CHAPITRE II
INTRODUCTION. — CHIMIE. — BOTANIQUE; MATIÈRE MÉDICALE; ÉCONOMIE 1 RURALE. — MÉDECINE; ÉCOLES GRECQUE, ARABE; RHAZES ET AVICENNE. — ÉCOLE ESPAGNOLE; ALBUCASIS, AVÈN-ZOHAR, ETC.
Introduction.
Les sciences physiques avaient acquis, pendant cette même période, un aussi grand développement que les sciences ma-
hématiques. Les Arabes, dit M. de Humboldt, doivent être ’egardés comme les véritables fondateurs des sciences phyiqnes , en prenant cette dénomination dans le sens auquel îous sommes habitués aujourd’hui.
« Sans doute, dans le domaine de l’intelligence, l’enchaîlement intime de toutes les idées rend très-difficile d’assiner l’époque précise de leur naissance ; de bonne heure on oit briller çà et là quelques points lumineux dans l'histoire e la science, et des procédés qui peuvent y conduire. Quel ing temps ne s’écoula pas entre Dioscoride qui extrayait ï mercure du cinabre, et le chimiste arabe Djeber ; entre îs découvertes de Ptolémée en optique et celles d’Alhazen ! lais les sciences physiques, et plus généralement les sciences aturelles, ne peuvent être considérées comme fondées que u moment où un grand nombre d’hommes marchent de con- ?rt dans les voies nouvelles, bien qu’avec un succès inégal, près la simple contemplation de la nature, après l’obserition des phénomènes qui se produisent accidentellement , ins les espaces du ciel et de la terre, vient la recherie et l’analyse de ces phénomènes, la mesure du mouveent et de l’espace dans lequel il s’accomplit. C’est à l’épole d’Aristote que pour la première fois fut mis en usage ce ode de recherche; encore resta-t-il borné le plus souvent la nature organique. Il y a, dans la connaissance progresse des faits physiques, un troisième degré plus élevé que 5 deux autres; c’est l’étude approfondie des forces de la iture, de la transformation à laquelle ces forces travaillent des substances premières que la science décompose, pour » faire entrer dans des combinaisons nouvelles. Le moyen opérer cette dissolution, c’est de provoquer soi-même, et >on gré, les phénomènes; en un mot, c’est 1 ' expérimentam.
« Les Arabes s’élevèrent à ce troisième degré, presque mplétement inconnu des anciens, en s’attachant surtout ■ x faits généraux ; ils habitaient un pays où règne partout : climat des palmiers, et sur la plus grande partie de sa irface, celui des tropiques. Le tropique du Cancer, en ef- 1 , traverse la presqu’île à peu près depuis Mascate jusqu’à
la Mecque. Aussi, dans cette contrée, en même temps qu< les organes sont doués d’une force vitale plus intense, règne végétal fournit en abondance des arômes, des sud balsamiques et des substances bienfaisantes ou dangereuse:! pour l’homme. Il en résulta que de bonne heure l’attentior de ces peuples dut être attirée par les productions de leui sol et par celles des côtes de Malabar, de Geylan et de l’Afri: que orientale, avec lesquelles ils étaient en relation de né goce; dans ces parties delà zone torride, les formes organi ques affectent des caractères singuliers qui se diversifien presque à tous les pas. Chaque coin de terre offre des proi ductions spéciales, et, en éveillant continuellement la curio sité, rend plus actif et plus varié le commerce de rhomm< avec la nature. Il fallait soigneusement distinguer entrt elles des productions si utiles pour la médecine, pour l’in dustrie, pour le luxe des temples et des palais; il fallai rechercher le pays d’où elles provenaient et que dissimu laient souvent des hommes avides et rusés. Partant de l’en , trepôt de Gerrha, sur le golfe Persique et du district ch l’Yemen qui produit l’encens, de nombreuses caravanej , traversaient toute la partie intérieure de la presqu’île arabil : que jusqu’à la Phénicie et la Syrie, et en répandant partouj
les noms de ces agents énergiques, les rendaient de plus en plus précieux.
« L’étude des substances médicales préconisée par Dios coride à l’école d’Alexandrie, est dans sa forme scienti fique une création des Arabes; ils constituèrent la pharma oie chimique; c’est d’eux que sont venues les première prescriptions magistrales nommées aujourd’hui dispensa toires , qui plus tard se répandirent de l’école de Salerne dan l’Europe méridionale. La pharmacie et la matière médicale les deux premiers besoins de l’art de guérir, conduisiren en même temps, par deux voies différentes, à l’étude de I botanique et à celle de la chimie. »
Chimie.
