‹ Histoire des Arabes et des Mores d'Espagne, traitant de la constitution du peuple arabe-espagnol, de sa civilisation, de ses mœeurs et de son influence sur la civilisation moderne (volume 2)Chapitre 31 sur 38 · MŒURS ARABES · texte numérisé non relu

MŒURS ARABES

ESPAGNE. — DIXIÈME SIÈCLE

PRÉFACE

En publiant, Tannée dernière, (E$iaiiur l'kitUrire des Arabes et de$ Mares d'Espagne^ je disais que, pour rendre à la vie historique un grand peuple qui a disparu de la face de la terre , il faudrait que les Arabes trouvassent ce qu'ont eu les Écossais : un Walter-Scott, complétant l'œuvre d'un Robertson. Je tente aujourd'hui, non certes d'imiter le premier, après m' être tenu si loin du second , mais simplement de compléter mon propre ouvrage, en ajoutant aux aperçus généraux des événements historiques, d'autres aperçus de mœurs publiques et privées. J'avais senti, dès l'origine de mon travail, la nécessité de cette continuation ; mais

sa difficulté m'effrayait, et m'avait retenu. J'ai pris enfin un moyen terme entre mon désir et mon insuffisance. Au lieu d'ordonnancer et de peindre le grand tableau d' un roman historique, devenu si difficile , sur toute matière, pav la comparaison, et peut-être impossible pour le sujet particulier, j'ai borné ma tâche à dessiner une espèce d'a{6um, dont les feuilles détachées offrissent un à un les objets les plus saillants et les mieux connus, et qui, se tenant du moins entre elles par le lien d'une même époque et de mêmes personnages, formassent un tout, ayant son commencement et sa fin. Cette humble forme, infiniment plus à ma portée, épargnera de même au lecteur les imperfections plus grandes d'un cadre plus ambitieux.

Ge livre n'est pas du roman ; encore moins du drame, malgré son titre; c'est de l'histoire, de l'histoire anecdotique et descriptive. Voilà comment je désire qu'il soit considéré par ceux qui le liront. Si je n'avais craint que les notes ne vinss^it k tenir plus de place que le texte» j'aurais pu appayer chaque détail d'une citation de quelque autorité. Tout est pris, soit dans les auteurs espagnols, tels que Casiri , Gonde , Andrès, Ferez de Hita, Hiirtado de Mendoza, Bleda, Marmol, etc., soit dans les précieux travaux de nos orientalistes, d'Herbelot, Savary, Mouradgea d'Hosson, MM. Silvestre de Sacy , Quatremère , Grangeret de la Grange , Garcin

de Tassy, Humbert , etc. (^). Je n'ai fait que réunir, pour en composer des figures complètes, les traits épars qu'ils m'ont fournis; sans rien inventer, ni dans la nature des sujets, ni dans leurs développements, et sans me permettre d'autres suppositions que celles qu'autorisait l'induction la plus rigoureuse. J'ai l'espoir que ceux qui savent reconnaîtront l'exactitude des esquisses que j'ai tracées ; heureux si ceux qui veulent savoir disent aussi, comme devant ces portraits dont on n'a point vu l'original, mais où l'on sent que la nature est copiée avec conscience : <( Gela doit être ressemblant ! »

(*) Aaxquels i\ faut ajouter maintenant MM. Reynaud et Dozy.

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