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SOULÈVEMENTS PARTIELS ; MORT DE MAHOMET

Son enfance, ses commencements.

Les premières années de Mahomet avaient été obscures , son père était mort deux mois avant sa naissance. Confié aux soins de sa mère Amina, il l’avait perdue à l’âge de six ans, et il avait recueilli pour tout héritage une vieille esclave noire appelée Oumm-Aïman et cinq chameaux.

Recueilli par son aïeul Abd-el-Mottaleb, qui semblait avoir le pressentiment de sa grandeur future (576-579), soumis en dernier lieu à la tutelle de son oncle Abou-Taleb, investi de la charge JRifada, il s’était vu obligé de demander au travail les moyens de subvenir aux nécessités de la vie. Doué de qualités aimables, il se concilia l’affection de tous, et pendant les guerres de Fidjar qui prirent naissance à la ?oire d’Ocazh, en 580, entre les Hawazin et les Coréischites et qui durèrent neuf ans, il assista à la journée de Naklha et à celle de Samta (v. 586) ; il avait fait un premier voyage en Syrie avec Abou-Taleb en 583, et, arrivé sur le territoire ie Bostra, il avait rencontré un moine nommé Bahira, qui le prit en amitié ; ce moine était appelé par les chrétiens

Djerdjis , Georges, et c’est de Djerdjis ou Sergis qu’on a fait Sergius.

A vingt-cinq ans, Mahomet avait mérité, par la régularité de sa conduite, le surnom d’Àl-Amin (l’homme sûr). Engagé au service d’une riche veuve nommée Khadidjah, qui faisait un commerce étendu, il entreprit dans l’intérêt de sa maison un voyage en Syrie, et réalisa de très-grands bénéfices; Khadidjah reconnaissante lui offrit sa main; et devenu chef de famille, il acquit une haute considération par l’habileté avec laquelle il gérait ses biens, et par l’influence qu’il exerçait sur ses nombreux parents. Khadidjah descendait d’une des premières familles de la tribu des Coréis chites ; lui-même appartenait à une branche non moins respectable, celle des Haschemites qui comptait dans ses rangs, ainsi que nous l’avons vu, plusieurs pontifes du temple de la Kaaba.

Sou caractère, scs projets.

Mahomet s’appliqua à se faire considérer par tous ceux qui l’entouraient, comme leur meilleur conseil et leur plus digne chef. Toutefois il avait déjà atteint l’âge de quarante ans que son nom n’était pas sorti de l’enceinte de la Mecque ; aucun événement remarquable ne l’avait encore désigné aux yeux des Arabes. 11 avait bien formé en 595 avec les principaux membres de la tribu des Coréischites, une association appelée hilf-el-Fodhoul( fédération des Fodhoul), pour réprimer les injustices qui se commettaient parmi eux; il avait pris part à la reconstruction du temple de la Kaaba en 605 ; il avait contribué à faire échouer à la même époque une tentative d’Othman fils de Houwarith, qui, après avoir embrassé le christianisme, avait voulu placer la Mecque sous la domination romaine. Toutefois sa conduite n’avait rien présenté d’extraordinaire. Plus tard en se chargeant de l’éducation d’Ali (606), en adoptant et affranchissant Zeid, jeune Codhaïte enlevé par des Arabes d’une tribu ennemie et vendu comme esclave, il avait fait preuve d’une générosité dont les exemples n’étaient pas rares dans les autres branches de sa famille ; enfin il avait montré de la bravoure

