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CHAPITRE III

LE CORAN

MAHOMET CONSIDÉRÉ COMME LÉGISLATEUR. — DÉFINITION DE L’iSLAMISME ; MA- HOMET CROIT A L’EXCELLENCE DE SA DOCTRINE ; IL S’APPUIE SUR l’üNITÉ DE DIEU. — TOUTE-PUISSANCE DE DIEU; LES ANGES; LES PROPHÈTES; MAHOMET N’A PAS LE DON DES MIRACLES, ET FAIT APPEL A LA RAISON HUMAINE. — LE FATALISME DES MUSULMANS. — LE PARADIS ET L’ENFER DE MAHOMET. — LA PRIÈRE ; LES ABLUTIONS ; LE JEUNE ; L’AUMÔNE. — PRÉCEPTES DE MORALE; CONTRADICTIONS APPARENTES. — LA VIE DE MAHOMET OFFRE DE NOMBREUX EXEMPLES DE GÉNÉROSITÉ, DE COURAGE, DE SIMPLICITÉ. — MOTIFS QUI DÉTERMINENT MAHOMET A MAINTENIR CERTAINES COUTUMES DES' ARABES ; PÈLERINAGE DE LA MECQUE ; MOIS SACRÉS, ETC. — PRÉCEPTES D’HYGIÈNE RECOMMANDÉS PAR MAHOMET; PROHIBITIONS DIVERSES; LA POLYGAMIE AU- TORISÉE. — AMÉLIORATION DU SORT DE LA FEMME ; HÉRITAGES ; MARIAGE ET DIVORCE; PUNITION DE L’ADULTÈRE ET DU LIBERTINAGE. — DROIT DE RE- PRÉSAILLES; LOIS CONTRE LE VOL, CONTRE L’USURE ET LA FRAUDE ; DEVOIRS DES TÉMOINS; DE L’ESCLAVAGE. — DE LA GUERRE CONTRE LES INFIDÈLES;] ORGANISATION MILITAIRE DES ARABES ; PARTAGE DU BUTIN. — LE CORAN, ] CODE CIVIL ET RELIGIEUX DES ARABES, NE POUVAIT ÊTRE ACCEPTÉ SANS MODIFICATIONS PAR TOUS LES PEUPLES ET DANS DES CLIMATS DIFFÉRENTS.

Via h omet considère comme législateur.

II faut bien le reconnaître, dans Mahomet, c’est l’idée politique qui domine. Pour lui, le moment est arrivé de réunir en un corps de nation les différentes peuplades de l’Arabie par un code à la fois religieux, civil et guerrier.

« Incroyable mélange de tout ce que peut produire son pays et son temps : marchand, prophète, orateur, poète, législateur, et sous chaque forme toujours fidèle au type arabe, » il comprend qu’aucune des croyances qui se partagent les esprits, ne peutsatisfaire d’une manière générale des hommes imbus de préjugés et d’erreurs ; il choisit avec une merveilleuse habileté dans ces croyances diverses tout ce qui satisfait la raison des Arabes sans heurter leurs préventions ou leurs faiblesses; le livre qu’il leur présente est un miroir moral où se réfléchissent les vertus et les vices, les passions et les fautes, les chimères et les réalités dont se compose leur propre nature.

LE CORAN

Le Coran n’a pas été écrit de suite : des motifs de circonstance dictaient à Mahomet les avertissements qu’il adressait à ses compatriotes, et déjà à sa mort on était fort embarrassé de retrouver l’ordre chronologique des révélations du prophète ; Abou-Bekre entreprit ce travail , qui ne fut véritablement achevé que par le troisième khalife Othman. Le Coran, tel qu’il nous a été transmis *, se compose de cent quatorze chapitres ou sourates , subdivisés en versets et de longueur inégale. Dix-huit chapitres seulement sont datés de Médine; les autres ont été donnés à la Mecque, et les quarante derniers ne contiennent que trois à cinquante versets ; tous portent des titres différents ; quelques-uns de ces titres ne se composent que de lettres initiales dont le sens n’a jamais été expliqué. Les plus anciens manuscrits connus du Coran sont sur parchemin et écrits en caractères coufiques ; ceux que l’on rencontre en caractères niskhi ne remontent pas au delà du troisième siècle de l’hégire1 2. Les musulmans professent la plus grande vénération pour le Coran ; ils ne l’ouvrent qu’après certaines ablutions et y puisent une grande partie de leurs prières ; ils en inscrivent les versets sur les murs de leurs mosquées, sur leurs bannières, sur leurs monuments, et ces sentences, dictées presque toujours par la morale la plus pure, leur rappellent sans cesse leurs devoirs envers Dieu, envers leurs semblables, envers eux-mêmes.

Déliuition de risiaiuisme; Mahomet croit à l’excellence de sa doctrine $ il s’appuie sur l’unité de Dieu.

La religion prêchée par Mahomet est d’une simplicité remarquable. «En quoi consiste l’islamisme? lui demande un ange déguisé en bédouin. — A professer, répond le fils d’Abdallah, qu’il n’y a qu’un seul dieu, et que je suis son prophète ; à observer strictement les heures de la prière ,

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