‹ Histoire des Arabes et des Mores d'EspagneChapitre 14 sur 26 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

L'Espagne, conquise surles Goths parMouza (714), devient une province du vaste empire de Mahomet, que des émyrs gouvernent d’abord au nom des khalyfes de Damas. La défaite des Arabes, vaincus par les Franks sur les bords de la Loire (733), marque le terme de leur agrandissement gigantesque, au moins en Europe, et les chrétiens réfugiés dans les Asturies, mettant à profit les discordes intestines qui divisent incessamment les vainqueurs étrangers, commencent à leur disputer la possession du pays.

En enlevant l'Espagne à la domination de l'Orient, par l'érection du khalyfat de Cordoue (756), Abdérame y consolide la puissance de l'islam. Son règne et celui des Ommévyades, jusqu'à la fin du ministère d'Al-Mansoür (1001), forment l’époque de la grandeur et de la civilisation des Arabes.

Les Mores ou Berbères, leurs sujets d'abord, puis leurs

auxihaires, et enfin leurs rivaux, renversent le trône des khalyfes, et l'empire, déchiré par les querelles des deux races, se divise en plusieurs petits Etats. À la faveur de ces événements, les chrétiens se fortifient, s’étendent peu à peu, et s'emparent de Tolède, ancienne capitale de la monarchie gothique (1085). Effrayés des progrès de l'ennemi, les émyrs qui se sont partagé les débris du khalyfat de Cordoue appellent les Almoravides à leur aide. Youzef arrête, en effet, les chrétiens ; mais il dépossède ensuite tous les émyrs, et fait de l’'Espagne musulmane une province de son empire d’Afrique (1094). |

Une fois aux mains des Mores, l'Espagne passe, comme la Berbérie, des Almoravides aux Almohades, et lorsque . l'empire de ces derniers s'écroule à son tour dans une

longue anarchie, elle se partage également en lambeaux. Alors les Espagnols poursuivent aisément leurs conquêtes. Jacques [* d'Aragon prend Valence ; saint Ferdinand de Castille prend Cordoue, Séville et Cadix. Les Mores, qui habitent encore quelques provinces, sont partout vassaux des chrétiens (1252).

Le territoire de Grenade, où se sont agolomérées toutes les populations musulmanes, sous le gouvernement d’Aben-al-Hamar, devient un royaume, d’abord tributaire, puis indépendant de celui de Castille, et qui subsiste ainsi, grâce à la rivalité des Etats chrétiens, jusqu'à la réunion de l’Aragon à la Castille, par le mariage d'Tsabelle et de Ferdinand. La prise de Grenade (1492), sous les rois catholiques, met le dernier terme à la domination des musulmans en Espagne.

Les descendants des Arabes et des Mores, demeurés

par capitulation dans cette contrée, sont forcés d'embrasser la foi chrétienne (1502). Mais, toujours séparés, sous le nom de Morisques, des Espagnols vieux chrétiens, qui conservent contre eux leur haine séculaire, ils sont enfin chassés en masse de l'Espagne (1610) ; et ceux qui survivent à la déportation, dispersés par tout le monde, se perdent au milieu des populations étrangères.

Page 1