HISTOFRB DES ARABES ET DES MORES D'ESPAGNE
leurs, la Gastille et FÂragon , depuis leur agrandissement réciproque, se regardaient d'un œil jaloux, vivaient dans un état de guerre à peu près continuel, et voyaient Tun et l'autre avec plaisir, dans le voisinage des Mores de Grenade, un moyen de neutraliser les forces toujours menaçantes de la nation rivale. Aussi ces deux Etats n eurent-ils point la pensée de s'unir dans une commune croisade pour purger le sol de l'Espagne des infidèles qui le souillaient encore. Ce ne fut qu'après le mariage des rois catholiques, lorsque les rivalités provinciales eurent cessé, et que toute la monarchie, réunie sous un même sceptre, marcha d'accord au même but, qu'enfin la croix fut plantée sur les tours de rAlhamrà, et que les derniers enfants de l'Arabie repassèrent, en vaincus expulsés, ce détroit franchi, huit siècles auparavant, par leurs ancêtres victorieux.