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pendant la guerre de Fidjar ; mais cette vertu était trop commune pour le signaler d’une manière particulière. Ignorant comme ses compatriotes, il ne savait même pas lire. Son imagination brillante n’avait encore rien produit qui pût faire deviner en lui le génie poétique; ce qui le distinguait seulement, c’était l’expérience qu’il avait acquise pendant ises voyages et une connaissance très-remarquable de la nature humaine, qui lui permettait d’apprécier en un instant la valeur morale d’un individu. On observait à la vérité, que tous les ans il se retirait avec sa famille sur la montagne de Hirâ, située non loin de la Mecque, et que là, dans le silence de la solitude, il passait des nuits entières plongé dans une profonde méditation. Nul n’avait jamais su quel était l’objet de ses réflexions; aucune parole imprudente de sa part n’avait pu même le laisser soupçonner. Il agitait dans son esprit les destinées futures de sa patrie et voulait lui donner force et grandeur. Rêvant pour elle une autre organisation que celle à laquelle il la voyait presque irrévocablement condamnée, il se demandait comment il pourrait tirer les esprits de l’état de barbarie où ils étaient plongés. Il s’indignait du culte public rendu aux idoles et cherchait les moyens de le renverser; initié aux principaux dogmes des religions juive et chrétienne, et jugeant qu’aucune de ces religions ne pouvait réaliser les projets de régénération politique qu’il méditait, il résolut d’en fonder une nouvelle. C’était une œuvre immense; mais la résolution une fois prise, rien ne l’arrêta plus (611).

Mahomet annonce sa mission et se pose comme apôtre de Dieu (©1 fi).

Ses premières démarches furent toutes individuelles ; il parla à Khadidjah, à son cousin Ali, à son affranchi Zeid, à son ami Abou-Bekre , de la nécessité de rendre à l’antique religion d’Abraham sa pureté primitive ; il leur annonça sa mission. Tous y ajoutèrent foi, et le reconnurent pour l’envoyé de Dieu. Ils admirent ses entretiens avec l’ange Gabriel et reçurent, comme dérivant d’une source divine, les versets d’un livre ( cil-Coran , la lecture), que Mahomet se pro-

posait de répandre pour le succès de son entreprise. Il désigna sa nouvelle religion par les mots : islam , qui indique un entier abandon à la volonté de Dieu, et iman, qui signifie croyance (d’où sont dérivés les adjectifs mouslin , musulman, \ et moumin , fidèle), et Waraca, près de mourir, le proclama : le prophète des Arabes.

Ce n’étaient là que de faibles commencements. Abou- Bekre ( le père de la vierge), qui était généralement aimé et estimé, conquit à l’islamisme l’adhésion de quelques hommes j recommandables, parmi lesquels était Othman fils d’Affan.

Au bout de trois ans (614), le nombre des initiés trahit le mystère dont ils s’environnaient, et Mahomet voulut précipiter le dénoûment. 11 assemble sa famille et lui expose sa doctrine. Pour la première fois, il lève hautement l’étendard contre les pratiques superstitieuses de ses compatriotes ; il demande, au nom de la raison, la destruction des idoles aux pieds desquelles on venait de si loin se prosterner. On j l’écoute avec étonnement, et Ali, dans un moment d’enthousiasme, se déclare son vizir. « Qui de vous, s’était écrié Mahomet, veut être mon frère, mon lieutenant, mon vicaire? » Et comme chacun gardait le silence, « c’est moi, 1 dit Ali , qui serai cet homme ; apôtre de Dieu, je te seconderai, et si quelqu’un te résiste, je lui briserai les dents, 1 je lui arracherai les yeux , je lui fendrai le ventre et je lui casserai les jambes. » D’autres sont émus par l’éloquence du novateur et adorent le dieu qu’il annonce ; mais le plus grand nombre s’offense de son impiété. Il est signalé comme l’en- j nemi de la religion, et l’on presse à plusieurs reprises Abou- Taleb de réprimer son audace. Abou-Taleb le supplie de renoncer à ses projets; il le trouve inébranlable : « Quand on viendrait à moi , disait Mahomet , le soleil dans une main, j et la lune dans l’autre, on ne me ferait pas reculer. » Tout en refusant d’ajouter foi à ses prédications, Abou-Taleb ne peut oublier qu’il est le fils de son frère et il le protège avec les Haschémites contre ses ennemis.