Avec les Arabes commença pour cette science une ci nouvelle; sans doute l’alchimie et les fantaisies néoplatoni
ciennes altéraient le caractère des recherches ; mais de même que l’astrologie avait contribué aux progrès de la connaissance des astres, de même des opérations hermétiques sur les métaux amenèrent les plus curieuses découvertes; les travaux de Djeber ( Aboü-Moussah-Djafar-al- Koufi) qu’on suppose avoir fleuri au vme siècle, ceux de Rhazes (Abou-Bekre-Arrasi) mort vers 923, ont eu d’importantes conséquences. On trouve dans leurs écrits la composition de l’acide sulfurique, de l’acide nitrique et de l’eau régale , la préparation du mercure et d’autres oxydes de Métaux, la fermentation alcoolique, etc.1.
Botanique; matière médicale; économie rurale.
La connaissance que les Arabes acquirent du monde végétal leur permit d’enrichir l’herbier de Dioscoride de leux mille plantes et d’en comprendre dans leur pharmacopée, plusieurs entièrement inconnues aux Grecs. Aviîenne parle dans sa matière médicale du cèdre Deodvara, jui croît sur l’Himalaya et le considère comme une espèce lu genre juniperus, qui entre dans la composition de l’huile le térébenthine. Les fils d’Averroës avaient communiqué à Frédéric II des notions d’histoire naturelle, et nous avons u déjà l’occasion de rappeler que le khalife Abdérame Ier vait, plusieurs siècles auparavant, fondé un jardin botanique irès de Cordoue, et envoyé en Syrie et dans les autres ontrées de l’Asie, des voyageurs chargés de recueillir des emences rares ; il avait planté près du palais de la Rissaih , le premier dattier, et l’avait chanté dans une pièce de ers où, comme on l’a vu, il se reportait en termes mélanoliques, à la ville de Damas, son pays natal.
On doit aux Arabes l’usage de la rhubarbe, de la pulpe le tamarin et de cassia, de la manne, des feuilles de séné, es mirobolans et du camphre. L’emploi du sucre, qu’ils référaient au miel des anciens, les conduisit à une foule e préparations salutaires et agréables ; à l’aide du sucre ils
1. Hofer, Histoire de la chimie , et notre introduction aux Tables d’Oloug-Beg, r faso., p. 32.
composèrent des sirops, des juleps, des conserves d’herbes L et de fruits, et des électuaires.
Le gouvernement surveillait cette industrie si nécessaire! au bien-être des citoyens ; les pharmaciens étaient respon-i . sables de la bonne qualité et du juste prix des médicaments.
L’histoire présente le général Àfchin, visitant en personnel les pharmacies de campagne, pour s’informer si elles étaient» pourvues de tous les objets contenus dans leurs dispensaires.
Les Arabes nous ont fait connaître des aromates, tels quei la noix de muscade, le clou de girofle. Correa de Serra, juge très-compétent, a remarqué qu’en cultivant plusieurs! arbres à fruits dioïques, ils avaient eu des idées très-nettesj sur la fécondation sexuelle. Dans son excellent aperçu de* l’ouvrage d’Abou-Zacharia, il a clairement démontré la vaste instruction des Arabes en économie rurale. Quoique la su-j perstition s’en mêlât, ils avaient des procédés qui méritent! l’attention des cultivateurs ; l’Espagne leur devait les nom/' ou roues à chapelet , sur le contour desquelles des sceaux étaient adaptés. Us avaient porté l’agriculture au plus haut degré de perfection et s’étaient aussi occupés de géologie; le récent ouvrage de Lyell leur rend à cet égard la justice! qui leur est due1. M. de Sacy a publié plusieurs parties inté-i ressantes de l’ouvrage de Cazwini , surnommé avec raison le Pline des Orientaux; nous devons aussi mentionner lei nom d’Aldemiri. le Buffon des Arabes, dont l’histoire des; animaux est justement célèbre; on peut donc affirmer quel toutes les branches des sciences naturelles étaient conscien cieusement étudiées8. w
1. Lyell, Eléments of geology , introd.; Extraits deCazwini, trad. par Chezyet1 insérés dans le t. III de a Clirestomailiie arabe de M. de Saey; Catalogue d’Asse | rnani, t. Il, p 251 ; Tyehsen, Éléments de la langue arabe, et à la lin de Eéditiun d’Oppien donnée nar M. Beiin de Balu; voy. aussi Bnchart, Hurozoïcon.
