‹ Histoire des Arabes et des Mores d'Espagne, traitant de la constitution du peuple arabe-espagnol, de sa civilisation, de ses mœeurs et de son influence sur la civilisation moderne (volume 2)Chapitre 30 sur 38 · PAR VOLNEY · texte numérisé non relu

PAR VOLNEY

a Nous eûmes jadis un roi nommé Timam, au temps duquel Dieu étant irrité contre nous, je ne sais par quelle cause, il vint du côté d'Orient {par U Isthme de Smz)^ une race d'hommes de condition ignoble (des pâtres^ très-mépriséa par le$ laboureurs d'Egypte) , mais remplie d'audace, laquelle fit une irruption soudaine en ce pays, qu'elle soumit sans combat, et avec la plus grande facilitée D'abord ayant saisi les chefs ou princes, ces étrangers traitèrent de la manière la plus cruelle les villes et les habitants, et ils renversèrent

nf UISTOIRE DES ARABBS

les temples des dieux. Leur condoile eavers les ^ptieBS fut la plus barbare 9 tuant les uns, et réduisant à une dure servitude les enfants et les femmes des autres. Us se donnèrent ensuite un roi nommé SalatiSy qui résida dans Memphis, et qui, plaint des garnisons dans les lieux les plus convenables, soumit au tribut la province supérieure et la province inférieure. Il fortifia surtout la frontière orientale, se défiant de quelque invasion de la part des Assyriens, alors tout-puissants; et, parce qu'il remarqua dans le nome de Sais, à Torient de la branche [du Nil nommée) Bubastite, une ville avantageusement située, qui, dans notre ancienne théologie, s'appelle Amr, il l'entoura de fortes murailles, et il y plaça une garnison de S4Û mille hommes armés. Chaque été, il y venait [de Memphis)^ tant pour faire les moissons et payer les soldes et salaires, que pour exercer cette multitude et inspirer l'effroi aux étrangers. Après 19 ans de règne, il mourut; son successeur, nommé Béon^ régna 44 ans; puis Àpachnast 36 ans et 7 mois, puis Apophisp 61 stns; puis YaniaSf 50 ans; puis Asris^ 49 ans et 2 mois.

<K Ces six premiers rois firent constamment aux Égyptiens une guerre d'extermination. Toute cette race portait le nom de F/bsos, c'est-à-dire rais pastmrs; car, dans la langue sacrée, YK signifie m, et, dans le dialecte commun, sos sigmûe pasteur, »

Josèphe, cessant de citer textuellement Manéthon, mais-s'appuyant toujours de son autorité, ajoute : a Ces pasteu/rs rois et leurs successeurs possédèrent l'Egypte environ 511 ans. Mais, les rois de la Thébaïde et ceux du reste de TEgypte ayant entrepris contre eux une guerre longue et violente, ils la continuèrent jusqu'à ce que, sous l'un de ces rois nommé Alisphragmutos (lisez MisphragmtUos)^ les pasteurs vaincus et repoussés du pays, se renfermèrent dans un local nommé Atar, dont le circuit était de dix mille arpents. Ils entourèrent ce local d'une forte et immense muraille, pour la défense et la conservation de leurs personnes et de leur butin. Après AlisphragmutoSf son fils, nommé Thummosis^ vint avec 480 mille hommes assiéger cette place. Mais, n'ayant pu réussir à la prendre de force, il fit avec les pasteurs un traité dont la condition fut qu'ils pourraient quitter TÉgypte sains et saufs; à ce moyen, ils emmenèrent leurs familles et tout leur butin, etc. »

Pour donner aux Juifs, ses oompatriotes, une origine un peu noble, Josèphe prétend ensuite que ces pasteurs se retirèrent dans la Judée, où ils bâtirent la ville de Jérusalem. Mais cette opinion est si mal fondée, que le même Manétbon, lorsqu'il explique Torigine des Hébreux et leur sortie d'Egypte sous Moïse, qu'il nomme OsampA, affirme que c'était une tourbe populaire composée de lépreux et de gens impurs de toute espèce au nombre de 80 mille, chassés par le roi Amem^hf père de Séthos^ sur l'ordre d^un oracle.

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