^lalionict supporte avec courage les persécutions des Coréiscliites (614-6Î8).

. Après ces vaines tentatives , les Coréischites, restés fidèles

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à l’ancien culte, n’osant attaquer à force ouverte une famille illustre à laquelle ils sont attachés par tant de liens, se contentent de décrier Mahomet, et ils ne s’aperçoivent pas qu’ils ne font qu’étendre ainsi sa renommée. Ils l’accablent d’outrages, et persécutent ses disciples. Toutes les fois qu’il vient accomplir autour delaKaabale tawaf (tournée pieuse), il entend des injures ou des menaces. Un jour il rentre chez lui désespéré ; mais le lendemain il a retrouvé tout son courage, et continue ses exhortations. La conversion de son oncle Ilamza rend ses adversaires plus circonspects , sans rien changer à leurs sentiments hostiles; ils accusent le prophète de se faire dicter ses prétendues révélations par un chrétien de la Mecque , nommé Djaber ; Mahomet leur répond : « Un homme, dites-vous, m’endoctrine. Le langage de celui que vous supposez être l’auteur du Coran est un langage barbare , et le Coran est de l’arabe le plus pur. » (S. XVI, p. 105.) Ils le soumettent à des épreuves, et défendent de prêter l’oreille à ses discours sous des peines sévères ; chaque famille fait subir les plus durs traitements à ceux de ses membres qui embrassent l’islamisme , et la colline Ramdha devient le lieu des tortures qu’on inflige à ces malheureux. Plusieurs musulmans se décident à quitter la Mecque et à fuir en Abyssinie; leur nombre s’élève à cent un, quatre-vingt-trois hommes et dix-huit femmes. Les Coréischites envoient aussi une ambassade au négusch pour l’engager à repousser les partisans de Mahomet ; mais le négusch se fait expliquer la nouvelle religion; satisfait du sentiment exprimé par les réfugiés sur Jésus-Christ, il leur accorde sa protection, et, suivant même les auteurs arabes , embrasse secrètement leur foi.

Mahomet ne se maintenait dans sa ville natale que par la bienveillante protection d’Abou-Taleb. Sept ans se passent encore (615-622), pendant lesquels il travaille avec un zèle infatigable à la propagation de ses idées; rien ne peut l’arrêter, ni les menaces des Coréischites , qui mettent sa famille <;• au ban delà tribu entière et l’obligent de se retirer, de 616 I à 619, dans les montagnes voisines de la Mecque, ni la perte 9 d’Abou-Taleb, son généreux tuteur (619), ni la mort deKha-

didjah, son épouse chérie (620). Il chercha sa consolation dans les progrès de sa doctrine. Le retour de quelques-uns des réfugiés en Abyssinie , et surtout la conversion d’Omar, jusqu’alors son plus redoutable ennemi, avaient accru son ascendant. Ces succès effrayent les Coréischites , qui lui tendent des embûches pour le faire périr. 11 essaye d’abord de s’y soustraire et va s’établir à Taïef. Chassé de cette ville par les habitants, qui refusent d’écouter sa parole, il retourne à la Mecque, espérant que le temps aura un peu amorti les haines, et met plus de prudence dans toute sa conduite. C’est à cette époque qu’il épouse Sauda, veuve de Sokran , et Aiescha , fille d’Abou-Bekre , qui n’était encore qu’une enfant. Il avait eu de Khadidjah trois fils, morts en bas âge , et quatre filles, Zeïnab mariée à Aboul-As, Rocaïa et Oumm Kolthoum, qui épousèrent successivement Othman fils d’Affan, et Fathime, née en 606, qui devint, en 621, la femme d’Ali, fils d’Abou-Taleb.

Miracles attribués faussement à Mahomet ; il attaque ridolâtric; conversion d'Omar.