2. « De proprietatibus ac virtuiibus medieis animalium, plantarum acgemmaruni « tractauis triplex mine primum ex arabieo idiomaie latinitate donatus ab Abrabami'j « eccbellensi maronita. » Paris, 1647. — >< l.ibro de agricultura. su autor el doctorj
*< exeellenie Aliu-Zacearie-Jania-Aben-Mohammed-ben-Ahmed-Ebn-el-A'wam. »Se-
villano. trad. par don Josef Antonio Banqueri. Madrid, 1802. — Extrait du Livre des I merveilles de la nature de Kazwini, trad. par Chezy. Paris, 1805. — « Ravii speei- « men arabieum continens descriptionem et exeerpta libri Abmedis Tei'asehii de « gemmis et lapidibus pretiosis traj. ad Klien , 1 784. » — Ebn-Bitar, de malis limonieis ven., 1 583 ; Grosse zusammen stcllung der Bekannten einlachen Heil-lnd i nahrungsmittel ven... Ebn-Baithar ; éd. J. Sontheimer, Stuttgart, 1840.
DES SCIENCES PHYSIQUES CHEZ LES ARABES. 391 Médecine; écoles grecque et arabe; Rhazes et Avicenne.
Les médecins arabes ont presque toujours été des hommes istingués, alliant l’étude des mathématiques à celle de la hilosophie, mais obligés d’employer le charlatanisme pour îpondre au goût du merveilleux si commun parmi leurs impatriotes; ils se disaient disciples d’Aristote et ne néigeaient aucun des moyens que la magie et l’astrologie lettaient à leur disposition, pour agir d’une manière plus îergique sur l’esprit de leurs clients. De là ces talismans 3 toute espèce qui n’étaient autres que les amulettes des recs, et les abracadabras des auteurs du Bas-Empire ; de là itte science mystérieuse de l’interprétation des songes dans quelle les Arabes ont excellé1.
Dès le troisième siècle de l’ère chrétienne, les rois de erse avaient appelé auprès d’eux des médecins grecs, qui 'aient répandu dans l’Orient les doctrines d’Hippocrate; îcole de Djondischabour avait bientôt, rivalisé avec celle Alexandrie; à la suite des conquêtes des Arabes, Antioche Harran devinrent des centres d’étude d’où sortirent cette éiade de savants qui joignaient à la pratique de la méîcine, la connaissance des langues grecque et arabe et qui aduisirent les ouvrages d’Aristote, d’Euclide et de Ptomée. Honain recevait d’Almamoun, un poids d’or égal à dui de chacun des volumes grecs qu’il achevait. C’était un ts élèves les plus distingués d’Iahia-ben-Masouiah, appelé ilgairement Mesué, qui pendant près d’un siècle mérita confiance des princes abbassides. Médecin de Haroun-alliched , Mesué avait composé sur son art beaucoup de lités fort estimés chez les Orientaux, et parmi lesquels on marque ses Démonstrations en trente livres, une pharmapée, des traités sur les fièvres, les aliments, les catarrhes, sbairts, les céphalalgies etc. ; plusieurs de ces traités ont é traduits en hébreu et l’on en trouve quelques-uns, soit cette langue, soit en original, dans les principales biblio-
. Essai historique et littéraire sur la médecine des Arabes , par Amoréux, ntpellier , 1805; Histoire de la médecine de Freind, et .surtout celle de en gel.
thèques de l’Europe. Il mourut en 855 de J. C., à l’âge dj quatre-vingts ans. Honain ne fut pas moins célèbre ; charg de missions scientifiques, il avait été chercher jusqu’ej Grèce une ample moisson de livres, sur toutes les parties d la philosophie ; on lui est redevable de la version des œuvre de Galien et d’Hippocrate, etc.; il composa de plus un granj nombre d’ouvrages sur la médecine et la dialectique. Le khd life Motawakkel ayant conçu quelques soupçons contre lu1 le fit venir en sa présence et lui demanda, afin de l’éprouvei un poison assez subtil et assez violent pour donner immé diatement la mort; Honain répondit qu’il ne connaissait qu des médicaments salutaires et qu’il n’en fournirait jamai; d’autres; les plus belles promesses ne purent ébranler s fermeté. Le khalife lui rendit toute sa confiance et le combl; de bienfaits; Honain mourut en 874.
