‹ Histoire des ArabesChapitre 25 sur 88 · Mills. Histoire du mahométisme · texte numérisé non relu

Mills. Histoire du mahométisme

ix plus grands excès, oublièrent les principes que leur lef avait mis en avant, et tombèrent dans le mépris. Ils irent toutefois un moment d’éclat; ils firent trembler trahie tout entière , l’Égypte , la Syrie , l’Irak* Arabi et êmc les habitants de Bagdad. C’était surtout dans les dérts de la Syrie et de la Chaldée, dans l’Iémamah et le ihreïn qu’ils avaient formé leurs établissements; de là on > voyait souvent partir par corps de troupes pour ravager ïedjaz et l’Irak. Ils commencèrent leurs expéditions sous ithaded (898), battirent un de ses généraux et s’avancèrent , squ’àKoufah, qu’ils pillèrent. Pendant le règne de Moclafi,

: portèrent leurs armes dans la Palestine, dans la Syrie, et : macèrent Damas. Interceptant les caravanes qui se reni ient à la Mecque, ils arrêtaient à la fois le commerce de Irak et celui de l’Hedjaz. Leur meilleur chef, Abou-Thaher, hr donna dans Hedjer, capitale du Bahreïn, une rési- <nce fixe. Ils firent avec lui plusieurs courses, détruisirent 1 )ufah de fond en comble, s’approchèrent de Bagdad, et gis les murs de cette ville repoussèrent une armée de l.nte mille hommes. « Votre maître, disait Abou-Thaher i général des musulmans, a-t-il des soldats aussi dévoués <e les miens, >» et sur son ordre, l’un se plonge une épée <ns le sein, un autre s’élance dans le Tigre, un troisième i jette au fond d’un précipice (935). Quelques années avant (10), les Karmathes avaient assiégé la Mecque, et dans < te ville prise d’assaut, massacré plus de deux mille peri mes. Ils avaient détruit le temple de la Kaaba, enlevé la lneuse pierre noire et comblé le puits de Zemzem. Enfin i se rendirent tellement redoutables que les khalifes Caher <Rhadi se résignèrent à leur payer tribut Us trouvèrent jiurtantdes rivaux en état de leur résister dans les princes 1 madanites et Ischkidites. Vaincus en plusieurs rencon- 1 s, ils rentrèrent dans les déserts de l’Arabie, le Bahreïn 1 îmamah , et disparurent peu à peu. On raconte seulei nt qu’ils renvoyèrent à la Mecque la pierre noire qu’ils a tient enlevée, et le khalife de Bagdad , en la faisant replacer, exigea un morceau qu’il fit mettre sur la porte de sa clneure. De là vient le nom de Porte (porte par excellence),

dont on se servit pour désigner le palais du khalife, et pli tard celui des sultans de Constantinople; pour la mène raison les génuflexions sont imposées aux musulmar lorsqu’ils entrent dans le séjour de leurs souverains.

À côté de ces réformateurs puissants qui ne s’attaquaiei pas moins à l’autorité spirituelle des khalifes qu’à leur autc rité temporelle, il se trouva des jurisconsultes, des ascète des philosophes qui organisèrent au sein de l’islamisme d< schismes nombreux. Le plus considérable fut sans cor; tredit celui des Soufis, qui n’avaient d’autre but que tenir l’âme en communauté perpétuelle avec Dieu par destruction de tous les sentiments du cœur. Ils furent soi vent persécutés par les khalifes, ou plutôt par les docteurs ( Bagdad, qui soutiraient de ne pouvoir combattre ces espri exaltés par des raisonnements tirés du Coran.

Le soufisme devait surtout se propager chez les Persan qui cherchaient à renouer sous cette forme incompléteme définie, le lien de la tradition avec la religion de leu pères1. L’islamisme, en effet, loin de s’étendre de plus ( plus, commençait à reculer. Dans l’Inde il avait un insta triomphé des doctrines brahmaniques, mais chaque jour perdait du terrain. La division des Schiites et des Sonnit; nuisait également aux progrès de la foi musulmane, et 1 premiers Abbassides, aussi bien que les émirs Al-Omra n’ayant point réussi à établir l’unité religieuse, le troub et la confusion n’avaient fait que s’accroître. Les uns vouaie à l’exécration la mémoire de Moawiah, et demandaie qu’on instituât des cérémonies en faveur d’Ali et d’IIosseï les autres au contraire se montraient partisans sincères la Sonna, et voulaient que les préceptes en fussent fidèi ment suivis; quoique les Abbassides fussent les ennemis n des Ommïades, qu’ils avaient renversés, ils craignaient q les Alides n’acquissent trop d’influence, et se déclara

Sonnites, persécutèrent ceux qui ne partageaient pas le

opinion,

. Sufismus, sice Iheosophia Pei'satüm, etc.,Ed. Tlioluck. Berlin. 1821.

