallah, fils de Faïçal, chef wahhâbite, II, 300.
'Abdallah (Moidey), fils d’Ismâ'îl, II, 228, 229.
'Abdallah, fils de Mançoûr, Almohade, II, 187.
'Abdallah, fils de Merwàu II, I, 278.
'Abdallah, fils d’el-Mo'tazz, I, 309.
‘Abdallah, fils de l’émir Sa'oûd, II, 293, 295, 296, 297.
'Abdallah, fils de la sultane Taroûb,
'Abdallah el-Hadjar ( piedra secca) , prince oméyyade, gouverneur de Zamora et de Tolède, 11, 164.
'Abdallah el-Ma’moûn, I, 298, 300.
'Abdallah (Mouley) el-Ghâlib-billah, II, 215.
'Abdallah el-Mançoùr, Aftaside de Badajoz, II, 169.
'Abdallah-pacha, gouverneur de Damas, II, 288, 289, 290.
Abdân, beau-frère de Qarmat, I, 332.
INDEX GÉNÉRAL
'Abd-el-Asad, tribu du groupe de Qoréïch, I, 27.
'Abd-el-'Azîz, sullau mériuide, If, 209.
'Abd-el-'Azîz, sultan marocain, II, 237, 238.
'Abd-el-'Azîz, fils d’Ibn-Sa'oîid, souverain wahhâbite, II, 273, 285, 286, 287, 288, 289, 299.
'Abd-el-'Azîz, ûls de Merwân ben el- Hakam, I, 265, 266, 269.
'Abd-el-'Azîz, fds deMoûsa,II, 137.
'Abd-el-'Azîz ('Izz-ed-dîn), frère de Faradj, II, 62.
'Abd-el-'Azîz, prétendant omanite, II,
'Abd-el-'Azîz, petit-fils du ministre Almanzor, II, 168.
'A bd ben Tha'laba, I, 161.
'Abd-Chems, fils d"Abd-Manâf, I, 80,
'Abd-eç-Çàdiq (Famille des) au Maroc, II, 237.
'Abd-ed-Dàr, fils de Qoçayy, I, 80 ; II, 142.
'Abd-el-Ghanî deNaplouse, II, 343.
'Abd-el-Hafizii (Mouley), sultan marocain, II, 238.
'Abd-el-Halîm, prétendant mériuide, II, 209".
'ABD-EL-HAQQ(Abou-Mohammed),émir
mériuide, II, 202, 203.
'Abd-el-Haqq ben 'Olhman, prétendant mériuide, II, 206.
'Abd-el-Haqq Ibn-Sab'în, II, 367.
Àbdel-Kader, voir ' Abd-el-Qâdir .
'Abd-el-Kérîm, général d’El-Hakam Ier,
Abd-el-Kérîm ben Soléïman, ministre marocain, II, 237.
'Abd-el-Latîf, II, 77, 80, 374.
'Abd-el-Mâlek ben Hamîd, imam de l’Oman, II, 258.
'Abd-el-Mélik, sultan marocain, H,
'Abd-el-Mélik. (Abou-Merwàn), sultan marocain, II, 216, 221.
'Abd-el-Mélik ben Merwân, khalife oméyyade, I, 93, 107, 265, 266, 267, 271 ; II, 95, 132,133, 145, 257, 320, 323, 337.
'Abd-el-Mélik, fils du ministre Almanzor, II, 165.
'Abd-el-Mélik, gouverneur d’Espagne, II, 139, 140.
'Abd-el-Mélik, gouverneur de Séville, II, 146.
'Abd-el-Mélik ben 'Abd-el-Wâhid, général de Hichâm Ier, II, 148.
'Abd-el-Mélik Béhâ-ed-dîn, fils de Mélik Mo'azhzham 'Isa, prince éyyoubite, II, 46.
'Abd-el-Mélik el-Djowéïnî, Imâmel-Haraméïn, II, 350.
'Abd-el-Mésih Nâïma, II, 364.
'Abd-el-Mo'în, chérif de la Mecque,
'Abd-el-Mottalib, fils de Hâchim, I, 16, 54, 81 et suivantes, 89, 90, 91.
— Sa légende, I, 34. — (Famille d’), I, 172.
'Abd-el-Mou’min, sultan Almoliade, II, 183, 185, 186, 326, 377.
'Abd-el-'Ozzà, ancêtre d’Asad, I, 27.
'Abd-el-'Ozzà, lits de Qoçayy, I, 80.
'Abd-el-Qàdir, l’émir Abd-el-Kader, II, 233.
'Abd-el-Qàdir el-Gîlànî, II, 354.
'ABD-EL-Qaïs (Tribu des), I, 34, 75,155,
'Abd-el-Wâd, branche des ZénâLa, II,
'Abd-el-Wàdites à Tlcmcen, II, 188,
'Abd-el-Wahiiâb, II, 283, 301.
'Abd-el-Waiiiiàb (El-Métik el-Mançoûr Tâdj-ed-din), sultan du Yémen, II, 253'
'Abd-el-Wâhid F Almoliade, II, 187,
'Abd-el-Wâhid (Abou-Mâlik), fils d’ Abo u-Hammo u , II, 211.
'Abd-el-Wâhid el-Merrâkochi, II, 357.
'Abd-er-Rahmân Ier, khalife oméyyade d’Espagne, II, 99, 143, 145, 146, 147, 149.
'Abd-er-Rahmân II, 11, 150, 156.
'Abd-er-Rahmân III, I, 3 il, 342 ; II, 152, 153,' 154, 155, 156, 157, 163, 165, 166, 172, 375.
'Abd-er-Rahmân 1 Y el-Mortadà, II, I06.