On rapporte aussi à cette année l’ascension merveilleuse de Mahomet sur le Borac, animal mystérieux, qui l’avait conduit en présence du Très-Haut; mais ce fameux voyage est considéré par la plupart des docteurs musulmans comme un simple rêve ou comme une vision ; du reste , ces récits qui convenaient à l’ardente imagination des Arabes, n’étaient pas un des moyens d’influence recherchés par le nouvelapôtre ; on avait bien souvent réclamé de lui quelques miracles qui attestassent sa mission. « Dieu, répondait-il, ne m’a pas envoyé vers vous pour cela, il m’a envoyé seulement pour prêcher sa loi ; si vous acceptez ce que je vous apporte, ce sera votre félicité dans ce monde et dans l’au^tre.» (S. XXV, 8.) C’était surtout par le prestige de la parole qu’il agissait sur les esprits, et l’on peut se faire une idée de l’impression qu’il produisait, lorsque, s’adressant à des idolâtres, il exprimait dans un langage harmonieux et rempli d’images, les pensées les plus élevées. «Voici, disait-il, (S. XLI) ce qu’a révélé le Dieu clément, le Dieu miséricor-

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dieux; un livre dont les versets distincts forment un Coran arabe pour les hommes qui ont de l’intelligence; un Coran qui contient des promesses et des menaces ; mais la plupart s’en éloignent et ne veulent pas l’entendre. Nos cœurs, répondent-ils, sont fermés, nos oreilles sont sourdes à tes paroles ; un voile s’élève entre nous et toi ; fais à ta guise, nous à la nôtre. Dis-leur, je suis un homme comme vous, mais un homme à qui il a été révélé que le Dieu, votre maître, est un Dieu unique; marchez droit à lui; implorez son pardon. Malheur à ceux qui lui associent d’autres dieux ! Malheur à ceux qui rejettent le précepte de l’aumône et nient la vie future! Ceux qui auront eu la foi et qui auront pratiqué la vertu, jouiront d’une récompense éternelle. Refuserez-vous de croire au Dieu qui a créé la terre en deux jours! lui donnerez-vous des égaux ! Il est souverain de l’univers... Il a dit au ciel et à la terre : Venez, obéissez à ma voix; le ciel et la terre ont répondu: Nous obéissons.... Nous ferons subir aux infidèles un châtiment terrible; nous leur rendrons le mal qu’ils ont fait. La récompense des ennemis de Dieu, c’est le feu. Ils y demeureront éternellement, parce qu’ils ont nié nos signes. Seigneur, s’écrieront les réprouvés, montre-nous ceux qui nous ont égarés; hommes ou génies, nous les jetterons sous nos pieds ; nous les chargerons d’opprobres.... Des anges portent à l’adorateur du Dieu unique, au juste mourant, ces paroles consolantes : Bannis la crainte et le chagrin. Nous t’annonçons le jardin de Délices. Nous fumes tes protecteurs sur la terre, nous le serons dans le ciel; va goûter des plaisirs éternels; forme des vœux, ils seront accomplis. Le miséricordieux a préparé ce séjour pour ses élus. »

Les auditeurs étaient frappés d’étonnement en entendant des paroles auxquelles ils étaient si peu accoutumés, et l’on voyait fréquemment des conversions instantanées. Omar, qui avait toujours été un des plus fougueux ennemis de Mahomet, ayant saisi violemment entre les mains de sa sœur un fragment du Coran (S. XX), le lit, et, frappé d’admiration, va trouver Mahomet et lui déclare qu’il croit en Dieu et en son prophète.

lies habitants d’Iathreb se montrent favorables b la nouvelle doctrine.