On vit fleurir à la même époque plusieurs médecins di nom de Baktishua ; l’un d’eux, Gabriel, se fitconnaître
cures vraiment merveilleuses; mais nul n’égala Rhazes et Avi cenne dont les écrits ont longtemps dominé dans nos écoles!
Rhazes ou plutôt Mohammed-Abou-Békre-ben-Zacharia appelé Razi du nom de la ville de Reï sa patrie, joignit, \ l’exemple des grands médecins de l’antiquité, à la pratiqué de son art, une édude approfondie de ses devanciers; dût on vivre mille ans, disait-il, on ne pourrait voir par se| yeux tout ce qui a été observé dans la suite des temps e dans les divers pays de la terre; aussi faut-il s’éclairer de 1: science d’autrui. Il mit à contribution les écrits d’une infi nité de docteurs qu’il cite et dont Haller a fait le dénom; brement, dirigea successivement les grands hôpitaux d<i Bagdad, de Reï et de Djondischabour et publia sous l«j titre de Hawi (continens), un Corpus médical fort estimé( Son traité de la petite vérole et de la rougeole a été consult<| par les médecins de toutes les nations ; les dix livre ) qu’il dédia au prince Almanzor, prince samanide qui corn mandait au xe siècle dans le Khorasan, et qui furent impri més à Venise en 1510, lui ont fait beaucoup d’honneur ils brillent surtout par un esprit de méthode remarquable il y est question pour la première fois do l’eau-de-vie ; Rhaze:
(iomposa plus de deux cents ouvrages; il introduisit dans i pharmacie l’usage des minoratifs ou purgatifs doux, et « es préparations chimiques appliquées à la médecine; il asse pour l’inventeur du séton qu’il employait fréquemîent. Il attachait une grande importance à l’anatomie; et istingua le premier le nerf laryngé du récurrent qui est uelquefois double du côté droit. L’on raconte qu’ayant i erdu la vue dans un âge avancé, il ne voulut se faire faire opération de la cataracte que par un chirurgien qui pût xi dire combien l’œil avait de membranes. Il avait voyagé n Syrie, en Égypte et même jusqu’en Espagne; la mort le arprit vers l’année 932.
Cinquante ans plus tard florissait Ali-ben-al-Abbas, Persan ’origine et mage de profession qui composa un cours comlet de médecine, sous le titre de Maleki (royal) et le dédia a sultan Bouide-Adhad-Eddaulah. Ce cours contient dix vres de théorie et dix livres de pratique; il fut traduit en itin par Étienne d’Antioche en 1127, et imprimé en 1523 Lyon par Michel Capella. Ali-ben-al-Abbas avait signalé les rreurs qu’il avait cru apercevoir dans Hippocrate, Galien, 'ribaze et Paul d’Égine; il cite parmi ses prédécesseurs érapion dont nous avons un livre intitulé : Practica dicta 'reviarium, traduit par Gérard de Crémone et réimprimé* lusieurs fois.
Vers la même époque, 980, naissait Avicenne (Abouli-Hosein-ben-Sina) à Afchanah, bourg dépendant de Schiiz, dont son père était gouverneur. Il fit ses études médites à Bokhara, et, à peine âgé de dix-huit ans, il guérit émir Nouh d’une maladie fort grave; cette cure jeta les mdements de sa réputation et lui mérita la faveur des rinces Samanides; mais ayant rejeté les brillantes propotions de Mahmoud le Ghaznévide, le protecteur d’Albi- 3uni, qui joignait à l’éclat des conquêtes l’amour des üiences, il se vit condamné à une vie errante et remplie de icissitudes. Après avoir résidé quelque temps auprès de abous, gouverneur du Djordjan, et renouvelé à sa cour le "ait d’Érasistrate, il trouva un asile à Reï où régnait Madj- ■ddaulah, puis à Hamadan dont le souverain Schems-Eddau *
lah le choisit pour son vizir et son médecin; plus tard il fi appelé à remplir les mêmes fonctions à Ispahan par Ala-Ec| daulah, et au milieu des affaires de l’État et des soins de politique, il trouvait le temps de composer des ouvrages c la plus haute valeur; il mourut en 1037; c’était sans cor tredit un des hommes les plus extraordinaires de son siècl doué d’une mémoire prodigieuse et d’une rare facilité, écrivit sur toutes les sciences. Il n’est connu en Euro que comme médecin ; il exerça pendant près de sixsièclesu empire absolu dans les écoles; ses Canons ou règles, div sés en cinq livres, traduits et imprimés plusieurs fois, sei| vaient de base aux études dans les universités de France d’Italie; aujourd’hui on les a abandonnés pour revenir au monuments si précieux de la médecine grecque ; mais il fau convenir aussi que d’un excès on est passé à l’autre, qu’aujourd’hui Avicenne est trop négligé. Sprengel a donn des détails très-étendus sur ce savant docteur dans so Histoire de la médecine L
Ecole espagnole; Aven-Zoliar, Averroës, Albucasis, etc.