Les» Alides renouvellent leurs» prétentions; les F atl» imites fondent le khalifat du Caire et eueoiiragcnt les sciences; Makem et les Druxes.

Les Alides après avoir vainement tenté de s’emparer du khalifat, trouvant toujours la ville de Bagdad dévouée aux Abbassides, songèrent à élever une domination nouvelle dans quelques-unes des provinces démembrées. Un de leurs (frères se trouva un instant maître du Tabarestan , mais il ^epiit s’y maintenir. En Afrique ils furent plus heureux; les Edrissites étaient parvenus à former un établissement dans la Mauritanie, en ralliant les populations au nom d’Ali ; un de ceux qui s’attribuaient à tort ou à raison le titre d’imam, Abou-Obeidollah, souleva le Magreb en sa faveur, et renversa la dynastie des Aglabites (908). 11 étendit peu à peu ses lois sur tout le littoral et jeta les premiers fondements de la puissance des Fathimites à Cairowan et à Mahadia; déjà il menaçait l’Égypte lorsque la mort vint le surprendre. Ses deux premiers successeurs, Caiem-Biamrillah (913-946), et Al-Mansour (946-953), se brisèrent contre la bravoure et le mérite d’ischkid; mais ils se mirent en communication avec les Arabes Schiites de i’iledjaz, de l’Yémen, et se firent de ce côté des amis nombreux par des largesses sagement distribuées. A la mort d’Jschkid, des discussions s’étant élevées en Égypte et en Syrie pour sa succession, Moezz-Ledinillah qui avait remplacé Al-Mansour (953), pénétra dans l’intérieur du pays, reçut la soumission des émirs et devint le premier khalife fathimite l’Égypte (968). « De quelle branche de la famille d’Ali et le Fathime descendez-vous donc? lui dit un chef arabe. — Voici mes ancêtres, répondit-il en montrant son cimeerre, et voici mes enfants, » ajouta-t-il, en jetant de l’or à >es soldats. A partir de cette époque, les Fathimites souinrent avec avantage la lutte spirituelle contre les khalifes ibbassides; après avoir fondé le Grand Caire (972), conquis a Syrie et une partie du Djezireh, ils furent reconnus j>ar une grande partie de l’Arabie, qui espérait trouver en ux un appui contre de nouveaux Karmathes.

Le nom d’Ali et celui des successeurs de Moezz furent

seuls prononcés dans les mosquées des Fathimites; le noi des princes abbassides continua d’être proclamé à hau voix dans les mosquées des Bouides et des Samanides.

Ces trois États formaient, à la fin du xe siècle, tout l’en! pire arabe d’orient, et leur histoire offre un intérêt vérii I table. Les princes Bouides s’effacent insensiblement; I i civilisation se déplace; ce n’est plus à Bagdad, mais a Caire, que les écoles arabes jettent le plus vif éclat.

Les Fathimites firent fleurir en Égypte le commerce! i l’industrie, l’agriculture, les lettres, les arts et les science avec autant de succès que les premiers Abbassides. I avaient réuni, par de magnifiques travaux , la petite ville d i Fostat à celle de Mesrah , et leur nouvelle capitale allait r valiser avec les plus belles villes de l’Asie; de magnifique mosquées furent ajoutées à celles de Thouloun. Ebn-Jouni| l’Égyptien , eut son observatoire , comme les astronomes dj n l’Irak. Les khalifes semblaient ne vouloir rien épargner pou 4 faire oublier Bagdad. Ils donnèrent aussi tous leurs soins | ) l’administration et à la perception des impôts ; grâce au richesses et à la fertilité de cet admirable pays , qui n’a jamais refusé de produire pour tous ceux qui, en échange d quelques sages mesures , lui ont demandé les plus grandj |. sacrifices , ils eurent bientôt un revenu presque équivaler! à celui d’IIaroun-al-Baschid. Moezz (953-975) et Àziz-Billa (975-996) surent en faire un usage raisonnable1 ; mais Ha kem, qui leur succéda (996-1020) , apparut sur le trôn comme le génie du mal. Pendant un règne de vingt-quatr ans , il condamna ses sujets à la plus abjecte soumission chacun tremblait devant lui , car il se faisait suivre d’es claves armés, prêts à immoler quiconque osait lui déplaire Un espionnage très-habilement organisé l’instruisait de moindres événements, et faisait croire qu’il avait le don d la science infinie , qu’il voyait tout, qu’il savait tout. 0; l’adora comme une divinité, et sa disparition subite favoris l’imposture; on proclama tout haut qu’il était monté ai ciel, et qu’il reparaîtrait un jour sur la terre. Le Persai