En 620, pendant les fêtes du pèlerinage, six habitants d’Iathreb, ayant entendu Mahomet développer les principes de l’islamisme , le reconnurent pour l’envoyé du ciel et lui promirent de travailler à répandre ses enseignements parmi leurs compatriotes. L’année suivante (621), douze musulmans d’Iathreb prêtent serment d’obéissance à la personne du prophète et de fidélité à sa religion, sur la colline Acaba , près de la Mecque; ils emmènent avec eux Mossab, fils d’Omayr , qui fait de nouveaux prosélytes et qui parvient à réunir sous une loi commune les deux puissantes tribus des Khazradjites et des Aus, si longtemps divisées ; en 622, soixante-quinze habitants d’Iathreb tiennent pendant la nuit, sur la colline Acaba , une nouvelle conférence avec Mahomet; ils lui offrent un asile dans leur ville et lui demandent si, rappelé par ses concitoyens, il abandonnera ses alliés pour revenir dans sa patrie. « Jamais, leur dit-il; je vivrai et je mourrai avec vous; votre sang est mon sang, votre ruine serait la mienne; je suis dès à présent votre ami et l’ennemi de vos ennemis. — Mais si nous sommes tués pour toi, quelle sera notre récompense ? — Le paradis. » Cette entrevue fut appelée le second ou le grand serment d' Acaba. Mahomet choisit parmi les personnes présentes douze chefs qui, sous le nom de nakib , devaient être ses délégués dans les tribus d’Iathreb, comme les apôtres avaient été les délégués de Jésus.

Violences exercées par les Coréfschites ; fuite (le Mahomet ou hégire (639); il se fixe à Médine.

Les Coréischites instruits de ce pacte d’alliance, redoublèrent de violence, et l’émigration des musulmans continua. Mahomet semblait braver le péril qui le menaçait ; l’arrêt de sa mort fut prononcé; la maison où il se cachait ayant été entourée par ses adversaires, il chercha son salut dans la fuite et partit avec Abou-Bekre, tandis qu’Ali, revêtu de sa robe verte, détournait par un généreux dévouement l’attention des assaillants.

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Mahomet et Abou-Bekre avaient pris un chemin opposé à Iathreb. Ils restèrent trois jours dans une caverne du mont Thour, situé à trois milles au sud de la Mecque; ils dépistèrent adroitement les recherches, gagnèrent le bord de la mer , et après avoir échappé à ceux qui les poursuivaient, arrivèrent, six jours après, sur le territoire de Iathreb, au village de Coba, où l’on fonda la première mosquée de l’islamisme, mosquée qui subsiste encore aujourd’hui. L’hégire ou fuite de Mahomet est devenue l’ère des musulmans; elle est fixée généralement au 16 juillet (622 de J. C.)1. Le calife Omar l’institua, à l’imitation des chrétiens qui faisaient usage de l’ère des martijrs (284 de J. C.), époque de la persécution de Dioclétien.

Après être resté quatre jours à Coba où Ali vint le rejoindre, Mahomet fit son entrée à Iathreb escorté d’un nombreux cortège; il accepta l’hospitalité d’Abou-Aïoub, et bientôt il acheta un vaste emplacement où son intention était de construire une mosquée et une habitation pour sa famille et pour lui-même. Iathreb prit le nom de Medinet- °A-nabi , la ville du prophète, et les deux tribus qui s’étaient ralliées sous l’étendard de l’islamisme, se confondirent sous le nom d ’El-Ansâr ou auxiliaires; les musulmans de la Mecque étaient appelés Mohadjir (émigrés); Mahomet voulut établir entre les uns et les autres un ordre de fraternité qui les réunît tous dans un même sentiment : chaque mohadjir choisit un frère parmi les Ansars ; quelques conversions remarquables imprimèrent un nouveau lustre t l’islamisme; Selman, le Persan, les docteurs Moukhaïrik jet Abdallah-ben-Sellam reconnurent Mahomet comme ’apôtre de Dieu; mais les tribus juives étaient ennemies les musulmans et elles devaient trouver un appui dans le carti des Mouncificoun ou hypocrites, parti qui se composait de quelques Ansars mécontents. Aussi, le moment où commence réellement le triomphe de Mahomet fut peutctre le temps le plus difficile de sa vie ; il avait besoin de a plus grande circonspection, afin de ménager tous ses

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