L’Espagne musulmane eut aussi ses grands docteurs Albucasis mort en 1107, Aven-Zohar en 1161, Averroë1 en 1198, Aben-Bithar en 1248. Le premier dont le véri table nom était Aboul-Caçem-Khalaf-ben-Abbas, fut le resi taurateur de la chirurgie qui commençait à déchoir depui Avicenne ; il donna une description exacte des instruments et apprit l’usage qu’on en doit faire, en signalai] les exceptions pour les cas difficiles et le danger qu’il y *
i La première édition d’Avicenne (Aboali-Abin-Sceni) est de Milan, 1 473 ; di Rbazès, 1480 et 1481; de J. Sérapion , Venise, 1 479; de Sérapion Junior, Milan 1473 ; du Juit lsaac, Padoue, 1 487 ; d’Ali-ben-Abbas, Venise, 1 492 ; de Jean Mesué Milan, 1473: de Mesué Junior, Venise, 1 47 1 ; de Haby Moyses (Maimonide), Flo rente, 1 483 ; l’édition de Mesué, Venise, 1549, contient plusieurs autres traité! d’Ibn-Wafed-el-Lakhmi, d'Alkindi, etc. Voy. aussi la traduction d’Aboul-llassan el-Moukhtar-ben-Bollan de Bagdad, Argentor , 1 53 1 , et celle d’Abou-Ali-Iahiaben-Isa-ben-Djezla de Bagdad, Argentor., 1532. Das Diaietiscbe sands chreiboi des Maimonides (Ramban) an den sultan Saladin , eiri Beilrag zur geschichle dei niedicin, mit noten von Dr. Wintermotz Wien, 1843; Ali-ben-lsa monitoni oculariorum S. Ompendii ophthalmiati ici, cd. C. A. Hille, Dresdæ et bips., 1845 Voyez aussi la curieuse dissertation de M. Daremberg sur le Zad-el-Mouçatir d’Abuu- Djafar et le Maleki d’Ali-Abbas ou d’isaac, Archives des missions, septembre i85i. p. 506 et 507.
b pratiquer telle ou telle opération. En décrivant la lithounie, il indique pour la section le même endroit que ps chirurgiens modernes. Ses ouvrages ne furent connus 1 Europe qu’au milieu du xve siècle, et personne ne lui rendu plus de justice que M. Portai, dans son Histoire de inatomie et de la chirurgie.
Aven-Zoar ( Abou-Merwan-ben-A.bdelmalek-ben-Zohr ) î à Penaflor, entra au service du prince de Maroc Yousefin-Tasfin, qui le combla d’honneurs et de richesses ; il »ulut ramener la médecine aux lois de l’observation et il a, contre les préjugés de son temps, unir à l’étude de cet t, celle de la chirurgie et de la pharmacie ; la matière mécale lui doit l’emploi de plusieurs médicaments utiles; la irurgie la première idée de la bronchotomie, des indicamsfort exactes sur les luxations et les fractures ; la médeie la description de quelques maladies nouvelles telles e l’inflammation du médiastin du péricarde, etc. Ses prin- )aux ouvrages furent traduits en latin, mais fort incom- 3tement. Léon l’Africain nous fait connaître une anecdote 1 1 curieuse sur le fils d’Aben-Zohar, qui avait suivi la
îrne carrière que son père et qui avait accompagné Yousef Maroc. Il avait écrit quelques vers où il exprimait le regret «être séparé de sa famille. Le roi les ayant lus par hasard, 'donna secrètement au gouverneur de Séville de faire ] rtir en toute hâte pour l’Afrique, la famille de son méipin, et il la fit loger à Maroc dans une maison richement iublée, dont il lui fit présent; Aben-Zohar le jeune y fut myé sous prétexte d’y voir des malades et fut agréablent surpris du spectacle qui l’attendait. On trouve peu de nces capables d’une semblable délicatesse de sentiments, l’on est étonné de trouver chez les Orientaux, à côté de actères d’une férocité sans égale, des exemples de généro- ; et de grandeur dignes de l’admiration de tous les temps. Iverroës (Aboul-Walid-Mohammed-ben-Rosch) avait été si l’un des élèves d’Aben-Zohar l’ancien , dont il parle jours avec la plus haute vénération: «Pour parvenir, il quelque part, à une connaissance approfondie de la lecine, il faut lire avec soin les ouvrages de notre savant
maître, qui en sont le trésor le plus parfait; il a su tout < qu’il est permis à l’homme de connaître dans ces matière! et c’est à sa famille qu’on doit la vraie science médicale. » (; jugement fait honneur à Averroës qui dans ses écrits s’ai tacha beaucoup plus à la partie spéculative qu’à la parti pratique; il se montra plus qu’aucun autre, imbu desprii cipes de la philosophie péripatéticienne, et professa toujou une grande estime pour Galien ; on a de lui, outre ses Cot mentaires sur Aristote et sur les Canons d’Avicenne, t traité sur la thériaque, un livre sur les poisons et sur 1 fièvres; son principal ouvrage publié sous le titre de Collygt a eu de nombreuses éditions à Venise, à Lyon, etc1.