i • Quatremère, Mémoires historiques sur la dynastie des khalifes falhimite: 1837. 1 *

Hamza enseigna publiquement que Dieu pouvait s’incarner sous une forme humaine, que déjà il s’était incarné plusieurs fois , et qu’en dernier lieu , il avait pris la figure du khalife Hakem. Chassé du Caire par la colère et le bon sens des habitants, il s’enfuit en Syrie , où il parvint à répandre sa doctrine , dite religion unitaire, parmi les Druzes qui la Ipratiquent encore aujourd’hui *. On peut juger, par divers faits, de l’aveugle despotisme de Hakem. Il jetait au hasard par la fenêtre du palais des billets qu’il fallait porter à un émir désigné, et celui-ci recevait l’ordre de donner au porteur une somme considérable ou de lui infliger les plus affreux traitements. Il fit incendier le Caire, pour jouir lui-même de la vue d’une cité en flammes; une autre fois, il accorda le pillage de la ville à ses soldats. Souvent , il faisait torturer des juifs et des chrétiens Jusqu’à ce qu’ils désavouassent leur religion, puis il leur permettait de reprendre leur ancien culte. La terreur régnait autour de lui : « Il fut, dit Nowairi, comme un lion furieux au milieu des hommes » ; et cependant il respectait et encourageait les savants, et se faisait dédier par Ebn-Jounis les Tables astronomiques qui portent son nom. On suppose qu’il fut assassiné par une de ses sœurs, qui s’empara de la tutelle de son fils Dhaher, encore enfant ( 1020-1036 ). A la mort de Dhaher, le trône fut occupé par Mostanser-Billah, pendant cinquante-huit ans (1036-1094). Jusqu’à la majorité de ce prince, l’autorité resta entre les mains d’un vizir, qui réussit à jouer au Caire le même rôle que les émirs- al-omrah de Bagdad. Plus tard, VIostanser fut au moment de rétablir le khalifat universel : 1 était reconnu par l’Afrique et l’Arabie; les habitants de Bagdad, mécontents de Caïem-Biamrillah, qui s’était jeté mtre les bras du Turc Seldjoukide Togrul-Beg, proclamèrent Mostanser leur souverain spirituel ; mais ce ne fut qu’un îclat passager ; Mostanser fut même puni de ses vues beaucoup trop ambitieuses par la perte de la meilleure partie de a Syrie; il ne se maintint qu’à grand’peine en Palestine.

j I. Silveslre de Saey, Exposé de la religion des Druses , 1838.

B,(*s Bsoufdes protecteurs des lettres ; formation de i'enipire des Qlmznévides.

Les Bouides, qui s'étaient emparés de la Perse en 933, tout-puissants dans l’Irak- Arabi, et à Bagdad, par la charge d’émir-al-omrah , n’eurent pas une existence aussi longue que les Fathimites; mais ils avaient eu avant eux leur période de splendeur. Pendant la dernière moitié du xe siècle, ils demeurèrent sans rivaux en Asie : la milice turque avait été anéantie; les Hamadanites furent chassés du Djezireh et de Mossoul leur capitale, et la tranquillité rétablie dans les provinces permit aux Bouides de continuer l’œuvre d’Almamoun. Deux de leurs princes, Adhad- Eddaulah et Scharf-Eddaulah (949-989), ranimèrent le zèle des lettrés, en s’initiant à leurs travaux : ils eurent l’honneur de relever l’école de Bagdad, qui avait un peu souffert des révolutions du khalifat , et qui produisit, sous leur règne, Ebn-al-Aalam, Abderrahman-Soufi, et le célèbre astronome et géomètre Aboul-Wéfa. Adhad-Eddaulah ne se contenta pas de répandre ses bienfaits sur les poètes et les savants; il ordonna de grands travaux d’utilité générale; des ingénieurs du plus haut mérite furent chargés de canaliser la rivière de Bendemir, près Schiraz , dans la Perse proprement dite. Ils parvinrent à empêcher des inondations qui se reproduisaient régulièrement et détruisaient les cultures des belles campagnes de ce pays, et livrèrent au commerce une nouvelle voie de communication. On construisit à Bagdad un hôpital magnifique, dont l’inauguration fut le prétexte d’une fête, restée célèbre dans les annales orientales l. Malheureusement, les Bouides, comme les khalifes, ne réussirent pas à poser des règles fixes pour la transmission de leurs États a leurs descendants; ces princes, par des partages impolitiques entre leurs divers enfants, préparèrent le démembrement de l’empire qu’ils avaient fondé, et en ouvrant la porte aux luttes intestines provoquèrent de nouvelles révolutions.

