‹ Histoire des Arabes et des Mores d'Espagne, traitant de la constitution du peuple arabe-espagnol, de sa civilisation, de ses mœeurs et de son influence sur la civilisation moderne (volume 3)Chapitre 25 sur 63 · HISTOIRE DES ARABES ET DES MORES D*ESPA61ME · texte numérisé non relu

HISTOIRE DES ARABES ET DES MORES D*ESPA61ME

même dans celte ville» qui ne savent pas même leur langue arabe, et parlent si différemment entre eux qu'au premier mot d'un habitant des Alpuxarres, on connaît de quel pays il vient ! Ils sont nés dans de petits endroits où jamais ne se parla l'espagnol, où personne ne l'entend, si ce n'est le curé et le sacristain ; encore ceux-ci parlentils toujours arabe. Il est impossible que les vieillards l'apprennent en tout le temps qui leur reste de vie, et non pas en trois ans, même quand ils ne feraient autre chose que d'aller à l'école.

«( Il est clair que c'est un article inventé pour notre destruction : car, tandis qu'il n'y a personne pour nous enseigner la langue espagnole, on veut que nous l'apprenions de force, et que nous laissions celle que nous savons si bien.... On veut que nos frères, voyant qu'ils ne peuvent accomplir une telle obligation, abandonnent le pays, par crainte des châtiments, et s'en aillent en perdus chercher ' d'autres terres, ou se fassent brigands.... Rappelez-vous le seeond commandement, de ne pas faire à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'il vous fût fait, et, dites, si une seule de toutes les choses que nous impose la Pragmatique était exigée des chrétiens de Castille ou d'Andalousie, n'en mourraient-ils pas de douleur ?.... Y a-t-il dans le monde une espèce plus vile et plus basse que celle des nègres de Guinée? Cependant on les laisse danser, on les laisse parler et chanter dans leur langue pour se donner de la joie A Dieu ne plaise

qu'on impute à malice tout ce que je viens de dire! car nnm intention est bonne. Il y a plus de soixante ans que je sers Dieu, notre seigneur, la couronne royale, et les naturels de ce pajrs... Que votre seigneurie n'abandonne pas ceux qui sont sans pouvoir; qu'elle désabuse S. M. ; qu'elle nous délivre de si grands malheurs, et qu'elle agisse en chevalier chrétien pour le service de Dieu et du roi , et pour le bien de cette province, qui en conservera une éternelle reconnaissance. i>

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