Après Averroës, nous mentionnerons le célèbre médecin botaniste Aben-Bithar (Abdallah-ben-Ahmed-ben-ali-Beithi le vétérinaire ), qui était né à Bénana, village situé près! Malaga, et qui voyagea longtemps en Orient; il futaccuei en Égypte par Saladin, qui faisait le plus grand cas de sonn rite, et il trouva la même faveur auprès du prince de Dan! Mélik-al-Kamel. Son recueil des Médicaments simples qui divise en quatre parties, contient la description de tou les plantes, pierres, métaux et animaux, qui ont une vei quelconque en médecine ; les ouvrages de Dioscoride, Galien et d’Oribaze y sont souvent corrigés, et l’on y trou ît des faits et des détails que l’on chercherait vainement dû ces auteurs.
Nous nous bornons à parler des médecins arabes les p »? célèbres, et nous ne pouvons donner qu’une faible idée ( travaux dont les sciences naturelles ont été l’objet pendit» cette période de plusieurs siècles; quand on pense que souverains de l’Orient se plaisaient à combler d’honneun de fortune les savants qu’ils appelaient à leur cour, on n’
i. L’édition de Venise de 1490, plusieurs fois réimprimée, comprend Avenzoî Averroës (Albumeron Avenzohar et Auverroys) ; l’édition de 1496 porte Abhorpe:» Abyn-Zubar, Colliget, Auerrovs. — La traduction d’Albucasis est intitulée : L\ < théories nec non praclicæ Alsaharavii qui vulgo Acavarius dicitur. etc., t Vindel , i5i9; voy. aussi Albueasis, de Chirwgia. ed. Channing, Oxon., 'Ç Albucasis, Methodus medendi cum instrumentis ad omnes fere morbos dem Basil., 1541; Reiske, Miscellanea medica, etc., publié par Grurier ; Rossi, Di’ nario degli autori arabi, et Abou-Osaibah , apud de Gayangos, appendiilf t. I d’Alnriakkari.
ilus surpris de voir le nombre infini d’hommes remaruables dont l’histoire a conservé les noms: nous devons iter encore Thébit-ben-Corrah (850), qui fut en même ;mps un très-habile astronome; Aboul-Hassan-ben-Telmid, |uteur de YElmalihi (994); Abou-Djafar -Ahmed-ben-Moammed-al-Thalib qui écrivit sur la pleurésie, la frénésie, etc. ers 970; Ali-ben-Reduan (1060), Giazlah-ben-Giazlah IllOO), Abderrazzak (Il 50 ) , Hébatallah (1155), Aboul-Faige (1286), Isaac-ben-Ibrahim (1300), etc. Giuldeki, en 252, rédige un livre sur la pierre philosophale qu’il ppelle alacsir; c’est de ce mot que nous avons fait élixir; |n 1134, Cohen-Attar compose un traité de pharmacie où fait connaître la préparation des potions, des bols, des bnfections, des sirops, et des pilules dorées. C’est aux rabes enfin que nous avons emprunté les alambics, corues, aludels, etc. La nomenclature des médecins arabes ans la biographie d’Abou-Osaibah, forme a elle seule un blume et nous y renvoyons ceux qui voudraient avoir des étails plus étendus sur ce sujet.