i. Casiri, déjà cité ; Stuwe, Expéditions commerciales des Arabes sons les An-

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La domination des Samanides, qui avait subsisté pendant plus d’un siècle (874-999) s’écroulait vers la même époque. Un esclave turc s’était élevé aux premières dignités sous le règne d’Abdel-Malek; il s’appelait Alp-Teghin. A la mort de son maître, il voulut s’emparer du gouvernement, échoua dans son entreprise, et obligé de quitter Bokhara, s’établit à Ghazna, où, pendant seize ans, il sut résister à tous les efforts que firent les Samanides pour le renverser. Sebecteghin, son gendre, son général et son [Conseiller, lui succéda en 995 et mérita, par sa vigoureuse et sage administration , l’àmour de ses sujets et le respect de ses voisins ; il porta ses armes et la foi musulmane dans l’Inde, ravagea le Pendjab, fonda les villes de Bost et de Kosdar, et allié fidèle de Noah, petit-fils d’Abdel-Malek, défendit les Samanides contre les incursions des Turcs, qui avaient envahi le Mawarannahar. Il désigna son plus jeune fils, Ismaël, comme l’héritier de sa puissance ; mais l’aîné , Mahmoud, revendiqua, les armes à la main, les droits de sa naissance , se proclama souverain indépendant et s’enrichit des dépouilles de l’Inde. Il vainquit sans peine les Samanides et se rendit maître du Khorasan (1000). Le khalife, soumis aux émirs-al-omrah, lui envoya des lettres d’investiture, sans réussir toutefois à le détourner de ses projets de conquête; Mahmoud attaqua les Bouides, auxquels il enleva le Djordjan et l’Irak persique. La mer Caspienne devint la limite fl’un empire qui commençait aux sources de l’Indus et du Gange, embrassant de ce côté ce que l’on comprend aujourd’hui sous les noms d’Afghanistan, de royaume de Hérat et même de Beloutchistan. Mahmoud fut le premier des princes de l’Orient qui prit le nom de sultan. Partisan des Sonnites* il s’annonça partout comme le propagateur de la foi musulmane, et fut constamment le défenseur de la race arabe. Ghazna était sa capitale; de là le nom de Ghaznévide que es historiens lui ont donné. C’est surtout à ses expédiions dans l’Inde qu’il dut sa grande renommée. Les villes le Canoge, Lahor, Delhi et Muttra lui payaient tribut. 11 lévasta le royaume de Guzzarate, et détruisit la pagode de Amenât, dont la magnificence dépassait les rëVés de Piniâ-

gination la plus brillante. Le dôme, recouvert de lames d’or et incrusté de pierres précieuses, reposait sur cinquante-six piliers. L’édifice était éclairé au moyen d’une lampe dont la lumière était réfléchie par d’innombrables diamants. L’idole de Somenat était d’une seule pierre de cinquante coudées ; deux mille brahmines étaient chargés du service de la pagode. On offrit au vainqueur plus de deux cents millions pour racheter la principale divinité de l’Hindostan. Mahmoud fut inexorable ; il fit briser la statue, et il vit tomber à ses pieds avec des perles, des diamants etdes rubis de toute espèce, des richesses bien plus considérables que toutes celles qu’on lui avait offertes. Plein d’enthousiasme pour la religion de Mahomet, il égalait par son ardeur de prosélytisme les premiers successeurs du prophète, et reçut du khalife de Bagdad, Cader-Billah, le titre justementmérité de protecteur des vrais croyants1.

lies Turcs scldjoukides renversent les Ghaznévidcs et s'avan* cent jusqu'à llagdad ; progrès des Grecs en Syrie.

