MOSQUÉE DE CORDOUE
elle a trente-huit nefs et dix-neuf dans le sens opposé ; les ne sont soutenues par mille quatre-vingt-treize colonnes d marbre. On entre du côté du midi par dix-neuf portes cou vertes de lames de bronze d’un travail exquis ; parmi ce portes, celle du milieu est incrustée de lames d’or. Enhau s’élèvent trois boules dorées surmontées d’üne grenad d’or. Ce vaste édifice était éclairé la nuit par quatre mill sept cents lampes pour l’entretien desquelles on dépen sait tous les ans vingt-quatre mille livres d’huile et cent vingt livres d’ambre et d’aloès; la lampe du mihrab ou d sanctuaire était d’or massif. Quant aux fêtes de Cordoue rien ne pourrait nous donner une idée du luxe qui y ré
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AGLABITES, FATHIMITES, OMMÏADES, ETC.
gnait et de l’enivrement général. Toute la nuit, la ville était illuminée ; les rues étaient jonchées de fleurs ; partout dans les promenades, les places publiques, le son des instruments retentissait dans les airs, et la population se livrait à des danses joyeuses.
Nous avons parlé de la ville et du palais de Zehra, que fit construire Abderrahman III, sur les bords du Guadalquivir, à quelques lieues de Cordoue. Il n’en reste aucune tface, mais voici ce que disent les auteurs arabes : les voûtes lu palais étaient soutenues par quatre mille trois cents colonnes de marbres divers, élégamment sculptées ; les pavés Paient composés de carreaux de marbre de plusieurs couçurs réparties avec goût ; les murailles étaient lambrissées le la même manière ; les planchers peints d’azur et d’or. Dans les grands appartements, des fontaines d’eau douce alaient se perdre au milieu de bassins d’albâtre et de jaspe' le formes variées ; au salon du khalife, on voyait sortir, du nilieu de la fontaine, un cygne d’or sur la tête duquel était suspendue une grosse perle. Le cygne avait été fait à Contantinople, et la perle donnée par l’empereur Léon. Autour lu palais s’élevaient de vastes jardins au milieu desquels on ivait encore construit un pavillon pour que le roi pût se eposer au retour de la chasse. Ce pavillon était supporté )ar des colonnes de marbre à chapiteaux dorés; au centre aillissait une gerbe de mercure dans une conque de porhyre.
Toutes les richesses des princes ne se dépensaient point n monuments de luxe; ils firent aussi construire des édices très-utiles, surtout Alhakem et Almanzor qui ne fut as moins grand administrateur que grand guerrier. Alhaem bâtit des ponts et ouvrit des routes sur lesquelles on tablit aussi des hôtelleries pour les voyageurs. Almanzor îrmina un grand aqueduc qui conduisait à Ecija les eaux u Guadalquivir; il lit élever à Cordoue par les soins du iheb-xaita, une nouvelle mosquée qui prit son nom1, e saheb-xaita était le préfet ou directeur de la police ; il
i. Viardot, Essai sur l’histoire des Arabes d’Espagne.
avait le commandement de la force armée pour veille sûreté publique. Son autorité était toute différente de du wali, qui, d’accord avec les wizirs, ses assesseurs.
tait toutes les questions administratives.
Les Arabes d’Espagne étaient donc réellement, au xie si< cle, à la tête des nations civilisées; ils l’emportaient, à cet époque , sur tous les autres peuples de l’Europe. Mais l’es prit de discorde vint souffler l’incendie parmi eux, et préc piter leur ruine, au moment où, pour résister aux chr< tiens, ils n’auraient eu besoin que de se fortifier dans ur imposante unité.
LES SUCCÈS DES CHRÉTIENS SUR LES ARABE D’OCCIDENT SONT ARRÊTÉS PAR LES ALMORA VIDES ET LES ALMOHADES.
— LES ROIS DE SÉVILLE CHERCHENT VAINEMENT A ÉTENDRE LEUR DO É, MINATION SUR L’ESPAGNE MUSULMANE; LES DIVISIONS DES ARABES FAVO| ' RISENT LES PROGRÈS DES CHRÉTIENS. — LES MUSULMANS ABANDONNEN UNE PARTIE DE LEURS POSSESSIONS DANS LA MÉDITERRANÉE. —LES ALMOj 1 RAVIDES. — ILS PASSENT EN ESPAGNE. — LES PRINCES CHRÉTIENS RE fei PRENNENT L’OFFENSIVE. — LES MUSULMANS PERDENT LA SICILE ET SON Ijj REFOULÉS EN AFRIQUE. — LES ALMOHADES SUCCÈDENT AUX ALMORAVIDE ET S’ÉTENDENT EN AFRIQUE. — L’ESPAGNE MUSULMANE SE SOULÈVE CON 1