'Abd-er-Rahmàn Y el-Moslazhhir, II, 166, 171.’
'Abd-er-Rahmàn lien 'Abdallah, J,
'Abd-er-Rahmàn ben Abi-Sabl el-Djodhamî, usurpateur marocain, II,
'Abd-er-Raiimàn ben 'Auf, I, 150,243,
'Abd-er-Rahmàn ben Habib, gouverneur de l’Afrique du Nord, I, 295.
'Abd-er-Rahmàn ben Hichâm, sultan du Maroc, II, 233.
'Abd-er-Rahmàn ben Merwân, II, 151.
'Abd-er-Rahmàn ben Mo'âwiya, politlils de Hichâm, fonde une dynastie en Espagne, I, 295.
'Abd-er-Rahmàn ben Motarrif et-Toucljîbî, gouverneur héréditaire de Saragosse, 11,164.
' Ybd-er-Rahman ben Naçr, II, 391.
'Abd-er-Rahviàn ben 'Obéïd-allah, petit-fils d’'Abd-er-Rahmâu III, II,
'Abd-er-Rahmàn ben el-Qàsim, H,
'Abd-er-Rahmàn, prétendant mérinide,
'Abd-er-Rahmàn (Mouley), II, 234.
'Abd-er-Rahmàn (l’émir), II, 138.
'Abd-er-Rahmàn eç-Çoufi, II, 386.
'Abd-er-Rahmàn, fils du ministre Almanzor, 11, 165.
'Abd-er-Rahmàn, fils de Mohammed ben el-Acli'ath, I, 267.
'Abd-er-Rahmàn, fils cV'Oqba (ben el- Hadjdjâdj es-Saloûli), II, 140.
'Abd-er-Raiimàn el-Ghâflqî, II, 139.
'Abd-er-Rahmàn N âçir-lidînillah , khalife oméyyade d’Espagne, II, 200.
Voir ' Abd-er-Rahmân III.
'Abd-er-Rahmàn es-Sa'di, II, 359.
'Abd-er-Razzàq el-Fihrî, II, 199.
'Abd-Kulàl ben Mathwab, roi du Yémen, I, 50.
'Abd-el-Mélik ben Qalan, lieutenant de Hichâm en Espagne, 1, 274.
'Abd-Manàf, est peut-être le véritable nom d’el-Qàsim, I, 95.
'Abd-Manàe, fils de Qoçayy, I, 80.
'Abd-Manàf (Abou-Tàlib), I, 84, 91.
'Abd-Manàt, ancêtre d’Asad, I, 27.
'Abd-Moharriq, I, 63.
'Abd-Qoçaty, fds de Qoçayy, I, 80.
'Abd-es-Sélàm (Mausolée, tombeau de Mouley) au Maroc, II, 232, 237.
'Abd-Yàlîl, chef des ïhaqif, I, 114.
Abencerages, 11,192.
Abenguefiti, II, 383.
Abenragel, H, 386.
EI-Abharî (Athir-edclîn), II, 367.
Abi « mon père », synonyme d’ilu dans les inscriptions sabéennes, I,
'Abîd ben el-Abraç, H, 332.
'Abidîn-bey, général égyptien, JJ,
Abîyadî Yàthi', roi de Ma'in, I, 49.
E1-Ablaq (Château d’), à Téïmâ, II,
Abnà «les fils », descendants des conquérants perses au Yémen, I, 217, 218, 220.
Abnà ed-Daula, à Eagdad, I, 303.
Abolays, H, 386.
Abolostîn (Albistan), II, 68.
Abou’l-'Abbàs es-Saffâh, khalife abbasside, I, 285, 288, 289 ; II, 258.
Abou’l-Abbàs, fils de Mowaffaq, 1,
Abou’l-'Abbàs, frère d’Abou 'Abdallah le Chi'ïte, I, 335, 339.
Aboü’l-'Abbàs 'Abdallah Ier, prince aghlabite, I, 321.
Aboü’l-'Abbàs 'Abdallah (H), 1, 322.
Abou’ L-'ABBÀsAhmed, recon nu comme khalife en Égypte, H, 43.
Abou’l-'Abbàs Ahmed, sultan mérinide, II, 209, 210.
Abou’l-'Abbàs Ahmed ben 'Abdallah, surnommé Abou-Mahalli, rebelle marocain, II, 220.
Aboü’l-'Abbàs Ahmed el-A'radj, H, 213, 215,
Abou’l-'Abbàs Ahmed Ibn-Bâbawéïli, II, 325.
Abou’l-'Abbàs Mohammed Ier, prince aghlabite, 1, 322.
Abou-'Abdallah, fils du Barîdî, I, 326„
INDEX GÉNÉRAL
Aboü-'Abdallaii, missionnaire fàti- | mité, II, 326.
Abou-'Abdallah le Ghi'ïle, 1, 333, 333, 339.
Abou-' Abdallah Ibn Merzoûq, marabout, II, 209.
Abou-'Abdallah el-Ivhârizmi, 1 T , 368.
Abou-'Abdallah (Minyet), village d’Égypte, tl,32.
Aboü-'Abdallaii Mohammed (Boabdil), II, 192.
Aboü-'Abdallaii Mohammed II, prince aglilabite, I, 322.
Aboü-'Abdallaii el-Moqaddésî, [1,372.
Aboü-'Abdallaii el-Qâïm-biamrillali ,
Aboü’l-'Aç, grand-père du khalife 'Othman, I, 201.
Abou’l-'aç ben er-Rébî', gendre du Prophète, 1, 148, 149.
Abou-'Afak, poêle, ennemi de Mahomet, I, 132.
Aboü’l-Ahwal, frère de Ziyâdet-allah