Pendant que les troupes de Mahmoud se répandaient dans l’Inde, le Mawarannahar tombait au pouvoir des tribus du Turkestan. Le sultan Ghaznévide commit la faute de les laisser en possession de cette province et d’introduire lui-même en deçà du Djihon ou Oxus, limite difficile à franchir, les Turcs seldjoukides, qui venaient de se convertir à l’islamisme et avaient demandé des terres dans le Khorasan. Masoud, qui hérita, en 1030, de la puissance de son père , essaya vainement de se délivrer de leur redoutable voisinage; il fut vaincu et réduit à se tenir sur la défensive. Togrul-Beg, petit-fils de Seldjouk, se fit couronner à Nischabour. Il gagna bientôt après sur les Ghaznévides une nouvelle bataille plus décisive que la première, et les rejeta vers l’Inde. N’étant plus inquiété de ce côté, il tourna ses regards sur l’occident, envahit leKhowarezm, le Djordjan, l’Irak-Adjemi , et se trouva en présence des princes bouides. Le plus grand désordre régnait à Bagdad. Le khalife Caiem était pressé de tous côtés et par des

i. Mirkliondi , Historia Ghaznavidarum , Persicè et latine edid. Fr. Wilken. Retlin, 1832, in-4.

zirs rebelles, par les fathimites d’Égypte, et par les airs de Syrie. Frappé de la piété de Togrul-Beg, qui dans utes les villes conquises élevait un temple au dieu de Ma- »met, il se mit sous sa protection et lui délégua la puisnce temporelle sur tous les États de l’islamisme. La céréonie de l’investiture eut lieu à Bagdad même. Togrul-Beg rendit dans la salle d’audience , suivi de ses capitaines sans armes; il baisa la poussière devant le khalife, qui rtait le vêtement noir des Abbassides, prit place sur un éne qui lui était préparé, et entendit la lecture de l’acte blic qui le déclarait maître suprême de tous les musulins. Le khalife, qui n’était plus que le chef spirituel de mpire, mit sur sa tête deux couronnes, emblème du pouir dont il investissait le prince seldjoukide sur l’Arabie et Perse, et lui ceignit une épée magnifique. On le revêtit ccessivement de sept robes d’honneur et on lui fit présent sept esclaves nés dans les sept contrées de l’empire mu- Iman. Les hérauts terminèrent la cérémonie en proclamt Togrul-Beg souverain de l’Orient et de l’Occident, mariage de la sœur du prince Seldjoukide avec le khalife l’introduction du nom du sultan dans la Khotbah cimenl ent cette union; mais à peine les Turcs s’étaient-ils relés qu’un soulèvement général eut lieu à Bagdad; Moshser-Billah , khalife fathimite d’Égypte, fut proclamé à la pce de Caïem. 11 fallut que le sultan vînt délivrer celui-ci fie replacer sur le trône. Fidèle à sa politique, il conduis lui-même par la bride la mule qui portait le commanrjir des croyants de la prison au palais1.

Tandis que la domination des Arabes disparaissait pièce à F ce , les Grecs faisaient quelques efforts pour reconquérir l' rs anciennes provinces ; déjà en 852 leur flotte avait sacc é la ville de Damiette ; un siècle plus tard ils avaient péntré jusqu’à Alep et avaient pillé les trésors du prince Haylanite Seif-Eddaulah ; deux de leurs empereurs Nicéphore f pcas et Jean Zimiscès (963-976) avaient passé l’Euphrate e mondé le Djezireh de leurs troupes; Zimiscès avait con-

Gildemeister , De rebus indicis loci et opvscula , etc.; Cf. Schauffelbergei’ M us script, vet. qui de india scripserunt. Bonn. 1 845.

quis dans cetfce province un grand nombre de places forte de plus il avait pris en Syrie Antioche , s’était emparé c! toute la Ciiicie et avait recouvré l’île de Chypre.

Incapable de résister aux Grecs, comment les khalifes Bagdad auraient-ils pu arrêter les hordes guerrières du Tuf kestan, que les Seldjoukides avaient groupées sous leui! étendards, en leur promettant une part des dépouilles qu’i allaient conquérir ; ces tribus que les Samanides avaier facilement repoussées, en 893, lorsqu’elles étaient répar dues isolément sur leurs frontières, réunies maintenant souj un seul chef, allaient briser tous les obstacles, subjugue l’Asie occidentale et y maintenir leur ascendant pendar plusieurs siècles .

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